‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 351 sur 425 · DU CHEVAL · texte numérisé non relu

DU CHEVAL

Connaissance des chevaux , distinction du poil, distinction des espèces , maquignonnages , vojez notre Traité d’équitation, tome VI de cette Bibliothèque.

Ferrure. On ne doit commencer à ferrer un cheval qu’après que son pied a atteint le terme de sa croissance, c’est-àdire vers l’âge de cinq ans. Avant cette époque, la corne ne serait pas assez dure. Il y a d’ailleurs de l’avantage à accoutumer le cheval à marcher sur un terrain dur et pierreux, pour assurer sa marche, avant de le soumettre à la ferrure.

bes 1ers des chevaux doivent être percés à la pince pour les pieds de devant, et sur les côtés pour les pieds de derrière. Pour les chevaux fins, il ne faut employer que des clous déliés de la lame. Le maréchal, pour bien parer les pieds, ne doit point creuser dans les quartiers ni couper les talons. Le fer ne doit point porter sur la sole. Si le cheval a les talons bas et la lourchette grosse, il faut des crampons aux fers ; s'il a les sabots longs et qu il bronche, on doit raccourcir le pied et relever un peu le fer de devant.

1 elles sont les règles dont on ne saurait s’écarter, sans inconvénient, pour la ferrure du cheval.

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La ferrure de l’àne et du bœuf, dont nous parlerons ici, pour n'avoir pas à y revenir plus bas, doit être faite suivant les mêmes règles, mais elle exige beaucoup moins de soins. Dans quelques pays on ne ferre même pas l’âne. Si on juge à propos, cependant, de le faire, on doit sa\oir que son pied est bon à ferrer dès l’âge de deux ans. Pour le bœuf, l’âge de la ferrure est de deux ans à trente mois.

Quant au mulet, sa ferrure réclame des règles particulières qui seront exposées au chapitre qui lui est consacré.

Nourriture. La nourriture habituelle du cheval se compose de foin, de paille et d’avoine. La ration ordinaire des chevaux de troupe, que l’on peut prendre comme type de la nourriture des chevaux de selle, est de 6 kilogr. de loin, autant de paille, et 5 mesures d'avoine. Dans les fermes, on se sert plus ordinairement des fourrages de vesce, de luzerne, de sainfoin et de trèfle et des pailles connues sous le nom de menus. Les féverolles et le seigle, joints â l’avoine, constituent aussi une bonne alimentation ; on la donne de

préférence aux chevaux que l’on veut engraisser rapidement. Le foin seul confient aux jeunes chevaux ; le son n’est donné qu’à titre de substance rafraîchissante. Le régime alimentaire des chevaux subit quelques modifications, suivant les saisons et suivant le travail auquel ils sont soumis. Dans les fermes, on donne, en été, 10 kilog. de foin, sans paille, et 5 mesures d’avoine, et même 4 mesures, si les chevaux travaillent beaucoup. Le régime d’hiver se compose d’une demi-botte de foin le matin, autant le soir, et 6 kilog. de paille pour la nuit; on augmente la quantité de paille s’ils ne sortent point.

Les chevaux aiment l’eau trouble. On évitera de leur faire boire de l’eau trop crue, comme celle de puits ou de fontaine : l’eau de rivière, d’étang ou même de marre leur convient mieux. Lorsqu’ils sont à l’engrais, on leur donne de l’eau blanchie avec du son.

Le meilleur moyen pour engraisser un jeune cheval, c’est de le mettre au vert, pendant le printemps, dans les prés. On l’y laisse jour et nuit pendant trois semaines ou un mois. Ce régime ne convient pas aux vieux chevaux.

Pansement et autres soins du palefrenier. L’expérience a

démontré que le pansement est utile aux chevaux, non-seulement pour la propreté, mais même pour l'entretien de leur embonpoint. L’avantage de pansements fréquents et bien faits est surtout d’entretenir les pores de la peau ouverts, et de faciliter la transpiration.

Le premier soin d’un palefrenier doit être de nettoyer dès le matin la mangeoire, de donner l'avoine, lever la litière et balayer l’écurie; ensuite il procède au pansement. Cette opération consiste à étriller le cheval légèrement, jusqu’à ce qu’il ne sorte plus de crasse, puis à l’épousseter avec un morceau de toile de serge pour ôter la poudre de dessus le poil ; cela fait, on brosse la crinière et le toupet, dessus et dessous. Les jambes sont frottées avec la brosse ou un bouchon de paille. Oîi passe l’époussette sur la tête, les oreilles, le dedans des jambes de devant et des cuisses. Les crins delà queue sont démêlés avec un peigne, puis mouillés avec une éponge. Tout le corps est ensuite passé à l'époussette pour unir le poil.

Les chevaux tins doivent toujours, à l’écurie, a\oir le corps couvert d’une couverture de laine.

Soins en voyage. Le cheval, en xoyage, exige des soins assez minutieux. Si le voyage doit être long, on devra, pour \ préparer le cheval et le mettre en haleine, le faire promener, quelques jours avant de partir, deuxou trois heures par jour. On ne lui fera faire que peu de chemin les premiers jours; les plus longues courses ne devront pas dépasser ÔO à h) kilomètres, surtout pour le cheval de trait: on le fera reposer à la moitié de sa course pour lui donner l'atome. On pourra, au bout de quelques heures, lui laisser boire de la première bonne eau que l’on rencontrera, en ayant le soin de la lui rompre et de ne pas le laisser boire tout d’une haleine, surtout s’il a chaud. En approchant du lieu de repos, on devra ralentir la marche. Le premier soin, en arrivant, sera de laver les pieds et les jambes jusqu'au-dessus des jarrets, avec de l’eau fraîche. S’il a bien chaud, on lui abattra la sueur avec un couteau ou tout autre instrument mieux approprié à cet usage ; on l’essuiera avec soin et on lui jettera de la paille fraîche sous le ventre pour le faire uriner, On ne

le fera boire que lorsqu'il sera tout à fait sec. On aura enfin le soin de secouer le foin et de vanner l’avoine qui lui sont des-

tinés, atin d’en taire sortir la poussière. On n’omettra jamais,

avant de le quitter, de bien examiner ses pieds et d’en enlever les graviers et autres corps étrangers. Si l’on s’aperçoit qu’il ait un peu de chaleur à un pied, on en remplira la sole

avec de la tientc de vache. Nous n’avons pas besoin d’ajouter

qu’avant de se mettre en route on doit s’assurer que la ferrure et toutes les pièces du harnais soient en bon état, et que rien ne puisse blesser le cheval.

OU MULET, Dl BARDEAU ET DU JUMART.

Un beau mulet a le pelage noir, la tète petite, les yeux gros et noirs, les oreilles courtes, les jambes rondes, le corps étroit, la croupe inclinée vers la queue. Le mulet exige moins de soins, et consomme moins de nourriture que le cheval. Sa ferrure réclame une attention particulière; les fers de devant, qu’on appelle des planches, doivent être fort couverts, n’avoir qu'une ouverture au milieu, de l’épaisseur de 5 mill., avec un espace ouvert entre le fer et la pince. Le mulet ayant le talon fort haut, ses fers doivent déborder beaucoup la pince et être très-relevés du devant. On commence à le ferrer à quatre ans et demi ou cinq ans, comme le cheval.

Le bardeau , produit du cheval et de l’ànesse, tandis que le mulet provient, comme on le sait, de l’âne et de la jument, est beaucoup plus petit que le mulet. Ses usages sont les mêmes, et il réclame les mêmes soins.

On a donné le nom de jumarl à un prétendu produit d’un taureau avec une ânesse, ou d’un cheval avec une vache. Cet être est chimérique, à moins qu’on n’appelle du nom de jumart un mulet ou un bardeau difforme.

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