Fusion du minerai grillé. — Le minerai grillé est fondu
(1) Bredberg, op. en.
avec un mélange de scories de cuivre noir provenant de la quatrième opération ; elles sont riches en protoxyde de fer. Bien que le minerai contienne beaucoup de pyrites magnétiques et de pyrites de fer, la proportion de silice qui y est associée est assez forte, pour qu'il soit quelquefois nécessaire d'ajouter encore du carbonate de chaux, comme fondant. Du temps de Bredberg, avant l'introduction du coke, on ne fondait, faute de combustible, que les minerais les plus riches, auxquels il fallait alors incorporer du quartz, pour saturer l'excès de protoxyde de fer. Le minerai grillé et les scories étaient combinés de telle façon que la matte ne contînt pas au-dessous de 20, ou au-dessus de 30 pour 1 00 de cuivre, tandis que l'oxygène de la silice des scories devait, autant que possible, être le double de celui des bases. La scorie consiste essentiellement en silicate de protoxyde de fer, et l'expérience a démontré que, quand elle correspond à la formule 3FeO, 2SiO^, elle possède le degré de fluidité convenable pour assurer la complète sépai'ation de la matte, et qu'alors elle ne se solidifie pas trop rapidement dansl' avant-creuset; de même, elle n'attaque pas trop fortement la brasque du four; elle empêche en outre l'accumulation de masses ferrugineuses dans le creuset, au point de laisser marcher le four pendant longtemps sans interruption. En efifeton a vu, que sous l'influence du courant ascendant de gaz chargés d'acide carbonique (T. I, p. 83) et de la présence du charbon incandescent, une partie de l'oxyde de fer contenu dans le minerai grillé, est réduite dans sa descente et détermine au bas du creuset, une masse ferreuse parfois considérable.
Dans les fonderies allemandes, on désigne cette masse sous le nom de ^Eisensau. » Des masses semblables ou loups, se produisent également dans les creusets des hauts-fourneaux. Quand le grillage des minerais est poussé trop loin, ces masses s'accumulent rapidement; pour les empêcher, on ajoute alors à la charge un peu de minerai cru; par contre, un grillage incomplet augmente la quantité de soufre dans le minerai et s'oppose à la formation des loups. Des loups se forment assez souvent un peu plus haut, dans la
descente des laitiers, quand il y a excès de silice; on les fait disparaître, en augmentant dans la charge, la proportion de protoxyde de fer, par l'addition d'une plus grande quantité de scories de cuivre noir. Le minerai et les scories de chaque charge sont mélangés et pesés; le nombre des charges est compté sur une planche percée d'un rang de trous, dans lesquels on avance la cheville h chaque pesée. Le four marche toujours avec un « nez de laitier* de 10 à 15 centimètres de longueur à la tuyère. Quand l'œil de la tuyère est noir, on débarrasse le nez en y introduisant le ringard; et si le nez s'allonge trop vite, on ajoute de temps à autre un peu plus de combustible que dans la charge ordinaire. L'aspect de l'œil et ses dimensions sont des guides très-précieux pour les fondeurs.
La matte et la scorie se rassemblent dans le creuset, et comme la première est plus dense que la dernière, elle forme la couche la plus basse; on laisse couler environ 60 pour 100 de scories dans un lit de sable pratiqué à côté de l'avant-creuset. On la considère comme pure, c'est-à-dire stérile, et on la rejette quand elle ne renferme pas plus de 1/4 à 1/2 pour 100 de cuivre. Au fur et à mesure que le surplus de la scorie se rassemble et se solidifie dans l'avant-creuset, on l'enlève avec une fourche en fer, portant des branches longues de 0"*,75, écartées de 0",60 et fixées à un long manche en fer, suspendu à une grue. Les crasses riches de 3/4 à 1 et 1/4 pour 100 de cuivre sont mises de côté et refondues dans l'opération. On ne coule pas avant que le creuset ne soit rempli de matte, ce qui a lieu à deux intervalles de 48 à 72 heures, et chaque fois de 4 à 6 tonnes. Il faut avoir soin de laisser couler la matte en plaques minces, afin de pouvoir la briser facilement en fragments propres au grillage. Deux jours après qu'elle est refroidie, on la casse en morceaux de la grosseur du poing. On arrête le vent, puis on ouvre le trou de coulée en y enfonçant, à coups de marteau, la pointe d'un ringard. On le bouche ensuite avec un morceau de bois de 2 à 3 mètres de longueur et de 5 à 6 centimètres de diamètre, en tamponnant du sable autour; au
bout d'une heure on retire sans inconvénient le bois, dont la pointe carbonisée, en restant dans la percée, agit comme tampon. Avant de remettre le vent, on nettoie l'avant-creuset, la poitrine et les parties adjacentes intérieures du four, des matières qui s'y sont incrustées. Si Tavant-creuset est trop détérioré, on le répare avec du schiste talqueux, de Targile et de la brasque.
L'oxyde de zinc renfermé dans les minerais grillés est réduit; il se volatilise à travers la charge, s'y oxyde plus ou moins et va se condenser sous forme de cadmies, au-bas du gueulard ; il est essentiel de les en retirer tous les mois jusqu'à une profondeur de i"", 50 à 2 mètres. Durant la marche du four, le foyer se resserre petit à petit par l'accumulation de masses siliceuses^ semblables à de la blende. Au bout de 3 ou 4 mois, la partie inférieure de la cuve est tellement dégradée qu'il faut mettre hors et faire à la chemise les réparations nécessaires ; cependant la partie supérieure peut durer plusieurs années. Les loups peuvent être détachés sans difficulté; ce sont, en grande partie, des sulfures de fer et de zinc contenant très-peu de soufre et de 6 à 12 pour 100 de cuivre.
Le poids de la matte varie proportionnellement à celui de la charge, de 17 à 20 pour 100, et même davantage: Récemment, la proportion de cuivre a atteint 20 et 22 pour 100; en 1859, il ne dépassait pas 18 pour 100. En 1860^ les minerais étaient plus pauvres encore. On a reconnu que les scories ne contiennent pas en moyenne plus de 1/4 pour 100 de cuivre.
Jusqu'alors on employait le charbon de bois; mais depuis qu'on brûle du coke anglais, on a reconnu qu'un quintal de coke produisait le même effet que deux quintaux de charbon de bois; le coke ayant une plus grande densité que celui-ci, donne à volume égal plus de calorique. Pour fondre 4 tonnes de matières mélangées dans les proportions citées plus haut, il faut 1 tonne de charbon de bois, tandis que 1 tonne de charbon de bois mélangé de coke peut fondre 5 tonnes du même lit de fusion.
3. Grillage de la matte de la dernière opération. — Ce grillage s'opère dans de petits fours renfermés dans la halle de gril-
lage. Dans Taxe de ce bâtiment, s'élève, d'une extrémité à l'autre, un mur de i",50 de hauteur, et de 0", 90 d'épaisseur, contre lequel sont adossés perpendiculairement à chaque côté, treize muraillesde 3"\25 de longueur sur 0*",60 à 0",76 d'épaisseur, de même hauteur que le mur central et formant ainsi 24 compartiments (12 de chaque côté), ouverts sur le devant. Chacune de ces cases présente un rectangle de 3",25 de longueur sur 1"',20 à 1",50 de largeur et l'",50 de hauteur. Le sol est formé d'un mélange de poussière de minerai et d'argile, de O^jlS d'épaisseur. On commence, en chargeant, par poser un lit de bois de 0",20 d'épaisseur, sur lequel on étend de la matte concassée, sans mélange de charbon. Chaque four contient environ 100 quintaux suédois (4 à 5 tonnes) de matte crue. On peut procéder alors au grillage et l'opération se répète quatre, cinq et même six fois. Quand le premier feu est éteint, on retourne la matte ou on la reporte dans un four voisin où elle subit un deuxième feu et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elle soit autant que possible grillée à mort^ ce qui n'arrive qu'après le sixième feu. A partir du deuxième feu, on étend sur le bois 1 mesure 1/2 de charbon, qu'on porte pour le troisième feu à 5 mesures, partie sur le bois et partie stratifié dans la masse; pour le quatrième feu, on charge de la même manière S mesures et pour le cinquième 10 mesures, enfin, pour le sixième, on emploie 1 2 mesures divisées en 3 couches, y compris celle placée sur le bois* Un grillage complet dure en général de sept à huit semaines. Chaque fois qu'on retourne la matte on la brise un peu et on la charge comme la première fois. Comme la matte contient du sulfure de zinc, il se forme pendant l'opération de l'oxyde de zinc qui se dépose sur les morceaux de matte. En grillant à la fois du minerai de cuivre et de la matte, il se manifeste un fait remarquable; le cuivre se concentre à l'intérieur d'espèces de noyaux qui ressemblent à du cuivre panaché (3 Cu*S + Fe*S') , aussi bien par l'aspect que par la proportion de cuivre qu'ils contiennent. Un procédé spécial, fondé sur ce principe de concentration, se pratique à Âgordo ; il sera décrit plus tard.
4. Fonte du cuivre noir. — La matte grillée de la dernière opération est fondue dans un four à cuivre fioir ; elle est mélangée avec la scorie de rôtissage qui accompagne la formation du cuivre noir, hwec des scovicsd' affinage, des résidus du fourneau contenant du cuivre et des scories de la première matte; quand la proportion de silice n'est pas suffisante, on y ajoute du quartz. Inutile de dire que les proportions de ces matières varient nécessairement d'après la nature des minerais. Voici la composition ordinaire d'un lit de fusion : matte grillée, 100 kilo., matte mince grillée qu'on n'ajoute pas toujours: 20 kilo., scories de la première fonte; 10 kilo., résidus cuprifères-, quartz, de 5 à 10 kilo. Le four marche avec un nez de 0'",10 à 0™,15 de longueur. On ferme la poitrine avec du sable , en laissant seulement au bas une petite ouverture, à travers laquelle les flammes s'échappent. Trois produits se réunissent dans le creuset, dans l'ordre suivant de superposition y en partant de la soie ; du cuivre noir, une matte mince, contenjmt de 55 à 72 pour 1 00 de cuivre, et de la scorie de cuivre noir. A la teneur de 55 pour 1 00 de cuivre, cette matte est d'un rouge bleu, et à celle de 72 pour 100, sa couleur passe au gris d'acier; cette matte joue un rôle important, en empêchant le cuivre subjacent de se volatiliser par oxydation, et elle tend à séparer tout le cuivre noir qui peut se trouver à l'état oxydé dans la scorie. C'est cette matte riche qui, après le grillage, est ajoutée dans le lit de fusion dé l'opération. Le rendement du cuivre noir varie de 20 à 30 pour 100 du poids de la charge indiquée; mais depuis quelque temps, il n'a pas atteint 20 pour 100. Le cuivre noir tire son nom de la couche noire d'oxyde qui la recouvre. Quand la matière fondue s'est accumulée au point d'atteindre l'ouverture par où s'échappe la flamme, et de s'élever presque jusqu'aux tuyères, on fait couler la scorie, en retirant, avec une pelle en fer, le sable de la poitrine, jusqu'à 0", 15, à 0'".20 au-dessous de l'orifice qui donne passage à la flamme. La scorie 83 précipite alors en un jet abondant, qui va remplir les cavités creusées et préparées dans le sable pour la recevoir. On
bouche ensuite T avant-creuset, en le tamponnant comme auparavant avec du sable, et la scorie ne s'échappe que plus tard, de temps à autre, quand il y a nécessité. Le cuivre noir et la motte mince continuent à s'entasser dans le creuset, jusqu'à ce qu'enfin on doive les faire écouler. Avant la coulée finale, on retire la scorie et la matte jusqu'au ras du cuivre noir. Ensuite, on perce le trou de coulée, et le cuivre noir est reçu dans des moules en fer ; la coulée se répète à deux ou trois jours d'intervalle. Après le cuivre noir, viennent la matte et la scorie que l'on recueille dans des lits de sable. Dès que la coulée est terminée, on arrête le vent pour que le fondeur puisse nettoyer le creuset. La scorie, sous laquelle il a pu se rassembler de la matte riche, est concassée aussitôt qu'elle est prise et encore rouge, afin de l'en séparer aussi complètement que possible. La scorie est riche en oxyde de fer, aussi attaque-t-elle énergiquement les parois du four. Comme elle contient un peu de cuivre, elle est repassée, comme il a été dit, dans la première fonte, pour en retirer je cuivre et fournir à la silice du minerai, la quantité nécessaire d'oxyde de fer. Le loup qui se forme au fond du foyer a une couleur rouge ; il renferme du cuivre, mais surtout du fer. La matte mince est cassée et grillée dans le troisième feu, avec la matte de la première fonte, de sorte qu'elle ne passe que par quatre feux, au lieu de six. Bredberg prétend qu'il est préférable de griller cette matte à part. Le loup est fondu dans un foyer ouvert de trois côtés, soufilé avec une seule tuyère ; le cuivre se liquéfie et le fer s'oxyde.
Raffinage. — Lorsque le foyer est rempli de charbon de bois jusqu'en haut, on place de chaque côté des galettes minces de cuivre noir, dont les bords s'avancent de plusieurs centimètres dans la cavité, puis on empile trois galettes l'une sur l'autre en travers du foyer, un peu en avant de la tuyère ; on affine à la fois de 6 à 700 kilogrammes de cuivre, auxquels on ajoute les résidus des opérations précédentes. On met d'abord du charbon enflammé devant la tuyère, puis on jette du charbon nouveau jusqu'à ce que le cuivre noir en soit entièrement recouvert, et on donne le vent pro-
gressivement, afin de fondre lentement Par suite de la grande ' inclinaison de la buse, le métaU en se fondant, est exposé à Toxydation et se trouve toujours agité. La scorie commence par avoir une couleur d'un brun noir, souvent bleuâtre, par suite de la présence du cobalt ; mais elle devient graduellement rouge, en raison de la formation d'une grande quantité d'oxydule de cuivre, ainsi que dans le raffinage au four à réverbère. I^ flamme acquiert une belle couleur d'un vert foncé; mais elle n'est pas multicolore au commencement, comme dans le Harz inférieur, et c'est à peine si on aperçoit des vapeurs métalliques. Il faut maintenir la surface du bain couverte de charbon. L'addition d'un peu de quartz broyé est quelquefois nécessaire, pour que la scorie puisse acquérir la consistante convenable. Comme il n'y a pas de plomb combiné, il se forme une scorie pâteuse, mélangée de crasses riches en protoxyde de fer, qui manque de fluidité pour s'écouler au dehors; c'est ce qui a lieu dans quelques affîneries du continent, où l'on opère sur du cuivre impur, imprégné de plomb; aussi faut-il, dans le cours de l'opération, enlever la scorie en écumant le bain deux fois et même trois fois, quand le creuset est large et profond.
Pour écumer, on arrête le vent, on enlève tout le charbon du creuset, et on y jette de l'eau pour solidifier la scorie qui peut alors être retirée facilement. On reconnaît la qualité du cuivre fondu en prenant de temps en temps, pendant l'opération, de petites prises d'essai de la même, manière que dans d'autres usines à cuivre du continent. On se sert, dans ce but, d'une tige de fer cylindrique, unie et arrondie à l'extrémité; on la plonge à travers la tuyère dans le métal ; on la retire rapidement pour l'immerger dans de Teau froide; on enlève alors la couche de cuivre qui la recouvre et on l'examine. Cette prise d'essai a la forme d'un cylindre creux de 0",07 de longueur fermé à une extrémité, et de 0",018 de diamètre; les fondeurs allemands l'appellent Gaarspahn. S'il est épais, uni extérieurement, et d'un rouge jaunâtre à l'intérieur, le cuivre est t trop jeune^ »
et doit rester encore exposé à raclion du vent. Mais lorsque la prise est mince, d'un rouge brun, crevassée à la surface et d'un rouge de cuivre pur dans l'intérieur, avec éclat métallique, et qu'on peut la plier plusieurs fois sans la rompre, le cuivre peut être considéré comme affiné à peu près. Lorsque l'épreuve donne une feuille assez mince pour ne plus former une couche continue, qu'elle adhère simplement çJi et là à la tige de fer, et qu'elle présente ailleurs l'apparence d'excroissances barbues ou pointues, il faut immédiatement arrêter le vent, car le cuivre est suffisamment raffiné ou fgaarn doux. Si l'on continue l'opération au delà de ce point, la surface extérieure de la prise d'essai devient terne, d'une couleur rouge brun ou d'un brun rougeâtre, et le cuivre ne peut plusse plier sans se rompre; il est appelé alors ^ xiebergaar n^ ou sec. Quand, dans le creuset, le cuivre est trop jeune, sa surface, débarrassée de la scorie, paraît parfaitement tranquille ; mais à l'état sec, cette surface, la scorie enlevée, semble être en ébullilion (1).
Grâce à la pureté relative du cuivre, l'opération est plus tôt terminée à Atvidaberg que dans d'autres localités où l'on traite du cuivre contenant du plomb et peut-être aussi d'autres métaux étrangers; car bien que la prise d'essai présente jusqu'à un certain degré les apparences qui indiquent un cuivre trop jeune, savoir : une teinte d'un jaune de laiton et un vif éclat métallique à l'intérieur, néanmoins le cuivre moulé peut être pur (pour la pratique?) et même quelque peu suraffiné, txiebergaar. » Le cuivre noir de cette provenance est assez pur pour qu'on puisse le raffiner et le rendre malléable en une seule opération. Dès qu'il est arrivé au point de fluidité convenable, on coule, comme à Swansea, le métal dans des
(1) Cette méthode est commune à toute TAllemagne centrale, et s^applique indis* tinctement, avec de légères modifications, en Prusse, dans la Saxe, le Hanovre et sur les bords du Rhin. Il convient seulement d'observer que )a grandeur du bassin dépend de la quantité du cuivre noir qu'on veut affiner : les grands foyers ne conviennent que pour les cuivres noirs purs.
L'inclinaison de la tuyère dépend également de la pureté du métal, et la pression du vent doit être proportionnelle À celle des métaux étrangers à expulser. L'opération est, à tout prendre, très-simple, si l'on sait éviter l'excès du charbon et arrêter i propos le vent. (Lu Traducteurs),
lingotières en fer. Les analyses suivantes du cuivre noir et raffiné d'Âtvidaberg ont été exécutées à l'école des mines de Fahlun :
Caivre noir Gaarkupfer.
Cuivre , 94,39 99,460
Fer 2,04 0,011
Zinc 1,55 0,000
Cobalt et nickel 0,63 0,110
Étain 0,07 iraM à peloe MMible
Plomb 0,19 —
Argent 0,11 0,065
Or 0,00 0,0015
Soufre 0,80 0,017
Arsenic ; traces 0,000
Oxygène indéterminé.
La plus grande partie du cobalt se sépare pendant le raffinage et se concentre dans la scorie.
En général, dans les usines à cuivre du continent où Ton continue à se servir du petit foyer d'affinage ou gaarheerd^ le cuivre est affiné et ensuite refondu dans le même foyer pour le rendre propre soit au laminage, soit au martelage ou hammergaargemacht ; mais alors, afin d'empêcher l'oxydation, la tuyère n'est pas inclinée. Les foyers sont généralement beaucoup plus petits qu'en Suède, et le cuivre noir, comparé à celui de ce pays, est souvent très-impur. Le raffinage s'y fait exactement de la même manière. Quand le cuivre contient beaucoup de plomb, la scorie est liquide, et on la laisse s'écouler par une rigole pratiquée sur le flanc du foyer. Lorsque la prise d'essai indique que le cuivre est raffiné ou gaar, on enlève immédiatement le charbon, on écume le métal aussi bien que possible, on le laisse refroidir jusqu'à un certain point et on jette de l'eau à la surface. Il se forme alors une croûte solide de cuivre que l'on enlève et que l'on plonge dans l'eau froide, et cette opération se répète jusqu'à ce qu'on ait retiré la presque totalité du métal. Les premières galettes étant généralement un peu salies par l'adhérence des matières étrangères qui surnagent, sont refondues dans l'opération suivante. Ces galettes ou disques, sont connues dans le commerce sous le nom de cuivre rosette* Files sont unies en y. îO
306 FABRICATION DU CUIVKE
dessus, mais en dessous, là où elles ont touché le baiu métallique, elles sont rugueuses, recouvertes d'excroissances et présentent à la circonférence, au moment de leur formation, un bourrelet dirigé vers l'intérieur du creuset L'expérience a démontré que, quand la prise d'essai présente les indications caractéristiques du cuivre affiné ou gaav^ on peut obtenir des disques excessivement minces, d'une riche couleur rouge, indications regardées par les acheteurs comme des signes infaillibles de la pureté du cuivre. Le raffinage ne continue pas assez pour rendre le cuivre très-sec, ou uebergaar^ mais on l'arrête au point où le métal peut être enlevé en disques les plus minces, bien qu'ils soient susceptibles, comme le fait observer Karsten, de retenir encore une quantité appréciable de métaux étrangers qui , exposés plus longtemps à l'oxydation , pourraient, en grande partie, être éliminés. Avec du cuivre sec ou uebergaar^ il est impossible d'obtenir des galettes minces ; cependant, ce fait peut être dû uniquement à !a présence d'une grande quantité d'oxydule et être tout à fait indépendant de la présence de métaux étrangers, ou, comme on les appelle avec raison, des impuretés ; tandis que des galettes plus minces, contenant à peine une petite proportion d'oxydule, se composent de cuivre contenant une quantité très-notable de métaux étrangers. C'est seulement lorsque la prise d'essai indique que le cuivre possède les qualités caractéristisées par le mot gaar^ qu'on peut obtenir des galettes de la couleur et de l'épaisseur voulues. Gesqualiiés indiquent, d'une manière certaine, que le cuivre a subi un degré considérable de raffinage ; elles donnent évidemmentdes indications précieuses, mais quideviennent trompeuses, si on les regarde comme une preuve absolue de la pureté du métal ; car on ne peut obtenir des galettes minces, avec le cuivre le plus pur, qu'à la condition d'une température convenable. Karsten fait remarquer que, dans la plupart des États européens, le cuivre affiné, gaarkupfer^ n'est pas refondu en lingots, mais envoyé tel au marché; cette pratique une fois adoptée, on en a conclu qu'il fallait s'en rapporter plutôt à l'apparence extérieure qu'aux qualités intrinsèques du métal. Ainsi, les galettes
doivent être aussi minces que possible et posséder une belle couleur rouge foncée ; le cuivre absolument pur possède seul ces qualités* Plus on les recherche dans le cuivre impur, moins celui-ci est dégagé de matières étrangères* et moins il a de ténacité, quand il a été rendu malléable ou hammergaarmachen (1).
Pour rendre les galettes malléables, on les refond lentement, sous un vent très-faible, en inclinant un peu moins la tuyère que pour le rafiinage. La forme du disque, comparée à celle du lingot, est plus avantageuse, parce que le métal ne pèse pas lourdement sur le charbon et ne peut passer à travers sans se fondre; il tombe, au contraire, facilement et uniformément au fond du creuset. S'il est trop jeune (p. 269); il passe par suite de l'oxydation, à l'état malléable, comme le cuivre overpoledj dans le procédé gallois. On fait de temps à autre des prises d'essai, comme il a été dit, et quand le métal a acquis le maximum de malléabilité, on le coule immédiatement dans des lingotières. Suivant Karsten^ il y a un degré de température auquel le cuivre peut être coulé, sans gonfler, dans le moule ; mais il est si difficile d'atteindre ce degré, qu'on a l'habitude avant de couler, d'ajouter de 1/4 à 1/3 pour 100 de plomb, pour empêcher le sgulèvement Le même auteur dit aussi que le plomb rend le cuivre impropre à l'étirage en fils fins et au doublage. Quand le cuivre est destiné à ces usages, il faut le laisser arriver juste au degré de température* voulue, et le couler aussitôt dans des lingotières (2). A Atvidaberg, on ne se sert jamais de plomb pour rendre le cuivre malléable, soit dans le creuset, soit dans le four à réverbère.
Pluie de cuivre. — Pendant qu'on laisse s'abaisser au degré nécessaire, la température du cuivre fondu avant de jeter de l'eau à la surface et d'enlever les galettes, il se présente le singulier phénomène qu'on appelle pluie de cuivre. De petits globules sphériques de métal sont projetés de tous les côtés; quelquefois, suivant Karsten, jusqu'à l^jgO de hauteur, et cela continue jus- Ci) Sy»/. t. V, p. 386.
(S) Sy$U %. V, p. 405.
qu'à la solidification de la surface du bain« Pour empêcher la perte de cuivre due à cette projection, il faut recouvrir le foyer d'une feuille de tôle, afin que les grains retombent dans le bain. Le même phénomène se produit dans le four d'affinage gallois (1 ). Ces grains sont d'une dimension assez uniforme et plus petits que la plus petite tête d'épingle (2). Karsten rend compte de cette pluie et des circonstances dans lesquelles elle se produit : « les grains sont de dimensions très-variables; rarement elles excèdent celles de la tête d'une épingle ; leur grosseur varie en raison directe de la hauteur à laquelle ils sont projetés. Dans d'autres cas, une vapeur dense, colorée en rouge, apparaît à une petite distance au-dessus du bain métallique ; elle se compose d'une quantité innombrable de petits globules en mouvement, avec un noyau de cuivre métallique. La couche légère d'oxydule qui les entoure est produite, au moment de leur projection, par l'action de l'oxygène de l'air. Le cuivre qui se projette beaucoup ne contient que peu, et quelquefois si peu, d'oxydule, qu'il n'est guère possible de le déterminer exactement ; la poussière rouge n'apparaît que quand le cuivre en contient une plus grande proportion. Si le cuivre contient de 0,7 à 0,8 pour 100 d'oxydule, cette poussière se montre à un degré très-perceptible. Si la proportion augmente trop, elle disparaît et la surface du bain reste tout à fait tranquille. Il paraît que 1,25 pour 100 d'oxydule suffit pour empêcher la formation de la pluie. Le cuivre impur ne présente pas ce^phénomène, surtout quand il ne contient point d'oxydule, tandis que le cuivre pur qui en est chargé, produit une plus forte pluie. Le cuivre qui donne le plus de pluie est toujours malléable, et on peut, par conséquent, le couler de suite dans les lingotières. Mais alors le cuivre gonfle dans le moule, s'il n'est pas coulé précisément à la température voulue» (3).
(1) Cette projection est un phénomène très-connu et qui est même considéré dans les usines du nord de TEurope, comme Tindice d'une bonne marche. Les essais de cuivre ne se font pas autrement en Norvège, notamment aux usines de Rôraas.
{Les Traducteurs,)
(2) Snvoi fait à Tauteur par M. Edmond. (3)SyiU t. V, p. 891.
On a récemment introduit à Atvidaberg (1861) le foyer d'affinage à réverbère, de la méthode galloise, et au dire de M. Grill, il y réussit très-bien. Cet appareil est dû au D' C. Th. Boettger des usines à cuivre du Mansfeld ; il est construit pour brûler du charbon de bois et en vue d'économiser le combustible ; la voûte en est très-élevée.
Consommation de combustible. — En i 858, on consommait à Atvidaberg par tonne de cuivre fabriqué, 240 pieds cubes (O^'^jSOO) de bois de pin, 9 tonnes de charbon de bois et 3, 8 tonnes de coke. On trouvera dans le tableau d'autre part (p. 310) les résultats du traitement pendant Tannée 1859; c'est la copie exacte des renseignements qui ont été relevés à l'usine.
Perte dans la fonte. — Sauf le métal qui se volatilise, la seule perte à considérer provient des scories de la première matte qu'on rejette. M. Malmqvist estime que la quantité de ces scories représente à peu près' 50 pour 100 des matières brutes et qu'en y comprenant les crasses inutiles, on peut les regarder comme ne renfermant pas plus de 1/4 pour 100 de cuivre; dans c^ cas, la perte totale serait de 1/2 pour 1 00 du poids des matières brutes.
Prix de revient de la fonte. — 11 sera donné plus tard.