II
chauffé davantage et lance des étincelles en répandant une lueur phosphorescente, tandis que l'hydrogène brûle en môme temps avec explosion. Dans l'oxygène, il brûle en produisant de la chaleur et une vive lumière. Il brûle également lorsqu'on le chauffé dans un creuset ouvert, mais la silice résultant de la combustion est plus ou moins colorée en brun par le silicium amorphe, et les parois du vase sont revêtues de silice. En chauffant l'oxyde hydraté de silicium, l'hydrogène silicié se dégage facilement, mais seulement à la température à laquelle ce ga» se décompose lui-même. Si on opère dans un tube ouvert, il s'échappe dans l'air un gaz fumant qui ne s'enflamme pas spontanément, à cause de l'hydrogène qui s'y trouve mêlé ; mais en l'allumant, il brûle en laissant un résidu de silice colorée en brun par le silicium. L'oxyde hydraté chauffé au rouge dans un courant d'hydrogène abandonne du silicium à l'état de dépôt métallique, et le gais allumé brûle en abandonnant une masse de silice sur une plaque de verre tenue dans la flamme. L'équation suivante explique la réaction :
SfSiH)3 + 2HO) = 5SiO* + 5H+ SiH,
L'oxyde hydraté de silicium est légèrement soluble dans l'eau. Le liquide acide séparé par le filtre dans la préparation de l'oxyde éprouve ensuite une sorte de fermentation ; il se remplit de bulles d'hydrogène qui s'élèvent à la surface et s'échappent peu à peu en quantité telle, que, lorsqu'on place le liquide dans un récipient couvert, le couvercle se soulève ; cette décomposition est favorisée par la chaleur. L'ammoniaque ajoutée h cette solution détermine immédiatement un dégagement abondant d'hydrogène. La solution d'oxyde de silicium réduit le chlorure d'or; elle précipite d'une dissolution de chlorure de palladium une poussière noire, qui est probablement un mélange du métal et de protosilicate de palladium. Avec l'azotate d'argent, l'oxyde détermine d'abord un précipité de chlorure d'argent, puis un précipité brun foncé, sans
doute identique, bien que moins foncé en couleur que la matière obtenue en traitant de l'oxyde d'argent lavé par une dissolution d'azotate d'argent ; l'ammoniaque fait virer immédiatement cette couleur au noir. On regarde cette matière noire comme du silicate de protoxyde d'argent; elle est insoluble dans l'ammoniaque et difficilement décomposée par l'acide azotique avec séparation de silice ; elle devient grise en la calcinant, et si on la chauffe après calcination avec de l'acide azotique, elle se change en silicate d'oxyde d'argent d'un jaune brun, qui n'est plus attaqué par le même acide, même bouillant. Avec du borax, elle produit au chalumeau une perle jaune avec reflets bleuâtres. Lorsqu'on mêle le liquide acide filtré qui contient de l'oxyde de silicium, avec du sel de protoxyde de cuivre et qu'on ajoute ensuite un peu d'alcali, il se précipite du bioxyde de cuivre hydraté jaune. Dans les dissolutions d'acide sélénieux et tellureux dans l'acide chlorhydrique, il sépare du sélénium rouge et du tellure gris. Dans une solution de chlorure de mercure, il précipite du bichlorure cristallin et chatoyant, qui, laissé en contact avec un excès de la solution, passe peu à peu à l'état de métal gris pulvérulent. Mélangé avec l'acide sulfureux, il le trouble en donnant naissance à un dépôt de soufre blanc. 11 décolore instantanément une solution de permanganate de potasse ; mais il n'agit pas sur les dissolutions d'acide chromique, de platine, d'iridium et d'indigo.
MM. Bliff et Wôhler ont obtenu des preuves certaines de l'existence d'un oxyde de silicium ayant probablement pour formule Si'O4 + 3HO, ou SiO + Si!03 4- 3HO ; quelques échantillons d'oxyde hydraté contenant plus de silicium qu'il n'en fallait pour la formule Si*08 + 3HO, ils ont attribué l'action réductrice indiquée à la solution d'un oxyde minimum.
Silicium et azote. — D'après MM. Wohler et Deville, le silicium, comme le bore et le titane, se combine avec l'azote à
une température très-élevée. On dispose un petit creuset de Hesse contenant du silicium cristallisé, dans un creuset* ordinaire plus grand et bien couvert, et on remplit l'espace intermédiaire de poussier de charbon de bois récemment carbonisé. On soumet le tout pendant une heure à la température la plus élevée d'un foyer à coke. La plus grande partie du silicium se convertit en une masse bleuâtre, désagrégée, recouverte d une substance fibreuse facilement séparable et qui ressemble au minéral désigné sous le nom de liège de montagne; elle est blanche, sauf à la surface, où elle est revêtue de cristaux microscopiques dune couleur de tombac foncée, dont la nature n'a pas été reconnue. La substance blanche et la masse bleuâtre dégagent beaucoup d'ammoniaque par l'attaque à la potasse fondue. La masse bleuâtre contient de l'azoture de silicium mélangé avec du silicium libre; ce dernier peut se séparer en chauffant au rouge dans un courant de chlore qui n'a pas d'action, à cette température, sur l'azoture de silicium ni sur le bore. Chauffé à une forte chaleur rouge dans un courant de gaz acide carbonique humide, l'azoture de silicium laisse dégager du carbonate d'ammoniaque et il reste de la silice amorphe; cette décomposition est complète, quoiqu'elle s'opère lentement. De l'azoture de silicium préparé à l'aide du chlorure de silicium décompose graduellement l'eau à la température ordinaire : MM. Wôhler et Deville pensent que l'azoture de silicium a peut-être joué un rôle important dans la formation de la croûte terrestre et que l'eau a pu le convertir en silice et en ammoniaque (I).