PRÉFACE
y , '^ ^. . ^' moyeniqne Tesprit humain pent employer pour
/, !'.'"' ' ^ • ., arriver à conceroir quelque chose dans la physiologie
/ ':. •' o /. .^ du cerveau... le principal, le plus important, celui saM
il .'• ! lequel tous les autres pécheraient par la base et se-
'; ' i y r- - -, ..-^ '^. raient sans aucune certitude, est Tanatomie minu-
\\ ! «.< i* .j ê , tueuse, superficielle et profonde du cerveau de lIiomaM
^ \ ; dans l'état adulte.
V* ' \ , / . ' D. DS Blaikmllb, Jiappori à V Académie
\ ^ 5; : ^J • / , du 9cUncet, 23 juin 1828.
L'anatomie des masses nerveuses renfermées dans le crâne et le rachis oifre des difficultés considérables. Si Ton se borne à un examen extérieur, on n*en connaît pas mieux l'organisation qu'on ne connaîtrait celle du corps humain en regardant la surface d'un cadavre.
Si l'on ajoute à l'étude des formes la description des accidents produits par des coupes pratiquées à travers le cerveau , le cervelet et la moelle épiniëre , on ne peut encore se faire une idée plus juste de la structure de ces parties qu'on ne pourrait comprendre celle du corps humain dans son entier en le coupant par tronçons , au hasard.
Mais Texamen des surfaces et la pratique de certaines coupes sont chose aisée ; il est , au contraire , difficile de séparer nettement les éléments nombreux dont l'assemblage constitue le système nerveux cérébro-spinal. Leur peu de consistance , leur rapprochement intime, les modifications qu'ils subissent en passant d'ime région dans une autre , sont des obstacles suffisants pour expliquer combien peu d'hommes ont pu , depuis l'origine
PttEfACE. V
il n'en est pas irioins vrai qu*clle n'est pas encore arrivée.
Avec des connaissances anatonniques très-arriérées, il n^est pas étonnant que la physiologie, qui, suivant la pensée si jiiy^ de Haller, n'est que Tanatomie animée , ne soit pas plus avancée que la science sur laquelle elle doit nécessairement reposer pour avoir quelque consistance.
Ils n*étaient pas pénétrés du sens profond de la définition de Haller, les expérimentateurs modernes qui, dans leur impatience d*animer ce système dont ils ignoraient la structure , n'ont imaginé rien de mieux que de le mutiler chez des animaux vivants, et le plus souvent encore chez des animaux inférieurs par leur situation dans la série ou par leur âge.
Demandez à ces physiologistes lie quelles parties se compose l'encéphale des oiseaux , quelles parties sont achevées dans les jeunes mammifères; demandez-leur quels éléments de l'encéphale ont atteints leurs instruments et lesquels ils ont respectés; ' demandez à d'autres comment ils ont pu enlever le plus grand nombre des circonvolutions cérébrales de quelques chiens et s'assurer que leurs victimes n'avaient rien perdu des for.ctions attribuées au cerveau; et les uns seront forcés de reconnaître qu'ils ont agi sur des masses dont ils ignoraient l'organisation intime et le degré de composition; qu'ils ne savent, en conséquence, rien de précis sur la limite, le nombre, les rapports des éléments qu'ils ont divisés , et que , dès lors , ils n'ont aucune règle pour expliquer les variétés de leurs résultats. Les autres n'auront rien à répondre, et confesseront parleur silence la légèreté de leurs assertions.
Ce que nous savons aujourd'hui de mieux sur les fonctions du cerveau n'est pas sorti de ces vivisections hasardeuses; nous le devons à l'observation des inaladies et aux recherches cadavériques sur l'homme, et tout cela ne peut être perfectionné convenablement que par de nouveaux progrès anatomiques.