‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 127 sur 159 · de houille dans le dernier réchauffage des massiaux · texte numérisé non relu

de houille dans le dernier réchauffage des massiaux

1.10 de massiaux exige 0 90 de charbon de bois pour l'affinage.

1 .25 de fonte exige 1 .00 de charbon de bois dans le haut fourneau.

Total du charbon de bois, 1 .90, et de la houille, 1 .00.

C'est à peu près la même consommation de charbon végétal et de houille que dans le procédé direct et dans les modifications du procédé Tourangin.

A. Chenot semble avoir eu une confiance illimitée dans son

invention, qu'il regardait comme une grande découverte, dans l'ignorance où il était, sans doute, de ce qui avait été tenté précédemment par Clay et par d'autres expérimentateurs. Dans le mémoire manuscrit qu'il communiqua au jury de la première classe de l'Exposition de 1851, nous avons remarqué, sur les prétendus avantages de son procédé, le passage suivant : « La « possibilité d'opérer sur toutes sortes de matières premières, « dans toutes les localités, avec des ouvriers quelconques, un « petit capital et peu d'appareils, tout en obtenant les meilleurs « produits possibles, ce qui répond à la question économique

« mieux que toute évaluation en chiffres »J11 défiait tout

maître de forges d'obtenir par les méthodes ordinaires de la fonte de qualité moyenne au prix auquel il était capable de produire, par son système, du fer à acier. Indépendamment de l'avantage du prix, il pouvait consommer tous combustibles, et, en général, ne recourir qu'à la moitié du capital. Le lecteur pourra comparer cette déclaration d'un inventeur enthousiaste avec l'opinion calme et réfléchie d'hommes compétents et désintéressés.

En 1856, une commission, composée de MM. Combes, Regnault et Thirria, rédigea et présenta au ministre des travaux publics,' un rapport sur la fabrication du fer et de l'acier par les procédés Chenot (1); en voici les conclusions:

« 1° Les aciers fondus fabriqués par les procédés de « M. Chenot, à Clichy-la- Garenne, avec les minerais de « Sommorostro, peuvent être considérés comme étant de « bonne qualité et propres aux mêmes usages que les bons << aciers fabriqués avec les fers à acier indigènes.

« 2° Les procédés Chenot paraissent applicables utilement « à la fabrication de l'acier avec certains minerais riches pro- « venant de la France ou de l'étranger, dans des usines con- « venablement placées.

(1) Revue universelle, précédemment citée, p. 90.

« 3° Il n'est pas probable que oes procédés, dans leur état « actuel, puissent être appliqués avec avantage à la fabricant tion du fer, si ce n'est peut-être dans les looalités où Ton « pourrait se procurer à bas prix des minerais de fer riches, « et où la main-d'œuvre serait à bon marché. »

Il est à peine besoin de noter qu'un document signé par des ingénieurs aussi distingués a le plus grand poids. Néanmoins, le rapport suivant, rédigé par M. Gallon, a été adopté par le jury incomplet de la première classe de l'Exposition de Paris, de 1855 (1). Le contraste est remarquable.

« Nous nous bornerons à féliciter M. Chenot des disposi- « tions ingénieuses à l'aide desquelles il parvient :

« I' A recueillir, par son trieur électro-magnétique, toutes « les parties d éponge métallique qui se mêlent au menu ehar- « bon, à la sortie des charges par le bas du fourneau;

« 2° À opérer la compression de ses éponges, et, au be- « soin, de toutes espèces de copeaux métalliques préparés « pour le traitement ou pour des alliages ;

« 3° A réaliser un avantage considérable dans beaucoup « de cas, notamment pour la fusion de Varier, en donnant à « la cendre des cokes employés un degré de fusibilité tel, « que les grilles soient toujours propres et dégagées de oes « mâchefers visqueux qui, trop souvent, les encrassent, les « corrodent et obstruent le tirage.

« En résumé, le jury pense qu'aucun exposant, peut-être, « ne se présente aveo un ensemble plus remarquable de faits « nouveaux et importants au point de vue industriel ; que, « si l'on ne peut pas encore dire que ces découvertes ou in- « ventions soient arrivées à l'état de grande exploitation in- « duslrielle, ses produits ont, du moins, cette perfection excep- « tionnelle due à la science ou au travail, qui suffît pour « justifier la médaille d'honneur que le jury décerne à « M. Chenot. »

(4) Revue univtr selle, précédemment allée, p. 9.

Si Ton convertit directement le minerai en fer malléable, comme le propose Chenot, à une température qui suffit seulement pour réduire l'oxyde de fer à l'état métallique, il est évident qu'une classe très-considérable de minerais, comme les carbonates argileux, etc., serait exclue. Ccb minerais contiennent une très-forte proportion de matières étrangères en mélange très-intime , et Ton ne peut concevoir aucun procédé de triage électrique capable dy séparer dune matière satisfaisante le fer réduit. Les matières étrangères pourraient assurément être plus ou moins complètement expulsées dans le procédé qui consiste à traiter l'éponge réduite et comprimée à la chaleur de soudure, dans un feu de charbon de bois ou dans un four à réverbère ; maiB avec une grande perte résultant de la formation en grande quantité de silicate de protoxyde de fer; il n'y aurait doue là aucun avantage réel sur le procédé catalan. Le minerai réduit pourrait être puddlé, comme on la fait en Espagne, mélangé avec de la fonte, ce qui donnerait probablement une meilleure qualité de fer qu aveo de la fonte Beule (*). Le fer extrait du minerai à une température relativement basse, directement à l'état malléable, est plus exempt de phosphore que le fer provenant de la fonte traitée au haut fourneau. Nous en avons donné un exemple en rendant compte du traitement des minerais de lac en Finlande.

Les qualités requises des minerais de fer à traiter par le procédé Chenot, sont les suivantes : 1° une grande pureté; la présence de la silice occasionnerait beaucoup de déchet dans la formation en balles de l'éponge ; l'on ne pourrait éliminer la magnésie sans difficulté et sans augmenter la con-

(*) En 1845 et 1846, aux forges d'Abbesse, près de Dax (Landes), nous avions l'habitude d'ajouter dans le puddlage de la fonte de 50 à 60 kilogrammes, et quelquefois davantage, de minerai de Sommorostro : ce travail était plus facile, avec grand avantage dans la durée des soles, et le fer était meilleur. L'addition de minerai dans le puddlage de la fonte ne constitue donc pas un fait bien nouveau, et nous y avons eu recours quelques années plus tard avec notre ami Paillette, dans les forges de Mierès (Asturies). [B. P.]

sommation du combustible : la chaux et le manganèse passent pour être les matières étrangères les moins nuisibles; 2° une structure lâche, de manière à faciliter le passage du principal agent de réduction, l'oxyde de carbone. Aucun minerai ne saurait être plus favorable à cette action que le minerai brun (l'hématite brune), parce que la chaleur chasse l'eau qu'il renferme, et rend la masse poreuse dans toutes ses parties. Un oxyde magnétique dense et compacte serait beaucoup plus difficile à réduire. 3° Le minerai ne doit pas être fusible par lui-même à la température où la réduction s opère.

La dimension des morceaux de minerai est une condition essentielle. Un gros fragment exigera beaucoup plus de temps pour se réduire que la même masse cassée en petits morceaux, car à ce dernier état, il y a une plus grande surface exposée au passage de l'oxyde de carbone. D'un autre côté, cette circonstance si favorable à la réduction, augmente la perte du fer dans la mise en balles, parce qu'il y a une plus grande surface exposée à l'oxydation. Ainsi, en mettant en balle une éponge dont les morceaux étaient gros comme des noisettes, on a trouvé une perte de 28 pour 100 plus grande qu'avec des morceaux gros comme des noix.

M. Sandberg fait une observation importante sur le procédé Chenot, c'est que les fragments d'hématite rouge et brune sont souvent mêlés avec 15 ou 20 pour 100 de minerai à l'état pulvérulent. Cette poudre devra être séparée ; elle ne peut être employée qu'après avoir été agglutinée par la compression. Une machine de compression du prix de 1 250 francs fonctionnait à Hautmont; mais dans les trois établissements visités par M. Sandberg on ne se servait pas de minerai pulvérisé.

M. Sandberg n'a observé nulle part de réduction uniforme et complète du minerai, ce qui semblait tenir au plus ou moins de compacité ou de densité du minerai, plutôt qu'à la différence de grosseur des morceaux. Il arrive fort souvent que l'on trouve dans une même localité des morceaux d'hématite brune fort

différents sous ce rapport les uns des autres. M. Sandberg assure que la réduction du minerai n'a jamais été complète avec une seule opération, et qu'il est toujours nécessaire de séparer les portions imparfaitement réduites, pour les faire passer une seconde fois dans la chambre de réduction. L'expérience a prouvé que tout le minerai peut être entièrement réduit par une exposition prolongée à l'action d'un gaz réducteur; mais alors la consommation du combustible s'accroît tellement, comparée à la quantité additionnelle de minerai qui se réduit, qu'on a préféré se résigner à l'inconvénient d'une réduction incomplète et assortir ensuite l'éponge.

M. Yates a bien voulu nous adresser une brochure contenant la description détaillée d'une méthode proposée par lui pour la conversion immédiate du minerai en fer malléable (1). En principe, ce procédé est identique à tous ceux que l'on avait déjà proposés; la réduction du minerai s'opère en le chauffant avec un mélange de matières charbonneuses; l'appareil décrit paraît être une modification de celui de Chenot. Mais il y a entre les deux méthodes les différences que voici : tandis que Chenot chauffe la chambre de réduction avec les flammes des fours ordinaires pourvus de grilles, M. Yates emploie exclusivement des fours à gaz alimentés par l'oxyde de carbone de générateurs spéciaux ; et tandis que la chambre de réduction de Chenot est rectangulaire et en briques réfractaires, celle de Yates consiste en une série de trois cornues ovales en terre réfractaire, placées verticalement l'une audessus de l'autre et réunies par des emboîtements. Voici in extenso la description de M. Yates :

(1) Iron and Steel : on some Points ofEconomy in their Manufacture. (Le Fer et l'Acier : de quelques points d'économie dans leur fabrication, par Frederick Yates, 1860, p. 23. Vacher and sons, 29, Parliament Street, London.) Celte brochure est accompagnée d'excellents dessins.

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