‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 34 sur 425 · SYSTÈME SEXUEL UE LINNÉ · texte numérisé non relu

SYSTÈME SEXUEL UE LINNÉ

Après Tournefort, et pendant que Bernard de Jussieu recueillait avec une patience infatigable les observations qui devaient changer toute la face de la science, Linné publiait, en 1757, son système sexuel, le plus simple de tous, quoiqu’il prête quelquefois à l’arbitraire. Ce système est basé sur la découverte des sexes et de la fécondation, que l’auteur désigne sous le nom de noces des plantes.

f* La vogue extraordinaire du système de Linné s’explique par la singularité et la nouveauté des découvertes, par la facilité qu’il offre de parvenir promptement à la détermination du genre et de l’espèce, et surtout par l’avantage immense d’embrasser, non-seulement tous les végétaux connus alors, mais tous ceux qui pourraient être découverts par la suite.

Le système de Linné fut adopté avec enthousiasme par tout le monde savant ; sa nomenclature, si simple et si nette, subsiste encore dans toutes les sciences naturelles, et probablement ne sera remplacée par aucune autre. En France, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Amérique, enfin dans tous les pays où il existe des botanistes, les savants ont choisi pour base de leurs classifications la nomenclature lin— néenne, et l’ordre suivi dans ses différents ouvrages par le naturaliste suédois.

Cependant le système de Linné a l’inconvénient de disperser quelquefois des genres très-rapprochés dans la nature. C’est ainsi que les sauges s’y trouvent très-éloignées des labiées et que les graminées y sont disséminées dans plusieurs classes différentes; malgré cet inconvénient, le système sexuel est réellement ce qui a été imaginé de plus ingénieux.

Linné divise sa méthode en vingt-quatre classes dont les vingt-trois premières renferment les plantes qui ont les sexes apparents. La dernière, qu’il a nommée cryptogamie , comprend les végétaux dont les organes sexuels ne sont point visibles. De l’existence des étamines et des pistils sur le même individu, ou de leur position sur des individus différents, résultent deux nouvelles divisions, savoir : les fleurs hermaphrodites ou monoclines, et les fleurs unisexuelles ou diclines. Les fleurs hermaphrodites forment les vingt premières classes; les fleurs unisexuelles, les trois suivantes.

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