CRU
les plus ordinaires sont des enfants de sept à huit ans. Comme les secours doivent être extrêmement prompts, car la maladie marche avec une grande rapidité, voici les signes auxquels on reconnaîtra son invasion.
Une toux, accompagnée d’enrouement, se manifeste ordinairement pendant la nuit. Bientôt l’enfant s’éveille; il est inquiet, il semble suffoqué. La respiration se fait alors entendre; elle devient précipitée, bruyante, rauque; et lorsque la toux survient, on est surpris de l’altération que son timbre a subi depuis les premiers symptômes. Elle ressemble en effet à la voix d’un jeune coq, ou au bruit que produirait l’air en passant par lin tube d’airain. Dès ce moment le mal fait des progrès rapides. Le visage passe, d’un instant à l’autre, du rouge au pâle; la peau brûle, le pouls est d’une fréquence extrême, et le malaise est à son comble. La douleur est vive dans la région du larynx, et l’enfant y porte instinctivement la main, comme s’il voulait en arracher quelque chose. 11 y a, sans doute, des intermittences pendant ces longs accès de toux et de suffocation. Mais la respiration paraît s’embarrasser de plus en plus; elle devient sifflante, de rauque et sonore qu’elle était. C’est à ce moment de la maladie qu’on peut voir , dans les crachats écumeux déterminés par les violentes secousses de toux, des débris des membranes qui obstruent les voies aériennes. La mort est alors imminente; car un accès un peu plus prolongé que les autres peut déterminer l’asphyxie.
Comme on le pense bien, il ne faut pas attendre que la maladie ait fait des progrès pour appeler le médecin. Il faut immédiatement le mander, et appliquer, en l’attendant, de l’eau vinaigrée bouillante à la plante des pieds, des sangsues au cou, sur les deux côtés du larynx, si on en a sous la main, et donner successivement quelques grandes cuillerées de sirop d’ipécacuanha, pour provoquer l’expulsion des membranes qui commenceraient à se former.
Les moyens préservatifs consistent à ne pas laisser les enfants exposés à l’air frais et humide du soir, à leur faire des frictions sèches, lorsqu’ils ont été impressionnés par l’air d’une journée pluvieuse et froide, et à entourer de toutes les