CRANE
On s’est toujours fort peu occupé d’étudier pendant la vie les proportions du rachis pour en déduire les proportions de la moelle épinière , tandis que depuis plus de deux mille ans on cherche à saisir les rapports qui peuvent exister entre les formes , les dimensions du crâne et du cerveau, et le développement des facultés de l’âme.
La statuaire nous offre les preuves de cette vérité.
En trouvant sans exception un grand développement du crâne dans les bustes antiques qui représentent les hommes les plus élevés par leur intelligence , on pourrait croire que les sculpteurs
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s’étaient bornés à représenter fidèlement leurs modèles, sans attacher une importance particulière au volume de la partie cérébrale de la tête; mais il n’en pouvait être ainsi dans leurs compositions idéales. Or ils ont précisément donné les proportions les plus grandes et les plus nobles au crâne de leur Jupiter, en même temps qu’ils ont traité avec moins de faveur leurs dieux d’ordre inférieur. Et si l’on pouvait encore, après des faits aussi convaincants, douter de leurs motifs, il suffirait d’ouvrir les ouvrages des médecins de ces époques reculées pour acquérir la certitude que ces artistes ne faisaient que rendre, à leur manière, un sentiment que les hommes de science expliquaient en termes parfaitement clairs.
Yoici comment Galien s’exprime à cet égard : « Les petites têtes indiquent une constitution défectueuse du cerveau, les grandes n’indiquent rien de favorable si leur volume ne tient qu’à l’abondance de la matière générale cérébrale; mais quand cette matière est douée d’une énergie et d’une perfection proportionnelles à son volume, le grand développement du crâne est un signe excellent. » Galien compare la forme normale de la tête à celle d’une sphère de cire parfaitement régulière qu’on aurait légèrement comprimée de chaque côté. Il doit résulter, dit il, de cette compression latérale une saillie des parties antérieures et postérieures plus prononcée que ne le comporte la forme sphéroïdale. Il indique comme particulièrement vicieuse la forme dans laquelle le vertex se prolonge en pointe.
Depuis Galien on ne s’est pas borné à ces indications générales. A différentes époques on a voulu fixer à la surface du crâne des régions distinctes correspondant chacune au siège présumé dans le cerveau des facultés principales de l’esprit. Quelques écrits modernes, et -surtout celui du docteur Lelut, médecin de la Salpêtrière , sur la phrénologie , rappellent un grand nombre de tentatives de cette espèce. Je renvoie à cet ouvrage les personnes que le sujet intéresse et me bornerai à citer un exemple déplus, que je n’ai vu mentionné nulle part. On trouve dans la bibliothèque du British - Muséum une gravure