PRÉFACE
En offrant au publie 1* traduction du Traité de métallurgie du docteur Percy, nous nous sommes proposé de donner aux industriels, aux ingénieurs, aux directeurs ou propriétaires d'usines, l'ouvrage qui, seul peut-être, réunit d'une façon aussi complète les principes et les méthodes d'application de cette science. Nous avons l'espoir que cette attente ne sera pas trompée,
I^e mérite du premier volume et les additions nombreuses de MM* Petitgand et Rpnna témoignent suffisamment de la valeur de cette ttuvrç, entreprise qtians un but de haute utilité : nous n'avons pas à y revenir ; mais nous avons h expliquer la marche que nous avons adoptée dans l'édition française,
La description du traitement du fer et de l'acier occupe dans l'ouvrage anglais la plus large place ; son importance et son rôle dans l'industrie moderne justifient les développements que l'auteur lui a donnés ; en France, la métallurgie du fier est presque la seule qui s'exerce sur une grande échelle : les autres métaux n'y occupent quant à présent qu'une importance bien moindre. Ces motifs nous ont
engagés k intervertir l'ordre suivi par l'auteur anglais, et nous , a. a
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avons cru devoir faire paraître sans plus tarder le Traité de la fabrication du fer. Il forme dans notre édition les deuxième, troisième et quatrième volumes.
Le second volume, qui paraît aujourd'hui et que suivront bientôt les troisième et quatrième, commence la sidérurgie. Il traite des propriétés physiques et chimiques du fer, de ses alliages et de ses minerais ; enfin, des divers procédés de transformation directe.
La chimie du fer, malgré tous les travaux de date récente, n'a été envisagée jusqu'ici que très-imparfaitement ; quelques principes des plus élémentaires sont confus : entre autres les composés de fer et de carbone. La chimie de l'acier est encore plus obscure; des problèmes du plus haut intérêt attendent une solution, mais ils exigent la plus grande habileté analytique, et, comme le fait remarquer l'auteur, ils embrassent des vues d'un ordre transcendant. « L'utile bien considéré « a toujours du curieux, et il est rare que le curieux bien suivi ne « mène pas à futile. » Cette sage remarque de Réaumur légitime le développement donné, au point de vue des métaux qui seront décrits ultérieurement, à certains chapitres, notamment à celui des combinaisons du soufre avec le fer, et les détails minutieux des travaux analytiques dont les résultats auraient pu être simplement constatés. L'auteur n'est entré dans cette voie qu'après mûre réflexion et en insistant sur les points qui exigent de nouvelles investigations.
Le chapitre des essais, fruit d'une longue pratique, résume les applications de la docimasie aux minerais de fer.
Enfin, le livre consacré à. la méthode directe présente une description des plus neuves des procédés de la fonte du fer chez les peuples de l'Asie et de l'Afrique (Inde, Birman, Madagascar, etc.), sans parler des procédés catalan, corse et suédois et de ceux qui ont été
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appliqués récemment sous le nom de leurs inventeurs : Clay, Chenot, Renton, Yates, etc.
Le troisième volume comprend, outre une notice historique, l'exposé pratique de la fabrication de la fonte : construction des hauts fourneaux, des machines soufflantes, des appareils à air chaud ; étude des gaz et de leur emploi ; des formes, du chargement, de la conduite, du roulement et du rendement des hauts fourneaux, ainsi que des analyses de leurs produits.
Dans le quatrième volume, divisé en deux parties, Fauteur décrit les procédés de transformation de la fonte en fer par le finage, l'affinage, le puddlage, et de fabrication du fer marchand, de la tôle, etc. ; les qualités et les prix des fers ; enfin il fait connaître diverses forges et usines de l'Angleterre. La deuxième partie roule sur les méthodes de fabrication de l'acier par la carburation du fer malléable, par la décarburation de la fonte (le procédé Bessemer), par la fusion, etc., sur la fonderie, la manipulation et la résistance des aciers. L'index alphabétique qui terminera ce volume embrassera les trois parties de la Métallurgie du fer.
Les notes et les additions de MM. Petitgand et Ronna ne font pas plus défaut ici (description des minerais de la Grande-Bretagne ; des méthodes analytiques de l'Ecole des mines de Londres ; des minerais en France, etc.) que dans le volume déjà paru.
L ouvrage anglais est écrit peut-être un peu exclusivement en vue des procédés suivis en Angleterre ; il était nécessaire d'entrer dans des détails plus circonstanciés sur l'art qui, en France et sur le continent, a sa part dans les progrès et les améliorations de l'industrie
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métallurgique. Il eût été injuste et inhabile de ne pas les signaler; chaque peuple a des méthodes particulières et des moyens propres, dont la comparaison peut aider à l'essor d'une industrie qui caractérise aujourd'hui la force des nations. L'appendice des traducteurs comblera, au fur et à mesure qu'elles se produiront, les lacunes de l'ouvrage anglais, et présentera pour chaque volume le complément des matières qui y sont traitées.
Chaque partie du traité forme par elle-même un ensemble, et les personnes intéressées dans une branche spéciale de la métallurgie pourront à leur choix se procurer le volume qui y a trait. Il semble toutefois superflu de faire remarquer que les parties d'une science aussi complexe sont liées trop intimement pour qu'il soit facile de les étudier isolément avec fruit.