DES PAPIERS Â DESSINER
J L y a les papiers blancs à dessiner , les papiers teints et les papiers peints.
La dimension des papiers a été déterminée dans les fabriques et dans le commerce, ainsi que leur dénomination et leurs prix.
Le papier grand-aigle vélin coûte de i fr. à i fr. 5o c. la feuille : il est un peu grenu, mais il a l'aspect uni. Le grand-aigle vergé coûte de4o c. jusqu'il go c. la feuille; on j remarque les lignes du moule. (Le demi-grand-aigle est le grand-aigle divisé en deux.) Le papier grand-colombier vélin coûte 90 c. Le papier grand-colombier vergé coûte '5o c. Les papiers grand-jésus » grand-raisin double y siitiple » carré » etc. , coûtent de 10 à 40 c.
Le plus grand des papiers connus en France excède de cinq pouces six lignes et demie la mesure du grand-aigle anglais; il coûte 6 fr. la feuille. C'est le meilleur de tous les papiers.
Millin croit que les papiers dits anglais sont le plus souvent des papiers de France que les Anglais font passer sous la presse entre un cuivre poli et un carton lisse . pour écraser les grains et le rendre uni , après l'avoir encollé au degré convenable.
Nous pourrions citer ici un grand nombre de fabriques de papier, mais ces recherches importent peu au peintre.
PAPIERS k DESSINER. Gl3
cependant nous dirons quç le papier connu sous le noni de papier Wathmann est presque le seul qui soit employé auic^r4'hui pour le lavis. On distingue de plusle papier Wiso et le papier torchon.
Quand le papier nV p/^s été convenablement collé» il a le défaut déboire; mais c'est un défaut auquel on peut remédier aisément en l'hun^ectant avec une éponge imbibéc 4'u9e. dissolution d'alun. Oa peut même apprêter le papiçr à écrire par un moyen à peu près semblable. A cet ^ff^^ f Qû en frotte, la aurface avec de la sandaraque pulvérisée qu'çn étend avec une patte de lièvre; et q.uand cette opération est finie , on l'humecte bien également «vcc une éponge que l'on trempe dans une dissolution d'alun tiède et très-légère, où l'on a fait dissoudre quelques parcelles de sucre candi. Le papier ainsi préparé est mis en presse pendant qu'il est tout humide» et ap;*ès cela séché sur des éten^oirs et pressé de nouveau plusieurs fpis. Qn remarque qu'il est toujours meilleur h l'emploi lorsqu'ayant été préparé de cette manière , on n'en fait usage qu'au bout de quelques mois.
On emploie aujourd'hui beaucoup de papiers teints dans la pfite pour dessiner au crayon noir. et au crayon blanc. Le caprice a fait adopter toutes sortes de teintes; mais un certain accord , une certaine vraisemblance doivent guider dans le choix de ces teintes ; si elle est ardente et lumineuse, le crayon blanc ne produira aucun, relief et il sera discordant; le crayon noir-bleuâtre jurera, de même. Une nuance intermédiaire est donc celle qu'il convient d'adopter. La teinte bleuâtre réussit surtout pour l'imitation du plâtre. Quant à celle des chairs , Ix tcinjte jaunâtre réussit assez bien , surtout lorsqu'on eçi-
6l4 PBOCiB&S HAT&BIBLS.
ploie le crayon de Bftnguiae. Enfin le chois de ces teintea ne doit pas être seirtêment une affaire de caprice.
Un très-bon papier, c'est, comme |e Tai dit, celui qui est bien préparé avec une couche fine de pierre-ponce, de blanc coloré , le tout peint à colle. Le crayon s'enlève et s'efface très-aisément sur ce papier qui reçoit parfaitement bien le travail de l'estompe.
Mais comme il s'agit très-souvent de dessiner la figure humaine et d'en bien indiquer les plans , le papier blanc est préférable aux papiers de couleurs. C'est de papier blanc qu'ont usé presque tous les grands dessinateurs qui se sont méfiés du charme du ckir-obscttr sur les papiers de teintes , couverts du travail de l'estompe et cliargés de rehauts à la craie. En effet il fant lAétt plus, s'appliquer h la justesse du trait et des mouvemens, lorsqu'on n'a ponr ressource que les délinéations d'un seul crayon , que lorsqu'on s'aide par les effets que procure l'estompe et la craie. Les savais dessins de David sont le plus souvent traités sur papier blanc, et , ainsi que nous allons le dire tout-à- l'heure, au crayoo de pierre noire d'Italie.
Souvent les peintres qui veulent mettre en évidence leurs cartons , teuré dessins d'éludé , sont obligés de les garantir s^us une glace dont la grandeur la rend tr^p coûteuse. Les peintres se trouverûent bien de l'emploi de papiers préparés, ainsi (jfue je viehs de le direr et en usant de blanc de plomb au îîeu de craie , ils pourraient cirer après coup tes dessins , les lustrer et les préserver ainsi des salissures et de l'humidité. Je ne m*élends pas sur ce procédé que l'on comprendra quand on aura étu^ dié la théorie pratique de notre procédé encaustrque. C'est ici qu'il convient de mentionner Fempléi que
PAPIERS TENDUS» 8TIBA.T0RBS. 6l5
Foo peut faire poar lés très-petits dessins du papier appelé stylographiquè) parce qti*oû des^e sur ce papier aTec un style ou une ai^iUe d'argent. Ce papier qu*on a appelé aussi plâtré est composé de plusieurs couches de blanc très-fin et très-peu collé. Il reçoit fort bien aussi les traits de la mine de plomb. Ce pap^r permet d'ailleurs d'eilacer au grattoir les erreurs » soit do trait , soit d'effet* On voit des dessins chafmans exécutés ainsi sur ce papier, dont il y a trente ans Desnos composait des tablettes et des agenda , et sur lequcd Desfriches , paysagiste p exécula le premier des dessins.