PREMIÈRE MÉTHODE
1. Un certain poids du minerai réduit en poussière fine est mis à digérer dans de l'acide chlorhydrique concentré jusqu'à ce que toute action paraisse cesser; puis on fait bouillir, pendant un quart d'heure environ, avant d'étendre la solution et de filtrer. La portion insoluble est complètement lavée à l'eau distillée chaude, séchée, calcinée et pesée; toutes précautions sont prises pour empêcher l'absorption de l'humidité.
2. On peroxyde le fer, s'il y a lieu, dans la solution par l'acide azotique ou par le chlorate de potasse ; on ajoute un excès d'ammoniaque, et on filtre rapidement.
3. La chaux est précipitée par l'acide oxalique à l'état d'oxalate, puis convertie en carbonate par la calcination ; on la pèse à l'état de carbonate après évaporation avec le carbonate d'ammoniaque, ou bien on la reprend par l'acide sulfurique et, après avoir chassé l'excès d'acide en chauffant, on la pèse à l'état de sulfate.
4. La magnésie est précipitée par le phosphate de soude avec excès d'ammoniaque. On laisse le précipité se déposer pendant vingt-quatre heures environ ; puis on le rassemble sur un filtre, on le lave à l'eau ammoniacale, on le sèche, on le calcine, on le reprend par quelques gouttes d'acide azotique ; on le calcine de nouveau et on le pèse. Le précipité ainsi obtenu contient généralement un peu de matière floconneuse, du phosphate d'alumine; l'alumine est retenue en solution par l'ammoniaque.
5. Le précipité qui contient tout le fer, l'alumine, l'acide phosphoriquo et le manganèse (sauf des traces de ce dernier qui accompagnent la chaux), ainsi que des petites quantités de silice et de chaux ou de magnésie (la première est apparemment combinée avec l'alumine, et la dernière avec l'acide phosphorique), est dissous dans l'acide chlorhydrique, puis sursa-
turé par la potasse caustique, porté à l'ébullition dans une capsule de platine et filtré. La liqueur filtrée, acidifiée par do l'acide chiorhydrique, bouillie après avoir ajouté un peu de chlorate de potasse, afin de détruire la matière organique provenant de l'action de la potasse sur le filtre, est neutralisée à peu près par l'ammoniaque, et rendue finalement alcaline par le carbonate d'ammoniaque. Le précipité est calciné et pesé ; on y dose l'acide phosphorique par le procédé à l'acide tartrique (voir § 13) et on soustrait son poids du poids primitif, afin de constater celui de l'alumine La proportion d'acide phosphorique ainsi déterminé n'est jamais exacte, par suite de la petite quantité de silicate d'alumine qu'il renferme. 11 convient donc de doser cet acide une seconde fois.
6. Le précipité par la potasse caustique est dissous dans l'acide chiorhydrique, et le fer est précipité à l'état de succinate que l'on recueille sur un filtre ; puis on le redissout, on le reprécipite par l'ammoniaque, on le calcine et on le pèse. Le fer ainsi obtenu n'est jamais parfaitement pur, parce qu'il renferme un peu d'acide phosphorique, combiné apparemment avec de la chaux ou de la magnésie, et de la silice combinée avec l'alumine ; or, aucune de ces deux combinaisons n'est décomposée par l'ébullilion avec la potasse caustique. On le dissout donc de nouveau dans l'acide chiorhydrique et on le sépare par filtration d'une partie de la silice devenue alors insoluble, que Ton calcine et pèse. Il importe de remarquer ici, qu'une très-petite quantité de silice ne peut pas être séparée d'une trèsgrande quantité de fer par l'évaporation ordinaire ; de sorte que la sépa ration de cette faible quantité de silice n'a pas pu s'opérer en évaporant la première solution dans l'acide chiorhydrique. L'acide phosphorique du précipité est dosé par l'acide tartrique ; il contient généralement un peu de silicate d'alumine. Cet acide phosphorique et la silice, déduits du poids primitif, on a le poids du peroxyde de fer ; ce peroxyde contient encore, il est vrai, de faibles quantités d'autres substances.
7. Le liquide filtré, après précipitation du succinate de fer, est rendu alcalin par de l'ammoniaque ; on y ajoute quelques gouttes de brome, et on l'abandonne pendant vingt-quatre heures. Le précipité calciné au rouge vif est pesé à l'état de Mn30\
8. La partie insoluble est fondue avec un excès d'un mélange alcalin obtenu par la décomposition du sel marin à chaud, après avoir lavé les carbonates mélangés. On fait dissoudre la masse fondue dans l'acide chiorhydrique et on l'évaporé à siccilé. Le résidu est repris par l'acide chiorhydrique concentré et abandonné pendant vingt-quatre heures , puis mis à digérer dans l'eau chaude, filtré, et la silice est calcinée et pesée. On s'assure de sa pureté en la divisant en deux portions, dont l'une est traitée par Vacide fluorhydrique et l'autre par la potasse caustique ; toute impureté appréciable pourrait ainsi se déduire.
9. La liqueur filtrée est rendue alcaline par de l'ammoniaque et filtrée,
Le précipité est calciné et pesé ; le fer séparé plus tard est soustrait du poids primitif, ou bien on le dissout de suite dans l'acide chlorhydrique et on le traite par la potasse, comme §§ 5 et 6, sauf en ce qui concerne l'acide phosphorique qui n'existe pas ici.
10. La chaux et la magnésie dans la liqueur Gltrée du paragraphe précédent sont dosées exactement de la même manière que dans la solution acide du minerai.
11. Alcalis et matière organique. — On a reconnu que presque tous les alcalis étaient renfermés dans le résidu insoluble de l'acide chlorhydrique. Un poids donné do minerai ayant été mis à digérer dans l'acide chlorhydrique, le résidu insoluble est rassemblé sur un flltre et lavé. On le fait sécher avec soin, de manière à pouvoir le réunir elle détacher du Gllre sans enlever une portion notable du papier ; puis on l'expose, dans un vase de platine, à l'action de la vapeur acido fluorhydrique, dans l'appareil Brunner, jusqu'à ce qu'il soit décomposé. Le produit est évaporé avec de l'acide chlorhydrique concentré, repris ensuite par de l'acide étendu, et la matière noire insoluble est réunie sur un petit filtre pesé, que Ton sèche et pèse. Comme cette matière contient d'ordinaire une petite quantité de matière inorganique non décomposée, on l'incinère et on soustrait le poids des cendres. La liqueur filtrée de la matière organique est jointe à la solution primitive dans l'acide chlorhydrique, et le mélange est traité par de la baryte caustique ; les alcalis sont pesés à l'état de chlorures.
12. Acide mlfurique et soufre. — Un poids donné de minerai est mis à digérer dans de l'acide chlorhydrique ; on filtre la solution et on précipite l'acide sulfurique dans la liqueur, à l'état de sulfate de baryte que l'on calcine et que l'on pèse. Le résidu est détaché du filtre, mélangé avec du carbonate et de l'azotate de potasse, et fondu dans un creuset d'or. La masse, fondue dissoute dans l'acide chlorhydrique et évaporée à siccité, est reprise par de l'acide concentré, étendue d'eau et filtrée. On précipite l'acide sulfurique dans cette liqueur filtrée à l'état de sulfate de baryte, et on calcule le soufre du sulfate obtenu. Le soufre paraît toujours se présenter dans le minerai à l'état de pyrite de fer (Fe S*). Dans le calcul final des analyses, on soustrait du résidu insoluble pour 100, et do la composition de ce résidu, le fer nécessaire à la combinaison avec le soufre. On doit remarquer que si de la pyrite de fer finement divisée est portée à l'ébullilion dans de l'acide chlorhydrique concentré, en présence de perchlorure de fer, une partie de ce dernier se réduit, et il se forme do l'acide sulfurique : c'est un point important pour l'analyse des hématites.
13. Acide phosphorique. — Un poids donné de minerai est misa digérer dans de l'acide chlorhydrique, et l'on filtre la solution. La liqueur filtrée est chauffée (le fer ayant été réduit par le sulfite de soude, quand il y a lieu), et à peu près neutralisée par du carbonate de soude, puis on y ajoute un excès d'acétate de soude. On porte alors la liqueur & l'ébullilion, et l'on
ajoute, goutte à goutte, du perchlorure de fer dans la solution à chaud jusqu'à ce que le précipité acquière une couleur rouge bien prononcée. Le précipité est alors recueilli sur un ûLtre, lavé à l'eau chaude, et dissous dans l'acide chlorhydrique, auquel on ajoute de l'acide tartrique ot finalement un excès d'ammoniaque. L'acide phosphorique est précipité par un mélange de sulfate de magnésie, de chlorhydrate d'ammoniaque et d'ammoniaque libre. Après avoir laissé le précipité au repos pendant vingtquatre heures, on le recueille sur un filtre, on le dissout dans l'acide chlorhydrique et on ajoute à la solution do l'acide tartrique. Le phosphate, de nouveau précipité par l'ammoniaque, est réuni sur un filtre, incinéré, repris par quelques gouttes d'acide azotique, réincinéré et pesé.
14. Eau. — Un poids donné de minerai est mis dans l'étuve, puis pesé une seconde fois afin de déterminer l'eau hygroscopique. On l'introduit ensuite dans un tube fermé par un bout et communiquant par l'autre avec un petit tube à chlorure do calcium pesé. On chauffe peu à peu le rainerai dans le tube jusqu'au rouge sombre. La plupart des minerais éprouvent alors une décomposition et laissent dégager le gaz provenant des carbonates, ce qui empêche, dans bien des cas, d'avoir à aspirer l'air dans l'appareil. On pèse de nouveau le tube à chlorure et on détermine par différence le poids de Veau en combinaison chimique. Dans les minerais argileux, celte eau est combinée avec le silicate d'alumine ou l'argile.
15. Acide carbonique. - On a recours à l'appareil ordinaire à un flacon ; l'acide sulfurique sert à décomposer les carbonates.
16. Métaux précipitables par l'hydrogène sulfuré dans la solution d'acide chlorfiydrique.—Un poids donné du minerai, variant de 15 ou 20 grammes à 100 grammes, est mis à digérer pendant longtemps dans l'acide chlorhydrique. On filtre la solution (le fer est réduit dans la liqueur filtrée par le sulûte de soude, s'il y a lieu) ot on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré. La petite quantité de soufre qui se sépare est recueillie sur un filtre et lavée à fond, puis incinérée à une température aussi basse que possible. Le résidu de l'incinération, mélangé avec du carbonate de soude, est soumis au chalumeau sur un morceau de charbon : les globules do métal obtenus sout ensuite dissous et analysés.
Parfois, la partie insoluble dans l'acide chlorhydrique est mise de nouveau à digérer dans de l'acide auquel on ajoute de temps en temps du chlorate de potasse. On filtre alors la solution et on rajoute à la solution primitive avant de réduire les sels de fer maximum.