DES CIRCONVOLUTIONS
Des excroissances nombreuses, en forme de replis épais , juxtaposés les uns aux autres, se renflent de toutes parts à la périphérie du cerveau. Plus ou moins sinueux dans leur cours , ces replis sont tellement disposés , que , par un de leurs bords , ils adhèrent à la masse de lorgane , tandis que le bord opposé, par- Utement libre , décrit de nombreux méandres dont les contours rappellent au premier abord Taspect des intestins grêles. Cette raison les a hài nommer circonvolutions intestiniformes du cerveau, par les anciens anatomistes, puis le mot circonvolutions, employé seul , a prévalu.
Le bord adhérent des circonvolutions est appelé leur base; on nomme sommet leur bord libre. Les surfaces comprises dans Fintervalle de leurs bords n'ont pas reçu de nom propre , et seraient convenablement désignées par celui de flancs des circonvolutions. La distance de la base au sommet donne leur hauteur.
Les enfoncements qui séparent les circonvolutions sont connus sous le nom d'anfractuosités.
Les lignes menées perpendiculairement du milieu du sommet des circonvolutions au milieu de leur base et qu'on peut appeler axes des circonvolutions , sont en général dirigées vers les parties centrales de Thémisphère.
La hauteur des circonvolutions est tellement mesurée , que le plus grand nombre de leurs bords libres arrive au contact des sarfaces planes, convexes ou concaves, auxciuelles correspondent les diflerentes faces de l'hémisphère. Ainsi , dans la face interne les bords libre^ des circonvolutions sont tangents au plan vertical médian , que représente la grande faux de la dure-mère : ils sont tangents à la concavité de la face interne de la voûte crânienne , dans toute l'étendue des régions convexes extérieures du cerveau. Enfin , dans les régions basilaires de Torgane, ils forment dans leur ensemble des 9urÇices ^^ern^ivepient concaves et convexes
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qui s'accommodent a x surfaces alternativement convexeéet concaves des parois sur lesquelles elles reposent.
Les flancs des circonvolutions en sont de beaucoup les parties les plus étendues, les sommets viennent ensuite. Cette supériorité d'étendue des sommets des circonvolutions sur lean bises est une conséquence de la direction convergente des axes des lif^ convolutions vers les parties centrales de Thémisphëre eldtSM* nuosités que décrivent leurs bords libres.
Si Ton rase lesK^irconvolutions d'un hémisphère josqu'ai voisinage du ibnd des anfractuosités, la périphérie de cet hémisphèrt rasé, et très-rapetissé par cette opération , donne la somme des surkces formées par la base des circonvolutions moins l'étendM du fond des anfrac^uosités qui les sépare ; et comme les anfrwH tuosités ne sont pas plus larges à leur ouverture qu'à leur fimd « il est évident que la somme des bases des circonvolations est inférieure de beaucoup à celle de leurs sommets qui oonstituesi la surface extérieure des Ijémisphëres. Cette différence d'étendtc entre les bases et les sommets des circonvolutions » ne tient pu à ce que les circonvolutions deviennent plus épaisses à mesare qu'elles s'éloignent de leurs bases; on en peut trouver accidentellement quelques-unes dans ce cas, mais ce n'est pas la règle. As contraire , dans un grand nombre de replis circonvolationnaires , il existe , entre le bord adhérent et le bord libre, une différenoe d'étendue analogue à celle qu'offrent les deux bords opposés du mésentère. L'un , presque droit et d'une médiocre longueur, ad» hère aux parois osseuses et musculaires de l'abdomen; Tantre bord , au contraire, auquel se trouve attaché l'intestin , offire les mêmes sinuosités que cet intestin lui-même, et acquiert ainsi des dimensions très-supérieures à celles du bord adhérent.
La circonvolution d'enceinte de la scissure de Sylvius présente le plus bel exemple de l'analogie que je signale {voy. pi. 7, fig. 1, E E E EKE'"]. Les lK>rds adhérents de cette circonvolutioR circonscrivent l'insula par une sorte d'anse à peine égale à celle que figurent le pouce et l'index rapprochés par leurs extrémités, tandis que les bords libres dn la mwww rirronvolution , d4k*rivant
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les festons multipliés, surpassent de cinq h six fois celte grandoir.
Ce sont donc surtout les sinuosités des bords libres ou sommets les circonvolutions qui produisent le surcroît d'étendue de ces iXMtis comparés aux bords adliérents ou aux bases. Les sinuosités les bords libres des circonvolutions varient d'un sujet à un autre. Les cerveaux qui paraissent, au premier abord , offrir les eirx>nvolutions les plus nombreuses, sont simplement» dans le plus jrand nombre de cas, ceux dans lesquels les bords libres des circonvolutions présentent le pins de sinuosités. Il s'en faut beaucoup que les bords libres ou sommets des circonvolutions forment une convexité régulière entre les deux flancs qu'ils unissent; ils représentent en général, d'un côté à l'autre, une courbe surbaissée, et offrent d'ailleurs, en plusieurs endroits, des enfoncements , des saillies partielles , qui n'ont rien de régulier et de constant.
II n*est pas rare qu'une circonvolution , simple par sa base , tende à se dédoubler par son sommet. Cette tendance, marquée quelquefois par un simple sillon médian et parallèle au bord libre de la circonvolution , l'est, dans d'autres circonstances , par une anfractuosité borgne, dont la profondeur peut approchor de celle des circonvolutions ordinaires. II existe, d'ailleurs, dans tous ces accidents d'innombrables variétés qu'jl serait peu prolitnljle d'entreprendre de décrire. Le seul exemple constant d'une an* fractuosité borgne, d'une assez grande étendue, symétriiiuo .s r les deux hémisphères, se trouve dans Tintervalle des circonvolutions qui répondent aux nerfs olfactifs. Dans tout leur trajet intra-crânien, ces nerfs, qui représentent un prisme triangulaire. ont Tarête supérieure de ce prisme en rapport avec Tanfracluosité boi^e que je signale.
Les anfractuosités ne sont pas continues les unes aux autres dans toutes leurs parties, comme le sont les bords libres des circonvolutions. En effet, les intersections des replis circonvolutionnaires les uns avec les autres n'interrompent pas la continuité de leurs bords libres; seulement elles multiplient les embranchements de ces bords, mais elles interrompant à chaipie instant,
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au contraire , les anfractuosités. Celles-ci représentent donc des bassins séparés, toujours étroits, plus ou moins profonds et sinueux, quelquefois d'une étendue assez considérable, d'autres fuis très-petite, dont les flancs des circonvolutions constituent les parois. Leurs fonds , sensiblement moins étendus que leurs ouvertures, par la même raison que les sommets des circonvolutions surpassent de beaucoup leur base, représentent toujours un demi* cercle ou un sommet d'ogive à très-faible diamètre, par le moyen duquel s'opère la jonction des flancs des circonvolutions voi« sines.
Les anfractuosités de la face interne de Thémisphère ne cornmuniquent jamais avec celles de la face externe; et dans chacune de ces faces , les anfractuosités des régions antérieures ne communiquent jamais avec celles des régions postérieures. On peut dire la même chose de celles des régions inférieures du cerveau. Celles de l'intérieur de la scissure de Sylvius lui sont propres aussi , et ne communiquent pas avec celles des régions qui l'environnent. Enfin , dans chacune des subdivions des grandes régions que forment les faces principales de l'hémisphère , les communications des anfractuosités les unes avec les autres sont toujours assez rares.
Toutes les circonvolutions , toutes les anfractuosités ne sont pas visibles à la surface des hémisphères. On découvre des divisions secondaires sur les parois de plusieurs anfractuosités. Noos avons indiqué déjà, sous le nom d'insula, une masse particulière de circonvolutions cachée dans le fond de la région externe de la scissure de Sylvius (voy. pi. 7, fig. 1. CCC). On trouve aussi constamment sur les parois de la scissure postérieure de la bc^ interne du cerveau , des replis circonvolutionnaires qui ne sont pas visibles avant l'ouverture de cette scissure.
La saillie des circonvolutions en dehors de la masse centrale des hémisphères augmente considérablement l'étendue de la surface cérébrale. Et Desmoulins a savamm:nt prouvé ce fait, que. par suite du grand nombre de ses circonvolutions et de la profondeur de ses anfractuosités, la surface du ceryeau de Tbomme sur^
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passe en étendue celle des cerveaux de tous les animaux (1). On peut ajouter que le volume des circonvolutions, la profondeur de leurs intervalles n ont pas de rapports uniformes avec le volume total du cerveau.
D'où il résulte que retendue de la surface cérébrale peut varier d*un individu à un autre , dans des rapports inverses à ceux de la masse des hémisphères.
Différentes de volume , de forme , d'étendue , la plupart des circonvolutions qui se correspondent par leur siège sur l'un et sur l'autre hémisphère, ne sont pas parfaitement symétriques chez l'homme. En général » les plus grosses circonvolutions , les anfiBCtuosités les plus profondes se remarquent sur la partie moyenne et postérieure de la face convexe des hémisphères. Elles sont plus petites à l'extrémité postérieure qu'à l'extrémité antérieure. Les plus petites de toutes se trouvent à la surface de l'insula.
A la manière dont on parle des circonvolutions dans quelques écrits, il semblerait qu'il en existe un très-grand nombre de distinctes les ânes des autres. On a été jusqu'à les délimiter, lesnombrer, les nommer et en tracer à la surface du crâne une sorte de carte. L^anatomic sérieuse repousse de semblables prétentions. Elle fait voir de longues lignes de replis circonvolutionnaires non interrompues à la surface du cerveau, des groupes distincts d'autres groupes ; mais ces lignes et ces groupes se confondent dans un grand nombre de points avec les parties voisines par des anastomoses directes qui occupent toute la hauteur des circonvolutions. Dans les cas où ces sortes d'anastomoses manquent , il y a toujours passage , au fond des anfractuosités , de la couche corticale d'une circonvolution dans la circonvolution voisine. On ne peut donc, en regardant sévèrement les choses, concevoir rien de plus, qu'une certaine indépendance de quelques lignes circonvolutionnaires d'avec d'autres lignes , de quelques grandes régions d'avec d'autres grandes régions , de quelques groupes d'avec d'autres
(I) Sarioui en leMul compte des rapporu du volame du corps à celui du cerveau.
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groupps; et, encore, est-on forcé de reconnaître que les régioM circonvolutionnaires les plus indépendantes en apparence , sont au moins aussi directement continues les unes aux autres par la couche corticale qui leur est commune, que le sont les difiërentei parties d une membrane séreuse , malgré les replis nombreox qu elle peut subir en revêtant successivement , par esLemple , toute la longueur du canal intestinal , le foie , la rate, la vessie, Tutérus , elc.
On se ferait moins aisément illusion sur les circonvolutions oj* rébrales, on serait beaucoup moins enclin à y voir ce qui n*eziste nulle part dans le corps humain , où toujours un assemblage considérable de parties diverses se trouve associé , pour oousti* tuer un seul organe , loin qu'une seule partie serve jamais à oonstituer un nombre txïnsidérable d organes différents ; si Ton voulait se rappeler que les circonvolutions cérébrales sont de simplei replis de la couche corticale du cerveau ; que cette coudie est unique , continue partout à elle-même , dans les diverses régions qu'elle occupe. Que dans beaucoup d'espèces d'animaux, la couche corticale du cerveau n offre aucun de ces replis que nous appelons circonvolutions , et que chez ceux qui présentent les circonvolutions les plus achevées, une hydropisie ventriculaire peut en effacer un nombre{)lus ou moins grand et les ramener à Taspect uni que présentent naturellement beaucoup d'encéphales , sans abolir pour cela les facultés du malade hydrocéphale.
Quand on se borne à regarder dans leur ensemble les replis circonvolutionnaires de la surface du cerveau de l'homme, à considérer curieusement les caprices infinis de leurs contours , on a peine à reconnaître une loi à laquelle soient soumises leurs dispositions si variables en apparence. Cette loi existe pourtant, un examen approfondi la démontre. Nous allons nous efforcer de la faire comprendre.
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