‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 140 sur 159 · TROISIÈME METHODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME METHODE

Cette méthode est celle qui a prévalu au laboratoire métallurgique, à cause de sa plus grande simplicité et de son exactitude.

1. On fait digérer un poids donné de minerai dans l'acide chlorhydrique et on filtre )a solution. La matière insoluble est incinérée, pesée et traitée exactement comme dans la première méthode.

2. Le fer, dans la solution acide, est s'il y a lieu peroxyde. La solution, chauffée, neutralisée à peu près par l'ammoniaque, est portée à Fébullition avec un excès d'acétate d'ammoniaque et filtrée à chaud. Le précipité est lavé à l'eau chaude. A la liqueur filtrée reçue dans un matras et rendue alcaline par de l'ammoniaque, on ajoute quelques gouttes de brome ; on bouche hermétiquement afin d'exclure l'air, et on abandonne au repos pendant 24 heures. On chauffe ensuite la liqueur et on filtre rapidement; le précipité incinéré et pesé représente Mn'O*. La chaux et la magnésie

' dans la liqueur filtrée se dosent comme dans la méthode n° 1. On remarquera que le phosphate ammoniaco-magnésien, dans ce procédé, n'est jamais mélangé de phosphate d'alumine, car l'alumine est complètement précipitée à l'état d'acétate basique.

3. Les acétates basiques précipités sont dissous dans l'acide chlorhydrique. On sursature la solution par de la potasse caustique ; on fait bouillir dans une capsule de platine et on filtre. L'alumine, contenant un peu d'acide phosphorique, est précipitée dans la liqueur filtrée comme dans la première méthode. L'acide phosphorique se dose par l'acide tartrique. Le phosphate ammoniaco-magnésien, bien que dissous et précipité une seconde fois, est rarement tout à fait pur : il contient un peu de silicate d'alumine. On fait toujours un second dosage. 11 a été reconnu que, par cette méthode, l'acide phosphorique, après le traitement par la potasse, ne retient pas de fer. Il reste un peu de silice, mais comme le fer, après ce traitement, n'est pas dosé, il y a seulement une perte de la petite quantité de silice.

4. Le fer est déterminé directement par le procédé volumétrique du docteur Penny, conformément aux instructions de l'auteur (voir p. 381). Si le minerai contient les deux oxydes de fer, on a soin d'empêcher l'action de l'air pendant la dissolution du minerai.

5. Les autres éléments sont dosés comme il a été indiqué dans la première méthode.

MÉTHODES ANALYTIQUES. r>77

A l'appui des méthodes que nous venons do décrire, M. Dick a fait diverses expériences sur le mérite de certains procédés spéciaux, notamment ceux de Fuchs, de Frésénius et dû Rose, pour le dosage du fer ou de l'acide phosphorique. Ces expériences, bien que se rattachant à la docimasie proprement dite, méritent d'être rapportées pour démontrer les motifs de la préférence accordée aux méthodes du laboratoire métallurgique.

Expériences sur le dosage du peroxyde et du protoxyde de fer existant simultanément dans un minerai. — La méthode Fuchs, on le sait, repose sur ce principe, que l'acide chlorhydrique n'attaque pas le cuivre lorsque Vair atmosphérique fait défaut ; mais s'il y a en môme temps de l'oxyde ferrique, il dissout une quantité de ce métal proportionnelle à celle de l'oxyde, en produisant du chlorure de fer et du chlorure de cuivre. La méthode consiste donc à introduire un poids exact de cuivre dans une solution de chlorure ferrique, à faire bouillir le tout jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de réaction, et à laver le métal non dissous pour le sécher ensuite et le peser Connaissant la quantité de cuivre qui s'est dissoute, on trouvera, au moyen du calcul, la quantité d'oxyde de fer sur laquelle on a opéré. Si le minerai contient de l'oxyde ferreux et de l'oxyde ferrique, on fait deux essais pour déterminer la quantité du premier : dans Tune on fait bouillir la dissolution acide avec du cuivre, ce qui donne le contenu d'oxyde ferrique ; dans l'autre on opère de même, mais après avoir transformé l'oxyde ferreux en oxyde ferrique, au moyen du gaz-chlore ou du chlorate de potasse cristallisé. La différence des deux résultats indique la quantité d'oxyde ferrique qu'il suffît deê ramener par le calcul à l'état d'oxyde ferreux pour obtenir la quantité de ce dernier. On traite par cette méthode de 1 à 2 grammes au plus de minerai.

Si la liqueur acide contient de l'acide titanique, on la traite à froid par le cuivre, puisque, à chaud, ce métal fait passer l'acide titanique à l'état d'oxyde.

La méthode Fuchs avait donné, dans quelques analyses, des résultats peu satisfaisants, et M. Dick fit les essais suivants sur des poids donnés de substances à l'état pur; du cuivre déposé par la pile, du fer à l'état de peroxyde obtenu par précipitation et calciné, et enfin de l'acide chlorhydrique d'un degré titré. D'ailleurs, les essais ont été faits dans des flacons remplis exactement de liquide et bien bouchés, afin de les soustraire à l'influence de l'air atmosphérique.

Ou fit dissoudre 0«r.270 de peroxyde de fer dans le double de la quantité d'acide nécessaire à sa dissolution complète, et on versa la solution dans un flacon bouché renfermant une plaque de cuivre de 20 centimètres carrés. Le bouchon fut assujetti avec du caoutchouc, et la solution fut abandonnée à elle-même, à la température ordinaire, jusqu'à ce qu'elle devînt à peu près incolore. Au bout de seize jours, on retira le cuivre pour le laver d'abord dans une solution à chaud de sel ordinaire, puis à l'eau pure ; il avait

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