‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 338 sur 425 · VUE · texte numérisé non relu

VUE

nerveuse est violemment mise en jeu. On les fait cesser en donnant au malade, dans les intervalles des vomissements, de petites cuillerées d’eau de seltz.

Vomitifs ( Utilité et abus des). En général, dans le public, on n’a pas souvent recours aux vomitifs : les purgatifs ont la preference. Néanmoins, il y a un vomitif dont quelques personnes usent avec habitude, et qui peut produire et a déjà produit, bien des fois, les plus terribles accidents : nous voulons parler du fameux remède Leroy. Nous conseillons de ne jamais le prendre sans ordonnance de médecin. Parmi les vomitifs dont on pourra se servir, le plus simple, le plus usuel, c’est l’émétique à la dose de huit centigrammes dans un grand verre d’eau, qu’on prendra par moitié, à la distance de trente à quarante minutes. On ne doit se décider à s’administrer un vomitif que lorsque la bouche est pâteuse et mauvaise, la langue épaisse et chargée d’un enduit blanc ou jaunâtre, et l'estomac indolent. Les personnes qui ont un tempérament sanguin suffisamment prononcé ne doivent jamais prendre de vomitif sans ordonnance de médecin. Une congestion violente peut résulter des efforts que produit l’action du médicament. Les personnes qui ont des palpitations, ou qui craignent un anévrisme, doivent être encore plus prudentes, si c’est possible; car, lorsqu’il existe des palpitations, l’action de vomir peut amener des syncopes et des accidents d'une gravité quelquefois très-considérable, et, dans l’hypothèse de l’anévrisme, une rupture pourrait avoir lieu pendant le vomissement et entraîner immédiatement la mort.

Vue. Nous avons déjà parlé de la myopie dans le Traité d'Hygiène; il n’y a qu’un remède, ce sont des lunettes appropriées. La faiblesse de la vue par fatigue exige le repos, afin que des organes aussi délicats puissent reprendre toute leur énergie. Les conserves de couleur verte sont excellentes pour cela. Cette couleur modifie les rayons lumineux avant qu’ils pénètrent dans l’œil, et leur enlève ce qu’ils auraient de trop brillant et de trop excitable pour les yeux. La faiblesse de la vue tient aussi à un épuisement plus ou moins considérable de l’appareil nerveux qui reçoit l’impression des objets : c’est ordinairement ainsi que commence la maladie

YEU

connue sous le nom d’amaurose ou de goutte sereine; c’est le premier indice de la paralysie de la sensibilité oculaire. La vue trouble, celle qui résulte d’un nuage plus ou moins épais qui s’étend devant les objets, est la suite, en général, d’une inflammation de la surface du globe de l’œil. Dans ce dernier cas, cette partie est couverte d’un réseau de sang, il y a ophthalmie, et la vue est trouble : la disparition du mal entraîne la disparition du symptôme. 11 existe une altération de la vue qui consiste dans l’apparition de flocons plus ou moins transparents qui nagent dans l’air et passent comme des nuages sur les objets qu’on regarde. Ce symptôme est souvent le signe précurseur de la cataracte. Quand cette affection est formée entièrement, les nuages ont augmenté d’étendue, se sont épaissis, et la faculté de voir a disparu.

On ne doit jamais chercher à traiter soi-même les altérations de la vue sans consulter, non pas un médecin ordinaire, mais, si l’on peut, un médecin spécial : c’est le seul moyen de se préserver d’une maladie sérieuse, quand il est encore temps d’en retarder le développement, el même de l’empêcher. 11 n’y aurait rien d’inquiétant, qu’on se mettrait, par cette précaution, à l’abri d’une imprudence qui conduit souvent à de graves lésions de la vue. Cette imprudence consiste à adopter l’usage de lunettes, qui, au lieu d’amener le bien, aggravent le mal.

Yeux ( Maladies des). Les maladies des yeux sont trèsvariées, très-nombreuses, car l’organe de la vision est le plus compliqué peut-être de notre organisation. Nous parlerons seulement de celles qu’il est important de connaître.

VophlhaJmie est l’inflammation delà surface du globe de l’œil. On sait qu’elle est généralement très-douloureuse. Elle se rapporte à des causes de plus d’une espèce; et on compte surtout parmi ces causes la présence d'un corps étranger qui a produit et qui entretient l'inflammation. 11 faut le soustraire

YEU

quand on a reconnu sa présence, et puis faire usage du cataplasme suivant. On mélangera 50 grammes de mie de pain avec 200 grammes de lait, dans lequel on aura déjà délayé un jaune d’œuf et 1 gramme de safran. On appliquera sur l’œil cette préparation adoucissante, tiède et entre deux linges de fil.

La partie antérieure de l’œil, celle qui correspond à la prunelle, est couverte d’une membrane qui se nomme la cornée transparente. 11 s’y forme quelquefois des taches blanches plus ou moins étendues. Ces taches s’appellent des taies de la cornée. La cautérisation a seule assez d’énergie pour les dissoudre.

L’iris peut être déformé , paralysé dans son contour ; mais ceci est du domaine absolu de la médecine. Qu’on sache seulement qu’une affection aiguë de l’œil (ophthalmie) négligée ou maladroitement traitée peut entraîner cette fâcheuse complication.

Quand le centre de l’iris, qui est d’un beau noir, se couvre d’une couleur brune blanchâtre, la cataracte se forme. La cataracte consiste dans l’épaississement d’un corps lenticulaire et transparent placé derrière l’iris, qui se nomme le cristallin.

Nous ne parlerons pas des altérations que peuvent subir les humeurs de l’intérieur de l’œil ; mais tout au fond de cet organe, au point où la lumière va porter l’impression des objets extérieurs, se trouve une membrane qui s’appelle la rétine. Ce corps est l’épanouissement du nerf de la vision. Quand cette rétine ne peut plus remplir son office, il y a goutte sereine ou amaurose. Rien n’indique à la surface de l’œil l’existence de l’amaurose, si ce n’est la complète fixité du regard, et l’immobilité non moins complète de la pupille, malgré l’éclat de la plus vive lumière. L’amaurose est guérissable, dans la plupart des cas, lorsque la pupille présente encore quelque mobilité : ce signe est la planche de salut du malade et l’espoir du médecin.

Il existe enfin une maladie tout extérieure du globe oculaire dont on s’est beaucoup occupé dans ces derniers temps : nous voulons parler du strabisme. Les muscles qui font mou-

YEU

voir le globe sont contractés et n’agissent plus de concert. La science est parvenue à distinguer tous les éléments de cette difformité, c’est-tà-dire les muscles qui sont irréguliers et ceux qui ont conservé leur régularité normale; et, par une opération, elle parvient souvent à rétablir le parallélisme et l’accord des mouvements des organes de la vue. On doit la tenter, lorsque le strabisme n’est ni très-ancien ni héréditaire; car c’est une dilïormité qui détruit complètement l’harmonie du visage.

Page 1