PRÉPARATION DES MINERAIS
et le minerai qui les traverse se trouve réduit à des dimensions assez petites pour être passé sur un crible percé de trous de 3 centimètres carrés. La préparation du minerai se trouve alors complétée. On broie aussi et on fait passer à travers un crible percé de trous de 1 centimètre et demi environ, la partie la plus pauvre tirée du minerai brut, qui est appelée dredge et qui contient de 10 à 20 pour 100 de cuivre disséminé dans une masse de gangue. Ce minerai est alors prêt pom* le criblage {jigging)^ qui a pour but la séparation du minerai de sa gangue. On le met dans un crible percé de trous de 2 à 4 millimètres et suspendu dans une large cuve pleine d'eau. On lui imprime un mouvement de va-etvient au moyen d'un levier manœuvré par des femmes, ou par une machine à vapeur ou hydraulique; les parties plus légères ou le stérile montent à la surface, en raison de leur densité plus faible et sont enlevées avec une petite palette en bois. Le minerai qui passe à travers et celui qui reste sur le fond du crible sont alors prêts pour le marché.
Le gros produit sur la deuxième grille est placé sous un courant d'eau qui entraîne toutes les matières étrangères, de façon à pouvoir distinguer par la couleur du rebut ou du stérile, le minerai de cuivre que des femmes, assises près de Tauge, trient facilement à la main. Le minerai séparé par cette manipulation est divisé en deux classes : les prills et le dredge^ qui soiit traités par les méthodes précédemment décrites.
Les menus sont jetés sur un crible percé de trous de o centimètres carrés; les morceaux les plus grossiers, qui ne passent pas à travers, sont soumis au même traitement que le gros, et les morceaux fins ou petits, s'ils sont riches, se trouvent tout préparés pour le marché ; mais s'ils sont pauvres, on les passe, avant de les échantillonner, à travers un crible percé de trous de % centimètres carrés.
Les prills et les menus mélangés soigneusement sont mis en un seul tas; le dredge forme habituellement un tas séparé. On subdivise alors le tas en 4 ou 6 lots plus petits ou doles^ suivant le poids du
tas ; si ce poids dépasse 20 tonnes, on le divise en 6 doles^ et en i seulement s'il est inférieur. Cette division se fait avec une brouette, mesure qui» entièrement remplie, pèse environ 75 kilogrammes. On compte avec soin le nombre de brouettes et le poids exact de Tune d'elles; on arrive ainsi à estimer approximativement le poids total du tas destiné à la vente, et prêt à être échantillonné , ce qui se fait de la manière suivante :
Un agent de la Compagnie ou un échantillonneur se rend à la mine une quinzainede jours environ avant l'époque fixée pour la vente, et choisit deux desdoles du tas; celles-ci, appelées doles d'échantillonnage, sont alors partagées en deux parties par une tranchée de 30 centimètres de largeur environ. L' échantillonneur fait tomber de chaque côté environ 50 kilogrammes, qu'il emporte à la halle d'échantillonnage, où ils sont mélangés avec soin. Une partie est passée, 13 ou 14 kilogrammes environ, à travers un crible fin ; Tessayeur les mélange de nouveau avec la main et il en met environ 700 grammes dans autant de petits sacs qu'il y a de compagnies (fonderies) — elles sont actuellement au nombre de 1 3 ; — il en remplit également un sac pour la mine. Ces échantillons sont adressés aux essayeurs des Compagnies, qui s'assurent par la voie sèche de la quantité de cuivre contenu dans l'échantillon transmis. D'après la teneur en eu vire constatée, les Compagnies fixent le prix, par tonne, qu'elles entendent offrir pour le tas désigné au prochain marché.
Vente des minerais de cuivre. — Dans le principe, les mineurs
des Cornouailles traitaient directement et en particulier de la vente
de leurs minerais; suivant Price, on l'achetait à Bristol, à la fin du
dix-septième siècle, au prix de 63 fr. à lOOfr. la tonne. Vers 1720,
d'autres négociants de Bristol passèrent « un traité avec quelques-
'( uns des principaux exploitants du Cornouailles, notamment avec
t M. Beauchamp , en s' engageant à acheter, à un prix modéré,
« pendant une période d'années, tous leurs produits; on devait payer
« à celui-ci 125 fr. la tonne, tout le minerai d'une mine engagée
^ pour 20 ans , tandis que celui des autres mineurs n'était acheté
« que 62 fr. 50 (<). » Vers 1730, un négociant du pays de Galles vint dans les Cornouailles et acheta, au prix de 6 livres 5 sh. argent comptant, 1 400 tonnes de minerai de cuivre dont on n'avait offert d'abord que 4 livres 10 sh., et qui étaient restées quelques années sans être vendues ; il acquit encore 900 tonnes à 7 livres la tonne. Dans l'espace de six mois, ce visiteur avait acheté 3000 tonnes, sur lesquelles, avant de quitter les Cornouailles, il gagna, dit Price, à très-peu de chose près 40 pour 1 00. Bientôt après, il fut convenu entre les mineurs et les fondeurs que ces derniers se réuniraient à des époques déterminées pour acheter les minerais proposés à la vente. Les agents des fondeurs se rassemblaient au lieu fixé dans ce but, et les mineurs choisissaient un représentant pour conduire Fopération. Chaque agent remettait un papier ou bulletin sur lequel étaient inscrits le nom du fondeur ou des compagnies et la somme offerte par eux. Les bulletins étaient alors lus à haute voix par le président, qui déclarait le minerai adjugé au plus offrant : sauf que dans les Cornouailles les résultats de l'enchère sont lus par un simple commis, le même procédé de vente s'exerce .encore aujourd'hui à Swansea, Truro, Redruth, Pool et Camborne. La» première vente de minerai sur bulletin eut lieu le 14 mai 1804, à Swansea, où l'on vendit 62 tonnes de minerai du pays de Galles nord (2). Lorsqu'un même prix est offert par deux ou plusieurs fondeurs pour le même tas de minerai, il est réparti également entre eux. Chaque fondeur possède des bulletins
(1) Mineralogia, p. 286. Nous ayons priDCipalemeat emprunté nos renseignenneDU «or le commerce des minerais de cuivre, à cet ouvrage.
(2) Price rapporte ai^si que^ € dans les premiers temps, les mineurs faisaient préparer, pro|»ortionnellemeDt à la quantité de minentî vendue par chacun^ un dtner presque aussi splendide que le festin annuel de la Cité de Londres. » Tout récemment encore, le Jour de marché à Swansea était célébré par un grand dîner ; mais, maintenant^ la vente a lieu de bonne heure et Ton n'y prend plus aucune espèce de rafraîchissements. Cependant^ la bonn0 viêUU coutume est encore maintenue dans les Cornouailles comme une inititatioD sacrée, non pas par la volonté des mineurs qui déi'ruyent toutes les dépenses de la fite, mais pour la satisfaction spéciale des agents des fondeurs qui, sans donte, comme d'autres philosophes, jugent prudent dé tempérer les affaires par un peu de plaisir.
de venle imprimés à son nom, d'après ce spécimen adopté à Swansea.
Minerais en vente^
Mine
SI Quintaux (1066 kil.)
Prix
Par SI quiDtanx (4066 kil.) Poids net.
pour la Compagnie de cuivre.
Aussitôt après ia vente, les résultats sont imprimés en forme de tableau et distribués. Un de ces tableaux publié à Swansea, en 18699 est reproduit pages 90 et 91.
Sous la rubrique « Rendement, » on remarque deux colonnes ; dans la première sont notés les résultats des essais faits pour le compte des vendeurs et sur lesquels il n'y a pas de secret à garder ; la seconde, laissée en blanc, est réservée pour Tinscription des essais des fondeurs dont les résultats sont tenus rigoureusement secrets. Les sommes soulignées dans les colonnes des acheteurs, • indiquent les offres les plus élevées, et, par conséquent, le chiffre de vente du minerai.
On trouvera encore (p. 92 et 93) un tableau, donnant les résultats d'une vente de minerais de cuivre à Truro, où sont indiquées seulement quelques-unes des soumissions, le tableau original étant trop long pour être publié en entier.
Standard. — A l'avant-dernière colonne à droite on lit le mot standard, dont on se sert communément et qui est presque inintelligible pour quiconque ne s'occupe pas spécialement de la fonte du cuivre. Nous devons la notice suivante sur son origine et sa signification actuelle à M. Keates, qui désigne le standard comme la pierre d'achoppement du commerce de cuivre.
VEXTE DES MINERAIS 89
« Dans le principe, il ne se présentait qu'un petit nombre de fondeurs de cuivre et de mineurs ; les premiers avaient l'habitude de convenir avec les derniers d'acheter leurs minerais par périodes qui variaient de trois mois à un an, et de les payer suivant un prix standard déterminé ; ce prix était habituellement le prix de vente du cuivre. Ainsi, si le cuivre se vendait 3000 francs la tonne, le standard était fixé à ce taux ou à peu près. Sur ce prix ou standard^ le mineur rendait au fondeur une certaine somme par tonne de minerai vendue (i); pendant nombre d'années le prix de retow\ c^est ainsi qu'on l'appelait, était de 68 fr. 75 par tonne, bien qu'autrefois il fût plus élevé. Le mineur donnait encore au fondeur \ quintal de minerai par tonne, pour couvrir le déchet provenant du transport du minerai de la mine aux fonderies; le fondeur prélevait aussi un nombre variable de kilogrammes de minerai, pour compenser l'humidité du minerai; la masse, en effet, était pesée humide , tandis que l'échantillon de l'essayeur était pesé sec. Exemples. — Supposons, d'après un marché fait, que le minerai pesé par le mineur consiste en deux tas, l'un de 50985 kil. renfermant 25 kil. d'eau par tonne ; l'autre de 40626 kil. renfermant. 38 kil. d'eau ;'dan6 le premier cas, la quantité de minerai />ay^ est seulement de 49711 kil., et dans le second 39083 kil. Le premier tas rend à l'essai 101/2 pour 1 00 et le second 5 1/4 pour 100 de cuivre. Dans le premier tas, la valeur brute du cuivre par tonne de minerai sera de 316 fr., le prix du cuivre étant de 3000 fr. la tonne. Car 100 parties de cuivre ( une tonne) : 3000 : : 105 : 315. Mais de cette valeur brute, il faut déduire le prix de retour. Ainsi : valeur brute du cuivre, 315 fr. ; prix de retour, 68 fr. 75; prix net de la tonne de minerai 246 fr. 25. On trouvera de la même façon que le prix net du second tas de minerai est de 88 fr. 75. Le mot standard est de cette façon simple et intelligible; il ne signifie ni plus ni moins que le prix du ctiivre.
(I) La toone de minerai^ daos le Gornouaille^ est toujours de 2352 liyres ou 21 quintaox, = 4066 kogll.^ à moins qu'eUo ne soit spéciûôe'difléremmeoL
MINERAIS DE CUIVRE ÉCHANTILLONNÉS LE i7 AOUT