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Traité complet de la peinture

Ti E s artistes en général font peu de cas de la partie historique de la peinture, et les écrivains qui traitent des beaux-arts, dont souvent ils ne possèdent pas bien la pratique, attachent au contraire beaucoup d'importance h cette partie. Il n'y aurait qu'un seul sentiment à ce sujet, si l'histoire de l'art était exposée de manière à favoriser autant l'instruction des artistes que l'instruction des personnes qui recherchent les belles connaissances comme un ornement nécessaire de l'esprit.

On a eu raison de penser que si l'historique de la peinture était réduit à une sèche chronologie, à une vaine nomenclature ou à une froide série de faits ne jetant aucun jour sur la théorie ni sur les secrets de l'art, il n'y aurait que peu de fruits à retirer de cetlc TOME n, i

(îtùde, une histoire ainsi conçue ne pouvant servir qu'aux discussions des archéologues ou des biographes érudits. Mais, si l'histoire de la peinture était considérée et étudiée sous le rapport de l'art exclusivement, c'est-à-dire sous le rapport de sa définition, de sa destination et de toute sa théorie, elle produirait alors des rapprochemens instructifs, de nouvelles vues pour connaître l'art tout entier et sous toutes ses faces, en sorte que l'étude des faits historiques de la peinture deviendrait pour tous les lecteurs l'étude des véritables principes de cet art. Or, c'est de cette manière que nous désirons traiter cette première partie de notre ouvrage. Nous ferons donc voir comment à telle ou telle époque certaines conditions de l'art ont été ajoutées à d'autres conditions déjà acquises, comment ensuite elles ont été abandonnées, reprises ou perdues ; enfin nous voudrions que cette histoire de la peinture fût plutôt l'histoire de la théorie que l'histoire des artistes et des événemens ; nous voudrions qu'un élève éclairé par un tel écrit et parvenu à bien sentir le caractère d'un maître ancien , à bien s'identifier avec les qualités qui lui sont propres, vit à la fin plutôt la peinture que le peintre, plutôt ce qu'il doit faire lui-même que ce que les autres ont fait avant lui.

Loin de nous cependant l'idée que les lumières de l'érudition et les recherches de l'archéologie soient de trop dans le savoir d'un artiste ; les services rendus aux beaux-arts par les antiquaires sont trop évidens pour qu'on en dédaigne la source. Ailleurs nous prescrirons même cette étude comme devant compléter l'instruction du peintre, et à ce sujet on peut ici éveiller l'attention sur l'obligation dans laquelle est un artiste défaire preuve

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