NARCISSES
Le narcisse des poètes ( narcissus poéticus) est une jolie plante bulbeuse. Il est indigène; sa fleur est solitaire, blanche, odorante, à godet bordé de rouge et paraît en mai. On en cultive une variété à fleurs doubles. Les narcisses se multiplient de caïeux séparés en juillet, en levant les oignons. 11 est indispensable de les replanter en octobre, surtout ceux des variétés à fleurs doubles. On emploie de la terre un peu fraîche et franche, et l'on arrose pendant les chaleurs.
Le narcisse jonquille est originaire de la France méridionale; fleurit en avril; fleurs jaunes, odorantes, simples ou doubles. Cette espèce exige plus de soins que les autres. Pour bien réussir, il lui faut une terre composée d’un tiers de terreau consommé, un tiers de terreau de feuilles, et le dernier tiers de terre franche. Les oignons doivent être plantés à 9 centimètres, en septembre, en plaçant au-dessous de chacun une écaille d’huître, ou autre corps semblable, pour qu’ils ne s’enfoncent pas plus avant, et être relevés après la dessiccation des feuilles.
On cultive de même le faux narcisse ( pseudo-narcissus ), le narcisse musc (n. moschatus ), — a grande coupe (n. galanthinus ), — bulbocode {n. bulbocodius ), — a bouquet (n. tazetlus). Ce dernier a beaucoup de variétés, dont quelques-unes craignent le froid, par exemple celles qu’on appelle narcisse de Constantinople , — de Chypre, — tout blanc , etc.
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L’of.illet des fleuristes ( dianthus caryophyllus) est une fleur des plus belles et qui demande beaucoup de soins. Un œillet doit avoir de 25 à 2K centimètres de tour; les parfaits en ont jusqu’à 45 centimètres. Il faut que ses pétales soient nombreux, que la fleur soit ronde et pommée en forme de houppe, et bien nette dans ses couleurs. Les œillets dentelés, mouchetés et pointus ne sont pas estimés. Il est difficile d’avoir des œillets gros sans qu’ils crèvent; mais le carton, avec lequel on relève les pétales qui tombent à travers les fentes de la casse, y remédie parfaitement, et remet la fleur dans son état naturel.
Un œillet accommodé et refendu en est plus agréable; mais on ne doit point l’écraser en l’élargissant.
Plus la fleur est mêlée également de panache et de couleur, plus elle est belle. Les gros panaches, par quart ou par moitié de feuilles, sont plus beaux que les petits; ils sont préférables aussi lorsqu’ils sont bien tranchés et point imbibés. En outre, pour être parfaits, ces panaches doivent partir du fond de la fleur.
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L’œillet veut une terre fraîche, nourrissante et un peu légère. Pour la composer, on prend un tiers de terre franche, un tiers de terreau de fumier de cheval, et un tiers de terreau de fumier de vache ; un peu de sable noir pourrait n’y pas nuire. 11 faut toujours préparer ce mélange un an avant de s’en servir, le passer souvent à la claie et le repasser au crible de fer quand on veut empoter.
Pour établir un ordre en traitant de la culture de l’œillet, nous supposerons qu’on commence par planter des marcottes en automne : de là nous suivrons toutes les phases de cette culture jusqu’à la récolte des semences.
Les pots doivent avoir environ 15 centimètres de haut et 20 centimètres d’ouverture.
Avant que d’empoter les marcottes, on met au fond du pot un bon doigt de pur terreau de fumier de cheval : il aide à égoutter l’eau, et bouche moins les trous du pot que la terre. On regarde si la tige des marcottes exige, par sa longueur, qu’on la mette bien avant dans la terre, ou très-peu; on dispose la terre, dans chaque pot, de manière qu’elle fasse une petite butte, au milieu de laquelle on arrange les racines de la marcotte.
On recouvre les racines; et, quand le pot est rempli de terre, on enfonce la marcotte un peu, sans trop fouler ni incommoder les racines ; on refait le plein, et l’on fait en sorte qu’il reste de l’espace entre la terre et les premières feuilles; car une marcotte trop enterrée est sujette à se pourrir.
On met ensuite environ un demi-doigt de terreau de fumier de cheval sur le pot, pour aider les arrosements à pénétrer d’une manière plus égale, et pour empêcher la chaleur de durcir et de fendre le dessus de la terre.
Quand on craint qu’une marcotte soit ébranlée, ou à cause de sa hauteur, ou pour n’avoir pu être enterrée assez avant, on l’arrête par deux ou trois bâtons croisés. On ôtera ces bâtons lorsque les arrosements ou les pluies auront affermi la terre.
On arrose d’abord les marcottes à fond; puis on les met à l’ombre pendant une quinzaine de jours environ; on les arrose alors peu et souvent.
Lorsqu’on ôtera les pots de l’ombre, on les mettra au grand air, au soleil levant, ou dans tout autre endroit où ils n’auront de soleil que pendant une partie du jour.
11 faut tenir avec beaucoup d’exactitude les listes des espèces et des variétés; car c’est un des grands plaisirs des fleuristes que de connaître toujours leurs fleurs, lors même qu’elles ne sont pas fleuries.
Les œillets se conservent beaucoup mieux sur les gradins d’un amphithéâtre qu’à terre plate : les pluies d’automne s’écoulent plus aisément, les vers n’entrent point dans les pots, les plantes ont plus d’air, se pourrissent moins et fleurissent mieux.
Quand les dernières pluies d’automne viennent, vers la fin de novembre et en décembre, il faut que les œillets soient couverts ; mais il est mieux de les rentrer dans l’orangerie ou dans la serre. On les arrose, même en hiver, lorsqu’ils en ont besoin.
On n’arrose jamais les œillets, en été, que d’eau qui a été reposée et échauffée par le soleil; l’eau trop froide leur nuit; néanmoins, l’eau fraîchement tirée des puits leur est bonne, en hiver, lorsqu’ils sont enfermés dans la serre. On accoutume peu à peu les marcottes au soleil, lorsqu’on les sort de la serre après les gelées : si on les y exposait tout à coup on les ferait mourir. Quand elles ont gelé dans la serre, on ne doit les en sortir qu’après qu’elles sont entièrement dégelées. On attend qu’elles aient repris vigueur pour les dépoter et leur donner des pots plus grands.
On ôte les feuilles pourries, et l’on tient toujours les plantes propres.
A mesure que les marcottes se fortifient, il faut les arroser plus fortement, surtout lorsque les chaleurs augmentent.
On casse, ou l’on coupe, à un nœud près du pied, les marcottes qui montent, et on ne laisse qu’un dard aux pots dont on veut avoir de beaux œillets. Ce dard est maintenu par une baguette que l’on pose à deux ou trois doigts du pied.
On ne laisse que deux ou trois boutons à fleur sur le dard ; et même, si l’œillet 11e demande qu’un bouton, on ôte tous les autres : la première fleur est toujours la plus belle.
On peut aider quelques boutons à lleurir. Il y en a qui grossissent en forme de cul d’artichaut, courts et gros près du dard, et menus de la pointe: il faut les lier avec un lil, ils se remplissent du bout et fleurissent mieux. On ouvre aussi un peu le bout de la casse, de tous les côtés.
A mesure que les œillets fleurissent, on en arrange la fleur en la peignant, ou en la refendant, et l’on y met une carte. On place les pots sur un amphithéâtre, ayant soin d’arranger les fleurs suivant leurs couleurs et leurs variétés. Il est bon d'ar-
roser les pots qui sont disposés de cette manière un peu plus souvent que s'ils étaient en leur place ordinaire, mais plus légèrement.
On ne marcotte l’œillet que lorsqu’il sort de sa fleur. Rien n est plus facile que cette opération. On fend la moitié de la tige de la marcotte près et au-dessous d’un nœud, et on pousse la fente une ligne ou deux au-dessus; puis on coupe juste au milieu du nœud. La moitié qui ne tient plus au pied, et qu on nomme le talon, est cette partie à laquelle vient la racine. On couche la marcotte dans son pot, garni de terre préparée comme nous l’avons dit, et l’on fiche en terre, audessus de la fente, en tirant vers le pied, un petit crochet de bois qui tient fixée la tige de la marcotte, de manière que son talon se trouve tout à fait couvert par la terre. Il faut que le crochet soit bien enfoncé et fasse relever la marcotte, dont le talon devra se trouver placé tout droit.
Quand les tiges des œillets sont trop longues pour être marcottées dans leur pot, ou trop hautes pour s’abaisser sans se rompre, on les fait passer à travers un petit entonnoir de fer-blanc soutenu par un bâton. On remplit cet entonnoir de terre : les marcottes y réussissent fort bien.
On arrose copieusement les marcottes dès qu’elles sont faites, et on les laisse trois ou quatre jours à l’ombre, seulement pour s’affermir ; puis on les remet à leur place ordinaire, observant de ne pas les laisser sécher faute d’eau. Six semaines après qu’elles ont été faites, elles ont pris racines. On les lève par un beau temps, en les coupant près du maître-pied, pour recouper vis à vis du talon la moitié qui tenait à ce pied.
On a bien de la peine à avoir de la graine des beaux œillets. On ne doit point la cueillir avant qu’elle soit trèsmûre. On la sème, au mois d’avril, dans des pots et dans une terre bien préparée. Quand le plant a poussé et qu’il est haut de 6 à 8 centimètres, on le repique pied à pied : ces nouveaux plants fleuriront l’année suivante.
OEillet de la chine. Voyez Culture (les plantes d'ornement rangées par ordre alphabétique.
OEillet d’espagne. Voyez le chapitre indiqué ci-dessus.
OE illkt de poète. Même renvoi que le précédent.