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Une émotion morale qui amène la mort peut produire cet effet par apoplexie nerveuse. La foudre, qui tue quelquefois sans laisser de traces sur le cadavre, détermine probablement la mort de la même manière, si elle n’a pour cause une asphyxie. Dans la majorité des cas il n’y a rien à espérer; néanmoins on doit faire tous les efforts possibles pour éveiller la sensibilité. On agira donc par les frictions, par les titillations répétées dans les fosses nasales, en faisant respirer des vapeurs d’une odeur pénétrante, enfin en irritant fortement la peau.
Pour toutes ces espèces d’apoplexies, nous l’avons dit et nous devons le répéter, le médecin doit être appelé le plus vite possible. La célérité dans les secours est une condition essentielle de succès, en supposant qu’un succès, même incomplet, puisse quelquefois s’obtenir.
Appétit contre nature. Voyez Estomac.
Appétit déréglé. Voyez Estomac.
Appétit immodéré. Voyez Estomac.
Arsenic ( Empoisonnement par /’). Voyez Empoisonne-
ment.
Articulations ( Maladies des). Les maladies des articulations des os sont assez nombreuses et sont généralement assez graves pour qu’on ne les néglige pas.
L’entorse est la plus commune, et mérite plus d’attention,
plus de soin qu’on ne pense. Voyez ce mot.
La luxation, qui change les rapports d'une articulation par le déplacement des os, provient ordinairement d’une chute, et se reconnaît à la déformation et à la suspension des mouvements du membre. Un médecin seul peut ramener les os dans leur position naturelle. 11 faut s’interdire sagement tout essai, car il est probable qu’il serait malheureux.
Les plaies dans les articulations, les inflammations articulaires, les tumeurs, les hydropisics de ces mêmes parties détruisent le jeu des pièces osseuses et exigent quelquefois l’amputation. On ne saurait donc être trop sur ses gardes, quand on souffre, à la suite d’un accident, ou par maladie, d'une articulation quelconque. Le repos absolu du membre, et la présence du médecin, sont les premières conditions à remplir.
Le rhumatisme articulaire exige également l’intervention médicale. Il ne faut rien faire sans le conseil d’un homme spécial.
La goutte est encore une maladie des articulations, qui déforme les têtes des os et accumule dans les articulations elles-mêmes des matières gypseuses qui forment d’énormes concrétions. Nous renvoyons à ce mot.
Asphyxie. On appelle asphyxie la suspension des phénomènes de la respiration. On en distingue de plusieurs sortes. 1° l’ asphyxie par submersion , celle des noyés; 2° V asphyxie par strangulation ou par suffocation , celle des pendus ou des personnes qui étouffent sous l’influence d’une cause, comme le croup , comme la présence d’un corps étranger dans les voies respiratoires; 5° l' asphyxie par les gaz non respirables , comme le gaz qui se dégage par la combustion du charbon , par exemple; 4° enfin Y asphyxie par les gaz délétères , c’est-à-dire ceux qui agissent par une sorte d’empoisonnement, ou en paralysant l’action nerveuse des organes respiratoires. C’est à cette classe que se rapportent les gaz des fosses d’aisances.
i° V asphyxie par submersion. Il faut traiter les submergés au sortir de l’eau , et sur le rivage, si c’est, possible. La promptitude des secours est une condition de succès. Si on les transporte dans un autre lieu, il faut les placer sur une civière, couchés sur le côté droit, et la tête soulevée par un oreiller. Si le noyé est habillé, on lui enlèvera ses habits, en les ouvrant avec des ciseaux pour ne pas perdre de temps; puis on lui mettra une chemise de coton et un bonnet de laine. Une fois ces dispositions prises, et l’asphyxié étant couché sur un lit, toujours sur le côté droit, on commencera par débarrasser la bouche et le nez des mucosités qui les obstruent et empêchent, par conséquent, la pénétration de l’air. Il serait bien , dans ce moment-là, d’aspirer le liquide qui est entré dans les poumons, au moyen d’une seringue garnie d’une canule en caoutchouc, si on en avait une à sa disposition; mais si on ne peut faire cette manœuvre, on exercera des pressions sur la poitrine et sur le bas-ventre, en agissant alternativement avec les deux mains. C’est le moyen
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de ranimer la fonction respiratoire. On doit en même temps réchauffer le corps , soit en promenant des vessies remplies d’eau chaude sur les diverses parties de la peau , des fers chauds , des sacs remplis de cendre chaude, etc., soit en pratiquant des frictions sèches, alcooliques, avec de l’éther, etc., Si la sensibilité ne se réveille pas malgré toutes ces manœuvres, il faut titiller les fosses nasales avec les barbes d’une plume sèche ou trempée dans de l'alcali volatil. L’insufflation de l’air dans les poumons est encore un moyen d’action très-utile pour réveiller le mouvement de ces organes. Mais, pour agir avec prudence, il faut en confier le soin à un homme de l’art.
2° U asphyxie par strangulation ou par suffocation . Il faut agir comme dans le cas qui précède, sous le rapport des manœuvres qu’on produit sur la peau, et du mouvement alternatif qu’on opère sur les parois du bas-ventre et de la poitrine. Enfin, à cause de l’accumulation de sang qui se produit dans la tète, sous l’influence de la strangulation, on doit appliquer des révulsifs énergiques aux extrémités inférieures, et faire une saignée du pied ou de la jugulaire. Mais cette dernière opération ne peut être pratiquée généralement que par un homme de l’art. Pour les précautions qu'il faut prendre pour détacher les pendus, voyez le mot Accidents.
o° V asphyxie par les gaz non respirahles. On compte parmi ces gaz , la vapeur du charbon , celle des fours à chaux, des cuves de raisin, des vins ou autres liquides en fermentation, les émanations des marais, l'atmosphère des mines de charbon, etc., etc. La première chose qu’il y ait à faire, c’est de soustraire l’asphyxié à la cause de l’accident. On doit lui donner les premiers soins au grand air. Ces premiers soins consistent dans des frictions sur la poitrine, le bas-ventre, avec de la flanelle imbibée d'eau de Cologne , de mélisse ou même d'eau-de-vie pure; on fera en même temps des frictions sur les autres parties du corps ; et, pour réveiller la sensibilité, on frottera la plante des pieds, la paume des mains et le trajet de la colonne vertébrale , avec des brosses dures. Pendant que ces diverses manœuvres seront pratiquées, on fera des aspersions sur le visage avec de l’eau
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froide vinaigrée. Si l’asphyxié ne paraît pas revenir à la vie, on brûlera des allumettes soufrées sous son nez, on dirigera dans ses narines des vapeurs fortes, ou ou les titillera avec les barbes d’une plume. On pourra encore essayer l’insufflation de l’air dans les poumons. Mais nous faisons observer encore une fois qu’un médecin seul peut faire convenablement cette manœuvre délicate. Enfin, en supposant que l’asphyxié revienne à la vie sans avoir besoin d’autres secours, on lui donnera quelques cuillerées de vin généreux, pour lui restituer progressivement une partie des forces qu’il aura perdues pendant cette violente secousse. C’est ainsi, d’ailleurs, qu’on doit terminer le traitement de toutes les asphyxies, de quelque nature qu’elles soient.
L’asphyxie par Je froid et Ja chaleur rentre, jusqu’à un certain point, dans cette dernière catégorie. En effet, une modification dans la température de l’air rend celui-ci non respirabîe.
On sait, car nous en avons déjà parlé dans le Traité d’hygiène, que, pour rétablir la circulation du sang, interrompue par l’action du froid, il faut faire passer peu à peu le malade à une température de plus en plus élevée. On commence donc par le frotter avec de l’eau légèrement dégourdie, puis tiède, puis presque bouillante, et chargée même de liquides spiritueux. On peut aussi le placer dans un bain d’abord légèrement froid, dont on élèvera progressivement la température. On agira comme nous l’avons dit précédemment, pour réveiller la sensibilité. Enfin, après ces opérations successives, on placera l’asphyxié dans un lit sec, cl on pourra lui donner quelques cuillerées d’un liquide fortifiant, comme du vin de Malaga, par exemple, dont on prendra la précaution de modérer la force, en le mélangeant d'une petite quantité d’eau.
Quand la chaleur produit l’asphyxie, il faut dégager l’asphyxié de ses vêtements, le transporter dans un lieu frais et aéré, réveiller la sensibilité par les moyens connus, sans néanmoins employer les frictions, enfin, appliquer des révulsifs aux mains et aux parties inférieures, si le sang s’est porté en trop grande quantité à la tète, de manière à faire craindre une congestion. Les révulsifs aux mains consistent généra-
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lement dons des bains (maniluves) d eau tres-chaude. On sait ce que sont les dérivatifs des extrémités inférieures. On peut également produire une dérivation d’un effet puissant, en administrant un lavement d’eau salée; mais ce n’est que lorsque tous les moyens ordinaires ont échoué qu’il faut avoir recours à celui-ci.
4° Enfin l 'asphyxie par les gaz délétères , comme ceux des fosses d'aisances, etc. Legrand air, les aspersions d’eau vinaigrée sur la figure, la poitrine et le ventre, les frictions sèches, l’administration de quelques cuillerées d’eau émétisée ou de deux ou trois tasses d’huile, pour déterminer l’expulsion des matières que l’asphyxié aurait pu avaler, enfin des calmants ou la saignée, suivant le tempérament ou les symptômes prédominants qui se font remarquer chez le malade. Le médecin, qui est indispensable pour porter des secours bien entendus aux asphyxiés de toutes les catégories, est surtout nécessaire pour les cas dont il s'agit. Nous a\ons dit que l’asphyxie par les gaz délétères doit être considérée comme un empoisonnement ; on comprendra, conséquemment, que le remède doit être aussi promptement administré qu’habilement choisi.
Aspic (Morsure de /’). Voyez Piqûre d'animaux venimeux.
Assoupissement. C’est un état qui participe à la fois du sommeil et de la veille. Dans le cas de maladie, il indique une langueur, une difficulté de l'exercice des fonctions du cerveau. Mais les causes qui le produisent sont très-diverses. Ainsi, tantôt c’est une faiblesse générale, tantôt un état d’épuisement du système nerveux, tantôt, enfin, une congestion de sang vers la tète, qui amènent cet embarras plus ou moins considérable de l'exercice cérébral.
C’est au médecin à distinguer les causes et à ordonner les remèdes convenables, lorsque l’assoupissement se prolonge assez longtemps pour présenter un caractère d’une certaine gravité.
Asthme. Voyez Poitrine.
Atonie. Voyez Faiblesse.
Atrophie. Voyez Dépérissement ,
Attaque de nerfs. Voyez Convulsions.
Avortement . Voyez Grossesse.
Bains. Voyez le Traité d’Hygiène.
Bâillements. Les bâillements sont un état de spasme nerveux, qui fait ouvrir largement la bouche et annonce généralement le besoin de sommeil.
L’ennui provoque le bâillement par l’état de spasme qu’il développe. La fatigue produit un résultat semblable. Un état particulier de l’estomac, qui se prononce surtout quand cet organe est vide, amène également le bâillement. Il n’y a qu’à manger pour le faire disparaître.
Certaines maladies présentent ce symptôme dans le groupe de ceux qui les caractérisent, mais il est si accessoire qu’il ne mérite pas qu’on s’en occupe; il disparaît d’ailleurs sans qu'il soit nécessaire de diriger contre lui le moindre traitement.
Battements de cœur. Voyez Palpitations.
Battements d'artères. Voyez Palpitations.
Bec-de-lièvre. Voyez Nouveau-né.
Bégaiement. Voyez le Traité d’Hygiène.
Bile. La bile est une matière liquide, amère, jaunâtre ou verdâtre, savonneuse, dont la composition se fait dans le foie. Elle se rend, par un canal particulier, dans cette partie de l’intestin qui suit immédiatement l’estomac. C’est là qu’elle se mêle avec les matières alimentaires travaillées dans l’organe principal de la digestion, et qu’elle contribue à continuer ou à perfectionner l’élaboration alimentaire.
La bile est quelquefois très-abondante, à cause d’une excitation trop élevée de l’organe qui la forme. Cela donne lieu à une teinte jaune du corps, qui n’est pas la jaunisse, mais qui s’en rapproche cependant. C’est cette teinte qui forme l’un des caractères distinctifs des races méridionales. Pour détruire cette exagération des fonctions du foie, les rafraîchissants et la modération dans les repas sont nécessaires.
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S’il y a persistance, malgré ce traitement, il est rare que l’administration d’un purgatif ne ramène pas l’équilibre.
Les canaux biliaires peuvent être obstrués, ou par une cause matérielle, comme des concrétions biliaires, ou par une cause d’une nature tout opposée, comme un état spasmodique, une contraction plus ou moins prolongée de ces mêmes canaux. Dans les deux cas, la jaunisse se manifeste, et finit par prendre une teinte extrêmement prononcée, si on abandonne la maladie à elle-même. Un médecin seul peut ordonner les remèdes appropriés aux causes de l’altération et aux tempéraments des malades.
Blennorrhagie. Voyez Syphilis.
Blessures. Les blessures sont des accidents très-communs et souvent très-dangereux ; et comme tout Je monde peut être appelé à jouer un rôle médical, quand arrivent des malheurs de cette nature, il est extrêmement nécessaire de savoir comment on doit se conduire en pareil cas.
Toutes les blessures ne donnent pas de sang. Celles qui en donnent sont par cela seul très-dangereuses, car l’abondance de l’hémorragie peut déterminer la mort. Donc, la première chose qu’il y ait à faire, quand, à la suite d'une blessure plus ou moins profonde, le sang s’écoule abondamment, c’est d’arrêter l’hémorragie. On y parvient, en opérant une forte compression avec la main sur la solution de continuité, en tamponnant sur la plaie un mouchoir de poche ou des paquets de charpie. Quand, au lieu d'être sur le tronc, la blessure est sur les membres, on arrête l’hémorragie en comprimant de la manière que nous avons indiquée au mot Accidents (voyez ce mot). Nous n'avons pas besoin de dire que la compression doit être continuée jusqu’à l’arrivée du médecin. Si on l’interrompait un moment, l’hémorragie se renouvellerait et affaiblirait d’autant plus le malade. Nous ne parlons ici que de blessures qui donnent du sang en quantité considérable. 11 n’est pas besoin de prendre tant de précautions pour celles qui ne produisent qu’un faible écoulement.
Les blessures sont plus ou moins graves, suivant la manière dont elles ont été faites, les instruments qui les ont déterminées et les parties du corps qu’elles occupent. Nous al-
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Ions passer en revue les diverses catégories qui résultent de ces différences dans la cause et dans le siège. Nous commencerons par les premières.
Blessures par les instruments tranchants , ou coupures . Lorsqu’elles n’intéressent que la peau, c’est peu de chose; il n’y a qu’à serrer avec un linge et tenir la solution de continuité à 1 abri du contact de l’air. Quand elle est plus profonde, il faut la laver à l’eau froide, ou légèrement attiédie, 1 essuyei avec une éponge; et, après avoir mis le membre ou la paitie blessée dans la position la plus favorable au rapprochement des lèvres de la plaie, on réunit ensemble ces deux lè\ les avec des bandelettes dediachylon ou de taffetas gommé. Les bandelettes devront être en rapport, quant à leur longueur et a leur largeur, avec la dimension de la plaie. On opérera ce rapprochement en posant les bandelettes d’un bord à l’autre, et en les disposant de manière que la première soit recouverte par la seconde, la seconde par la troisième, etc. Si la plaie a quelque étendue , on mettra au-dessus de ce premier appareil un petit gâteau de charpie, qu’on fixera avec une compresse et quelques tours de bande; si, au contraire, elle est d’une étendue peu considérable, les tours de bande suffiront.
Blessures faites par les instruments piquants ou piqûre. Ces blessures ont une ouverture très-étroite, mais elles pénètrent quelquefois très-profondément dans les organes. Nous parlons des piqûres faites par des instruments d’une certaine force et d’une longueur assez considérable, comme celles qui proviennent de couteaux, de canifs, de clous, de poignards, d’épées, de baïonnettes. Les premiers soins à donner, contre les accidents de cette nature, se réduisent à peu de chose. Si l’instrument est retiré de la plaie, et qu’il y ait hémorragie, ce qui n’a pas toujours lieu, il faut arrêter l’hémorragie par la compression ou les autres moyens indiqués. Si l’instrument est au contraire plus ou moins fortement engagé, il faut se garder d’essayer la plus petite traction, la moindre secousse; ce soin, ou plutôt cette opération si délicate, d’où dépend parlois la vie du blesse, est du domaine absolu du médecin.
Blessures faites par les instruments contondants , ou
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plaies confuse*. Ce sont celles qui résultent de coups de bâton ou de pierre, d'une chute, etc. Elles sont compliquées
ment il faut traiter les plaies; nous renvoyons au mot Contusion, de ce Dictionnaire, pour y voir en quoi consiste le traitement de la complication.
Blessures faites par les armes à feu. Ces sortes de blessures produisent en général de l’ébranlement, et même un étourdissement qui va jusqu’à la syncope; elles peuvent déterminer la fracture des os, et enfin engager un corps étranger dans les tissus. Si la plaie se complique d’hémorragie, ce qui est rare dans les plaies d’armes à feu, il faut l’arrêter par les moyens que nous avons fait connaître. S’il y a de l’ébranlement, de la syncope, on sait comment il faut agir pour ranimer les esprits; nous avons traité cette question au mot Asphyxie. Enfin, la fracture des os, et l’existence d’un corps étranger au fond d’une plaie profonde, interdisent toute manœuvre à ceux qui sont étrangers à l’art de guérir. La seule chose qu’il y ait à faire, en attendant l’arrivée du médecin, c’est de placer le malade dans une situation qui ne fasse pas entrer plus avant dans les tissus le projectile qui s’y trouve logé, et qui tienne les parties voisines de la fracture dans le plus grand relâchement possible. Ainsi donc, pour ce qui concerne ce dernier point, si nous supposons que la fracture soit dans un membre, il faudra tenir celui-ci dans une demi-flexion, afin que les muscles n’entraînent pas les fragments de l'os fracturé dans une position vicieuse.
Blessures par arrachement. Ces blessures sont faites par des griffes d’animal, par des morsures, par des machines; elles sont rarement suivies d’hémorragie. Il n’y a donc qu’une chose à faire, c’est de rapprocher le mieux que l'on pourra les bords de la plaie, de les régulariser même au ciseau, s'il y a quelque lambeau trop maltraité, puis de panser de la même manière que pour une plaie simple.
Nous allons passer maintenant aux blessures d’après leur siège.
Blessures de la tète. Les blessures de la tête qui saignent.
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sont en général les moins graves; d’abord, comme les os du crâne offrent un facile point d’appui, il est aisé d’arrêter l’hémorragie; puis, il y a beaucoup moins de chances pour qu’une inflammation consécutive se développe , lorsqu’un
écoulement de sang a eu lieu en
plus ou moins grande
quantité. On sait comment il faut s’y prendre pour étancher les blessures et pour en faire le premier pansement. Nous n’y reviendrons pas.
Que les blessures soient faites par des instruments tranchants ou piquants, il faut agir comme pour celles qui occupent un autre siège; seulement il est nécessaire de raser la tête pour les cas dont il est question, afin de fixer convenablement les appareils, ou d’opérer plus facilement les manœuvres nécessaires.
Les blessures à la tête entraînent quelquefois des fractures plus ou moins considérables du crâne; ceci est du ressort absolu du médecin. Elles produisent aussi des ébranlements plus ou moins puissants dans la masse du cerveau. A la suite de ces commotions qui ont surtout lieu quand il n’y a pas fracture, le blessé perd connaissance; il est enfin sous le coup d’une violente congestion de sang : la saignée est, dans cette circonstance, le remède le plus urgent et le plus sûr. Si l’on ne peut pas saigner, parce qu’on ne se sent pas capable de pratiquer une telle opération, il faut appliquer de nombreuses sangsues derrière les oreilles ou à l’anus, couvrir les jambes d’énergiques sinapismes, enfin faire respirer des odeurs assez pénétrantes pour ranimer le mouvement et l’exercice de la pensée. Le médecin, qui doit être immédiatement appelé, fera le reste. Nous devons faire observer que les plus faibles commotions du cerveau produisent des effets extrêmement fâcheux, si on n’y porte un prompt et puissant remède. Une négligence peut devenir fatale, et une chute, peu grave en elle-même, peut amener au bout de quelque temps une grave maladie du cerveau.
Blessures du cou. Celles-ci peuvent ouvrir un gros vaisseau et occasionner une hémorragie foudroyante, diviser le canal aérien ainsi que le canal alimentaire. Si la blessure a intéressé un gros vaisseau, il faut exercer la compression ;
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mais, comme les vaisseaux du cou sont nombreux, nous ne pouvons dire dans quelle direction et sur quel point on doit l’opérer. II faudra tâtonner et ne s’arrêter dans sa recherche, que lorsqu’on s’apercevra que le sang coule moins abondamment, ou ne coule plus. Si la compression n’est pas ppssible, on tamponnera. Si le canal aérien est intéressé, ce qui s’aperçoit par la perte de la parole, il faudra mettre la tête dans une position telle que l’ouverture soit fermée. C’est dans cette situation que le malade doit être laissé jusqu’à l’arrivée du médecin. Quand cette ouverture donne du sang, il faut empêcher que ce sang ne s’épanche dans les poumons, en le laissant s’écouler librement par le canal aérien ; on doit alors boucher les ouvertures du vaisseau avec de la cire, pour s’opposer à cet épanchement. Il n’y a rien de grave quand l’origine du canal alimentaire est ouverte; seulement, si le sang tend à s’écouler dans l’estomac, au lieu de se porter au dehors, il faut prendre les mêmes précautions que pour le cas précédent.
Blessures de la poitrine. Ces blessures peuvent atteindre le poumon et le cœur; dans ces deux cas, elles sont dangereuses; la mort est souvent au bout. Il n’y a rien autre chose à taire que de mettre un tampon de charpie sur la plaie, d’entourer le buste d’une serviette fixée solidement au moyen d’épingles, de placer le malade assis sur un lit et soutenu par des oreillers, et de donner de l’air à la pièce, pour qu’il respire le plus facilement possible. Le reste regarde le médecin.
Blessures du ventre. Les blessures du ventre sont moins redoutables que les précédentes, mais elles ont aussi leurs dangers. Quand il y a une hémorragie, il faut l'arrêter suivant les pratiques indiquées ; et, lorsqu’on y sera parvenu, on réunira les bords avec des bandelettes de diachylon ou de taffetas d’Angleterre. Ceci n’est que pour les plaies superficielles, pour les blessures non pénétrantes; mais celles qui pénètrent méritent plus de soins. Lorsqu’il y a sortie des intestins, il faut bien voir s’ils ne sont pas intéressés dans aucune de leurs parties. Si la blessure les a respectés, on mettra le malade dans une position qui relâchera les parois du ventre, puis on fera rentrer les intestins. Quand le contraire a lieu.
il est absolument nécessaire (l’attendre la venue du médecin. Lorsque la blessure intestinale est assez grave pour que les matières fécales s’épanchent au dehors, il faut favoriser cet épanchement au lieu de le réprimer; car on saura que s’il avait lieu dans l'intérieur du ventre, il provoquerait une inflammation qui tuerait infailliblement le malade.
Blessures des membres. Ce que nous avons recommandé au commencement de cet article s’applique principalement aux blessures des membres. Pour ce qui regarde les complications, elles seront traitées aux mots : Luxation , Fracture.
Borborygme. Bruit intestinal, qui provient ou d’un état spasmodique, ou d’un état de vacuité, ou d’une maladie des intestins. Dans tous les cas, les borborygmes ne sont jamais ni douloureux ni alarmants.
Bouche amère (mauvaise bouche). Voyez Estomac (Maladies de V).
Bouffissure. La bouffissure consiste dans cet embonpoint mou et d’une teinte jaune prononcée, qui se fait remarquer chez les personnes de tempérament lymphatique. Il résulte quelquefois d’une maladie chronique. Pour le modifier, pour le changer en un embonpoint naturel, nous n’avons rien à prescrire ici. Le médecin seul peut, suivant les cas, donner d’efficaces conseils.
Bouillonnement des humeur s. Voyez Sang (Maladies du).
Bourdonnement des oreilles. Voyez Oreilles.
Boulons sur le corps. Voyez Peau (Maladies de la).
Boutons au visage. Voyez Peau ( Maladies de la).
Bruissement des oreilles. Voyez Oreilles.
Brûlures. Les brûlures les plus simples , celles qui sont produites par l’exposition à un soleil ardent, ne sont nullement graves; on en efface les traces par des applications de pommades adoucissantes, comme la pommade de concombre, per exemple. Mais celles qui résultent de l’action d’un liquide bouillant, ou d’un corps en incandescence sur les tissus, sont caractérisées par des lésions plus ou moins graves.
Les brûlures ne sont quelquefois que superficielles; mais, suivant le degré de puissance de la cause, elles pénètrent profondément les tissus, et vont quelquefois jusqu’à leur destruc-
lion complète, par la carbonisation. Contre les brûlures du premier degré, dont les symptômes caractéristiques se réduisent à la rubéfaction de la peau et à la formation d’ampoules plus au moins considérables, on doit opposer les moyens suivants : des applications d'eau glacée, d’eau mélangée d’éther, d’eau de Goulard, à l’aide de compresses qu’on a le soin de conserver toujours humides. Quand la rubéfaction a peu d’étendue, il est rare que ces moyens ne produisent pas de l’amélioration.
Dans le cas contraire, on appliquera sur les parties brûlées, à la condition, bien entendu, qu’il n’y aura pas d’ulcération, un Uniment composé de huit parties d’eau de chaux et d’une partie d’huile d’amandes douces, ou, à défaut, d’huile fine d’olives. On n’en fera usage qu’après avoir pris la précaution d’écrémer le savon qui se forme, par la combinaison de la chaux et de l’huile, à la surface du mélange.
Quand la brûlure est au deuxième degré, c’est-à-dire lorsqu’il y a ulcération de la peau, il faut couvrir les parties de coton écru ou de charpie fine, enduite de cérat opiacé, de cérat de Goulard, ou d’onguent blanc camphré.
Quand l’ulcération est profonde, qu’elle arrive jusqu’aux couches musculaires, il faut les traiter comme des plaies ordinaires; dans ce cas-là, comme dans ceux de carbonisation, le désordre est trop grand pour que l’intervention d'un médecin ne soit pas réclamée; nous nous abstiendrons donc d’indiquer aucune pratique médicale à nos lecteurs, si ce n’est la diète, l’usage des rafraîchissants et les lotions adoucissantes (eau de mauve ou de laitue), en attendant les secours raisonnés qui peuvent seuls apaiser le mal et amener le bien.
Bubon . Voyez Syphilis.
Cacochymie. La cacochymie est le résultat d'un vice dans les humeurs du corps. Ce vice conduit à un état de faiblesse et de chute des forces dont certains vieillards présentent des exemples. Quand la cacochymie s’empare d’un homme encore
jeune, cette manière d’ètre, qui se développe quelquefois rapidement lorsqu’on l’abandonne à elle-môme, dépend d’une altération plus ou moins profonde qu’il appartient au médecin seul de déterminer et de guérir.
Caduc (Mal). Voyez Epilepsie.
Calcul. Voyez Pierre.
Callosités. On appelle callosité toute induration qui se produit sur un point quelconque de la peau, comme, par exemple, à la plante des pieds, sous l’influence de chaussures étroites, ou par l’habitude de marcher pieds nus, et à la paume des mains, par l’effet de travaux pénibles. On appelle aussi du nom de callosités les parties endurcies qu’on observe sur les bords des anciens ulcères , ou dans la direction des fistules. Le seul remède à employer contre les callosités des mains et des pieds, c'est l’ablation par l’instrument tranchant. Les callosités des ulcères et des trajets fistuleux disparaissent par la guérison de la cause quf les a produites et entretenues.
Cancer. C’est une maladie des plus graves, et qui exige, dans beaucoup de circonstances, l’opération. Un simple froissement détermine, quelquefois, le cancer du sein. C’est d’abord une tumeur légère, qui ne cause presque pas de douleur ; si on la néglige, elle devient dure, inégale; alors la tumeur prend le nom de squirrhe. Enfin , si le squirrhe suit ses périodes , il ne tarde pas longtemps à tomber en suppuration, et alors le squirrhe est devenu cancer. À cette époque, la suppuration joue le rôle d’un poison vis-à-vis du malade, qui s’énerve, s’affaiblit et s’éteint, quelquefois sans de grandes souffrances, d’autres fois en ressentant les douleurs les plus vives.
Le cancer s’établit, chez les femmes, dans l’épaisseur du sein, ou dans le tissu de la matrice. Chez les hommes, on le remarque quelquefois sur les lèvres. Les plaies dégénérées peuvent prendre, d’ailleurs, dans l’un et l’autre sexe le caractère cancéreux.
Les personnes les plus sujettes à cette terrible maladie sont celles qui ont un tempérament mou, lymphatique, celles chez qui les plaies les plus simples se changent en ul-