DES AHJRS ET DES PLAFONDS
x uiSQUB la solidité du crépiment d'un mur détermine avant tout la solidité de la peinture que l'on exécute sur ce mur , les plus grands soins doivent être apportés h celte première opération. Bien que cette question ne semble être que du ressort de l'architecte et du maçon , nous croyons devoir exposer quelques observations à ce sujet. Nous allons d'abord citer ce que dit, relative^ ment aux murs intérieurs des anciens , Millin , dans son utile Dictionnaire , au mot Tectorium opus.
c Tectorium opus ou seulement tectorium. Les Romains donnaient ce nom à l'enduit dont ils couvraient les plafonds et les murs dans l'intérieur de leurs appartemens. En comparant les différens passages de Yitruve,
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de PaUadius et de Plioe , oii il en est question » on voit qu'il y av^it la difiiérence suivante entre le ieetorium opus et ce qu'on appelait albarium ou album opus; celui-ci était ce que nous appelons du stuc; le tficloriufn au contraire était un mortier composé de chaux et de sable. Lorsque^ dans le teclorium , on mêlait du marbre réduit en poudre au lieu de la chaux ordin^re , on lui donnait le nom de tnarmoratum. Les Grecs désignaient indistinctement h tecu^rium et Valbarimn p^r {es mots konîatna et katachrisis. On mettait beaucoup de soin à la préparation du ttctorium , et Yitruye nous en a conservé les détails. On choisissait non-seulement la meilleure chaux» mais on l'éteignait encore bien long-tems avant de s'en servir; on. ne la croyait propre à être employée que lorsqu'elle avait acquis assez de ténacité pour s'attacher à la truelle , comme de la terre grasse. Vitruve observe que, pour mieux mêler ce mortier» on le faisait piler et pétrir par plusieurs ouvriers dans un bassin particulier. Selon Vitruve» ^ tçctoriu^nK ordinaire était composé de trois couches de mortier de chaux fine et de trois autr^ couches 4ç mortier de marbre; et cependant, selon le Traité de Winckelmann» sur l'Architecture des anciens» l'ensemblç de ces différente^ couches n'a, très-souvent qu'un pouce d'épaisseur* On comniençait par crépir |e^ murs et les plafonds de chaux comipui^e. Lorsque cet enduit commençait à sécher» on le couvrait d'une première couche de mortier de chaux fine qu'on aplanissait avec le plus grand soin» afin d'égaliser toute la sur^çc et de donner plus de tranchant aux coins » aux s^LUes , aux angles. Lorsque cette couche était sèche » on y appliquait une seconde et ensuite une troisièi];ié couche de chaux
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bien fine. Le mur était ensuite couvert d'un mortier de marbre grossièrement pilé, qu'on jugeait être bon lorsqu'il ne s'attachait plus à la truelle. Avant la dessication complète de cette couche, on en appliquait une autre de marbre mieux pilé; et lorsque celle- ci était suffisamment bailae, et qu'à force de la frotter avec un instrument convenable , on l'avait égalisée , on y appliquait la dernière couche composée de marbre réduit en poudre fine. Après avoir frotté et égalisé cette dernière couche avec un iostrument de bois , on la polissait avec du marbre , pour lui donner un lustre mat. Par ce procédé , les murs et les plafonds étaient couverts d'un enduit très-uni , fio, et parfaitement propre à servir de fond aux peintures dont les Grecs et les Romains décoraient l'intérieur de leurs maisons : cet enduit devenait , avec le teins, si solide qu'il ne se fendait jamais. C'est ce que prouvent les murs des maisons des Grecs , dont on pouvait, selon Vilruve, détacher l'enduit orné de peintures sans craindre de les endommager^ Ces peintures détachées des murs dans la Grèce, étaient transportées en Italie par les riches Romains qui les incrustaient dans les murs de leurs maisons de vUIe, et surtout de campagne. A Herculaoum, on a trouvé dans une chambre de semblables carrés d'enduits, couverts de peintures, qu'on avait détachés ailleurs, et qu'on n'avait pas encore eu Iç tems d'incruster dans le mur de la maison où on les a découverts. Dans les maisons de Pompéii et d'Herculanum , le tectorium dont les murs étaient couverts a également assez de solidité pour qu'oQ puisse , au moyen d'une scie , le détacher du mur» et transporter ainsi les peintures dans le Muséum de Portici. Lorsqu'on voulait couvrir d'un pareil enduit.
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OU tectarium des murs dont la carcasse consistait en char-* pente » on avait h craindre qu'au bout d'un certain tems Tenduit qui se trouvait sur le bois n'eût des fentes. Pour prévenir cet inconvénient , on couvrait le mur de terre grasse , on y clouait ensuite des roseaux , on appliquait une seconde couche de terre argilleuse , et on y clouait encore des roseaux dans une direction telle qu'ils se croisaient avec les premières rangées , alors on y appliquait les couches de mortier , de chaux et de marbre.
» Dans les endroits humides » il fallait encore donner des soins particuliers au tectarium , afin de le rendre solide. Lorsque le mur n'était pas extrêmement humide , on le couvrait jusqu'à la hauteur d'environ trois pieds audessus du pavé» non pas d'un mortier ordinaire » mais d'un mortier dans lequel on mêlait du tuileau pilé; mais lorsque le mur était très-humide » on élevait à quelque distance de ce mur une cloison mince» et entre cette cloison mince et le mur on pratiquait» sous la ligne horizontale du pavé de la chambre , une petite rigole» qui avait son débouché en dehors de la maison : à la partie supérieure» OQ pratiquait des ouvertures » afin que l'air » en pénétrant dans l'espace resté vide entre le mur et la cloison » contribuât à diminuer l'humidité; On crépissait cette cloison intérieure d'un mortier mêlé de tuileau pilé» par-dessus lequel on appliquait l'enduit fin. Lorsque le local était trop resserré pour élever une pareille cloison » on creusait sous le pavé de la chambre» à trois ou quatre pouces de distance du mur humide» une petite rigole comme celle dont on vient de parler» et on la couvrait de tuiles. Du côté de la rigole qui était le plus près du mur humide » on élevait ensuite un mur très- mince en tuiles , dont la
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face intérieure était couverte de poix , pour ne point recevoir d'humidité; on y pratiquait aussi des ouvertures "pour donner un libre accès à l'air. Du côté de la chambre , on appliquait sur ce mur de tuiles le tectorium proprement dit; on recouvrait quelquefois le tecloriufn des couleurs les plus brillantes ^ telles que le minium ou le rouge» l'arménium ou le bleu, le purpurissum ou couleur de pourpre foncé , ainsi que beaucoup d'autres dont on formait des teintes unies ou des comparlimens. Les couleurs s'appliquaient sur la dernière couche de stuc encore fraîche. Pour conserver l'éclat des peintures , on les frottait avec delà cire punique blanche, mêlée avec de l'huile bien pure. Lorsque ce mélano:e était fondu , on y trempait des houppes de soie qui servaient à l'étendre sur le mur. Ensuite , avec un réchaud rempli de charbons ardens, on réchauffait l'enduit pour le faire resuer en le frottant à mesure, ce qui lui donnait le lustre le plus éclatant. C'est sur ces fonds colorés que se peignaient les arabesques , les paysages ou sujets historiques , dont on a trouvé tant de reaies dans les ruines de Rome , mais surtout dans celles d'Herculanum , de Pompéii , et de Stabia. »
Il est assez surprenant que les notions recueillies dans Vitruve, dans Pline, et dans d'autres écrivains anciens, n'aient pas sufli pour éclairer les peintres modernes qui ont exécuté des peintures à huile sur des murs et sur des plafonds; car, an lieu de préparer l'enduit au moyen de plusieurs couches d'huile bouillante, comme ils le pratiquent encore aujourd'hui , il était bien plus simple de polir le mur et de le revêtir ensuite , par le moyen du feu , d'une rétine dure et inaltérable , telle que le copal. Ce dessous
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eût été un excellent isolateur, favorable d'ailleurs à la beauté et à la transparence des couleurs. Enfin» si nos peintres eussent employé ce moyen on n'eût pas vu leurs ouvrages se noircir de plus en plus par ces huiles détestables dont ils saturent les murailles qu'ils se proposent de peindre.
Maintenant recherchons ce que les modernes ont écrit sur le stuc , espèce de marbre ou de pierre factice , qui ayant tout le poli du marbre, est essentiellement propre à recevoir les peintures.
a La dureté que le plâtre peut acquérir étant la qualité la plus essentielle à l'art de fabriquer le stuc , c'est aussi la première à laquelle les ouvriers doivent s'appliquer. Elle dépend absolument du degré de ta calcinajtion que l'on donne au plâtre ; et comme la pierre qui le produit est susceptible de quelques petites différences dans sa qualité intrinsèque, suivant les dilTérens pays où elle se rencontre , il faut tâtonner et étudier le degré de calcination qu'on doit lui douner , pour que le plâtre qui en proviendra prenne le plus grand degré de dureté possible; on ne peut donner ici de notions sur cette méthode qu'en ce qui regarde le plâtre de Paris ; ce sera l'affaire <)es ouvriers d'essayer de calciner plus ou moins les pierres gypseuses des autres pays , aCn de trouver le plus grand degré de dureté où l'on puisse porter le plâtre qu'elles produisent.
« On casse les pierres à plâtre de Paris avec des marteaux, en morceaux à pou près gros comme un petit œuf, ou comme une grosse noix. On enfourne ces mor^ ceaux dans un four que l'on feit chauffer , comme si l'on voulait y faire cuire du pain; on bouche l'ouverture
LES SOBJECTILBS. LBS MUBS, PLAFONDS, elC. IO7
du £our. Quelque tems après, ou débouche le four pour en tirer un ou deux petits morceaux de plâtre, que Ton casse avec un marteau; si l'on s'aperçoit que la calcination a pénétré jusqu'au centre du petit morceau , de façon cependant qu'on y remarque encore quelques points brillans , c'est une marque que la calcination est à son point de perfection , et alors on retire promptement du four tout le plâtre par le moyen du râble. Si , dans la cassure, on remarquait beaucoup de brillaos , ou qu'on n'en remarquât point du tpu^ , ce serait une preuve , dans le premier cas , que la pierre ne serait point assez calcinée , et dans le second cas, qu'elle le serait trop.
» Quoique le plâtre devienne très-dur lorsqu'il est calciné à so^ point, la surfoce s'en trouve cependant remplie d'une infinité de pores » et les grains sont trop faciles à s'en détacher pour qu'il puisse prendre le poli comoie le marbre. C'est pour remédier à cet incopvénient que l'on prend le parti de détremper le plâtre avçc à(d l'eau, dans laquelle on f£^t dissoudre de la colle quî, remplissant les pores et attachant les grains les uns aux antres, perniet que, pour ainsi dire, on puisse user et emporter \^ moitié de çhaquç grain , ce qui forme le poli.
> Cette colle est ordinairement de la colle de Flandre; il y en a qui y mêlent de la colle de poisson, et môme de la gomme arabique. C'est avec cette eau chaude et coUée que l'on détrempe le plâtre ; mais comme le peu de solidité de cette substance, surtout lorsqu'elle n'est point appuyée, demande qu'o^ ^^nnc ujoe certaine épaisseur i^ux ouvrages , on diminue la dépense en faisant le corps de l'ouvrage ou le noyau avec du plâtre ordinaire;
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et en le couvraDt ayec la composition de plâtre dont on vient de parler : elle doit avoir une ligne et demie ou deux lignes d'épaisseur.
1 Lorsque Touvrage est suffisamment sec , on travaille à le polir, à peu près de la même façon que le véritable marbre. On emploie ordinairement une espèce de pierre qui est assez difficile à trouver. C'est une sorte de cas ou pierre à aiguiser» qui a des grains plus fins que ceux du grès , et qui ne se détachent pas si facilement de la pierre ; la pierre-ponce peut rendre le même service. On frotte l'ouvrage avec la pierre d'une main , et on tient de l'autre une éponge imbibée d'eau , avec laquelle on nettoie continuellement l'endroit que Ton vient de frotter, afin d'ôter à chaque instant, par le lavage, ce qui a été emporté de la surface : il faut laver l'éponge de tems en tems y et la tenir toujours remplie d'eau fraîche.
1 On frotte ensuite l'ouvrage avec un tampon de linge, de l'eau , de la craie ou du tripoli. On substitue à cela du charbon de saule , broyé et passé très-fin , ou même des morceaux de charbons entiers, pour mieux atteindre le fond des moulures , en employant toujours l'eau avec l'éponge qui est imbibée. On finit par frotter avec un morceau de chapeau imbibé d'huile et de tripoli en poudre très fine , et enfin avec le morceau de chapeau imbibé d'huile seule.
1 Lorsqu'on veut un fond de couleur, il suffit de délayer la couleur dans de l'eau de colle , avant d'employer cette eau à délayer le plâtre.
1 II semble qu'on pourrait ajuster les pierres à polir, dont on vient de parler , à des morceaux de bois faits en façon de verlopes ou d'autres outils de menuisier; les
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surfaces de l'ouvrage en seraient mieux dressées , et les moulures plus exactes ; mais il faut se souvenir de laver toujours à mesure que Ton frotte.
1 Lorsqu'on veut imiter un marbre quelconque» on détrempe avec Teau collée chaude , dans dilTérens petits pots f les couleurs qui se rencontrent dans ce marbre ; on délaie avec chacune de ces couleurs un peu de plaire; on fait de chaque couleur une galette à peu près grande comme la main; on met toutes ces galettes alternative' ment Tune sur l'autre : celles dont la couleur est dominante sont en plus grand nombre ou plus épaisses. On tourne sur le côté ces galettes qui étaient arrangées sur le plat ; on les coupe par tranches dans celte situation , et on les étend ensuite promptement sur le noyau de l'ouvrage» oii on les aplatit. C'est par ce moyen que l'on vient à bout de représenter le dessin bizarre des différentes couleurs dont les marbres sont pénétrés. Si l'on veut imiter des marbres qu'on appelle des brèches » on met dans la composition de ces galettes» lorsqu'on les étend sur le noyau» des morceaux de plâtre de différenles grosseurs» délayés avec la couleur de la brèche; ces morceaux venant à être aplatis» représentent très-bien cette sorte de marbre. Il faut remarquer que» dans toutes ces opérations» l'eau collée doit être un peu chaude» sans quoi le plâtre prendrait trop vite » et ne donnerait pas le tems de manœuvrer.
1 Si c'est sur un fond de couleur que l'on veut représenter des objets » comme des forêts » des paysages » des rochers^ ou même des vases» des fruits et des fleurs» il faut les dessiner sur du. papier, piquer ensuite les contours des figures du dessin » les appliquer sur le fond »
no PROCÉDÉS MATÉRIELS.
après qu'il aura élé presqu'achevé de polir, et les poncer avec u ne poudre d'une couleur différente du fond , c'està-dire noire si le fond est blanc, et blanche si le fond est noir. On arrête ensuite tous les contours marqués par le poncis, en les traçant plus profondément avec la pointe d'une alêne dont se servent tes cordonniers; après quoi , avec plusieurs alênes dont on aura rompu les pointes pour en former de petits ciseaux , en les aiguisant sur une meule , on enlèvera proprement toute la partie du fond qui se trouve renfermée dans les contours du dessin qui est tracé ; ce qui formera , sur le fond , des cavités à peu près d'une demi-ligne de profondeur.
» Lorsque tout ce qui est contenu dans l'intérieur des contours de dessin , sera ainsi champlevé » on aura plusieurs petits pots ou gobelets , et l'on y tiendra sur du sable ou de la cendre chaude , de l'eau collée , dans laquelle on aura délayé dilTérentes couleurs ; on mettra un peu de plâtre dans la paume de la main, que l'on teindra plus ou moins , en y mêlant plus ou moins de celCe eau colorée ; on remuera bien le tout sur la paume de la main avec un couteau à couleurs dont les peintres se servent, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'il commence à prendre un peu de consistance; alors on en prendra avec le couteau la quantité que l'on jugera nécessaire, et on la placera dans un côté de l'intérieur du creux de la figure que l'on veut représenter, en pressant avec le couteau, et unissant par-dessus la partie du plâtre coloré que l'on vient de mettre , et qui touche les contours de la figure.
• On détrempera ensuite promptement dans la main un autre plâtre coloré , mais d'une nuance plus claire , qu'on
LES SUBJfiCTILBS. LES MURS , PLAFONDS^ etC. 111
placera dans le même creux , à côlé de celui qu'on vient de mettre ; on aura quatre ou cinq aiguilles enfoncées parallèlement par la tête au bout d*un petit bâton , comme les dents d'un peigne, avec lesquelles on mêlera un peu la dernière couleur avec celle qu'on a posée la première , afin que l'on n'aperçoive pas le passage d'une nuance à l'autre, et que la dégradation en soit observée; on continuera à poser ainsi des nuances plus claires du côté de la lumière , jusqu'à ce que le creux de la figure que l'on veut représenter soit exactement rempli : ensuite on applatira légèrement le tout avec le couteau , et on le laissera sécher.
t Si l'on s'aperçoit , après avoir poli , que les nuances ne soient pas bien observées dans quelque endroit , on pourra , avec une pointe, faire des hachures dans cet endroit, et introduire un plâtre coloré plus en brun et fort liquide; il faut que ces hachures soient assez profondes pour ne pouvoir être tout-à-fait emportées par le poli , qu'on sera obligé de donner sur tout l'ouvrage. On se sert de cette dernière manœuvre pour découper les feuilles des arbres , celles des plantes , etc.
9 En général les figures indéterminées , comme les ruines, les rochers, les cavernes, etc. , réussissent toujours beaucoup mieux dans cette façon de peindre , que des figures qui demandent de l'exactitude dans les nuances, et de la correction dans le dessin.
» On polit les peintures de la même façon qu'on l'a dit pour les fonds; et si l'on s'aperçoit, en polissant, qu'il se soit formé quelques petits trous , on les remplit de plâtre délayé très-clair avec de l'eau collée , et de la même couleur. Il est même d'usage, avant d'employer
1 1 9 PROCÈDES MATiBlBLS.
l*huile pour le poli» de passer une teinte géoérale de plâtre coloré et d*eau collée très-claire sur toute la surface , pour boucher tous les petits trous.
» Il faut choisir y pour toutes ces opérations , le meilleur plâtre et le plus fin; celui qui est transparent parait devoir mériter la préférence.
» Pour les couleurs, toutes celles que l'on emploie dans la peinture à fresqae sont propres à ce genre. Il doit paraître singulier que, dans celte façon de peindre, od ait prescrit de se servir de la paume de la main pour palette; en voici la raison.
t Lorsqu'on détrempe le plâtre avec de l'eau de colle colorée , on est obligé d'employer une grande quantité d'eau pour qu'elle ne s'écoulât pas si on la mettait sur une palette; au lieu que l'on forme dans la main un creux qui la contient, et qu'en étendant les doigts à mesure que le plâtre vient à se prendre , cette singulière palette, qui était creu^e d'abord, devient plate quand il le faut. On pourrait ajouter à cela que la chaleur de la main empêche le plâtre de prendre trop vite.
4 Le stuc qu'on faisait d'abord se préparait avec une portion de chaux éteinte, c'est-à-dire amortie par l'eau , et trois de poudre de marbre, que l'on mêlait avec des blancs d'œuf et de l'eau ; mais ce mastic se durcissait si promptement , qu'on n'avait pas le tems de l'employer. On a eu recours à un autre procédé, qui est infiniment meilleur; il consiste en une portion de chaux éteinte, que l'on mêle avec trois parties de marbre de Tibur réduit en poudre , que l'on pétrit et que I'ojq remue ensemble avec de l'huile de lin. Lorsqu'on a bien mêlé ce mélange, on le voit s'enfler de jour en jour en forme de pyramide;
LBS SUBJECTILE8. LES MURS, PLAFONDS, ek. llS
Teaa qui est dans la chaux s'évapore , et on y remet de l'huile tous les jours, de peur qu'elle ne se dessèche trop. Lorsqu'on a employé cette composition , elle se dessèche, se durcit et forme un corps très-solide et varié en couleurs.
> Lcfs anciens , suivant Palladius , pour faire leur stuc , prenaient de la chaux éteinte depuis long-tems. On repasse souvent à la truelle la première couche; quand elle commence à sécher , on en remet une seconde , puis une troisième ; on les recrépit avec une poudre de marbre un peu grossière , gâchée de manière qu'elle ne tienne plus à l'instrument nécessaire pour la remuer. Quand cette couche commence à sécher, on en met une autre de poudre plus fine , et on polit le tout. Mais il est une autre manière de travailler le stuc, qui est bien supérieure à celle-là; car on en fait des morceaux si beaux qu'ils imitent les plus belles peintures : on fait dans ce genre des paysages; et on a vu, à une des expositions du salon de Paris » un tableau de fleurs dans ce genre , de la plus grande beauté , où toutes les couleurs étaient nuancées, comme si elles eussent été placées au pinceau ^ »
jyafThs toutes ces indications , on comprend comment il se fait que des portions de murailles antiques ont pu jadis » et peuvent encore, de nos jours , se scier et s'enlever sans qu'on endommage les peintures. On conservait donc, comme objets de curiosité, ces peintures détachées du mur : Yitruve en parle dans son Lib, viï , cap. m.
Voyez encore , sur cette question, le Journal des Savans; mars 1763, pag. iâ8.
On peut consulter de plus Govinus, Higgin, Faujas de St.-Fond, Fleuret, et l'ouvrage de M. Pelouze, intitulé
1]4 PBOCÈDés MATàniELS.
VArt de fabriquer les pierres factices. Paris , 1828; chez Audot. Les Annales des Arts, i8i4 # renferment des détails fort curieux sur la manière de fabriquer des pierres artificielles. Quant à la matière plastique employée par M. Dedreux , elle se compose de sable , d'argile cuito , de tessons de porcelaine et d'éclats de marbre blanc pulvérisés et mélangés avec de la litharge et de l'huile*
Nous allons maintenant emprunter, à un ouvrage moderne : VArt de C Ornemaniste , ( roy. Y Encyclopédiepopulaire; i8s8, chez Audot, éditeur), ce qui concerne l'art de revêtir les plafonds , les murs , etc. Ces détails intéressent le peintre et doivent trouver place ici.
c Une argile grasse , dit-il , de bonne chaux , du sable et de la bourre , sont les matières qu'exige un plafond ordinaire.
» Il convient de n'employer que de la bonne argile. Celle-ci se distingue facilement. Frottée contre un corps lisse « la surface frottée devient lisse elle-même dans son état de dessication : pressée contre la langue, elle y happe plus ou moins fortement , è cause de son avidité pour l'eau qui humecte cet organe. Mais on la juge encore mieux en l'humectant légèrement et en la pétrissant dans les mains. Elle doit alors, comme le ferait une cire molle, se prêter à toutes les formes que l'on peut lui imprimer, sans éprouver ni division ni gerçure.
» Quand l'argile a subi ces épreuves , et que sa qualité est jugée convenable , on la transporte au lieu de sa destination.
t Sa pesanteur spécifique est d'environ i4olivreslepied cube. On verra ci-après ce que chaque ouvrage en peut consommer.
LES SVBJBGTILES. — LES MVBS , PLAFONDS , etC. Il5
> Avant de déposer l'argîie en place , il est nécessaire de nettoyer le sol qui la reçoit. On la travaille ensuite en Tarrosant; mais peu à peu, la battant et la pétrissant à l'aide d'une espèce de houe , que Ton £siit incessamment agir. L'eau ne doit point être prodiguée , car on a besoin d'une pâte qui conserve toujours une consistance moyenne : l'argile jouira alors d'une très grande ductilité. Mise à demeure ensuite^ ses parties en séchant n'éprouveront ni désunion , ni séparation dans la masse totale.
> On fortifie d'ailleurs encore la liaison de la pâte , à l'aide d'une bourre grossière ou de chenevotte , qu'on y mêle» à mesure que l'argile se pétrit.
» La bourre est cependant préférable. Quand eQe se trouve par touffes ou pelottes » il £iut avoir l'attention de la diviser.
9 Quatre livres pesant de bourre ou de chenevotte suffisent ordinairement pour trois à quatre pieds cubes de terre.
B Le plafonneur» comme le maçon, doit être muni d'un bassin éCextinetian pour la chaux. Ce bassin , formé de planches réunies et solidement assemblées entr'elles , figure une sorte décaisse, longue d'environ six pieds, large de quatre, et de moitié seulement en hauteur. L'un des petits côtés , h deux pouces du fond , présente une ouverture large de cinq , et du double en élévation. Le but des deux pouces conservés au-dessus du fond , est de retenir au moins les grosses impuretés , qui , sans cet obstacle , couleraient avec la chaux dans le bassin inférieur, 9 Deux coulisses ajoutées verticalement contre les bords de l'ouverture, maintiennent une trappe que l'ouvrier peut fermer et ouvrir à volonté. Cet espace, au sur-
Ii6 PROCàDÈS MATÉBIELS.
phis, doit être garni d'une grille pour s'opposer au passage de tout biscuit ou rigaux de la chaux*
> Le bassin inférieur n*est simplement qu'une fosse dans la terre creusée à trois ou quatre pieds de profondeur. Ses autres dimensions sontrelatives à la quantité de chaux qu'on entend y faire couler.
> Si le sol est suffisamment ferme » et qu'on ne craigne point d'éboulementy la tranchée peut être à peu près perpendiculaire.
» On place au-dessus de cette fosse l'ouverture du bassin d'extinction. La trappe étant fermée » on remplit celui-ci plus ou moins d'eau , et on y jette la chaux vive.
> Le point capital est de bien remuer la matière. Le rabot doit agir sans relâche, jusqu'à ce que toute la pierre soit complètement délitée et réduite en bouillie claire. On lève alors la trappe, et le contenu du bassin s'écoule dans la fosse; il ne reste dans la caisse que les grosses impuretés.
» A défaut de grille, les manœuvres se contentent d'opposer au passage des ordures un balai de bouleau, qu'ils élargissent afin d'en diminuer l'épaisseur.
t Les grandes variétés qui se rencontrent dans la chaux ne permettent pas de fixer la quantité exacte d'eau qu'il faut pour l'extinction; cela change considérablement suivant la nature de la pierre et son degré de cuisson. Que la chaux soit parfaitement délayée , et qu'elle soit assez claire pour couler d'un bassin dans l'autre, on aura saisi le vrai point. Un peu trop d'eau ne tirerait même pas à conséquence : l'argile absorbera bientôt le superflu.
1 II est bon de préparer d'avance une certaine quantité de chaux. On la laissera reposer quatre ou cinq jours; en
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vieillissant elle ne deviendra que meilleure, pourvu qu'on la garantisse de la pluie.
> Après s'être approvisionné des matériaux ;.on s^occupera de l'échafaudage pour leur mise en œuvre.
» Pour les appartemens d'une hauteur ordinaire, l'échafaudage du plafonneur est bientôt établi. Quelques échasses dressées » tant dans les angles que le long des murs , soutiennent » à l'aide des cordes , et dans une position horizontale » de longues traverses qu'on recouvre de planches.
> L'appartement entier doit en être garni , et leur établbsement fixé plus ou moins haut , suivant la stature de l'opérateur , permet d'atteindre à tous les points. Il travaillera commodément , si le plancher n'est pas à plus d'un travers de main au-dessus do sa tête.
> Les lattes portent communément quarante-quatre pouces de longueur , un pouce et demi de large et trois lignes d'épaisseur. Il ne faut cependant pas s'attendre à tant de régularité pour toutes les lattes d'une même botte, où souvent il est impossible d'en trouver deux parfaitement semblables.
9 Pour obtenir un lattage ferme, on doit clouer les lattes de onze pouces en onze pouces. Chacupe est alors retenue par cinq clous. Gomme néanmoins la carcasse d'un plancher n'offre que rarement , dans les pièces qui la composent , assez de rapprochement pour qu'on puisse ainsi distancer le clouage , le plafonneur fait appliquer , d'une solive à l'autre, par le charpentier, de petites barres on lambourdes , dont il noie les extrémités dans les côtés de ces solives , en évitant cependant de creuser trop avant.
Il8 PBOCÉDÉS MATÉRIELS.
> Quand k «oliFe e$i trop iaible, il remplace l'entaille par un tasseau.
» Les litres placées et clouées doivent s'aligner exactement avec le bas des solives. Cette observation est essentielle. Observes d'ailleurs de n'employer pour les lambourdes que des bois passablemeni tendres , et peu sujets à se fendre.
9 Les lambourdes dont il vient d'être question sont des barres raccourcies d'après la distance qui se trouve entre les soliveaux. Le charpentier a soin de les compasser entr'elles » de manière que chaque iatte qui en à franchi trois, atteigne encore le milieu précis des deux autres. Leur fermeté doit être telle , que le marteau , lorsqu'on latte dessus, ne les fiisse pasfléchir« Un bois trop dur n'y convient pas non plus , parce que les clous n'y pénétreraient que difficilement.
B Le laitage j(7àut/ suppose les lattes très-rapprochées l'une de l'autre. Le lattage à elair&^oie les suppose écartées de plusieurs pouces.
» Bien n'est plus simple que l'opération du lattage. Il n'est question que de clouer, en rapprochant toujours la dernière latte contre les précédentes.. Lorsqu'il s'en trouve de trop arquées, et qui se refuseraient à prendre le parallélisme des autres , on les rompt à demi dans l'endroit le plus t<Hrtiieux : alors elles peuvent être redressées à volonté.
» L'instrument dont l'ouvrier se sert pour couper les lattes et pour enib&oer les clous s'appelle haekelte : c'est un outil moitié marteau et moitié hache.
» Le lattage qui vient d'être décrit est le lattage y^^mu/. » De toutes les lattes , les meilleures s^ont celles tirées
LES SUBJECTILB6. — L£« MQBS , PLAF0ND6 , etc. II9
du c4Bur de chêne. Celles qui proviennent de l'aubier sont absolument à rejeter.
9 Quand les lambourdes ont été convenablement distribuées, et que les lattes » suivant l'expression du métier, tombent partout à profit , la toise carrée de plafond n'en dépense guère que 79. Un juste écartement dans les lambourdes n*est donc pas un objet à négliger.
9 Au premier aperçu » SgS clous devraient sufiire au lattage d*uoe toise. Mais d'abord il n'arrivera guère qu'un plancher, dans sa direction parallèle à l'alignement des lattes , n'en demande précisément qn'une » a , 3 , 4 1 etc.» sans addition de bouts pour achever la ligne. Or, chacun' de ces bouts n'eût*il que 4 pouces, exigera s clous, tandis que, sur tout le reste du plafond , 3 clous , l'un portant l'autre, soutiendront plus de 8 pouces 3 quarts de latte. Il faut , en outre , compter la casse des clous, ceux qui font fendre l'extrémité du bois et qu'il fiiut remplacer par de nouveaux; tous ceux qu'on double au point où les
lattes mal tournées et trop roides ont ét44rompues , etc. ; alors on trouvera facilement la consommation de I^oo
clous par toise superficielle de plafond.
» Quand les lattes ont 4^ pouces de longueur et 2 * pouces de laideur , ainsi qu'on les confectionne en bien des endroits , 54 ^'^ celles-ci remplissent la toise , et 325 clous suffisent.
9 L'usage est de donner aux plafonds 3 couches. La première ne iait guère que recouvrir les lattes à l'extérieur.
9 Une partie de cette première couche s'insinue dans les petits intervalles qui séparent les lattes, s'élève audessus de leur épaisseur, s'aflaisse ou se replie de part et
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d'autre , et forme ainsi d'innombrables crochets qui retiennent la couche dans toute son étendue. De là résulte, 1" que les lattes ne rempliraient pas leur destination , si les côtés en étaient parfaitement unis , et qu'ils se touchassent • sans interruption; a^ que la première couche ne saurait être trop pressée , trop refoulée de bas en haut» puisqu'à cette condition seule est attachée son introduction entre les lattes » et par conséquent la solidité de Tonvrage; 3** que la bourre , ou d'autres liens de même genre sont absolument nécessaires , puisque sans eux la matière manquerait d'adhérence , et quitterait les crochets en séchant.
» La première et la seconde couche peuvent être en* tièrement en argile préparée , comme il a été dit plus haut. Cette méthode n'est cependant pas la seule en usage. Bien des ouvriers forment les premières couches en mortier gris,
9 Ce mortier gris est composé tantôt d'argile et de chaux ( 1 tiers de chaux et s tiers d'argile ) tantôt d'ai^ile , de chaux et de sable, par égales portions.
» Ailleurs on exclut totalement l'argile , et alors la matière des premières couches consiste en sable et chaux par égales portions. Le sable graveleux est le meilleur.
9 Quant à la dernière couche , sa composition est invariable. Elle n'admet que la chaux la plus pure , et la bourre la plus blanche.
» Vingt onces de bourre suffisent pour chaque pied cube de toutes ces matières.
» Tous ces procédés font de bons plafonds , mais l'argile , en certains cantons , pourrait n'être que très-médiocre et le sable excellent; ou bien l'argile pourrait être
LES SUBJBGTILBS* LES MURS» PLAFONDS, etC. 121
excellente » et le sable médiocre : il faut donc offrir plus d*un moyen.
» Pour l'application des couches» des manœuvres transportent sur Téchafaudage les différentes matières soigneusement corroyées.
» L'ouvrier puise dans les auges à pleine truelle» charge une palette qu'il tient de la main gauche» et qui peut contenir lâ ou i5 livres pesant. Il met en œuvre cette quantité » en l'étendant le plus uniment possible. Quand la palette est épuisée , il a de nouveau recours aux anges qu'on place à sa portée , et que jamais il ne faut laisser vides.
» L'étendue des couches s'exécute avec le dos » ou la partie supérieure de la truelle. Sa tournure ne permettrait pas qu'on l'employât dans l'autre sens.
9 C'est ainsi qu'on applique successivement les trois couches. Un peu plus d'une ligne suffit à l'épaisseur de chacune : les creux et enfoncemens seuls ont besoin d'être remplis; autrement le plafond n'oifrirait pas une surface régulière.
t La première couche » pour l'ordinaire » établit le niveau; les suivantes sont ensuite uniformes dans leur épaisseur. Le point essentiel est de faire régner partout le niveau le plus parfait.
» Le poli qui doit terminer l'ouvrage exige l'usage ou maniement libre et facile de la truelle. Il faut ici la promener légèrement » et là » en appuyant davantage. La pratique en apprendra plus à cet égard que tous les préceptes.
> Avant d'entreprendre une couche nouvelle » on attendra toujours que la précédente soit raffermie» et mémo
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presque sèche. Cette précaution est doublement nécessaire à regard de la première couche. Si on la tourmentait et la fatiguait trop tôt d'un poids additionnel , on briserait peut-être les crochets qui la tiennent suspendue * et elle quitterait les lattes. D'ailleurs les creyasses , qui naissent inévitablement à mesure que la matière perd son humidité , no seraient pas ouvertes encore , et ne se trouveraient point rebouchées.
f II faut que la seconde couche remplisse les crevasses de la première; et la troisième couche, les crevasses de la seconde , qui dans celle*-ci seront presque imperceptibles , si Ton ne s'est point trop hâté.
» Quant aux cloisons en plafonnage , il n'en est point qui pèse moins sur les parquets que celle que nous allons indiquer.
» A 9 pouces d'intervalle entr'eux , on élève perpendiculairement des montans équarris sur 3 ponces. On les assujettit solidement , puis on les latte de part et d'autre, et le plafonneur revêt les deux côtés à l'instar des plafonds horizontaux. Ces cloisons n'ont absolument en leur fiiveur que la légèreté. Elles sont assez coûteuses et ne rompent qu'imparfaitement le bruit qu'on bit dans les apparlemens voisins.
I Quand on a l'argile à portée et fiicilement « il est mieux de latter à claire-voie ^ et de combler en entier le vide des montans. Si l'on appréhende qu'un tel massif n'ait trop de poids » on réduit les montans à i fi ou 1 5 lignes d'épaisseur.
9 Pour les murs, il est inutile d'employer trois couches» et la majeure partie des ouvriers s'en tiennent à deux. La première établit aisément le niveau convenable.
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9 Quelle que soit l'épaisseur de la couche » on ne risque pas qu'elle abandonne son point d'appui.
> Un mur habituellemeat humide ne souffre pas le plafonnage.
> On sait que le bois ne saisit ni la chaux ni Targile ; pour y fixer ces matières, on a cependant un double moyen : les hachures et les clous.
9 Les hachures détruisent le poli du bois , le hérissent d'espèces d'écailleSj et offrent ainsi de nombreuses cavités dans lesquelles se loge le mortier.
» Les clous qu'on enfonce jusqu'à trois lignes de leur léte, produisent le même effet , surtout si la quantité n'en est pas épargnée , et que les têtes aient un certain diamètre.
9 Enfin le fer doit être recouFcrt par la première couche; cette attention ' garantira de la rouille la couche extérieure, i
Malgré les avantages qu'offre aux peintres la solidité des murs et des plafonds, ils ont souvent préféré peindre leurs tableaux sur toile , puis fixer cette toile sur le plafond; et comme ib redoutent l'humidité qui pourrait altérer l'adhérence et la fixité de ce$ toiles sur le champ qui doit les recevoir , ils ont imaginé de les y coller par des agglutina tifs huileux, susceptibles de se durcir avec le teins. Us emploient donc d'andennes huiles dessicatives et réduites à l'état de glu , et ils donnent à cette huile-glu le nom assez bizarre de maroufile. Pour opérer cette agglutination, on commence par mettre une couche également épaisse de cette huile-glii sur le derrière de la toile et aussi sur le plafond, et lorsque la toile y est bien appliquée» on la contient provisoirement avec des clous , dont
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la tête est isolée de la toile par des morceaux de papier plies en cinq ou six doubles; on retire ces clous plus tard» et lorsque Thuile-glu est sèche et adhère parfaitement. Les trous faits par lesclouxse remplissent aisément.