‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 161 sur 425 · SEJ1IS, REPIQUAGE ET SOINS GÉNÉRAUX DE CULTURE · texte numérisé non relu

SEJ1IS, REPIQUAGE ET SOINS GÉNÉRAUX DE CULTURE

La meilleure saison pour semer, c’est le printemps, lorsque l’air est un peu tempéré. On sème aussi en automne.

mais seulement les graines d’arbres, ou celles d’oignons de fleurs, qui sont ordinairement plus dures à lever que les autres, ou encore celles de quelques plantes annuelles, qui doivent passer l’hiver en terre pour avancer leur germination et prendre plus de force dans l’année suivante.

Les semences des fleurs et plantes exotiques doivent être semées sur couches chaudes et sous cloches, pour y être entretenues jusqu’à ce qu’elles soient un peu fortes, et que le temps permette de les transplanter.

Ces sortes de graines, qui sont dures à lever, se sèment ordinairement dans des terrines fendues en trois ou quatre endroits, pa^en bas, pour égoutter les eaux ; on les enterre dans des couches, qui sont renouvelées de temps en temps pour entretenir la chaleur.

On sème à la surface les graines menues ou délicates; on met un doigt de terreau par-dessus, et l’on arrose aussitôt.

Les bonnes graines sont celles qui, jetées dans un vase plein d’eau, coulent au fond. Les graines trop dures et un peu grosses se trempent un jour avant que d’être semées, pour les faire lever plus facilement.

La graine de giroflée se sème aussitôt qu’elle est cueillie, afin que les pieds qui seront doubles se déclarent avant l’hiver, et puissent se serrer.

On sème de bonne heure, comme sur la fin d’août, ce qu’on veut repiquer avant l’hiver; il faut aussi semer de bonne heure au printemps, de peur que la sécheresse n’arrête la végétation des jeunes plantes. .

On arrose les semis tous les jours, avec un petit arrosoir, par-dessus un doigt de paille longue : cela fait lever les graines plus facilement, et alors on les découvre ; en automne, on fait chauffer l’eau au soleil. On sarcle par un temps humide, et on doit le faire à fond, en tirant avec les doigts jusqu'aux racines des mauvaises herbes. Quand les graines sont bien levées, on les arrose avec le grand arrosoir, mais modérément, et, lorsque les racines se découvrent, on les regarnit avec un peu de terreau ou de terre. On abrite les jeunes plants tous les soirs, avant les gelées, et même avant les gelées blanches, avec des paillassons, que l’on pose

sur des cerceaux élevés en dos d’âne, pour qu’ils ne portent pas sur les fleurs. On les tient découvertes seulement pendant que le soleil y donne ou qu’il ne gèle pas; mais il faut se tenir constamment en garde contre la gelée.

On ne replante les fleurs que quand elles sont assez fortes; on le fait de bonne heure, soit en automne, soit au printemps, pour qu’elles puissent être bien reprises avant les gelées ou avant les sécheresses. Les reines-marguerites et les amaranthes se repiquent d’abord en pépinière, avant d’être transplantées dans les plates-bandes.

Il est nécessaire que la terre où l’on repique le jeune plant soit bien ameublie. Les plantes qui se multiplient de graines, et encore plus celles qui se multiplient par rejetons, marcottes ou boutures, demandent de l’eau jusqu’à ce qu’elles aient bien repris racine; et, en outre des arrosements qu’on leur donne au pied avec l’arrosoir à goulot, il faut, dans le commencement des chaleurs, les abriter du soleil par quelques toiles, ais, paillassons ou branchages, ou en les plaçant à l’ombre, lorsqu’elles sont en pots ou en caisses.

On doit, en plantant, serrer un peu la plante avec la terre, pour la garantir des accidents du dehors; et, quand elle est bien reprise et qu’elle commence à pousser, on bine légèrement à l’entour, afin que l’air et les arrosements pénètrent la terre.

A mesure que les plantes prennent racine, et qu’elles forcent, surtout en automne, on les expose au soleil peu à peu, et on les arrose sagement, c’est-à-dire sans les noyer ni les laisser languir de sécheresse.

On visite le parterre tous les matins, à la rosée, pour le nettoyer des insectes, surtout des limaces, punaises, perceoreilles et toiles d’araignées, qui nuisent aux plantes, gâtent les fleurs, et altèrent les couleurs de leurs corolles.

On partage le terrain en deux parties : la mieux exposée au soleil, celle qui par conséquent sera la plus chaude et la plus hâtive doit être réservée pour les belles fleurs; l’autre sera pour les fleurs communes, pour celles qui demandent l’ombre ou l’humidité, et pour les plantes à oignons, qui y

tiennent Heurs plus longtemps qu’à l’exposition chaude, quoiqu’elles ne s’y portent pas aussi bien.

On aura aussi, dans cette partie la plus ombragée, une

place de réserve pour y planter, l’été, des œillets, oreilles-

d’ours, primevères et autres Heurs que l’on repique dans cette %

saison, et que la chaleur tuerait ailleurs. On les y plante serrées, parce qu’on les lève en automne pour les mettre en place. On y met aussi les plantes que l’on réserve pour regarnir les planches et les plates-bandes.

On arrose, l’été, soir et matin, et en hiver à midi, pour que l’eau ne gèle pas. Dans les temps d’orage ou de pluie continue, on renverse sur le côté les pots qui contiennent des plantes, et on leur tourne le dos au vent.

On garantit du soleil les plantes qui sont délicates, en les rangeant sous quelque amphithéâtre. Si la terre des pots est trop sèche, on les plonge dans l’eau, à un doigt près du bord, jusqu’à ce qu’elle les ait pénétrés du bas en haut.

Les pots d’œillets, de giroflées et d’autres Heurs semblables veulent beaucoup d’eau, et du soleil le matin seulement; sinon ils se sèchent, et il vaudrait mieux alors mettre les pots en terre, pour conserver la fraîcheur. 11 est toujours préférable de planter en pleine terre, après l’hiver, ces sortes de plantes, qui ne viennent jamais si bien dans des pots.

On béquille la terre des pots ou caisses, toutes les fois qu’on la voit battue ou chargée d’une croûte qui empêche l’eau de pénétrer également par toute la superficie. Si l’on \eut éviter cette croûte, on répand un peu de terreau pardessus la terre. On est averti que fou doit changer la terre, quand on y voit par-dessus une moisissure blanchâtre, ou espèce de toile d’araignée couverte d’une petite rosée, et qui sent le champignon.

Si les plantes languissent, on en découvre les racines en les déchaussant adroitement; on coupe jusqu’au vif, avec la serpette, tout ce qu'on trouve de malade ou de gâté, soit à l’oignon, soit aux racines, et, après avoir laissé sécher la plaie, on recouvre avec de bonne terre.

Nous ferons observer qu’on ne doit jamais toucher les plantes, car on flétrit celles qui sont délicates, et, quelles qu’elles soient, le contact des doigts leur nuit toujours plus 01 moins.

Lorsque la fleur est passée, on met les pots ou caisses à l’ombre, dans un endroit bien aéré, pour que les plantes reprennent force.

On veille aux graines dans leur maturité, et on les cueille avant qu’elles s’envolent, c’est-à-dire quand l’enveloppe qui les renferme est sèche et prête à s’ouvrir. On les recueille toujours sur les fleurs de la plus belle couleur et aux plantes les plus fortes, auxquelles on n’a laissé que le maître brin, afin que la graine réservée ait plus de nourriture et mûrisse mieux.

Nous avons déjà fait connaître ailleurs les soins qui sont nécessaires pour la conservation des graines recueillies.

Les caïeux, les marcottes, les drageons des plantes, séparés des souches ou racines, même les boutures, sont toujours plus sûrs, et conservent mieux leur espèce que la graine.

Les drageons qu’on sépare du maître pied doivent avoir au moins un œil et des racines pour être bons à replanter. Après qu’on les a séparés avec la main, ou avec un couteau ou un coin de bois, lorsque la main n’y suffit pas, on recouvre les plaies avec de la cire d’Espagne. Les marcottes, les drageons et les boutures ne sont bons à mettre en place qu’au bout de deux ans.

Lorsqu’on a des oignons à lever, on doit faire cette opération avant que la feuille soit tout à fait morte, pour profiter du terrain et pour prévenir l’époque à laquelle ils recommenceraient à végéter en terre. Par la même raison, lorsqu’on est arrivé à la fin d’août, surtout après un été pluvieux, il ne faut pas toucher aux oignons qui restent en terre, parce que leurs racines commencent dès lors à travailler. On lève les oignons tous les trois ans, au plus tard, afin qu’ils ne se perdent pas, car ils s’enfoncent toujours, et pour qu’ils profitent du labour, de l’engrais et de l'ameublissement des terres. On les déplante avec la houlette, dans le mois de juiljet, par un beau temps et sans rien couper On les étale sur

quelques planches pendant huit ou dix jours, pour qu’ils se ressuient de l’humidité delà terre; et, pour les conserver, on les met dans des sachets, dans des boîtes, et encore mieux dans des paniers ou sur des tablettes, où ils ont plus d’air.

Lorsqu’est venu le temps de les replanter, on les épluche, on les nettoie, on coupe jusqu’au vif les endroits pourris ou rongés, et on sèvre les caïeux avec la main. On plante les forts caïeux en pleine terre, et, en pépinière, ceux qui ne sont pas encore assez avancés pour porter fleurs. Les oignons les plus gros et les plus sains sont les meilleurs.

Les oignons qui n’ont point de robe, comme lis, impériales, crocus, etc., restent toujours en terre, de même que les tubercules des iris; on les lève seulement pour en ôter les caïeux, et on les replante aussitôt.

Quand les oignons ne portent pas de caïeux, et qu’on veut les y forcer, on fait, avec l’ongle, une petite incision au fond de l’oignon, dans l’endroit d’où sortent les racines, et on en enlève de petites parcelles. L’oignon donnera autant de caïeux qu’il y aura de plaies : il ne faut pourtant pas faire cette violence aux oignons délicats, dans la crainte de les sacrifier, ce qui arrive quelquefois, surtout lorsque l’opération n’a pas été faite avec assez de ménagements.

Les pattes d’anémones et les griffes de renoncules se déplantent tous les ans.

11 faut avoir, l’été, dans le jardin, un ou plusieurs tonneaux d’eau découverts, pour que l'eau des arrosements s’y repose et s’y réchauffe.

Dans les lieux où fci terre est maigre ou tardive, on fait un amas de fumier dans un fossé ou un coin du jardin, afin qu’il soit bien consommé et presque réduit en terreau quand on l’emploiera. C’est toujours avant l’hiver qu'il faut mêler le fumier avec la terre.

Nous nous dispenserons de parler ici du rempotage, dont nous avons traité déjà dans une autre partie de cet ouvrage. Voyez le chapitre des Principes généraux.

CLiJumière,

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