TENEUR EN BISMUTH
MM. Matthiessen et Bose ont tiré de ces résultats les conclusions suivantes :
r A la température produite par un large bec de gaz, le plomb ne dissout que 1 ,6 pour 1 00 de zinc, et le zinc 1 , 2 pour \ 00 de plomb.
2° Dans les mêmes conditions, le bismuth dissout de 9 à 14 pour 1 00 de zinc, et le zinc 2,4 pour 100 de bismuth,
Karsten admet que le plomb peut se trouver dans le zinc à deux états différents : dans Tun il se combine complètement avec le zinc, et dans l'autre un alliage de plomb et de zinc est disséminé dans toute la masse du zinc. Le premier état se présente^ dit-on, lorsque la fusion a lieu à une haute température, et que le refroidissement est très-rapide; le métal ainsi obtenu est dur, se dissout facilement dans Tacide sulfurique étendu, en laissant un résidu pulvérulent de plomb. Le second état se rencontre quand la fusion se fait, de même à une température élevée, mais à la condition que le refroidissement soit lent et graduel; dans ce cas, le métal est mou, se dissout lentement dans Tacide sulfurique étendu, en donnant un résidu floconneux ou rubanné de plomb, en combinaison avec un peu de zinc. L'action prolongée de Tacide le fait passer à l'état pulvérulent.
Il existe de grandes divergences d'opinions quant à l'influence du plomb sur la malléabilité du zinc, et sur la qualité du laminage : du zinc contenant jusqu'à 3 pour 100 de plomb s'est laminé sans se gercer. Il a été affirmé que du zinc très-mélangé de plomb se laminait beaucoup mieux et plus facilement que celui qui serait pins pur et plus dur, mais aussi que la ténacité des feuilles diminuait en proportion de la quantité de ce dernier métal.
Karsten assure que la présence d'environ 1,5 pour 100 de plomb rend les feuilles de zinc tendres et impropres à la plupart des usages ; il pensait que les différents états de combinaison, qu'il supposait se former entre le plomb et le zinc, peuvent exercer une action sensible sur sa malléabilité; mais nous avons vu que les seules conditions de température et de refroidissement exerçaient une influence remarquable sur la malléabilité du zinc. Il se pourrait bien faire que dans ses expériences, Karsten ait attribué à la présence du plomb, des résultats dûs exclusivement à des conditions de température.
Quand on prépare du zinc pour le laminage, il faut avoir soin de laisser le plomb s'en séparer, aussi complètement que possible. Avant la coulée, on maintient liquides de grandes quantités de zinc dans un four à réverbère, dont la sole , à partir du pont de chauffe, s'incline de manière à former à l'extrémité opposée, une cavité assez profonde au-dessus de laquelle existe une ouverture par où l'on puise le métal. Le plomb se rassemble au fond de cette cavité en quantité plus ou moins considérable, et s'enlève de temps en temps (*). Il est inutile de
(*) On peut, pour opérer la séparation du plomb, recourir à Texpédient suivant, que nous avons vu pratiquer avec succès.
On étend sur une certaine surface creusée dans le sol de l'usine un lit d'escai^ billes et de mâchefers concassés qu*on recouvre d*une légère couche de sable grossier : l'ouvrier puise dans le récipient, avec une cuillère, une certaine quantité du métal mélangé qu'il lance en Tétai ant aussi uniformément que possible sur le lit de sable ; le plomb se refroidissant moins vite, slnâltre à travers le sable^ tandis que le zinc se solidifie immédiatement 'à la surface supérieure, en conservant à. peine quelques traces de plomb. Cette manipulation exige une certaine habileté qu'acquiert vite un ouvrier adroit.
{Lêi Traductiun.)