SAN
sangsues qui font des plaies très-douloureuses et très-difficiles à cicatriser.
Lorsqu’on voudra appliquer des sangsues sur une partie du corps, il faudra éviter de le faire sur les points où des vaisseaux sont apparents : leur morsure, si elle était profonde, pourrait occasionner une violente hémorragie. Si l’application doit être faite sur une partie couverte de poils, il autla raser; si la peau où les sangsues doivent mordre a été souillée par des médicaments, il faut la laver avec le plus grand soin. Au moment de l’application, on oindra la peau avec du lait, de l’eau et du sucre, ou une substance mucilagineuse quelconque. On place généralement les sangsues au fond d’un verre à liqueur, et on tient le verre fixé à la peau, jusqu’à ce que les sangsues aient mordu. Celte méthode ne réussit pas toujours. On arrive, pour ainsi dire, inévitablement à les faire prendre en très-peu de temps, en les plaçant dans une pomme dont on aura creusé la pulpe en forme de cène. Il est probable que l’acide du fruit agit sur ces annélides, car ils quittent, dès l’application, la retraite qu’on leur a faite, pour s’attacher à la peau. On les détache en leur plaçant un peu de sel ou de tabac sur la tète. Pour fermer les piqûres, on se sert avec succès d’amadou ou de poudre de lyçopode. Toutefois, voici un moyen tout nouveau, auquel les hémorragies les plus difficiles à arrêter ne résistent pas. On fait, avec de l’huile ou du beurre et une petite quantité de cire jaune, un mélange en forme de boulette qu’on aplatit sur les piqûres, après les avoir essuyées avec soin. La substance adhère à la peau, et l'hémorragie est arretée.
Sangsues tombées dans le pharinx , dans Vestomac ou entrées dans le rectum. Si une sangsue pénétrait dans l’arrière-bouche, on boirait abondamment de l’eau salée ou de l’eau vinaigrée : cela suffirait pour la faire rejeter. Si elle pénétrait dans le rectum, des lavements avec de l’eau vinaigrée ou salée produiraient inévitablement un résultat semblable. Si, dans le vagin, on emploierait des injections composées de la même manière. Enfin, si une sangsue tombait dans l’estomac, avant d’avoir recours à l’eau salée ou à l’eau vinaigrée, on ferait usage d'un vomitif.
SCO
Satyriasis. Voyez Priapisme.
Scarlatine. La scarlatine est une maladie de la peau, de nature contagieuse ; elle a pour caractère de larges taches irrégulières et d’une teinte d’un rouge framboisé. Ces taches se confondent par leurs bords, et occupent des surfaces trèsétendues. La scarlatine se complique ordinairement d’un état d’irritation, ou môme d’une inflammation réelle de la gorge. Quand l’affection est très-développée, elle peut avoir une issue funeste, autant par elle-même que par les complications qu’elle entraîne. Cela suffit pour éveiller la sollicitude des parents qui reconnaîtraient, sur leurs enfants, les taches caractéristiques de la scarlatine. Comme il est absolument nécessaire que les secours prompts et éclairés de la médecine ne manquent pas au malade, dès l’instant où l’affection commence à se développer, les premiers soins à donner se réduisent à peu de chose. L’éruption n’apparaît d’ailleurs qu’après un trouble général de l’économie, qui est toujours assez fort pour alarmer les familles. Ainsi, le début de l’affection a lieu ordinairement vers le soir. Les symptômes précurseurs consistent dans des frissons passagers, de la fièvre, des nausées, des vomissements, des douleurs générales, beaucoup plus intenses dans le dos que partout ailleurs. Le pouls prend alors un développement considérable; il atteint jusqu’à cent quarante pulsations ; et une agitation vive, et même des convulsions, compliquent la situation. Un tel état ne réclame, de la part des personnes étrangères à l’art, que les précautions ordinaires à prendre contre l’action de l’air froid, et 1 administration de tisanes adoucissantes et tièdes, en attendant d agir suivant les prescriptions qu’on s’empressera de réclamer.
Sciatique. Voyez Névralgie.
Scorbut. C’est une maladie qui a pour caractère général la faiblesse, l’anéantissement, et, pour caractères paiticuliers, l’apparition de taches livides dans toutes les paities du corps, et la rougeur, la mollesse, l’enflure et le saignement des gencives à la plus faible v. cession. Cette maladie ne règne ordinairement (j ue sur les matelots, pendant les voyages au long cours, à cause de la privation d’aliments frais et fortifiants, et sur les individus entassés en grand nombre dans des loge-
ments étroits, malsains et humides. Le changement de lieu, un régime substantiel, un air pur, enfin tous les moyens qui peuvent ranimer l’énergie du corps guérissent la maladie, si elle n’a pas fait encore trop de progrès.
Scorpion. Voyez Morsure d'animaux venimeux.
Scrofules. Les écrouelles ou scrofules sont les tumeurs qui se développent, chez les individus de tempérament lymphatique, sur les côtés de la mâchoire inférieure : c’est une des manifestations les plus ordinaires de ce tempérament. Quand il est très-marqué, les écrouelles apparaissent sous l’influence du changement de la température, de l’humidité, du défaut d’exercice, et quelquefois même sans cause connue en dehors des conditions particulières de l’organisation. Ces tumeurs sont plus ou moins dures, plus ou moins rouges à la surface; mais, en général, leur coloration est terne, et elles produisent moins une douleur qu’un embarras dans les mouvements du cou. On a l’habitude d’appliquer des cataplasmes émollients pour en finir avec ces glandes; mais, loin de les faire disparaître, ces moyens ne font que les réduire en abcès. En effet, quelque temps après leur application, la glande diminue de volume, cède facilement à la pression, et donne sous le toucher des doigts une sensation de fluctuation qui est le signe évident de la collection purulente. Quand l’abcès est formé, on ne peut pas le supprimer : il faut l’ouvrir, ou l’ab mdonner à lui-même. Dans l'uu et l’autre cas, il laisse inévitablement une plaie, régulière quand on la fait par l’instrument, irrégulière quand elle se fait toute seule.
La première condition à remplir est d’éviter la terminaison des écrouelles par suppuration. La difformité qui résulte de l’ouverture des abcès est un signe ineffaçable. Une jeune fille qui a le malheur de porter de telles marques trouve difficilement à se marier. Il faut donc, en premier lieu, se garder d’appliquer des cataplasmes : il faut seulement envelopper ï's tumeurs d’épaisses plaques d’ouate ou d’un coussinet de flocons de coton, et fixer cette première enveloppe avec un foulard ou un fichu de mousseline qu’on rattachera au som-
met de la tète; mais cette indication n’est pas la seule à remplir. Quand les glandes sont grosses et multipliées, il faut
agir à la fois localement, c’est à-dire sur les tumeurs, afin de les résoudre, et généralement, c’est-à-dire sur le tempérament. On comprend qu’ici commencent des complications et des difficultés, qui sont du domaine exclusif du médecin. C’est donc à lui qu’il faut avoir recours pour achever la cure. Mais, nous le répétons, il ne faut pas obliger l’homme de l’art à une opération devenue nécessaire par l’application mal entendue de topiques émollients.
Sécheresse de la gorge. Sensation sans importance, car elle peut exister pendant une maladie de la gorge, comme à la suite d’une fatigue plus ou moins violente, ou d’une transpiration considérable.
Sécheresse de la poitrine. A proprement parler, il n’y a point de sécheresse de poitrine, à moins qu’on n’entende par cette expression le sentiment d’ardeur qu’on y ressent pendant les affections inflammatoires des organes pulmonaires.
Seigle ergoté [Empoisonnement parle). Voyez Empoisonnement.
Sein ( Maladies du). Les maladies du sein se développent quand l’époque de la maternité est arrivée. Le travail dont il est le siège lui donne une activité qui doit le rendre apte à contracter des maladies de plus d’une espèce. Nourrir est une condition de santé pour les mamelles; ne pas nourrir les expose à des accidents plus ou moins graves.
Ainsi, lorsque la formation du lait n’est pas entièrement neutralisée, chez la mère qui ne veut pas nourrir, par l’action des purgatifs et des sudorifiques, il peut se produire des engorgements laiteux qu’on dissout à force de cataplasmes et autres moyens analogues. Si la mère veut nourrir, et qu’avant de livrer le sein à son enfant elle retarde le moment de l’allaitement, pour attendre, d’après un préjugé encore assez répandu, que le lait soit fait, un engorgement laiteux peut encore se produire. La succion du nourrisson suffit seule quelquefois pour le résoudre.
La succion peut donner lieu à des gerçures du mamelon (voyez Gerçures); elles se guérissent facilement; mais, si elles sont très-douloureuses et qu’clles excitent vivement la sensibilité de la mère, il se développera une inflamma-