DES NERFS OLFACTIFS
On a vu, par ce que nous avons dit en commençant Tétude des nerfs cérébraux , que les olfactifs ont donné lieu à beaucoup de controverses. Quelques savants leur contestant le caractère de nerfs ont cru mieux faire de leur donner un nom insignifiant, tdi que celui de caroncules mamillaires ; d'autres retrouvant dans ces appendices tous les caractères de la structure du cerveau, les ont considérés comme un lobe particulier de lencéphale qu'ils ont appelé lobe olfactif.
Nous reconnaissons ce que les appendices olfactifs offrent de spécial dans leur structure.
Nous reconnaissons qu'ils diffèrent notablement de» nerfs ordinaires de la moelle ; mais tout ce qu'ils offrent de caractéristique , nous Favoas retrouvé dans les nerfs optiques , seulement , dans des proportions différentes suivant les animaux. Nous avons cru queies particularités de structure offertes par les nerfs optiques et les olfactifs pouvaient être présentées comme les caractères distinctifs des nerfs ct5rcbraux.
C'est donc seulement après avoir donné des nerfs cérébraux une définition qui indique ce qu'ils ont de commun avec lesautres
nerfs et ce qu'ils ont de spécial, que nous abordons la description de l'olfactif considéré comme un nerf cérébral.
Dans une très-bonne thèse (1), présentée à la fecolté de Paris , le 18 décembre 1837, M. le docteur Joseph Pressât a donné un historique détaillé de Tanatomie du nerf olfactif. II passe en revue, dans une première classe, les auteurs qui ne regardent pas comme nerfs les prolongements olfactifs du cerveao : dans une seconde, ceux qui les admettent au nombre des ner&. L'épigraphe de cette thèse, empruntée à Schneider, a été choisie avec bonheur par rapport à certaines controverses renouvelées de nos jours : » Nunc illvd diligentiores naturœ exqutrunt, an w nervi qui de dura méninge oriunfvr plus quam tilt qui de tern Ho pari nascuntur valeani ad odorandumî n
L'observation du cas d'absence du nerf olfactif qui a donné lieu à cette thèse, rapprochée avec discernement d'autres cas analogues et des données de l'expérimentation sur les animaux, n'a pas laissé M. Pressât dans le doute sur la question de savoir quel est le véritable nerf de l'olfaction. Nous ne suivrons pas ici M. Pressât dans l'étude de la question physiologique. Mais nous profiterons beaucoup de la partie anatomique de son ouvrage.
M. le docteur Pressât a bien voulu mettre à notre disposition le cerveau dans lequel manquait cette paire de nerfs ; nous tâcherons de l'utiliser dans le cours de ce travail.
Peu de questions relatives à l'origine des nerfs ont donné liea à un plus grand nombre d'opinions divergentes que celle des origines de l'olfactif.
Voici comment M. le docteur Pressât résume ses recherches multipliées sur ce point d'anatomie :
•» Avant Varole on ne connaissait point les filets d'origine
n il indique deux filets nécessaires.
« Sœmmerringle premier décrit la racine grise et Scarpa vient »♦ ensuite démontrer la petite éminence cendrée qui lui donne •• naissance.
(1) Ohtci Talion sur un cas d'ahsencc Un nerf olfactif.
ORIGlBfES D£i» NERFS. 517
• De grandes discussions s'élèvent sur le point du cerves^u d'où
• partent les racines médullaires du nerf.
• Yarole les fait ndtre du cerveau près du trou auditif, en- «• tre le lobe antérieur et le lobe moyen;
» Picolhomini , du quatrième ventricule et des corps striés ; " Jean Riolan, des piliers postérieurs de la voûte qui retourne
■ vers la base du cerveau;
» Ridley, des cuisses de la moelle allongée ; » Winslow, Chaussier, des corps striés; » Sœmmering , des cuisses du cerveau ;
• Gall , Bichat, et la plupart des modernes du cerveau même. » Sœmmerring , Gall , Cuvier, Serres réfutent et rejetten
■ Torigine des corps striés.
• Malacarne le premier émet lopinion de connexion du nerf
• olfactif avec la radiation externe de la commissure anté-
• rieure.
• Metzger, Rolando, Treviranus adoptent cette opinion; le der-
• nier ajoute un rapport avec la corne d'Aminon.
*• Meckel dit que 1^ connexion avec la commissure antérieure "établit une grande analogie entre les nerfs olfactifs et les op- " tiques.
» Bailly nie la commissure des nerfs olfactifs chez l'homme , •• mais Tadmet chez les animaux.
• M. Serres enseigne que le filet externe correspond toujours
• à la proéminence latérale du lobe de Thippocampe , dont il est
• la continuation en dehors , et que ce rapport est à peine visible
• chez l'homme.
••Desmoulins n'admet chez l'homme queJa connexion avec •• les circonvolutions postérieures de la base du lobe antérieur :
• il prétend , contre Treviranus , qu'il n'y a aucun rapport di-
- rect entre la proportion de l'hippocampe et celle de la racine
- externe.
- M. Breschet cite des observations dans lesquelles les deux •• filets blanchâtres se dirigeaient en arrière vers la moelle épi- » nière , et il en conclut que )es nerfs olfactifs , exis^nt dan^ d^
518 ORlGlBfES DES «BD».
» enfaiila privés de cerveau ne lireiit pas leur origine de celle " parlie de l'encépliale ni des corps striés.
•» M. Leiut établit une relation entre le lobule de l*bippocampe » et les racines du nerf olfactif.
» Cams n*adroet pas de commissure entre les nerfs olfectifs *t chez Thomme.
n M. Cruveilhier enseigne qu'un grand nombre de radnes it blanches profondes lui ont paru provenir de la commiarare ann térieure , et nullement des corps striés. [1 nie le rapport ayec »» la corne d'Ammon indiquée par Tréviranus. «
Telles sont les indications fournies par le résume de M. le docteur Pressât. On voit» parla, combien d'opinions divei^^tes partagent les anatomistes sur la question de l'origine des oliactifi.
Nous avons toujours regardé comme un point d'une importance capitale , de poursuivre dans l'encéphale ce qu'on appelle les racines, les origines de l'olfactif. Nos recherches , à cet égard, nous ont amené à la conviction que ceâ racines commumquent avec presquQ toutes les parties que les auteurs dont nous venons de citer les opinions , ont considérées isolémçnt ou bien en nombre plus ou moins réduit comme combinées avec l'olfactif.
D'abord , il est indubitable que le nerf olfactif prend naissance ou se prolonge dans la couche corticale des circonvolutions.
Sa forme n'est pas exactement celle d'un prisme triangulaire, auquel on est dans Tbabitude de le comparer. U existe à la bi» inférieure de ce prisme, du côté de Vespacè perforé , une cannelure qui s'évase sur la marge antérieure du quadrilatère et ptélude ainsi à la bifurcation du corps du nerf, dont une moitié se continue en dehors avec la partie adhérente de la drconvolutian de l'ourlet, tandis que la moitié externe se détourne en dedans vers l'origine de la région verticale de celte même ciroonvo* lu lion.
f En même temps que cette cannelure se j^rononce à la face inférieure de la base de l'olfactif, larête opposée à cette cannelure, cette arête qui répond à ranfractuosité que loi^ cenerf.
ORIGirVËS DKâ I^EIIFS. 519
se pronoiico davantage et se réflocliit de bas en liaut en une émincrice pyramidale située dans le fond de l'infractuosité.
C'est cette émin nce pyramidale de substance grise dont le sommet se continue dans l'arête supérieure de l'olfactif qu'on nommé, depuis Sœmmerring, racine grise de l'olfactif.
Il est juste de signaler cette sorte de racine grise, mais il n'est pas exact de la donner comme la seule partie grise qui , de la surface du cerveau , se prolonge dans l'olfactif, puisque , ainsi <Jue nous venons de le dire ,*on voit la basé de ce nerf cannelée à sa fece inférieure , et en grande partie grise dans chacun des bohlâ de cette cannelure se réfléchir sur chacun de ces bords dans deux régions différentes dé la circonvolution de l'ourlèt.
Le nerf olfactif se détache de Id couche Corticale du cerveau sur la marge antérieure du quadrilatère {)erforé ; tout ce qui l'entouré est de là substance grise, et toute cette substance grise se prolonge en s'atrophiant dans ce nerf. Une région de cette substance grise se soulève en pyramide et se continue surtout avec l'arête supérieur du prisme que figure l'olfactif. Voici tout le privilège de cette éminence qu'on appelle la racine grise antérieure. Là substance grise de la circonvolution de l'ourlet ne se continue pas moins évidemment que la racine grisé de Sœmméring dans le corps du nerf olfactif.
Aux surfaces libres des deux portions de la circonvolution de l'ourlet qui se continuent dans l'olfactif, ressortent par leur couleur blanche des tractus blancs qu'on est dans l'usage d'appeler racines blanches de l'olfactif. Ces tractus blancs se prolongent, l'un en dedans, racine interne, l'autre en dehors, racine externe, à la surface de la portion de la circonvolution de l'ouflet adhérente à la marge du quadrilatère perforé.
Cette racine externe parallèle dans son cours à la direction du tractus optique {vay. pi. 6) semble se terminer dans l'angle rentrant, que forme avec la partie adhérente de la circonvolution de l'ourlet , la tubérosîté temporale de la même circonvolution. On voit quelquefois ce tractus blanc de la racine externe subdivisé en plasieQrs (ractus secondaires qui se rapprochent de la marge
520 ORIGINES DES IVLRFS.
(la quadrilatère affectant la même direction à peu près que le tractus principal. Ce tractus externe se continue surtout avec l'arête externe inférieure du corps de l'olfactif. Desonarêteinteme se détache un tractus analogue au précédent, toujours plus tôt rapproché de la marge quadrilatère et qui se continue à la fois sur l'arête interne de ce quadrilatère et dans l'origine du ruban fibreux de l'ourlet issu en partie de cette région. Entre ce tractus interne et le tractus externe décrits comme les racines blanches de l'olfactif , on voit souvent piusieors autres tractus plus fins qui , de la base du nerf, divergent vers la marge antérieure de l'espace perforé , et se combinent avec la couche la plus superficielle blanche de ce quadrilatère.
Telles sont les origines superficielles du nerf olfactif visibles sans aucune autre préparation que l'ablation des membranes et le soulèvement du cordon nerveux , lorsqu'il s'agit d'examiner sa racine grise antérieure.
Nous allons maintenant rechercher ce que sont les connexions profondes de l'olfactif.
S'il se continue à l'extérieur du cerveau avec la couche corticale, il se continue avec les parois ventriculaires de la manière la plus évidente chez les animaux , où il ofire une cavité centrale en communication directe avec le ventricule. Et chez Thomine lui même, quoique la cavité ventriculaire soit oblitérée dès l'épn^ue de la naissance , des connexions évidentes persistent entre les prolongements radiculaires de l'olfactif et certaines parties des parois du ventricule. Il communique encore avec le rul>an fibraix de l'ourlet , avec les parties antérieures de la marge du quadrilatère perforé , avec le cotylédon extra- ventriculaire du corps strié, avec les parties extérieures et le noyau gris de la tubérosité tenjporale , avec les extrémités du corps godronné de la corne d'Ammon et du corps frangé , rattachées à cette tubérosité temporale, c'est-à dire, avec cet ensemble que nous avons décrit comme la terminaison du cercle fibreux de l'orifice ventriculaire. Et il est remarquable , que les connexions qu'il présente aussi pur ses racines internes avec certaines parties ventriculaires, ont
OIIIGINES DES NSBFS. &21
lieu précisément entre lui et l'ensemble de faisceaux et de mem-branesque nous avons présentés comme formant l'origine de ce même cercle fibreux de l'orifice du ventricule latéral.
Enfin, le nerf olfactif se rattache encore par ses prolongements ladiculaires avec la commissure antérieure chez l'homme. Cette Qonnexion ne peut être chez l'homme aussi saillante que chez les animaux à volumineux olfactif. Elle est chez l'homme réduite aux proportions de l'olfactif lui-même , mais elle existe.
Il nous paraît , comme à Meckel , que cette connexion de Tolfactif avec la commissure antérieure établit une grande analogie entre la paire des olfactifs et celle des optiques.
De si nombreuses connexions ne doivent pas étonner de la part d'un nerf que sa structure , jointe à son volume considérable chez la plupart des animaux , ont fait considérer comme un lobe cérébral. Qu'un lobe cérébral dans lequel se prolonge le ventricule cérébral se trouve rattaché à toutes les parties extérieures, intérieures et profondes de Thémisphëre dont il est la continuation directe, cela est tout simple; que ce même lobe, réduit comme il l'est chez l'homme, aux proportions les plus infimes, conserve , nonobstant cette réduction , des connexions avec les n^êmes parties , l'analogie invite à le croire : mais le peu de volume des parties rend la démonstration plus difficile.
Voici les procédés au moyen desquels il me semble le plus facile d'arriver à la démonstration de ces connexions radiculaires de Tolfactif. Je suppose qu'on l'étudié sur une pièce bien choisie et long-temps suspendue dans l'alcool. Il faut respecter toutes les connexions superficielles de l'olfactif, 'avec la marge de l'es* pace perforé , et pénétrer dans la substance cérébrale à quelque distance en dehors des tractus blancs qu'on présente comme les racines interne et externe du nerf qui nous occupe.
En éliminant graduellement, par une tranchée parallèle à la direction des tractus blancs superficiels, la substance corticale de la drconvolution de l'ourlet , on arrive bientôt dans la base même de l'olfactif, et l'on voit, après avoir séparé avec précaution la racine grise de Sœmmerring , que l'intérieur de la base de l'ul-
5H eiilGirtES bEB lisM:
fiactif e^ drte gubstrtttoe fibreuse dëpertdatîlè in cefete fibreux de l'ourlet , avec lequel elle se continiie en dedans fet eh dehors (t()y. pi. 20, fig. 1, C, r r, f). Cèltè substance fibtetiôe dtr rW»n de l'ourlet pré^nte, dan$ la base même de l'olFaelH, tine sailUéënguleiise figraraht te ^nrtmet d'ufi âecetlt circonflexe : dé ce soiitmet, on voit des fibres se prolonger dans lé torps de Tolfactif: tandis que , de chaque cdtë , eeé mêmes fibres se contournent , les unes en dedans , les atttrès en dehors , Mt Ist ma^gé dé Yespécé p^'foré.
Les prolongentlents externes de ces fibres se rendent dMs ht partie adhérente du ruban flbreiïjt de 1 ourlet : les prolongeniehft internes se portent dftnë Torigine de te r%îon iertfcàle du in6me ruban fibreux.
C'est pttr une dissection de ce genre que Rolando , sans «ncoA doute , reconnaissant les edtnmunications rëdictllaires dé 1 olfich tif avec le cintre fibreust de ta nrta^e externe de I*èJi)èieë peribfé; s'était trouvé conduit à proposer le non! d'arc (rffildtlf potûr dé^ signer ce cintre fibreux.
Il faut enlever petit h petit , de dehors en dedans , le pAus gnuid nombre des couches fibreuses de la partie adhérente de l'ourîet; et se rapprocher de plus en plus , de Cette tnanière , dé hi marge du quadrilatère , sans entamer les connexions ^pérfidéHes de l'olfactif et de ses tractus blancs avec cette miarge. On né tafde pas à voir, en suivant cette marché, qu'un grand nombre de fibres, toujours continues à la base de l'olfactif, se prolongent par des ramifications divergentes dans là petite Concaviië de la couche d'enveloppe du cotylédon extra-ventriculaire du corjfef strié (voy. pi. 20, fig. 1, 5 , cette couché d'enveloppe r r, qudques-unes de ces radicules de l'olfactif). Si l'on prolongé là préparation du côté de la tubérosité temporale dé là drcOnvoIntion de l'ourlet , on voit que, depuis l'olfactif jusque dans l'ihtéHeur de cette tubérosité, les choses se passent toujours dune manière semblable , c'est-à-dire que des fibres cintrées , engagées par un bout dans la base de l'olfactif, émettent de leur convexité des fibrilles qui se rendent successivement danè la ôbuche rayéonàote
eiilGtlIEi» VES NÈttFfl. 5^3
extérieare au cotylédon extra-veiitricillifiire du coqis strid , et enfin dans le noyau gris contenit dans la tuWrosité temiioralc de la dr* oofiToliitio» de l'ourlet.
Lorsqu'on a pratiqué la préparation que nous Venons dé dé* crire, qa'on a bien vu tout ce qu'elle permet de t^nstater, il convient de procéder par une autre voie sur la même pièce. II faut s'occuper de disséquer la commissure antérieure , comme ndus l'Avons fait (pi. 20, fig. 6); à mesure qu'on isole le cylindre de cette commissure , on voit des fibres qui s'en détachent se porter de place en place à travers le cotylédori extra- ventriculaife dtt corps strié , dans quelques-unes dés radicules r r C de rolfactif , et l'on recontiaît en tùème Ibrtlps, avec certitude, que beaucoiip de ces fibrilles radiculaires de l'olfactif se combinent dvec rombili<^ du cotylédon extra-ventriculaire du corps strié. On voit eticbfe; à mesorfe qu'on avan^ dans la préparation de ht cdtbmissttfê antérieure, et qu'on élimine petit à petit le côtj^lédon extra-ventrfcnlaire du corps strié , qu'un grahd nombre de radicules de l'c*hcîif raydnnent danâ Tintervalle de ces deux tractus blancs de la partie grise antérieure du quadrilatère, et se rattachent à la bran^ die du faisceau postérieur détournée dans cet espace.
Dans la préparation figurée pi. 20, fig. 5, toute la surfiice dct quadrilatère est conservée ; on la peut examiner par transparence, et c'est dans cet examen qu'il est surtout cômntdde d'observei" la combinaison de ces racines postérieures de l'olfactif a^rcc la surfiu^ dé l'espace perforé , avec sa diagonale blahche que nous avons vtié doublée par une branche éblanée du fkisceati postérieur de la moelle.
Acoupsûr, toutes ces observatîofW-sont délicates chc2 rhomtiie, ce n'est pus un cordon nerveux gros corhme une plume que l'on peut vUir déserter la commissure antérieure pour se porter daris l'olfiMstif . Cet etfvoi , si volumineux de la commissure à l'olfactif, on l'observe dans les grands mammifères. Dans quelques petits , coffnme chez le lapin, le faisceau que la commissure antérieure donne à l'olfactif n'a guère moins de volume que le corps de l'ol- (SÉotif de l'homme. On conçoit que chez ce dernier toutes les
Ô24 OaiGlM£S P£S NBRFS.
connexions que nous avons décrites doivent avoir des proportions fort petites. Le peu de volume des parties n*empêche pas néanmoins que tout ce que nous avons décrit ne soit susceptible d être clairement démontré.
Telles sont les connexions radiculaires de l'olfactif avec les différentes parties intrinsèques de Thémisphère et du noyau cerébral.
Il me reste à parler d'autres connexions , celles qui ont Uea avec des parties ventriculaires , et particulièrement avec le ceic e fibreux de Torifice de ces cavités.
Nous avons eu souvent occasion de dire que le ventricule latéral se prolonge chez beaucoup d'animaux dans roliactif , qot ce même ventricule se prolonge dans ToUÎEU^tif humain durant le cours de la vie fœtale.
Comment ont lieu chez les animaux , chez les fœtus humains ^ces communications ! quelles sont chez l'honmie adulte lea ouih nexions de lolfactif avec les ventricules!
Chez les animaux , le mouton , par exemple , et chez le fœtus humain de quatre à cinq mois , suivant Sœmmerring , on ne voit pas Tangle d'union du cotylédon ventriculaire du corps strié avec la cloison transparente, à la hauteur qu'il présente chez Thomme adulte. (Voy. pi. 13, fig. 1, et pi. 14, fig. 2, ce lieu d'union de la cloison transparente avec le corps strié.)
Nous savons par l'étude que nous avons fiute du cercle fi* breux de l'orifice ventriculaire, dont la cloison fait partie, qu'une fraction importante de ses faisceaux d'origine, ceux qui forment le bord concave et une partie du bord convexe de la cloison , commence dans l'espace perforé.
Dans les animaux et chez le fœtus humain , c'est le principe de ce cercle décollé en quelque sorte du cotylédon ventriculaire du corps strié qui permet le prolongement du ventricule dans l'olfactif , et chez l'homme adulte , lorsqu'on poursuit dWant en arrière la séparation des prolongements fibreux de l'olfactif figurés en / dans la pi. l^^ de la pi. 20, on reconnaît, à n'en pouvoir douter, que des racines de l'olfactif se portent du boni
dniGINES DES NERFS. 525
interne de Tespace perforé dans la cloison transparente qui succède à œ bord. De sorte que, de ce côté, l'olfactif entre en connexion avec Torigine du cercle fibreux de Torifice ventriculaire, comme il y entre d'un autre côté avec la terminaison du même cercle dans la tubérosité temporale avec laquelle s'unissent le corps frangé , la grosse extrémité de la corne d' Ammon, etc.
Et il est bien remarquable que chez plusieurs animaux , le mouton , par exemple , la substance gnse de l'olfactif se prolonge dans répaisseur des piliers antérieurs de la voûte, et donne de cette manière, au commencement du cercle ventriculaire, l'apparence qu'il ne présente chez l'homme qu'à sa fin , dans ce qn^on appelle la corne d'Âmmon.
De toutes ces considérations , noiMkcroyons pouvoir conclure que rolfactif, nerf cérébral, se rattache à la substance grise des circonvolutions, au cercle fibreux de l'ourlet, au cercle fibreux de l'orifice ventriculaire , à la surface de l'espace perforé , à la branche du £ûsceau postérieur détournée dans cet espace, au cotylédon extra-ventriculaire du corps strié , et à la couche fibreuse qui l'enveloppe, enfin à la commissure antérieure.
Ses connexions avec la tubérosité temporale, tant dans la surbœ que dans la profondeur de cette tubérosité , le mettent en communication avec les parties qui terminent le cercle fibreux de l'orifice ventriculaire , comme ses connexions avec la cloison et la branche antérieure du pilier antérieur de la voûte le mettent en communicat'on avec le principe du même cercle fibreux (1).
(1) Je dois à l'obligeante coopc'ralioa de M. Caheo , interne des hàpiuui, la tra* cloctîon de quelques passages d'un ouvrage allemand de Sœmmcriog , intitulé : De forgane de Vâme, Rœnigsber^, 1796.
Voiet ce qae dit Sœmniering sur les connexions des nerfs avec les ventricules :
S 14» p. 16. « L'origine réelle des nerfs est eu rapport, dans des points constants , fixes, bieu déterminés, avec la sérosité des ventricules.»
S 16, p. 18. «Il esc généralement reconnu et admis par les physiologistes que la nerf acoustiqne présente son origine réelle au plancher inférieur du quairivme ventricule. 9
% 16, p. SO. • Il est certain, en oiitre, que les r;)ciiies de ce nerf sont en contact »vee le liquide vcntri idaire . •
596 OEI^INES DES 9SWf
OaïQlNES DES NERFS DE LA DEUXlÀMB CLASÊM. — HERFB W PAISCBAU ANTÉBIEUR.
Ces nerfs sont divisés comme ceux de la première dane m nerfs communs et en ner& spéciaux. Les nerfe oommans wnà ceux qui , nés de la moelle épinière , vont s'unir avec ceux di fiEÛsceau postérieur au delà du ganglion dans iequd ces dennen ont concouru : dans les classifications reçues , ils oonstHaol trente et une demi-paires; réunis à ceux du fiiiaeeaii posCérienr, ils fbot les trente et une paires entières. Si Ton imit ^oir v nerf doins chacun des filets étendus de la modle épinière «a fm de conjugaison , ils sont, comme ceux du faisceau pos>éiiwr, ai| nombre de pks de eent.
Nous ne reviendrons pas sur la part qu'ils prennent i la fi»mation de la queue de cheval , ni sur la manière donl ils sonsergent au-dessus du renflement lombaire vers les tioas de conjugaison. Tout ce qui a été dit des nerfs comnnms du fusoesi
H eu, par conséquent, probable, tinoo démontre, que les senaationt «odititcs existent dans le liquide du ventricule.
$ 17» p. il. ■ Tous les anatomialea reconnaiaaeol qae lea nerb optique Arfascat des couches optiques; ces couches août bai^n^M p4r-U a^roaâté : par coaaAqani^ les nerf» optiques sont en contact, à leur ori0ioe, par les couehes opiiqnet, avec le Hqnide ventricnlaire. »
U est probable, par consiéqaeai , qtie les impreBsioiia vianellet les phn dâicatti aiégeut dans le litjuide des v«ntricaïcs.
$ 18, p. 23. • Chea la plupart des mammifères le nerf olfactif présente ane catriK en rapport en arrière avec les ventricules.
Quoique cette disposition soit ditBciie k démontrer chec l'homme adulte ; Vîcqd*Asyr a fait voir que le nerf olfactif s'dCpprochait extrêmement de la paroi du vcacri* ctile, et, par conséquent, de la sérosité ▼entriculaire.
Dans les embryons de trois, quatre et cinq mois, le nerf olfactif présente oae cavité en comnlunicaiion évidente avec les ventricules latéraux .
S 21, p. 36. • Les racines de la cinquième paire sont si rapprochées des panis èi quatrième ventricule, qu'il est vraisemblable qu'elles sont en rap|iorl rédproqac avec h* liquide ventriculairc.
S 28, p. 31. « Si Ton admet qu'il existe un centre commun de sensations, nn «rasorium commune^ il est probable qu'il a son siège dans le liquide TentriculaiR, ou que celte sérosiit' en est l*organe. •
0»|(UirE8 DES KsaF». i%7
postérieur à cet égard est également applicable aux nerfa cornmuns du faisceau postérieur.
Il n'en est pas de même des degrés d'écarteroent que leurs origines offrent de la ligne médiane.
Nous avons vu que les postérieurs vers la partie postérieure du renflement lombaire étaient beaucoup plus écartés de la ligne médiane qu*ils ne le sont dans 1^ région dorsale de la moelle. Les lignes d'origine des nerfs communs du fa^ceau pos* térieur, quand on les suit de la région dorsale de la moelle au renflement lombaire, se rapprochent d '^utaut plus de la ligne médiane qu'on descend davantage, au point qu'au niveau du renflement lombaire les nerfs de droite et lea nerfs de gauche du fiûsc^u antérieur naissent presqu'au contact du sillon médian antérieur.
Nous avons dit , eu traitant de la structure de la moelle , les vues que pouvait appuyer cette disposition; nous n'y reviendrons pas.
Les racines de ces nerfs plongées dans la mpelle se combinent comme celles des nerfs communs du faisceau postérieur, partie avec la substance fibreuse, partie avec la substance grise; seulement le &UX sillon sur lequel naissent les nerfs du faisceau postérieur est plus prononcé que celui sur lequel naissent les nerfe du &isceau antérieur.
Les nerfs spéciaux du faisceau antérieur existent les uns au niveau du bulbe , les autres dans les régions pédonculaires du cerveau. Chacun d'eux a son nom propre. C'est le grand hypo^ glosse , le facial ou portion dure de la septi^me paire et le ok)teur oculiiire externe au niveau du bulbe; le moteur oculaire commun sur le tronçon pédonculaire du cerveau.
Les nerfs dont la réunion constitue le grand hypoglosse se détachent de la face antérieure du bulbe rachidien dans l'intervalle de la pyramide antérieure et de Ttïminence olivaire. Au nombre de dix ou douze, ces petits nerfs alignés au-dessus les mis des autres dans le prolongement de la ligne d origine des nerfe communs du faisceau antérieur de la moelle se réunissent
ordinairement en deux cordons qui , dirigés obliquement en avant et en dehors . traversent isolément la dure-mère et sortent du crâne par le trou condylièn antérieur.
Le facial ou portion dure 4e la septième paire {voy. pi. 5, fig. 1 , F) naît chez Thomme des prolongements du faisceau antérieur déjà cachés sous le bord postérieur de la protubérance, il contourne en dehors le prolongement ascendant de la pyramide compris entre ce prolongement et les arcs voisins de la protubérance , puis il s'accole au côté externe du prolongement ascendant du faisceau moyen , et enfin devient libre presqu'aa contact du nerf auditif.
Chez beaucoup de mammifères, la protubérance ne s*étendant pas aussi loin en arrière que chez l'homme, on voit à découvert le nerf facial depuis le lieu où il devient libre jusqu'à celui où il commence , sur le bord interne de la pyramide ou sur son bord externe suivant les animaux qu'on examine.
Ce nerf, Irès-volumineux chez beaucoup d'animaux , figure, surtout quand il s'étend jusqu'au bord interne de la pyramide, un étage inférieur de la protubérance plus étroit et moins saillant que la protubérance proprement dite (1).
M. le docteur Longet, Anatomte du système nerveux, t. n, p. 409, décrit sous le nom de nerf intermédiaire au facial et à l'acoustique un « petit tronc nerveux intermédiaire à ces deux » nerfs et découvert par Wrisberg, qui l'a nommé portio dura n inier communicantem faciei {{ada\) et auditivum nervum; déw crit et figuré, depuis cet auteur, par Vicq-d'Azyr, Soarpa, » Sœmmerring, etc. On ne le trouve plus mentionné dans la plo- » part des traités modernes d'anatomie; des expériences qui se- " ront relatées plus loin s'opposent à ce que nous en fassions, »» avec Bishoff, Goedechens, Barthold, la racine sensitive du fait cial , nous le regardons au contraire comme un nerf particulier n que nous proposons d'appeler nerf moteur tympanique... *
(1) Voyct le rapport de M. de BbiuviHe »ur un mcnioirc de M. Fovillc » compcd rendus des sc.iiices de rAcadéniiu des sciences, séance du 11 mai ISiO, pa;;e 14 J« rapport.
ai^lGIKES DES NERFS. Ô29 *
Nous signalons ici le passage de Touvragc de M. Longet bien propre à fixer l'attention sur le cordon nerveux qu'il nomme nerf moteur tympanique. Nous croyons que ce cordon nerveux , voisin du nerf iiacial et de l'auditif, a une origine différente de l'un et de lautre. Lie facial naît du faisceau antérieur, l'auditif du postérieur, Tintermédiaire de Wrisberg nous paraît naître du faisceau moyen.
Le nerf facial sort du crâne par le trou auditif interne.