‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 414 sur 425 · DES ESSAIMS · texte numérisé non relu

DES ESSAIMS

Jet. ou sortie des essaims. Les essaims sortent dans le courant de mai et de juin, plus tôt ou plus tard, suivant le temps et le climat. Quand on voit des essaims sortis avant le temps, ce sont ordinairement de vieilles mouches qui sont chassées ou qui abandonnent leurs paniers faute de provisions. Pour veiller à la sortie des essaims, il faut se régler sur le temps où les mouches ont i outume de jeter, dans chaque pays, et les garder à vue pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines, depuis le matin jusque vers quatre heures de l’après-midi.

Moyen d’empêcher les mouches de jeter ou essaimer. Lorsque les mouches essaiment trop, c’est-à-dire plus dune ou deux fois par année, on a intérêt à les empêcher d'essaimer de nouveau, car dans ce cas la ruche est menacée d’épuisement. On s’y prend de la manière suivante. On tourne le panier devant derrière, en bouchant la picmieie cntiée et en en faisant une autre sur le côté mis par-devant. Si le panier est bien plein de miel et qu’il y ait peu de mouches, il faut lui donner de l’air en l’élevant de dessus le siège, à l’aide d’une tuile ou d’un morceau de bois.

Moyen de forcer les mouches à jeter. Quand au contraire les mouches n’essaiment pas, qu’elles s’attachent autour de la ruche, on cherche d’abord à les faire rentrer, ce que l’on obtient facilement en les enfumant avec du vieux linge ou du papier brûlé , dont elles fuient l’odeur; une fois rentrées, elles se trouvent tellement pressées et échauffées qu’elles ne tardent pas à essaimer. Il suffit encore souvent, pour les déterminer à jeter, de découvrir la ruche pendant une heure à la chaleur du jour.

Moyen de profiter des essaims sans quils sortent des ruches. Quand le temps de jeter approche, on prend une ruche vide et ouverte des deux bouts; an recouvre l’ouverture supérieure d’une planche percée de trous , et on

la nlace par-dessus la ruche-mère qui doit essaimer. L’entrée de cette dernière est bouchée, et on lie cette ruche, au moyen de terre grasse, avec la ruche supérieure. Les mères-mouches de la ruche pleine émigreront dans la ruche supérieure, y attireront leur essaim, et l’y feront travailler avec elles jusqu’à ce que leur nouvelle habitation soit parfaitement pleine. Ce transvasement terminé, on sépare les ruches, et l’on ferme soigneusement les ouvertures qui avaient été nécessaires pour déterminer l’émigration.

Moyen d'arrêter les essaims sortis des miches. Le meilleur moyen d’empêcher les essaims de s’éloigner consiste à planter des perches au-devant des ruches, ou entre chaque rangée, à lier ces perches les unes aux autres par le haut avec des cordes, et à y attacher quelques poignées de paille, de jonc ou de genêt, sur lesquelles on jette quelques vieux filets de pêcheur. Les mouches ne tardent pas à s’y fixer. Mais lorsqu’un essaim est parti, on lui jette, avec un balai, de l’eau ou du sable ; il s’arrête alors et se fixe à un arbre voisin, comme s’il voulait se soustraire à un orage. Ce procédé est plus sûr que celui qui consiste à faire du bruit en frappant sur des casseroles.

Comment on prend et on fixe les essaims . Il y a plusieurs manières de prendre un essaim quand il est arrêté. La manière la plus simple est d’attacher une ruche parla poignée, au bout d’une perche, et d’en couvrir l’essaim, qui y entre ordinairement de lui-même. S’il fait quelque difficulté pour entrer, on l’y oblige en lui jetant de l’eau fraîche avec un balai, ou en le poussant doucement, vers l’entrée de la ruche, avec un linge mouillé placé au bout d'un bâton. Une fois l’essaim entré, on abaisse doucement la ruche et on la place sur le siège qui lui est destiné.

Comment on marie deux essaims. Pour réunir deux ou trois essaims ensemble, dans le but de les fortifier, on enfume la ruche dont on veut augmentera population, on étend auprès une nappe, on y place la ruche qui renferme l’essaim nouveau qu’on veut unir au précédent, et on la secoue rudement pour en faire tomber les mouches; une fois que celles-ci sont rassemblées sur la nappe, on les couvre promptement de la ruche enfumée ; elles y montent pour fuir l’odeur de la fumée, s’y établissent, et se mettent à travailler avec les anciennes, au bout de quelques instants. Cette opération se fait le soir, après le coucher du soleil. Le même soir, ou le lendemain matin avant le jour, on remet la ruche en place.

Comment on empêche deux essaims de se réunir. Quand plusieurs essaims sont réunis en l’air, on les sépare les uns des autres en jetant au milieu d’eux de l’eau ou du sable fin. Des essaims mêlés sur une même branche se séparent souvent d’eux-mêmes, pour peu qu’on secoue la branche ou que l’on dirige sur elle un courant de fumée. Quand plusieurs essaims sont attachés à différentes branches voisines, on les enveloppe avec des serviettes pendant le jour, et le soir on les enlève les uns après les autres.

Essaims perdus ou sauvages. Des essaims se perdent quelquefois, ou par défaut de surveillance, ou parce que les mouches ont pris tout à coup leur essor trop haut. Quand on trouve un essaim en l’air, il suffit de frapper des mains, de siffler ou de faire quelque bruit pour le rallier et le déterminer à s’arrêter sur le premier objet qui se trouve à sa portée. On le prend alors par les moyens indiqués plus haut.

11 y a des essaims qui vivent à l’état sauvage, dans des trous d’arbres ou dans les murs; on en trouve quelquefois de bonne espèce dans les bois. On les guette dans le printemps, pendant qu’ils vont aux champs, et on s’empare tout à la fois et de l'essaim et de son ouvrage, l’our découvrir leur de-

meure, on proûte d’un jour d’orage où l’on voit toutes les mouches se retirer en hâte dans une même direction, avec leur butin.

Quand l’essaim est dans le trou d’un arbre, on peut le transporter facilement en sciant l’arbre au-dessus etau-dessous du trou. Si on veut lui faire quitter sa demeure pour le transporter dans une autre ruche, il suffit de l’enfumer en mettant le feu à un bouchon de foin placé au-dessous du trou qui lui sert de retraite.

Plusieurs reines au même essaim, ou dans la même ruche. La pluralité des reines dans une même ruche nuit au travail et à la prospérité de l’essaim. Les mouches se séparent souvent d’elles-mêmes en autant d’essaims qu’il y a de reines, ou bien elles tuent les reines surnuméraires. On voit quelquefois, dans ce cas, un essaim se ruer sur l’autre ; il faut aussitôt fumer la ruche et jeter du miel et du vin aux mouches pour les apaiser, et retirer la reine tuée. La paix se rétablira aussitôt. Ou bien, dès qu’on entend un grand tumulte dans la ruche, il faut la lever au plus vite, et, si Ion trouve un groupe de mouches pelotonnées, on peut être assuré que la reine surnuméraire, qui cause tout le trouble, est au milieu de ce groupe. On les sépare avec un bâton , et l’on emporte la reine que l’on reconnaît facilement à sa conformation particulière.

Soins que réclament les essaims. Pour avoir de bons paniers et de forts essaims, il ne faut laisser jeter qu’une fois les paniers bien garnis. S’ils sont faibles, on ne les laisse pas jeter du tout. Dans 1 arrière-saison, poui pcuquelcs paniers soient légers et que les abeilles paraissent languissantes, il deviendra nécessaire de renforcer leur nourriture, ce que l’on fera en garnissant les ruches faibles de morceaux de rayons que l’on aura coupés avec soin dans les rangées de derrière ; ou bien en mettant, le soir, sous la ruche, dans un plat, de un à trois kilogr. de bon miel liquide, que l’on aura soin de recouvrir de brins de paille et d’une feuille de papier percée de petits trous.

Vers le mois d’octobre, on enfermera tous les paniers ainsi munis dans des serres ou dans des tas d’avoine. Ils seront remis à leur place dès les premiers beaux jours de mars.

Moyen de prévenir la disette des essaims. Les memes moyens seront également mis en usage pour prévenir la disette que peuvent occasionner les mauvais temps, et surtout les pluies prolongées.

de la nourriture des ABEILLES ET AUTRES SÜINï..

Nourriture. Pendant le printemps et l'été, les abeilles trouvent non-seulement toute la nourriture nécessaire, mais elles en amassent meme pour tout Te reste de l'année, de sorte qu'un n'a pas en général à s en préoccuper. Cependant soit que la saison n'ait pas été favorable, soit que les essaims S jeté à une époque trop avancée de l'année pour avoir eu le temps de faire leurs provisious.il peut arriver qu'elles en manquent avant le relou.

dù Printemps On eonnait que les mouches manquent de miel a leur nondu printemp . dVn(rc ei|Cs que l’on trouve mortes au trou, en-

chalance, au grand nombre " manlèrca de alimenter; voici

an à la légèreté des panière. ' ï „e mic| 4 „ fois. „„„ met

la meilleure : on , 1cm „„ bols, élevée, dons la ruche, à la hau-

sur une assiette ou ^ couvert comme on Ta dit plus haul, avec des

Ss de^inc efunè feuille de papier percée. La provision doit être renou-

vcléc lous les huit ou dix jours, suivant les besoins. Quand on a un grand nombre de mouches à nourrir, et qu’on veut épargner le miel, on peut y suppléer, pour l’hiver, avec une espèce de purée épaisse faite de fèves de marais, dont on met environ 100 grammes dans un vase de terre placé sous chaque ruche.

Soins divers. Les ruches doivent être nettoyées au moins quatre fois l’an, à l’enlréc et à la sortie de l’hiver, et deux fois dans le courant d’avril. On les lave avec du vin salé, dans tous les endroits où l’on aperçoit quelque moisissure ou des vers, et sur le tablier. Si l’on y trouve de l’humidité, il faut enfumer la ruche pendant deux ou trois jours de suite, avec un peu de thym et de mélisse. Toutes lçs fois que l’on nettoie une ruche, il faut avoir le soin de la bien récrépir et de boucher toutes les fentes.

Surhaussement des ruches. On appelle hausses des cercles faits de la même matière que les ruches, du même diamètre, et ayant assez de force pour les soutenir. On met sur les hausses deux bâtons en croix, sur lesquels la ruche repose. Pour hausser les ruches, il faut faire de la fumée avec du vieux linge ou du foin, afin d’en chasser momentanément les mouches, et de pouvoir travailler à son aise. Cette pratique a plusieurs buts; le principal, c’est de prévenir les désordres qui résultent de l’expulsion des vers et des nymphes hors des ruches, et de donner plus d’espace aux travailleuses

Changement de ruches. La meilleure méthode pour conserver les ruches, c'est de changer de temps en temps les mouches de panier. On fait aussi cette opération lorsque les paniers sont usés ou attaqués de vers ou de moisissure. Pour cela, on pose un panier neuf sur le vieux, pour y laisser travailler les mouches, et on en sépare ensuite l’ouvrage neuf en le coupant avec un fil; ou bien encore on met la vieille ruche sur une ruche neuve, carrée, et percée *par le haut de cinq ou six gros trous qu’on bouche au bout de quinze jours; on sépare la ruche neuve quinze autres jours plus lard, quand on juge que la colonie s’y est établie.

Accidents des ruches. Il peut arriver que les rayons se rompent ou se gâtent. Les nouvelles ruches sont plus sujettes que les autres a la rupture des rayons, par suite d’un choc ou d’une grande agitation. On remédie à cet accident en plaçant la ruche pendant sept ou huit jours dans une chambre obscure; les abeilles réparent pendant ce temps leurs rayons. Ceux qui sont gâtés doivent de suite être enlevés, ainsi que les rayons superflus. On prévient d’ailleurs la corruption des rayons en mettant deux essaims dans la ruche.

V) liS GUERRES, DES MOUCHES LARRONNESSES, DU TILLAGE DES RUCHES.

Lorsque les abeilles «e font entre elles la guerre devant les ruches, ce qui arrive quelquefois sans sujet, au printemps, on les apaise en leur jetant un peu d’eau, ou de la poussière, ou de l’hydromel.

On appelle mouches larronnesses les vieilles mouches ou les mouches de mauvaise qualité, qui ne travaillent pas et enlèvent les provisions des autres. On doit surveiller ces mouches et les distinguer avec soin des travailleuses. On reconnaît qu’une ruche est livrée au pillage, lorsqu’on voit une <1 uantité extraordinaire de mouches entrer et sortir avec un grand bruit, principalement vers le milieu du jour, ayant le ventre petit, en entrant, gros et plein en sortant, et quand on voit le soir les habitantes tourner autour de leur ruche. Les pillardes sc reconnaissent à leur gros ventre rempli

fie miel à une époque où l’on sait qu’elles n'en récoltent point dans les champs.

Pour remédier à ces désordres, il faut, aussitôt qu'on s’en aperçoit, enlever la ruche et l’enfermer à l’écart. On peut prévenir le pillage des ruches en les maintenant convenablement distancées les unes des autres, autant que le lieu le permet, en ne laissant point de jour derrière, en ayant soin de purger de temps en temps la ruche des mouches étrangères, des ' 'e*^es mouches et des taux jetons, entin en les nourrissant toutes convenablement pendant la saison de la stérilité.

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