‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 67 sur 425 · MULTIPLICATION DES PLANTES · texte numérisé non relu

MULTIPLICATION DES PLANTES

Les plantes se multiplient naturellement de deux manières, par leurs graines et par leurs racines ; mais on aide la nature, en multipliant les plantes par différentes autres voies que l’art à découvertes, telles que les boutures, les marcottes, et la greffe. Chacun de ces modes de multiplication va être l’objet d un article particulier.

DE LA M LLÏIJ'LICAÏION L'AU CHAINES.

Lu multipliant les plantes par racines ou par tiges, on perpétue les \ariétés, tandis que les plantes que l’on multipliepar les graines ne se reproduisent pas identiquement, au moins pour la plupart; elles fournissent meme des variétés qui diffèrent quelquefois tellement de leur type, qu’on a de la peine à leçon naître leur caractère spécifique. (Test par le semis, et non par aucune autre manière, que ion a obtenu ces nombreuses variétés de roses, d’œillets, de pensées, d’auricules, de tulipes, de dahlias, etc., etc., qui font aujourd’hui l’admiiation des amateurs. Outre que les individus qu'on en obtient fournissent encore eux-mêmes de nouvelles variétés, ils sont toujours plus sains et plus robustes que ceux obtenus par d’autres procédés.

La première condition, pour semer, est de se procurer de bonnes graines. On les reconnaît pour telles, lorsqu’elles ont été recueillies au moment de leur parfaite maturité, quand elles sont lourdes, bien pleines, et d’une couleur brillante ou très-prononcée, il faut surtout qu’elles soient nouvelles; car chaque espèce de graines ne conserve ses vertus germinatives qu’un certain espace de temps, après lequel elles ne lèvent Plus.]

On peut bâter la germination de quelques graines, en les

faisant tremper dans l’eau pendant vingt-quatre heures avant

de les semer.

Quant au semis de noyaux, il demande une autre opération préalable. Ainsi, les noyaux que l’on veut semer doivent être stratifiés, c’est-à-dire que leur germination doit être commencée, et voici comment on obtient ce résultat : après avoir garni le fond d’un vase avec du sable, on pose les noyaux dessus, puis on fait par-dessus une nouvelle couche de sable; on dépose ce vase dans une cave, et l’on en arrose le contenu de temps en temps. Cette opération se commence en automne, et au printemps suivant les noyaux commencent à germer. On les plante alors dans une terre légère, et le succès est assuré.

Les mêmes graines se sèment à la volée, ou en rayons. Dans ce dernier cas, les rayons doivent être éloignés de 15 à 18 centimètres, pour que l’on puisse y promener la binette, afin de sarcler et d’ameublir le terrain, qui, du reste, doit être peu exposé à l’ardeur du soleil.

En général, les graines lèvent mieux dans le terreau et la terre légère que dans toutes les autres terres, il n’est point de graine, si grosse qu’elle soit, qui doive se semer à une profondeur excédant cinq centimètres. Plus les graines sont fines, moins on doit les recouvrir; il en est même qui ne lèveraient pas si elles étaient couvertes de plus d une demi-ligne de terreau très-léger.

On fait les semis soit sur couche, soit en terrine ou en pots, soit enfin en pleine terre; mais, de quelque manière que l’on sème, la terre doit avoir été convenablement préparée, suivant la nature des plantes.

Lorsqu’on sèmera sur couche, on emploiera le terreau ; si le semis se fait en terrine, pour les plantes délicates, on mélangera le terreau avec une quantité égale de terre de bruyère; il en sera de meme lorsqu on s.emera , en pots, les plantes qui ne supportent pas la transplantation. Dans ce < as, on aura soin d’établir au fond du pot un lit de gros sable ou

de gravier, pour faciliter l’écoulement des eaux, et même l’arrosement ne se fera que par la base du pot, en le plongeant dans un vaisseau plein d’eau. Si l’on sème en pleine terre, il

faudra que le terrain ait été convenablement défoncé, fumé, ameubli et amendé, pour que les racines puissent se développer avec facilité.

Les semis d’automne se font en octobre et novembre; ils produisent des sujets vigoureux lorsqu’ils réussissent. Les semis du printemps se font de février à mai, suivant que le printemps est plus ou moins hâtif; les sujets sont moins beaux, mais les semis sont plus sûrs.

Les semis sur couche chaude font exception à ce qui vient d être dit; nous donnerons des règles cà cet égard, lorsque nous traiterons de la culture de chaque plante en particulier.

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