FLUX
Silice. — Du quartz blanc ou du cristal de roche plongé dans l'eau pendant qu'il est rouge et ensuite pulvérisé, est préférable, à cause de sa pureté; mais du sable blanc, comme celui
(4) Métallurgie, 1. 1, p. 361.
qui sert à faire le verre, des silex provenant de terres à foulon et broyés, ou du grès pilé, peuvent ôtre substitués au quartz. On ne se sert de silice que dans les essais des minerais qui en manquent.
Verre. — Le verre blanc à vitres, rougi et éteint dans l'eau, puis pulvérisé, est généralement employé : il contient de 60 à 70 pour 100 de silice, et, comme il est très-fusible, il remplace la silice ou les silicates d'alumine. Une variété de verre blanc, employé dans les essais du laboratoire métallurgique, contient 60.69 pour 100 de silice; le reste se compose de chaux, de potasse, etc. Le verre à bouteilles contient de l'oxyde de fer, et le flint glass, du protoxyde de plomb ; aussi doivent-ils ôtre rejetés.
Argile à porcelaine. — C'est un silicate d'alumine, qui forme un flux très-pur et très-utile, car il est exempt d'oxyde de fer. Un échantillon d'argile du Cornouailles, adopté au laboratoire d'essais, contient 46.23 de silice, 41.13 d'alumine (par différence) et 12.64 pour 100 d'eau. On se sert de l'argile à l'état hydraté, et d'autres fois à l'état anhydre ; dans le dernier cas. on la réduit en poudre, puis on la fait rougir; sans cette précaution, elle resterait en grumeaux durs. 100 parties d'argile calcinée contiennent 53 de silice et 47 pour 100 d'alumine (1).
Argile schisteuse. — C'est du silicate d'alumine ; quelquefois prise comme fondant dans les hauts fourneaux, elle sert souvent aussi dans les essais de fer. Elle forme un très-bon fondant en mélange avec la chaux ; mais elle contient ordinairement de 2 à 5 pour 100 d'oxyde de fer, ce qui nuit à l'exactitude de l'essai. Elle ne doit pas contenir de pyrites de fer. Nous donnons ici une analyse d'argile schisteuse, par M. E. Riley :
(!) Pour les analyses d'argile a porcelaine, voir les tableaux de la Métallurgie, t I, p. 330*335.
Silice 59.23
Alumine 22.01
Peroxyde de fer (?) 5.33
Chaux et magnésie 2.00
Potasse 2.40
Eau 9.00
Argile réfractaire. — C'est un silicate d'alumine hydraté (1). Il fournit un bon fondant en mélange avec la chaux, et on le substitue à l'argile schisteuse, bien qu'il puisse contenir de 1 à 7 pour 100 d'oxyde de fer; ce qui est un inconvénient.
Scories de haut fourneau. — Elles se composent essentiellement de silicate d'alumine et de chaux. On devra choisir les variétés blanches, grises et vitreuses, presque incolores. Quand elles sont réduites en poudre, elles forment un flux très-utile pour les minerais qui ne contiennent pas beaucoup de gangue, ou pour ceux qui renferment de la silice.
Borax. — Il est trop fusible pour les essais de fer, car il se combine avec l'oxyde de fer à une basse température, bien avant que la réduction se produise; mais on y a recours quelquefois; s'il remplace le verre, l'argile, etc., il faudra augmenter les proportions de chaux pour diminuer la fusibilité du mélange.
Chaux. — On ne devra employer que de la chaux vive ordinaire, en poudre; mais le calcaire, la craie ou d'autres variétés de carbonate de chaux peuvent suppléer à la chaux. Le carbonate de chaux contient 56 de chaux et 44 pour 100 d'acide carbonique : 100 parties de chaux équivalent à 178 parties 1/2 de carbonate de chaux. On aura soin de s'assurer que le flux de chaux est exempt de sulfate.
Spath fluor ou fluorure de calcium. — On donnera la préférence aux variétés blanches. La présence du quartz n'a pas d'inconvénient; mais le spath sera exempt de tout minéral
(1) Pour les analyses diverses, voir le tableau de la Métallurgie, 1. 1, p. 330 el suiv.