‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 83 sur 425 · UE LA PLANTATION · texte numérisé non relu

UE LA PLANTATION

Lorsqu’il s’agit dos arbres et des arbrisseau* que Ton cultive eu pleine terre, l’automne est la saison la plus favorable à la reprise des racines. La plantation ne doit commencer cependant qu’après la chute complète des feuilles. On peut môme continuer pendant tout l’hiver, pourvu que la terre ne soit pas gelée. Les plantations d’hiver et d’automne sont les meilleures, parce que les racines ont le temps de se disposer avant la saison de la sève. On plante aussi en mars et en avril; mais la reprise est moins assurée, et s’il survient une température sèche ou chaude, on est forcé, dans ce cas, de faire quelques arrosements,

Quant aux arbres, arbrisseaux et arbustes qui s'élèvent en serre, ce n’est qu'au printemps qu'on doit en faire la plantation, afin qu’ils n’aient pas à souffrir pendant l'hiver de la fatigue que cette opération fait éprouver aux végétaux.

Les plantes vivaces herbacées, de pleine terre, se replantent dès le commencement de septembre et pendant une partie de l’automne, lorsqu’elles sont robustes de leur nature. Celles qui sont délicates ne se replantent qu’en mars, avril et mai. Les plantations d’automne ont beaucoup d’avance sur celles du printemps.

Lorsqu’on replante un arbre, les trous doivent être faits d’avance, et avoir un mètre et demi de profondeur, sur autant de diamètre. On remplit le trou avec une terre convenablement préparée, suivant la nature du végétal. On y place les racines de l’arbre dans leur position naturelle, en ayant soin d'écarter les radicules ou le chevelu, et on fait couler légèrement la terre par-dessus, de manière à n’y point laisser de vide; puis on foule légèrement la terre avec le pied, prenant garde à ne pas endommager le chevelu, et enfin on comble avec la terre sortie du trou.

Nous aurons P occasion de revenir avec détail sur la plantation des arbres et celle des autres végétaux qui exigent une culture spéciale.

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Les plantes annuelles se repiquent, c’est-à-dire qu’on les enlève, au mois d’avril ou de mai, de la couche sur laquelle elles ont pris naissance, pour les mettre en place, ou seulement en pépinière, si l’on veut attendre quelles marquent , afin de distinguer par le bouton de la fleur les simples d’avec les doubles. Ce repiquage peut être pratiqué pendant toute la durée de la belle saison ; mais il réussit mieux au printemps, et dès lors exige beaucoup moins de soins.

On ne doit repiquer les plantes que lorsqu’elles ont cinq ou six feuilles, non compris celles des oreilles ou cotylédons. On les enlève avec leur motte, autant que possible, afin de ménager les racines. C’est un préjugé que de croire qu’il soit indispensable, dans tous les cas, de rafraîchir les racines des plantes, comme disent les jardiniers, c’est-à-dire de retran-

cher une certaine portion de ces racines. Cette opération n’est utile que lorsqu’elle facilite le remplacement d’une terre usée par une terre neuve, ou lorsque, dans les plantes qui se repiquent à une très-petite profondeur, la racine, trop déliée et trop rapprochée de la tige, est exposée à revenir en partie à la surface de la terre, par l’action de l’arrosement ou de la pluie. Lorsqu’il s’agit de replanter, dans une terre légère et peu profonde, un arbre à racine pivotante, on lui coupe le pivot , ali n de forcer les radicules à se développer horizontalement pour chercher les sucs nécessaires à la nourriture du végétal.

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U meilleure époque pour faire le rempotage serait certainement le printemps, et à l’instant précis où chaque espèce >a entrer en végétation; mais comme il faudrait le faire à di- ' ci ses reprises, parce que les différentes espèces n’entrent

pas en sève au môme moment, les jardiniers, pour tout faire à la fois, ont préféré l’automne, quelques jours avant de rentrer les plantes dans la serre, et cette méthode a prévalu.

Les plantes soit ligneuses, soit herbacées, qui sont restées longtemps dans un pot ou une caisse, en ont nécessairement épuisé la terre; les racines s’allongent alors comme pour chercher ailleurs leur nourriture, mais elles sont arrêtées par les parois du vase dans l’intérieur duquel elles se contournent. On est donc dans la nécessité de les dépoter pour renouveler la terre, et cette opération se fait de la manière que nous avons indiquée en parlant de la conduite des plantes dans les serres.

Plus une plante est vigoureuse en végétation, plus souvent il faut la rempoter. Cependant cette opération ne doit jamais se faire plus souvent qu’une fois par année; communément, on la fait tous les deux ans, et tous les trois ans, ou même quatre ans, pour les arbres qui occupent de grandes caisses. Les gros orangers, tels que ceux du jardin des Tuileries, par exemple, ne se rempotent que tous les sept à huit ans.

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