MÉTHODE POUK FAIRE LA DESCRIPTION DES PLANTES
Le moyen le plus assuré pour faire des progrès en botanique, c’est de s’appliquer à faire la description des plantes ; et, pour pouvoir décrire, il suffit de connaître les éléments de cette science. On n’oublie pas les caractères d’une plante qu’on a décrite avec soin, et on peut alors demander son nom, si on ne veut pas prendre la peine de le chercher.
On doit commencer par indiquer si la plante est herbe, sous-arbrisseau, arbrisseau ou arbre, quelle est son élévation, quel est son pays natal. On décrit ensuite, successivement et par ordre, toutes les parties du végétal ; savoir, la racine, la tige, les rameaux, les feuilles, l’inflorescence, le calice, la corolle, les étamines, le pistil, le péricarpe et la semence. Tous les organes doivent être considérés, quant à leur présence ou à leur absence, leur nombre, leur situation, leur direction, leur connexion, leur figure et leur proportion. On termine la description en indiquant le nom vulgaire sous lequel la plante est connue, l’usage auquel elle est employée et le sol qui lui convient.
Une description trop longue ou trop courte est mauvaise.
La description est trop longue, lorsqu’on détaille des minuties sujettes à varier; elle est trop courte, lorsqu’on omet
des parties essentielles. Le lin commun nous fournira un exemple d’une description naturelle et vraie.
Lin commun. — Plante herbacée, de la hauteur de 50 centimètres, croissant naturellement dans le midi de l’Europe, et cultivée dans plusieurs pays.
Racine fibreuse, simple, pivotante, tortueuse, pâle et garnie de quelques fibres latérales (chevelu).
Tige droite, grêle, cylindrique, lisse, feuillée, presque simple, rameuse à son sommet.
Rameaux disposés en corymbe, droits, axillaires, grêles, presque filiformes et lisses.
Feuilles éparses, sessiles, simples, linéaires lancéolées, à trois nervures presque insensibles, aiguës, presque droites,
d’un vert tendre, et longues de 2 à 5 centimètres.
Inflorescence : lleurs d’un bleu clair, pédonculées, situées aux sommités de la plante, longues d’un centimètre et demi et larges d’un centimètre environ ; pédoncules filiformes, nus, uniflores; les uns terminent les rameaux., les autres sortent des aisselles des feuilles supérieures et sont souvent trois fois plus longs qu’elles.
Calice quinquéphylle; folioles owiles, mucronées, droites, scarieuses et blanchâtres en leurs bords latéraux, persistantes, longues d’un centimètre.
Corolle :cinq pétales unguiculés, plus grands que le calice ; onglets droits, formant un tube par leur rapprochement; lames ovales, obtuses, obscurément crénelées en leur bord supérieur, ouvertes, et imitant, dans leur ensemble, le limbe d’une corolle campanulée ou infundibuliforme.
Etamines plus courtes que les pétales; dix filaments subulés, droits, inégaux, réunis à leur base en forme d’anneau; cinq de ces filaments portent des anthères sagittées, et les autres, stériles (sans anthères), sont interposés parmi les filaments fertiles et plus courts.
Pistil : germe supérieur, ovoïde, surmonté de cinq styles filiformes, droits, de la longueur des étamines; stigmate simple, réfléchi.
Péricarpe : capsule globuleuse, légèrement acuminée, à dix loges, s'ouvrant par cinq valves géminées.
Semences solitaires, ovoïdes, comprimées, acuminées, luisantes; embryon droit, renversé, sans périsperme; lobes elliptiques; radicule légèrement cylindrique et supérieure.
Le botaniste qui décrit une plante, doit, en outre, non-seulement en citer les synonymes, c’est-à-dire les différents noms qui lui ont été donnés, surtout par ceux qui en ont parlé les premiers, mais encore indiquer les figures qui en ont été tracées. Les figures parlent aux yeux, et contribuent beaucoup à l’avancement de la science, quand elles sont exactes, correctes, et qu’elles contiennent les détails de la fructification.
Ainsi, par une nomenclature aisée, au moyen de descriptions exactes, d’une synonymie certaine et éclairée, on parvient avec facilité à la connaissance du genre et de l’espèce.