Les chaudières des machines qui ne sont pas à double
pression, sont de cuivre ou de tôle laminée ; elles ont des formes différentes, mais toutes doivent être pourvues de plusieurs ouvertures et de plusieurs tubes dont nous allons expliquer l’usage, voyez PI. VIII, fig. 10.
308. A est une ouverture ou régard par où l’on remplit la chaudière , et qui sert à y pénétrer pour l’examiner intérieurement.
B est un tuyau muni d’un robinet pour la vider. — v v est le tuyau qui aboutit au cylindre, et qui conduit la Vapeur de la chaudière ou elle se forme , au cylindre où elle agit.
Le tuyau//' se nomme le tuyau nourricier de la chaudière. • C’est lui qui conduit l’eau nécessaire pour entretenir celle qui est dans la chaudière, toujours à une hauteur constante. Ce* tuyau aboutit à un autre tuyau 1 1 dont l’extrémité inférieure plonge dans l’eau de la chaudière. Il est aisé de concevoir pourquoi l’eau que le tuyau nourricier conduit, pénètre dans lacliau-
i4* DE LA VAPEUR DE L'EAU BOUILLANTE, dière , malgré la vapeur qui se forme en b , lorsque cette vapeur n’est qu’à 80 ou 85 degrés ; car cette eau a , outre le poids de l’atmosphère, celui de toute la colonne depuis t jusqu’à la surface de la chaudière. On conçoit que la longueur du tuyau doit être d’autant plus grand# que U température de la vapeur est plus élevée. Le tuyau nourricier doit avoir un robinet qui donne le moyen de régler la quantité d’eau que l’on veut introduire dans la chaudière.
Le tuyau m m (fïg. 1 1) sert à reconnaître la hauteur de l’eau dans la chaudière. Sa partie inférieure plonge dans l’eau , et il communique à sa partie supérieure avec la vapeur ; d’après cela, l’eau doit s’y introduire et s’y tenir au même niveau que dans la chaudière; et, comme la partie appointe de ce tuyau est en vetre, on peut à chaque instant connaître la hauteur intérieure de l’eau. Il est très-aisé (a) d’adapter de la même manière un thermomètre qui fasse connaître à l’extérieur, la température de l’eau; cette température indiquera là valeur de la pression , au moyen de la table igi. On pourrait au thermomètre substituer un baromètre dont le tube serait apparent , et dont la cuvette plongerait dans la vapeur. Cet instrument indiquerait immédiatement la force de la pression.
309. La chaudière doit avoir indispensablement une soupape de sûreté {tour donner issue à la vapeur qui se forme dans 1a chaudière , lorsqu’on veut arrêter la machine , soit pour cesser le travail, soir dans le cas de quelque accident : on lève cette soupape à volonté en tirant une chaîdè k h qui passe sur une ^ •
poulie, ou qui répond à un bras de levier b b qui a un mouvement de rotation autour du centre C. Cette soupape est chargée de iuanière que l’excès* de son poids , plus celui de
(à) Nouvelle architecture hydraulique de Prony, lomc x, page 55.
• DE LA VAPEUR DE L'EAU BOUILLANTE. i43 l'atmosphère sur la pressiou inférieure de la vapeur, ne laisse pas un trop grand effort à faire à celui qui veut la lever.
310. La chaudière est ordinairement revêtue d’une maçonnerie en brique qui la préserve des chocs à laquelle elle serait exposée, et qui diminue la déperdition de la chaleur rayonnante.
3 1 1. Il y a des chaudières dont la coupe horizontale représente un cercle, et dont la coupe verticale a la forme indiquée (PI. VIII, fig. to ). On voit que la partie inférieure est concave pour mieux recevoir l’action de la chaleur ; la partie supérieure couvexe a la forme d’une calotte.
3i?.La coupe horiq§ntale de la chaudière (PI. VIII, fig. i x ) est un parallélogramme. Sa coupe verticale a la forme indiquée, fig. tx.. — a est un canal qui traverse la chaudière dans tdhte sa longueur , au moyen «Tuquel la flamme est admise dans le sein de la chaudière même. La chaudière de la fig. i o dont la paroi de l’espace est une surface de révolution , n’a pas besoin d’un canal intérieur comme celui que nous venons d’indiqner, parce que la chaleur appliquée au pourtour, a partout une égale tendance à pénétrer au centre, propriété que n’admet point la forme oblongue de la seconde espèce de chaudière.
3x3. Dans l’une et dans l’autre espèce on a soin de pratiquer dans la maçonnerie un canal qui environne la chaudière tout autour, et qui communique d’un côté avec le foyer et de l’autre avec le tuyau de la cheminée , de sorte que la flamme entre dans le canal, et est obligée de faire le tour de la chaudière avant de ‘trouver une issue libre.
3 1 4- On place ordinairement près de la chaudière , et à la hauteur convenable , un réservoir provisionnel contenant l'eau destinée à la remplir. Cette eau peut être amenée dans le réservoir par des moyens dépendans du jeu dela%iachine.
Chaudières de bois
* '3x5. M. Droz proposa d'adapter des chaudières de bois aux
machines à vapeur. Voici le rapport de MM. Coulomb et Prony sur une machine soimiise au jugement de l’institut, dans laquelle M. Droz lit usage de ces chaudières. Cette machine est de l'espèce de celles qu’on a nommées à double effet , dans lesquelles la condensation deda vapeur ayant lieu alternativement au-dessus et au-dessous du piston du cylindre à .vapeur, ce piston l’aiteffort, soit en montant, soit en descendant. Les moyens de produire un pareil effet sont trop connq^pour qu’il soit nécessaire d’en donner la description entière , et nous nous contenterons de faire connaître les particularités qui distinguent la machine de M. Droz des autres nftchiues de la même espèce.
(pi.ix,iig: .1.)
3x6. La première consiste dans la disposition de la chaudière et dans la manière de chauffer l’eau ; ce liquide et la vapeur qu’il produit sont renfermés dans un vaste récipient en hois, que l’auteur se propose de doubler en plomb si cela est nécessaire, formé de douellcs ou planches verticales maintenues par des . cercles de fer, et ayant la fonfie de cône tronqué dortt la hauteur est d’environ 27 décimètres, lé diamètre inférieur de ai décimètres, et le supérieur de 1 7 ; le tout pour un cylindre à vapeur de 45 centimètres de diamètre. Ce récipient renferme deux chaudières de métal placées l’une dans l’autre , de forme cylindrique, terminées par des culs de four, et dont res sections* horizontales sont concentriques. Leurs diamèlrès respectifs vers la base sont à peu près de i5o et de 100 centimètres , en sorte quelles sont séparées l’une de l’autre par, un intervalle d’environ î5 cenlimètresiiLa chaudière intérieure a une communication avec le récipient, par un trou pratiqué au robinet inférieur
DE LA VAPEUR DE'L’EAU BOUILLANTE. i45 d’écoulement, au moyen duquel l’eau mise dans le récipicat pénètre dans cette chaudière intérieure qui, de plus, a une issue dans la partie supérieure du récipient par une ouverture faite aux deux chaudières, de manière pourtant que l’espace qui les sépare soit exactement Clos par rapport à l’intérieur du récipient.
. Cette dernière ouverture a pour objet de faire communiquer la vapeur qui se forme dans la chaudière avec celle qui se forme dans le récipient.
317. Cet espace intermédiaire entre les deux chaudières communique avec le fourneau où est allumé le feu qui en occupe la partie inférieure, et, lorsqu’il est allumé, échauffe le fond de la chaudière intérieure, et de plus se répand et circule dans tout l’espace qui sépare les deux chaudières. La cheminée prend naissance du haut de la chaudière extérieure, et environ 1 3 décimètres de sa longueur sont renfermés dans le récipient de bois.
318. On conçoit , d’après cette description , que le volume de l’eau mise dans le récipient se dirige en deux parties ; l’une qui passe dans la chaudière métallique intérieure , et l’autre qui reste entre la chaudière métallique extérieure et la paroi du récipient. L’espace renfermé entre ces deux parties d’eau est rempli par la flamme, laquelle pénètre ainsi dans le sein du liquide,
. et de plus exerce son action dans la partie qui , placée au-dessus du niveau de l'eau, n’est remplie que par la vapeur.
3 1{). La seconde particularité de la machine de M. Droz consiste dans la manière d’en perpétuer le mouvement, eide transmettre celui du piston au volant, transmission qu’il opère sans se servir de balancier. Voici le mécanisme qu’il emploie pour remplir l’un et l’autre objet. Le haut de la tige du pistori du cylindre à vapeur tient avec articulation à deux verges de méta^dont les deux autres bouts sont attachés aussi avec articule la composition des Machines. •
»46 DE LA VAPEUR DE L’EAU BOUILLANTE, latio» aux extrémités 3e deux leviers tournant sur des axes fixés à la charpente de la machine. On voit d'après cela que, pendant les descentes et les montées successives du piston, chacun de ces leviers décrit des portions de révolution , tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, et ses raoqvemens alternatifs sont employés à faire mouvoir la hièle du régulateur, la pompe à air, la pompe de reprise qui élève l’eau de condensation , et celle qui alimente la bâche; ensuite, pour faire mouvoir le volant, l’auteur a placé au haut de la tigerlu piston une traverse horizontale de métal dont chaque extrémité supporte une vergé ou hièle pendante, et ces deux hièles font tourner la manivellg excentrique adaptée à l’axe du volant.
3ao. M. Droz a employé, pour modérer le mouvement de * la machine, le moyen connu mais ingénieux de deux globes suspendus à deux verges qui, en vertu de la force centrifuge, s’écartant l’une de l’autre à mesure que le mouvement devient plus rapide, diminuent par cet écartement combiné avec un mécanisme fort simple, l’ouverture dune soupape qui communique de la chaudière au cylindre à vapeur , et ralentissent ainsi la vitesse du mouvement.
321. IjCS changemens faits par M. Droz à la machine à vapeur nous paraissent dignes d’attention; la disposition de lachaudière est favorable à la vaporisation ; mais il ne- faut pas se dissimuler que*la dépense en sera plus considérable que celle des chaudières ordinaires , d’autant plus que nous doutons qu’on puisse faire le grand récipient en ‘bois, même avec une doublure • en plomb, sans s’exposer à le renouveler fréquemment. On peut en outre craindre que la partie des chaudières métalliques qui est uniquement placée entre la flamme et la vapeur, ne se calcine promptement. La suppression du balancier et de $es at- •
. DE LA VAPEUR DE LF.AU BOUILLANTE. «47 tirails paraît offrir de l’avantage par la diminution des masses à mouvoir, et surtout par la réduction de remplacement qu’occupe la machine.
Machine à chaudière de bois de M. O' Reilly, PI. IX , fîg. 17 (a).
3aa. a, cylindre plâcé dans l'intérieur de la chaudière de bois, et dontles extrémités inférieures et supérieures dépassent le fond. — b, chaudière de bois remplie d’eau. Cette chaudière est formée de madriers de bois assemblés et retenus par une clijtrpeute solide; pour empêcher quelle ne se détruise par les alternatives de froid et de chaud ou par l’action de l’eau qui l’imbiberait, on la double de cuivre ou de plomb laminé. Au-dessus, à gaucho dû cylindr e, ou laisse une ouverture par une porte mobile qui y est fortement attachée, et«qui seçt à entrer dans la chaudière pour y faire les réparations en cas de besoin. Au mifieu delà masse d’eau se trouve le foyer en fonte où se fait le feu , ainsi que le conduit qui porte la fumée hors de la chaudière. Au-dessus de la surface de l’eau , le cylindre est muni d’un tuyau de communication 3 qui sert à introduire la vapeureu dessus et en dessous du piston.
3a3. La chaudière a une soupape de sûreté x chargée du poids à l’extrémité du levier", avec des crans de distance en distance potir pouvoir, par l’éloignement plus ou mdins grand du poids j, fixer la pression qu’on juge à propos de lui faire exercer. Le foyer e est en fonte ; lés rebords sont boulonnés contre les madriers de la chaudière; mais on a soin de mettre entre le métal et le bois, des feuilles de carton qui, se trouvant toujours imbibées d’eau, empêchent qu'une trop grande chaleur ne brûle les madriers. Le conduit de la fumée , après avoir tourné dans l’intérieur de la chaudière, descend au-dessous de la chaudière
( a ) Annales des arts et manufactures , tome 9.
avant (l’entrer dans la cheminée. Une ouverture laisse entrer l’air pour aider la combustion de la fumée.
3a4* Voici le jeu de la machine. En haut et en bas du cylindre se trouvent quatre soifpapes dont de*ux q et q' communiquent •avec le tuyau à vapeur 3, et deux autres r et r1 communiquent . avec les' tuyaux des condenseurs s et s'. Au milieu des fonds du cylirtdre sont deux boites à cuira travers lesquelles passe la tige du piston. Supposons le. piston prêt à arriver au fond du cy- * lindreLla soupape q ouverte et q' fermée; supposons en outre la soupape r du condenseurs ouverte, et celle r' du condenseurs' fermée, la vapeur qui se trouve entre le piston et le fond entrera dans le condenseur s. Dès que le piston est arrivé au fond, il presse contre les tiges des soupapes inférieures, ferme celle r et * ouvre la soupape à^vapeur q' ; e» même temps le crosillon u descendant presque simultanément contre les soupapes q et r'-, ferme la communication de la première et ouvre celle de la seconde avec le condenseur s'; alors la vapeur passant par le tuyau 3, ne pouvant entrer par q, pénètre par q' et force le piston de remonter en chassant la vapeur qui se trouve dans l'espace supérieur du cylindre, par la soupape/-' dans le condenseur s' :
le crosillon inférieur t, par le coup montant, produit l’effet con- • •
traire.
Cylindres à vapeur. PI. VHI/fig. i (a).
32.5. Un cylindre à vapeur est formé de l’assemblage de quatre pièces principales; savoir, le couvercle qui est traversé par la tige du piston, et auquel est adapté le steam-box que nous allons décrire bientôt; une pièce inférieure dans laquelle est l’ouverture par où la vapeur s'introduit au-dessus du piston ; le corps du cylindre proprement dit ; et enfin le fond. La disposition
( a ) Nouvelle architecture hy draulique de Pi'ony. tome i .
DE LA VAPEUR DE L’EAU BOUILLANTE. *49 des parties supérieures doit réunir à la condition de la solidité celle de l'imperméabilité à la vapeur au travers des joints d’assemblage. La partie inférieure doit fourni)' un écoulement facile à la petite portion d’eau résullant de la vapeur qui se condense contre la paroi intérieure du cylindre; à cet effet le bas du grand corps du cylindre est terminé par une calotte sphérique renversée. Au milieu de cette calotte est un trou carré formant un des orifices d’un canal dont l’autre orilice est l’ouverture par laquelle la vapeur s’introduit dans le cylindre au-dessous du piston , le fond du canal ayant une courbure et une inclinaison pour faire couler le fluide d’un orifice à l’autre ; de cette manière toutes les gouttes condensées dans le cylindre se réunissent nécessairement au trou formant le centre de la calotte inférieure, d’où elles vont se réunir à l’eau de condensation.
326. 11 est essentiel d’empêcher que la vapeur ne s’échappe au dehors, cepèndant l’ouverture par laquelle la tige du piston du cylindre à vapeur entre dans ce cylindre , doit , quelque attention qu’on y ait mise , causer une petite déperdition de vapeur et un léger refroidissement dans la partie supérieure du cylindre. Pour parer à cet Inconvénient , on a imaginé de pratiquer au-dessus du cylindre une boîte communiquant avec le tuyau qui conduit la vapeur au cylindre au moyen d’un petit tube qui entretient dans la boîte une affluence continuelle de vapeur. Cette vapeur coerce celle du cylindre qui tendait à s’échapper par en haut , et empêche tout refroidissement à Porifice par où entre la tige , aù moyen de quoi toute la vapeur contenue dans le cylindre conserve sa température et soryessorf. Les Anglais nomment cette hoîte slenm-box , c’est-à-dire boîte à vapeur.
3a". M. Murray a imaginé une manière très -convenable d’assembler le corps du cylindre avec son couvercle ( PI. IX
i5o DE LA VAPEUR DE L'EAU BOUILLANTE, fig. i3). Il les met en contait l’un avec l’autre après les avoir passes au tour , et en disposant le rembourrage sur le dessus du cylindre , ce qui empêche la tige du piston de recevoir un frottement oblique qui provient presque toujours de ce que le couvercle porte un peu moins d’un côté que de l’autre.
3a8. AA, couvercle ou chapeau du cylindre; il est disposé de manière à entrer tout juste dans la partie alaisée du cylindre; — B B , anneau boulonné sur le rebord du cyliqdre ; — C C , jointure sur laquelle on place une couche de papier , de chanvre , etc. , pour empêcher la vapeur de s’échapper ; — DD, anneau de renfort dans l’angle du rebord du cylindre , parce que cet endroit doit être affaibli par une entaille ou anneau circulaire destiné à recevoir le rebord du couvercle AA. Cette méthode d’ajuster le couvercle autour est préférable à la méthode ordinaire , et peut s’appliquer à toutes les parties de la machine.
S39. M. Robertson de Glascow , réfléchissant à la quantité considérable de vapeur qui s’échappe sur les côtés des pistons les mieux ajustés , sans produire aucun effet mécanique pour accroître la force de la machine, chercha les moyens de remédier à cet inconvénient , et il obtint ce résultat en combinant deux cylindres à vapeur de différentes dimensions agissant ensemble pour produire un seul effet ; la vapeur perdue par le piston de l’un , est employée pour agir sur le piston de l’autre.
330. M. Robertson a imaginé différentes manières ingénieuses de combiner les deux cylindres , elles sont décrites dans le tome iÿ des Annales des arts et manufactures.
33 1. Dans les machines à vapeur les mieux construites, on a soin de renfermer le cylindre à vapeur dans une enveloppe de bois ou de toute autre substance peu conductrice du calo-
DE LA VAPEUR DE L’EAU BOUILLANTE. l5l riquc, dans l'intérieur de laquelle on introduit même quelquefois la vapeur comme moyen de réchauffement. La fig. !\ (PI. IX ) représenta un cylindre à double paroi dont on se sert depuis quelque temps en Angleterre.
332. La détermination du diamètre intérieur du cylindre à vapeur comportait beaucoup d'incertitudes avant qu’on connût, par les expériences de M. Dation et de M% Bettancourt, la force expansive de la vapeur à toutes les températures. Ces belles et utiles expériences nous donnent le moyen de fixer cette dimension avec une exactitude suffisante. Dans le calcul , il faut déduire de la hauteur de la colonne de mercure correspondante à la température de la vapeur qui doit agir sur le piston , la hauteur due à la force expansive de la vapeur de l’eau de condensation et de l’air raréfié qui s’en dégage , dont l’effort agit sur le piston en sens contraire de celni de la vapeur afiluente de la chaudière. La température de cette vapeur est quelquefois de 4o degrés , et elle exerce une force expansive équivalente à une Colonne de mercure d’environ 4 pouces de hauteur. Cette température, et par conséquent la réaction qui en résulte , éprouvent des variations dépendantes principalement de la saison où l’on se trouve ; elle est plus considérable en été qu’en hiver, et le produit de la machine diminue à proportion.
333. Il faut aussi dans la détermination dont il s’agit , avoir égard à la perte occasionée par la solution de continuité dans le mouvement qui se renouvelle à chaque oscillation, du balancier, et qui consomme une partie de l’effort du moteur. Ce déchet est plus ou moins considérable suivant la vitesse que la machine doit avoir, et suivant la grandeur des masses qui doivent être mises en mouvement. Il faut aussi avoir égard aux frottemens et autres résistances passives. On doit , dans le calcul , ajouter la i
l5î DE LA VAPElfn DE L'EAU BOUILLANTE, somme de ces résistances évaluées en poids , au poids qui représente l’effort à surmonter pour produire l’effet utile (a).
• Des soupapes.
334- Dans les machines de M. Murray les soupapes éconductrices de la vapeur sont disposées de manière que la •communication par Tes tiges traversant des réservoirs d’huile , l’air ne puisse entrer dans la machine et nuire à Ueflet du vide. Ces soupapes sont ouvertes et fermées par un mouvement circulaire. Une telle méthode a sur celle du régulateur ordinaire les avantages de la douceur dans le mouvement , d’une plus grande régularité, et de prévenir les faux coups.
(a) M. de Pronjr » donné une formule très-simple pour calculer le rayon du cylindre à vapeur :
Soient x le rayon cherché ,
Q , la somme des résistances rapportées à l’endroit où est le poids ù élever, et évaluées en poids de même espèce 5 N , le poids à élever ou la résistance équivalente; h , la hauteur de la colonne de mercure qui représente la pression /le la vapeur;
p, la pesanteur spécifique du mercure , qui est à celle de l’eau distillée comme 1 35,68 1 esté 10,000; • •
h , le rapport des vitesses virtuelles du piston du cylindre à vapeur et du poids à élever, donné par la construction de la machine; n , le nombre de fois que le rayon est contenu dans la circonférence ; On a, par le principe des vitesses virtuelles Q-|-N=jApnA x’, d'où l'on tire
Il ne faut pas dissimuler, dit M. de P rony, que l’évaluation des quantités qui entrent dans Q, suppose jusqu ’A un certain point la connaissance des dimensions de la machine, et par conséquent celle du rayon qu’on cherche; mais, ajoutet-il , ellcjiourra suffire en pratique , lorsqu’on s’en servira avec les précautions convenables. .
DE LA VAPEUR DE L’EAU BOUILLANTE. l53
335. Nous avons décrit ( 257 ) un robinet tournant trèsiflgénieux qui remplace avantageusement les quatre soupapes employées dans les machines ordinaires à double effet. Nous avons au^ai fait connaître ( 247 ) l'invention non moins ingénieuse de M. Martin , connue sous le nom de soupape à tiroir. 11 ne sera peut-être pas inutile d'indiquer deux autres organes analogues. Le premier, représenté fig. 1 2 (PI. IX ), est un grand robinet qu’on substitue aux soupapes; comme celui (207), sa forme est cylindrique , il a deux rebords a et b , l’un à sa partie supérieure , l’autre à l’inférieure ; il est creux intérieurement. Un tuyau 1 traverse le robinet , et sert à introduire la vapeur dans la partie supérieure du cylindre; un semblable tuyau 2 l’introduit dans la partie inférieure ; de simples ouvertures 3 et 4 laissent entrer la vapeur dans la cavité du robinet pour passer dans le condenseur.
336. Le second organe est une espèce de soupape à tiroir représenté lig. i5 et 16 ( PI. IX). Au grand cylindre à vapeur B est annexé un demi-cylindre A ; deux ouvertures marquées 1, 2, servent de communication entre l’un et l’autre. Le demi-cylindre A en contient un autre b mobile et d’un plus petit diamètre; il est attaché aune tige rc f, et il a deux rebords 4 et 5 à ses deux extrémités; ces deux rebords, garnis d’étoupes, ferment exactement l’espace 3 3 qui environne le demi-cylindre mobile b. Le tuyau 5 sert de communication entre la chaudière et l’espace 3 3. Y
^37. Supposons que le piston m s'élève poussé par la vapeur; lorsqu’il sera parvenu à un point déterminé, le mentounet p , adapté à sa tige rencontrera un petit plateau r fixé sur la tige ref, et il élèvera le demi-cylindre mobile. Alors l’ouverture 2 entièrement libre permettra à la vapeur qui se trouve au - dessous
De la composition des Machines.
154 DE LA VAPEUR DE L'EAU BOUILLANTE, du pistou m de passer dans le condenseur ; et le rebord 4 se trouvant au-dessus de l’ouverture i , dont la largeur est égalfe à celle du diamètre de A , la vapeur contenue dans l’espace 3 3 affluera dans la partie supérieure du grand cylindre , pmir obliger le piston m à descendre. En descendant le mentonnet rencontrera le plateau f, il fera descendre le demi-cylindre b jusqu’à ce que le rebords soit descendu au-dessous de l’ouverture a. Dans cet état de choses, la vapeur de la chaudière entre par l’ouverture a, et celle qui se trouvait dans la partie supérieure du cylindre B , passe dans le condenseur en traversant le demi— cylindre b , qui à, cet effet est creux.
338. Les üg. 8 et 9(P1. VIII) indiquent deux méthodes de dis-
poser ( dans les machines à double effet ) les tuyaux et les boîtes à vapeur où sont placées les soupapes éconductrices. — g, tuyau par où la vapeur arrive pour se porter dans le cylindre. — h, tuyau de sortie de la vapeur pour se porter dans le réfrigérant. — o , soupape qui tour à tour favorise et intercepte l’entrée de la vapeur dans la partie supérieure du cylindre. — d , soupape qui ouvre ou ferme la communication entre la partie supérieure du cyliudre et le condenseur. — e , soupape de communication entre la vapeur qui arrive de la chaudière et la partie inférieure du cylindre. — f , soupape de communication de cette partie inférieure du cylindre avec le condenseur. — a et b , tuyaux de communication des boîtes à vapeur avec le grand cylindre. Les soupapes o et f sont ouvertes à la fois ; la première pour laisser entrer la vapeur dans la partie supérieure , la seconde pour faire passer dans le condenseur la vapeur qui se troiJVe en dessous du piston , tandis que les soupapes d, e sont fermées ; de même les soupapes d , e , sont ouvertes simultanément , pendant que celles o , sont fermées-