‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 34 sur 138 · CENTRAL QU’ELLES ENVELOPPENT · texte numérisé non relu

CENTRAL QU’ELLES ENVELOPPENT

Nous savons par ce qui précède que , quelle que soit la nature, quelle que soit la direction des parties qui entrent dans la composition de la masse du cerveau , elles se trouvent combinées entre elles de manière à constituer deux éléments bien distincts. L’un, central , se trouve formé de deux moitiés symétriques anastomosées sur la ligne médiane. Ce premier élément est l’espèce de cylindre médian que nous avons comparé à la moelle épinière (voy. pl, 13, fig. 1) L’autre élément constitue en réalité l’hémisphère cérébral rattaché en deux régions distinctes au cylindre central par des parties fibreuses que nous avons comparées aux nerfs spinaux (voy. pl. 13, fig. 1, et pl. 19, fig. 1 et 2).

Ce qu’on peut connaître de ces deux éléments en considérant seulement la coupe figurée pl. 13, fig. 1, est loin de suffire aux besoins de l’anatomiste. 11 faut qu’après avoir pris l’idée générale que donne cette coupe , il les étudie l’un et l’autre dans leur forme générale, dans leurs rapports réciproques non moins que dans leur structure intrinsèque.

On peut se faire une image des rapports existants entre le noyau central et les masses latérales qui le recouvrent , en comparant leur ensemble à un fruit jumeau à noyau. Dans cette production monstrueuse , le même noyau ou deux noyaux soudés l’un à l’autre supportent une double pulpe. Chacune de ces pulpes rappelle la substance d’un hémisphère convexe en dehors , concave en dedans , et couvrant , par cette concavité intérieure , le noyau central qui , simple ou géminé , rappelle le noyau central symétrique du cerveau. Ce n’est pas là une comparaison irréprochable , elle peut être de quelque utilité pour faciliter l’intelligence d’une disposition généralement inconnue.

Mais il est temps de quitter toutes ces similitudes et d’indiquer la manœuvre à l’aide de laquelle on doit procéder à la séparation des parties.

Pour séparer les masses périphériques de l’hémisphère du noyau central qu’elles recouvrent , il faut placer sur sa base le cerveau soigneusement dépouillé de ses membranes (1); puis, écartant légèrement ces deux hémisphères dans leur milieu , introduire avec précaution l’extrémité de l’index dans l’enfoncement qui sépare la circonvolution de l’ourlet de la face supérieure du corps calleux ; presser légèrement le fond de cet intervalle en promenant doucement d’avant en arrière et d’arrière en avant la pulpe de ce doigt, en même temps que les doigts de l’autre main, appliqués à la face interne des branches supérieures de la circonvolution de l’ourlet , doivent tirer légèrement l’hémisphère en dehors. On parvient bientôt , de cette manière , à décoller l’hémisphère des prolongements latéraux du corps calleux.

Dès que cette séparation est commencée , on la poursuit avec facilité en pressant doucement de dehors en dedans avec la pulpe des doigts d’une main la face supérieure du corps calleux , tandis que la pulpe des doigts de l’autre main , introduite sous le bord de l’hémisphère correspondant à l’ourlet cérébral , tire mollement l’hémisphère en dehors.

(1) Un gros cercle île linge recouvert cl’un morceau de taffetas gommé est un support excellent pour le cerveau dans cette préparation.

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La pulpe d’un seul doigt pressant de temps en temps au fond

de la division qu’on opère, agrandit cette séparation. Avec quelque patience et quelque adresse, on ne tarde pas à séparer, dans une grande étendue , les prolongements latéraux du corps calleux des parties correspondantes de l’hémisphère ( voy . pi. 15).

Les prolongements latéraux de la région horizontale , naturellement découverte du corps calleux , se portent d’abord un peu en haut , et arrivent à leur plus grande hauteur à un travers de pouce du milieu de ce corps. Plus en dehors , ils se recourbent assez vivement en bas. Parvenu à cette ligne de retour , en bas du corps calleux , l’anatomiste doit presser en dedans avec les doigts d’une main l’espèce d’arête que forme le corps calleux au passage de sa face supérieure à sa face externe , et continuer de tirer doucement en dehors avec l’autre main la masse latérale de l’hémisphère. Ces deux efforts en sens inverse augmentent beaucoup inférieurement la séparation des faces correspondantes du corps calleux et de l’hémisphère, et conduisent enfin en un lieu où les fibres blanches du corps calleux jusque-là descendantes, avec une légère convexité extérieure , et serrées étroitement de manière à constituer une couche blanche homogène , s’infléchissent en dedans, s’écartent un peu les unes des autres et laissent voir dans leurs intervalles de petites stries de substance grise. Dès que cette apparence se manifeste , il est bon de ne pas aller outre, on est parvenu au corps strié. Si l’on veut étudier d’ailleurs à quelle hauteur répond dans la masse de l’hémisphère la partie la plus profonde de la séparation opérée, on sent très-bien, en mettant le pouce d’une main au fond de cette séparation et les autres doigts dans la scissure de Sylvius , qu’on a séparé l’hémisphère de son contact avec le corps calleux , jusqu’à la base de la circonvolution qui forme la paroi supérieure de la scissure de Sylvius.

Pour effectuer , en dehors de la courbure antérieure du corps calleux et au-dessous de cette courbure , la séparation des prolongements latéraux de ce corps d’avec les parties contiguës des régions antérieures et inférieures de la masse des hémisphères, c’est exactement le même genre d’action mécanique qu’il faut exercer.

366 sÉparatloiv

La prolongation en avant de la préparation de la région supérieure a commencé le travail ; il faut, pour l’achever, agir directement au-devant du corps calleux en pressant de la pulpe du doigt au fond de l’intervalle naturel qui sépare le corps calleux de la circonvolution de l’ourlet. Mais, pour bien réussir dans cette partie de la préparation que rend plus difficile la courbure du corps calleux , il faut tirer bien légèrement sur la portion de la masse de l’hémisphère voisine de l’ourlet ; autrement on déchirerait bientôt cette bordure. Un certain degré d’élévation de la moitié postérieure du cerveau faisant creuser un peu d’avant en arrière la face supérieure du corps calleux et de l’hémisphère , relâche la circonvolution de l’ourlet et le corps calleux, et permet de procéder avec plus de succès à la séparation des parties antérieures. Il faut être prévenu qu’en dehors de sa courbure antérieure le corps calleux forme de chaque côté, en avant, un prolongement assez prononcé que coiffe en quelque sorte l’extrémité antérieure de l’hémisphère; il faut savoir aussi que le retour de ses fibres , en dehors et en arrière de ce prolongement , s’opère plus brusquement que celui de ses parties supérieures. Dans cette partie de la préparation un grand nombre de doigts ne peut agir à la fois ; on n’en peut employer qu’un ou deux tout au plus. Toujours il faut s’appliquer à peu presser directement sur la ligne de séparation des parties. L’écartement , la traction légère en sens inverse des surfaces naturellement accolées, produit toujours une préparation plus nette, plus exempte d’altération , et , partant, plus probante.

Lorsqu’on a terminé en avant et en bas la séparation des masses ^latérales de l’hémisphère des parties correspondantes du noyau cérébral ou du corps calleux , ce qu’on reconnaît en voyant apparaître dans l’intervalle des fibres du corps calleux des stries grises, si l’on veut déterminer à quelle région extérieure de l’hémisphère correspond la partie la plus enfoncée de cette séparation , on peut s’assurer aisément, par le toucher pratiqué à la fois en dedans et en dehors de l’hémisphère , qu’on est parvenu dans toute la longueur de la base du fragment anté-

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rieur de la circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius.

Pour séparer les parties postérieures du noyau cérébral des parties correspondantes de l’hémisphère , il faut des procédés un peu plus compliqués. Dans les parties antérieure et supérieure, nous n’avons eu besoin que de prolonger un écartement commencé par la nature elle-même dans l’intervalle qui sépare la circonvolution de l’ourlet des parties voisines du corps calleux. Les prolongements postérieurs du noyau cérébral plongent profondément de chaque côté dans la partie postérieure de l’hémisphère, comme la corne postérieure des ventricules dont ils forment les parois. La partie des hémisphères qui coiffe ces prolongements conoïdes ne peut guère, quelque patience, quelque adresse qu’on emploie , être enlevée intacte d’au-dessus d’eux. La circonvolution de l’ourlet forme, au voisinage du bord postérieur du corps calleux , une bride trop serrée pour qu’on puisse, sans la rompre, décoiffer entièrement ce cône postérieur du noyau cérébral. Il n’y a donc qu’à choisir entre plusieurs moyens d’y parvenir en divisant la substance de l'hémisphère , celui qui détruit le moins de rapports importants et permet en même temps l’isolement le plus complet du cône postérieur du noyau cérébral.

Voici le procédé que je préfère. Après avoir dégagé le plus loin possible, avec la pulpe des doigts, la partie de l’hémisphère qui aboutit avec la courbure postérieure de l’ourlet derrière le bord postérieur du corps calleux, il faut inciser, d’avant en arrière, cette partie de l’hémisphère, en commençant à l’endroit où la circonvolution de l’ourlet se recourbe derrière le bord postérieur du corps calleux, et prolonger cette incision vers la pointe postérieure du cerveau. On peut alors, avec assez de facilité, dégager la pointe postérieure du noyau cérébral de l’espèce de gaine que lui fournissait l’hémisphère et mettre à découvert dans toute son étendue la surface supérieure du noyau cérébral , tout en respectant les connexions qui existent entre les parties latérales de ce noyau et la couche fibreuse interne de l’hémisphère.

La figure représentée dans la planche 15 donne une excellente idée de la préparation que nous venons de décrire, lorsqu’elle

est pratiquée avec le meme soin sur l’un et l’autre côté du cerveau (1).

Si l’on considère , en regard de cette figure, la figure 1 de la planche 19, on comprend mieux les rapports réciproques de la couche supérieure du noyau cérébral avec la couche fibreuse externe de l’hémisphèfe. La fig. 2 de la pl. 19 montre d’ailleurs l’origine commune de ces deux couches dans la couche plus épaisse que le pédoncule cérébral envoie dans les couches optiques et les corps striés. L’examen de toutes ces figures aussi bien que de la fig. 1 de la pl. 13 , de la fig. 2 de la pl. 16, des fig. 1 et 2 de la pl. 16, sont utiles pour faire comprendre ce qu’on voit au point de la préparation que nous venons d’indiquer.

J’invite fortement à considérer toutes les autres planches qui s’y rapportent. Il est bon d’apprendre à bien s’orienter dans ces régions assez compliquées de l’anatomie , avant de songer à étudier en détail les particularités que présente chacune d’elles.

(1) On peut aussi retourner le cerveau de manière que sa base regarde en haut, exciser les hémisphères du cervelet en ménageant le pédoncule cérébral et la protubérance. Ouvrant alors le plus possible l'anfractuosité qui règne en dehors de la région temporale de la circonvolution de l’ourlet, il faut, avec l’extrémité mousse d’un stylet boutonné ou d’une sonde de femme, entamer la substance grise qui fait le fond de cette anfractuosité dans toute sa longueur, entamer ensuite la doublure fibreuse de cette substance grise avec assez de précaution pour ne pas intéresser les parois de la corne postérieure du ventricule, qu’on distingue bientôt à la direction différente des fibres qui la composent. Dès qu’on aperçoit ces parois de la corne postérieure des ventricules ou de la région postérieure du noyau cérébral, il est facile de les isoler, au moyen de la sonde de femme d’aborcl et bientôt de la pulpe des doigts , de l’enveloppe que leur forme la face interne correspondante de la masse latérale de l’hémisphère. En prolongeant cette séparation en haut et en avant, on arrive bientôt à joindre la séparation commencée en arrière du bord postérieur du corps calleux. En prolongeant ensuite la séparation en bas et en avant vers la grosse tubérosité de l’ourlet, on met à découvert toutes lesparties inférieures externes delà région temporale des parois ventriculaires. On est arrêté seulement lorsqu’on a gagné la base de la circonvolution cl’enceinte de la scissure de Sylvius, ce dont il est facile de s’assurer par le toucher.

A ce degré de la préparation on a découvert le noyau cérébral et la face interne des masses latérales de l’hémisphère dans toutes leurs parties, développées en dehors des limites de la scissure de Sylvius; il ne reste plus , pour isoler entièrement l’hémisphère cérébral du noyau qu’il enveloppe, qu’à les séparer l’un de l’autre dans les limites mêmes de la scissure de Sylvius, c’est-à-dire sous le lobe de l’insula. Il faut pour cela inciser avec précaution la substance grise et la doublure blanche des circonvolutions de l’insula jusqu’à ce qu’on arrive à une couche grisâtre sous-jacente à

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En se bornant à la préparation que nous venons de décrire , on voit manifestement que les fibres recourbées du corps calleux , que les fibres de la couche rayonnante de la face interne de l’hémisphère concourent sur une même ligne latérale ; et l’on peut s’assurer que partout cette ligne brisée parallèlement aux brisures de la circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius cerne la base des épiphyses circa-pédonculaires et circonscrit l’insula, que nous avons présentée comme le relief externe de la base du segment de cône que représentent ces épiphyses (voy. pl. 7 , fig. 2).

Une coupe transversale , pratiquée sur un cerveau ainsi préparé et tombant du niveau de la structure fronto-pariétale au-devant de la base du nerf olfactif ( voy. pl. 13 , fig. 1 ) , démontre d’ailleurs que la couche fibreuse signalée par tous les anatomistes dans l’épaisseur du corps strié, est le lieu de concours commun de la couche fibreuse du corps calleux et de la couche fibreuse rayonnante de la face interne de l’hémisphère.

Cette coupe transversale du cerveau démontre un autre fait que nous devons signaler ici.

cette doublure blanche. Dès qu’on aperçoit cette couche grisâtre, rien n’est plus facile que de décoller la couche des circonvolutions qui leur est extérieure d’une autre couche fibreuse qu elles recouvrent. La pulpe d’un doigt, poussée avec hardiesse dans cet intervalle grisâtre, ne peut, pour ainsi dire, faire fausse route tant l’union des parties est faible et facile à détruire. On remonte ainsi par en haut au contact du bord inférieur de la base du fragment supérieur de la circonvolution d’enceinte delà scissure de Sylvius. En avant on atteint bientôt la partie postérieure de la base du fragment antérieur de la même circonvolution. Enfin en arrière on atteint de même la partie antérieure de la base du fragment postérieur de la même circonvolution, dans sa partie qui forme la paroi postérieure de la scissure: et comme dans la préparation des parties supérieure, antérieure et postérieure du noyau cérébral on a déjà gagné la face opposée de la base de celle même circonvolution, il ne reste, pour découvrir entièrement le noyau cérébral et terminer la séparation complète des masses latérales de l’hémisphère, qu’à détruire l'espèce de muraille fibreuse élevée sur les limites de la scissure de Sylvius. En pratiquant avec précaution cette division au moyen d’un instrument tranchant, on isole entièrement la masse latérale de l’hémisphère du noyau cérébral. 11 reste toujours, sur les limites de la scissure de Sylvius, des lignes parfaitement marquées qui indiquent dans quel point s’opérait le passage de la substance fibreuse qui unissait le noyau cérébral aux masses latérales de t’hémisplu re. [Voy. la fig. 2 de la pl. IG.)

La couche corticale des circonvolutions ne communique avec la couche fibreuse intrinsèque du corps strié et de la couche optique que par l’intermédiaire de la matière blanche qui , de la face extérieure de la couche fibreuse interne de l’hémisphère , se porte à la face interne de la couche corticale (voy. pl. 19, fi g. 2). Cette même couche corticale, au contraire, se combine d’une manière si intime avec une autre région des masses circa-pédonculaires , le contour du quadrilatère perforé et les nerfs qui s’en détachent , qu’on ne peut l’en séparer sans rupture. En considérant avec attention la figure de la pl. 15 et la fig. première de la planche 19, on conçoit parfaitement que, sur un cerveau préparé comme celui de la pl. 15, une incision pratiquée avec adresse dans le voisinage du lieu où la couche fibreuse de l’intérieur de l’hémisphère passe dans les masses circa-pédonculaires, permette d’enlever en entier la masse de l’hémisphère de son contact avec le noyau cérébral.

Avant cette incision de l’espèce de tige de la couche fibreuse de l’hémisphère , toute cette partie de l’hémisphère qui se développe en dehors de la circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius avait été séparée des parties correspondantes du noyau cérébral, que nous avons vu formé par une grande couche fibreuse aboutissant de tous les côtés au corps calleux. Il ne reste donc que les circonvolutions de, l’insula à séparer des parties du noyau cérébral qu’elles revêtent pour que la masse de l’hémisphère et le noyau cérébral soient complètement isolés l’un de l’autre.

Une couche assez mince de matière grise interposée à la doublure fibreuse des circonvolutions de l’insula et à une couche fibreuse qui limite en dehors la base des éminences circa-pédonculaires , rend très-facile cette partie de la préparation jusqu’au contour du quadrilatère perforé ; mais ici l’adhérence de la couche corticale et de sa doublure fibreuse immédiate avec des productions appartenant à l’espace perforé lui-même est si intime, qu’il n’y a de possible que la division violente ou la section des parties. On ne peut donc obtenir intacte et entière la masse périphérique de I hémisphère qu’en enlevant avec elle les parties du noyau

DES MASSES PERIPHERIQUES. 371

cérébral avec lesquelles se combinent intimement les racines de cette couche corticale . si l’on veut accepter ce nom pour les portions de cette couche qui se confondent avec le quadrilatère perforé. L’on ne peut davantage obtenir entier et intact le noyau

cérébral qu’en laissant avec lui ces mêmes racines de la cou-

che corticale sur le contour du quadrilatère perforé. De là résulte la nécessité de sacrifier le noyau cérébral pour obtenir une bonne préparation de la masse périphérique de l’hémisphère , et de faire sur un autre cerveau le sacrifice de la masse périphérique pour obtenir une bonne préparation du noyau cérébral. La première fig. de la pl. 16 montre la première préparation complète, c’est-à-dire la masse périphérique de l’hémisphère détachée avec le quadrilatère perforé du noyau cérébral. Les deux figures delà pl. 17 montrent, au contraire, dégagé des masses périphériques de l’hémisphère , le noyau cérébral avec les racines de la couche corticale adhérentes au contour du quadrilatère perforé. Enfin, dans la fig. deuxième delà pl. 16, on voit une moitié du noyau cérébral de la surface de laquelle on a séparé la masse de l’hémisphère , tandis que de l’autre côté ce noyau reste avec la masse correspondante de l'hémisphère dans ses rapports naturels.

De toutes les remarques faites en décrivant le mode de séparation des masses périphériques de l’hémisphère du noyau cérébral , il résulte que , dans toute l’étendue de leur contact en dehors de la base de la circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius , ces deux éléments principaux de la substance cérébrale sont simplement accolés l’un à l’autre par les surfaces correspondantes de deux couches fibreuses blanches; que, dans l’espace circonscrit par la même circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius , les circonvolutions de l’insula et la couche fibreuse qui les double, appartenant à la partie périphérique de l’hémisphère , correspondent à une couche fibreuse appartenant au noyau cérébral , mais sont séparées de cette dernière couche par l’intermédiaire d’un petit dépôt de matière grise. Enfin, la continuité réelle de la masse de l’hémisphère avec le noyau cérébral n’a lieu qu’en deux places : la première est la ligne d’enceinte de

ÉTUDE EXTÉRIEURE

l’insula , suivant laquelle la continuité des parties périphériques avec les parties centrales a lieu par le moyen de parties fibreuses ; la seconde est le contour de l’espace perforé sur lequel se trouve

greffée la couche corticale des circonvolutions du cerveau , qui

semble ainsi avoir ses racines dans la marge de ce quadrilatère dont la base du lobe olfactif fait partie.

Nous retrouverons l’occasion de signaler ces connexions en étudiant la structure de l’hémisphère et celle du noyau cérébral.

Etudions d’abord ce dernier dans sa forme; considérons la face correspondante de l’hémisphère , ses rapports avec le noyau luimême.

Ces études nous avanceront pour l’intelligence de la structure intrinsèque de ces deux parties.

ÉTUDE EXTÉRIEURE DU NOYAU CÉRÉBRAL(l).

La forme du noyau cérébral ne rappelle celle d’aucun corps régulier. C’est un polyèdre symétrique dans ses deux moitiés , situé dans la partie médiane et basilaire du crâne ; il offre une face supérieure quadrilatère, allongée d’avant en derrière (voy. pl. 17, fig. 1 ) ; une face inférieure également quadrilatère ( voy . pl. 17, fig. 2) , plus large que longue, très-accidentée; deux faces latérales triangulaires (voy. pl. 16 , fig. 2) ; une extrémité antérieure d’une médiocre étendue, circonscrite par un quadrilatère , terminée à droite et à gauche par une protubérance qui pointe en avant (voy. pl. 19, fig. 1 ); enfin une extrémité postérieure circonscrite par un quadrilatère d’une étendue assez considérable, situé dans un plan oblique de haut en bas et d’arrière en avant (voy. pl. 17, fig. 2). Ce quadrilatère se prolonge en arrière en deux pointes remarquables. Par sa face supérieure , le noyau cérébral regarde la voûte crânienne ; sa face inférieure repose sur les parties médianes de la base du crâne ;

(I) Voy. pl. K», T7 et 19.

DU NOYAU CEREBRAL.

ses protubérances antérieures regardent les bosses frontales ; ses deux prolongements aigus postérieurs correspondent aux bosses occipitales postérieures.

Dans l’aire du quadrilatère , qui circonscrit l’extrémité postérieure du noyau cérébral , on remarque l’ouverture qui conduit dans l’intérieur des ventricules. C’est à la base de cette ouverture que le pédoncule cérébral pénètre dans ces cavités.

Ainsi le noyau cérébral, reposant par sa base sur la partie médiane de la base du crâne, regarde, par sa région supérieure, les parties supérieures de sa voûte, la région frontale par sa partie antérieure, l’occipitale par sa postérieure, la région temporale par ses côtés ; et , chose remarquable , quoique distant de toutes les parties de la voûte du crâne qu’il regarde , il présente avec chacune d’elles une certaine harmonie de forme. Cette harmonie, sensible surtout dans les protubérances antérieures qui correspondent aux bosses frontales , dans ses pointes postérieures qui regardent les bosses occipitales supérieures, se retrouve encore à un degré plus ou moins sensible dans toutes les autres régions.

Le quadrilatère que figure la face supérieure du noyau cérébral , allongé dans son ensemble , est sensiblement plus long sur les côtés que dans son milieu. Dirigé d’arrière en avant, répondant à peu près au milieu de la hauteur du crâne , il est légèrement voûté d’avant en arrière , et , en même temps , concave de droite à gauche. #

De ses quatre bords , l’un est antérieur , un autre postérieur ; deux sont latéraux. L’antérieur et le postérieur sont concaves : l’un en avant, l’autre en arrière. Les deux bords latéraux, légèrement convexes en haut dans leurs deux tiers antérieurs , deviennent concaves dans le même sens, dans leur tiers postérieur. Et comme nous aurons plus tard l’occasion de le démontrer , ces deux directions inverses se rencontrent fréquemment dans la direction de la ligne que décrit, d’avant en arrière, la voûte du crâne surlaligne médiane.

Sensiblement élevés au-dessus du niveau de la partie médiane dans leur partie convexe en haut , ces deux bords latéraux de la

ETUDE EXTERIEURE

face supérieure du noyau cérébral forment , d’avant en arrière , une arête émoussée, en dedans de laquelle se creuse la concavité transversale que forme la face supérieure du noyau cérébral. En dehors de cette même arête longitudinale , au contraire , s’arrondit et se renfle une surface que nous retrouverons sur les faces latérales du noyau.

Le bord antérieur du quadrilatère supérieur, concave dans son ensemble, ne doit guère cette concavité qu’à la saillie en avant de son quart externe de chaque côté. Sa moitié médiane, qui n’est autre chose que la limite antérieure transversale du corps calleux , est à peu près droite d’un côté à l’autre. Quant au quart externe de ce bord , il marche de chaque côté , par une courbe symétrique , à la rencontre de l’extrémité antérieure de l’arête formée par les bords latéraux. Cette rencontre des extrémités latérales du bord antérieur avec l’extrémité antérieure des bords latéraux forme de chaque côté une saillie comparable à l’extrémité du pouce; et c’est justement cette saillie, cette protubérance , qui regarde la fosse frontale.

Le bord postérieur , dont la concavité générale est plus profonde et plus large que celle du bord antérieur , offre comme celui-ci , dans son milieu , une partie transversale presque droite, en dehors de laquelle se prolongent obliquement de chaque côté, en dehors et en arrière, deux lignes légèrement ondulées, qui forment par leur rencontre, avec l’extrémité postérieure des bords latéraux une pointe très-aigue à droite et à gauche. C’est cette pointe, de chaque côté , qui regarde la fosse occipitale supérieure correspondante. Ces deux pointes et la partie médiane de laquelle elles se détachent figurent assez bien la concavité d’une queue d’hirondelle, La saillie de ces pointes postérieures, en arrière de la partie médiane transversale du bord postérieur , qui n’est autre chose que le bord ou bourrelet postérieur du corps calleux , égale à peu près en longueur deux phalanges de l’index»

La surface supérieure du noyau cérébral , d’un blanc parfait , offre partout un aspect fibreux très-sensible. Elle présente sur sa longueur deux petits faisceaux superficiels fort étroits , placés

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