OCCLUSION DU COL DE LA MATRICE
quer l’occlusion du col de la matrice et les rétentions menstruelles qui en sont la suite.
Morgagni, en disséquant les organes sexuels d’une femme, trouva l’orifice de la matrice fermé par une membrane blanche et épaisse, qui interrompait toute communication entre ce viscère et le vagin. Arnaud , Simson, Frank (1 ), MM. Cathral (2), Gauthier (3); JVillaume (4), Hervez de Che'goin (5), Delpech (6), Desgranges (T) et quelques autres ont également observé, soit l’obturation , soit l'oblitération plus ou moins complètes de l’ouverture vaginale de l’utérus.
Les accidents qui suivent l’atrétisme utérin sont peut-être encore plus dangereux que dans les autres genres d’imperforation dontnousavonsparléplushaut. Cela tient à ce que dans ce cas, on peut croire encore plus facilement que la femme est dans l’état de gestation, et que les symptômes ayant plus de similitude avec ceux de la grossesse , on reconnaît plus difficilement une rétention des règles.
L’occlusion peut exister dans l’intérieur du col ou à son orifice et semble être alors, selon Boyer , une
(1) De retentionibus, t. II, p. 59.
(2) Ann. litt. mécl. étrang., t. II, p. 484.
(5) Nouv. Journ. de méd., t. VU, p. 50.
(4) Séance del’Àcad. de Méd., 23 mai 1826.
(5) Idem du 24 novembre 1 829.
(6) Mémorial du professeur Delpech , mars 1850.
(7) Idem, n° du mois d’août 1830.
continuation de la membrane interne du vagin. D’après plusieurs praticiens, entr’autres Latour , Moriaud, Flamand , Martin , l’oblitération se serait, effectuée même pendant la grossesse.
L’exploration au moyen du toucher et de la vue, permet de distinguer assez les vices de conformation primitifs ou accidentels du col de la matrice, ainsi que la fluctuation produite par l’accumulation du sang dans ce viscère.
Bénévoli, chirurgien en chef de l’hôpital de Florence , qui a fait connaître avec candeur ses fautes et ses succès , fut consulté pour une fille affectée d’une suppression d’urine, accompagnée de tous les accidents qui en sont la suite ordinaire. Ayant essayé inutilement d’introduire la sonde dans le canal de l’urètre , il ne put la faire parvenir jusqu’à la vessie, parce que la distension de la matrice avait alongé le canal de l’urètre. Il en était résulté un angle formé dans ce canal par le corps de la vessie poussée en avant, et au-dessus des os du pubis par l utérus,- en sorte que l’ouverture de ce viscère ne correspondait plus à l’extrémité du canal de l’urètre.
Bènévoli n’ayant pu vider la vessie le premier jour, attendit au lendemain pour pratiquer de nouveau le cathétérisme. Au lieu d’introduire la sonde dans l’urètre, il la plaça dans le vagin , sans s’apercevoir de la fausse route qu il avait suivie. L’instrument porté vers l’orifice de la matrice, n’ayant pu péné-
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trer dans la cavité de ce viscère , l’opérateur pensant que le sphincter de la vessie fortement contracté, pourrait être dilaté par une forte impulsion, poussa la sonde plus fortement et l’enfonça dans l’utérus. Il s’échappa aussitôt une grande quantité de liquide d une couleur brunâtre, semblable à la lie de vin , qui fut prise d abord pour être de l'urine sanguinolente. Mais quand la collection menstruelle fut évacuée, l’urine s’écoula avec force par le canal de l’urètre , et c’est ce phénomène qui fit reconnaître à Bénèvoli qu il avait introduit le cathéter dans la matrice et non dans la vessie. La malade, qui depuis trois ans voyait s’accroître son ventre tous les mois, éprouva au même instant un grand soulagement, et vit s’effacer tout-à-coup l’énorme développement occasionné par l’accumulation du sang menstruel dans la matrice. Bènèvoli estima à trente-deux livres la quantité de ce fluide qui s’échappa après l’opération.
Lorsqu’on supposera que les symptômes que nous avons indiqués peuvent dépendre d’un vice primitif ou accidentel de conformation, on devra explorer avec le plus grand soin les organes sexuels et s’assurer si l’absence de la matrice ne met point un obstacle insurmontable au but qu’on se propose.
Pour remédier à l’occlusion du col de F utérus , on doit d’abord tâcher d’y introduire une sonde ordinaire afin de franchir l’obstacle, s’il est possible. Si on ne peut y parvenir, on doit détruire la résis-
tance au moyen d’une ponction faite, soit avec un bistouri droit garni de linge jusqu’à quelques lignes de sa pointe, soit avec un trois quarts, dont à l’exemple deM. Hervez de Chegoin, nous conseillons de laisser la canule dans la plaie, qui devient un conducteur, pour faciliter l’introduction d’un bout de sonde de gomme élastique qui sera remplacé plus tard par une sonde de femme.
Quelque soit l’instrument et le procédé qu’on emploie, les accidents inflammatoires réclament les mêmes soins qu’après les opérations que nous avons indiquées en parlant de l’atrétisme de la vulve et du vagin. Pour prévenir ou pour combattre leurs redoutables conséquences, nous nous contentons de rappeler ici qu’il faut avoir recours aux moyens les plus énergiques, parmi lesquels les évacuations sanguines, et les bains tièdes très prolongés, tiennent le premier rang; on devra en quelque sorte faire vivre la femme dans l’eau, jusqu’à son parfait rétablissement.
ATRÉTISME DES TROMPES.
Les trompes de Fallope sont deux conduits musculo-vasculaires, flottants dans l’abdomen, qui s’étendent des angles supérieurs de la matrice, jusque sur les côtés du détroit supérieur du bassin. Comme ces canaux, que l’on croit susceptibles d’érection, sont
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des organes qui se dérobent à nos recherches, il est impossible de reconnaître leur imperforation autrement que par l’autopsie.
L’atrëtisme des trompes se divise, comme les autres imperforations des organes génitaux, en atrétisme congéniale t accidentel , complet et incomplet.
Les causes de l’atrétisme congénial sont inconnues ; elles peuvent dans quelques cas frapper les deux trompes et dépendre de causes accidentelles ; ainsi, la formation d’une membrane développée vers le point de communication des trompes avec la matrice, à la suite d’une vive inflammation du corps de ce viscère, une plaie pénétrante, une opération, entre autres l’opération césarienne, un coup sur l’hypogastre, suffisent pour déterminer le vice accidentel dont nous venons de parler.
L’atrétisme le plus ordinaire des trompes a lieu vers leur insertion dans l’utérus ; on le remarque aussi quelquefois vers les ovaires auxquels elles vont s'unir intimement.
L’obturation et l’oblitération tubaires, étant audessus des ressources de l’art et ne pouvant d'ailleurs être constatées qu’après la mort, nous bornons là ce que nous avions à dire sur ces lésions dont nous nous contentons de signaler l’existence.
DE L’ABSENCE DU VAGIN ET DE SON OUVERTURE DANS LE RECTUM ET DANS LA VESSIE.
Morgagni (1) et Dapuytren (2) ont trouvé des femmes dont le vagin n’avait que le tiers de sa largeur et de sa longueur. Engel (3) et Boyer (4) ont vu ce conduit manquer tout à fait et le canal de l’urètre et la vessie se trouver immédiatement appliqués sur le rectum. Les sujets qui présentent ces différentes anomalies peuvent être privés de matrice (5), ou, si ce viscère existe, il est petit, mal conformé et impropre à la menstruation. Néanmoins on a vu dans ce cas, l’utérus être disposé comme à l’état naturel, mais souvent alors il communique extérieurement par une voie insolite , et il va s’ouvrir, par une sorte .de vagin anormal, dans la vessie (6) ou dans le canal de l’urètre (7), soit dans le rectum (8)
(1) De sedibus et causis morb., epist. 46.
(2) Répert. d’anat. pathol., tome V, page 99.
(3) De Utero défie, apud Scklegel , tome I, page 239 (Mém. de Berlin 1774. Journal des savants, 1777.
(4) Traité des maladies chirurg ., tome X, p. 422.
(5) Morgagni , loco cit., épit. 1 1 et 12. Dupuytren , loc. cit. , Royer, loc. cit., page 423, tome X. Caillot, Mémoires de la société méd. d’émul., tome 2, 470.
(6) Boyer, vol. cit. page 408.
(7) Madame Boivin et M. Dugès, Traité des maladies de l’utérus, tome I, p. 273.
(8) Barbaut, Cours d’accouch. , page 59. Orfila , Méd. Icg., t. I, p. 150.
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ou même à la paroi antérieure de l’abdomen (1).
Ces ouvertures anormales du vagin , qui sont extrêmement rares, coïncident presque toujours avec l’obturation de la partie antérieure de ce canal ; comme ces vices de conformation ne compromettent ni l’existence, ni même la santé des femmes, ils restent méconnus jusqu’à la puberté, c’est-à-dire jusqu’à ce que le sang des règles, en sortant par l’anus ou par le méat urinaire, vienne faire connaître les dispositions contre nature des parties.
Dans le cas d’absence complète de la matrice, si la membrane interne de la vessie devenait le siège d’une exhalation sanguine qui suppléât aux règles, il ne serait pas facile de reconnaître que le sang est fourni par la poche cysdque et non par l’organe gesta-
(1) Morgagni , loc. cit., epist. 67, n. 7.
M. le docteur Waille rapporte , d’après Huxmann (Opusc. pliys. méd., t. III , page 3 , l’histoire d’une femme âgée de vingt- trois ans , dont le méat urinaire s’ouvrait au milieu de l’abdomen , un peu au-dessous de l’ombilic , par deux orifices distincts, d’où l’urine suintait continuellement. Un peu audessous, on remarquait l’ouverture vaginale. Plus basse présentait une autre ouverture transversale , admettant à peine l’extrémité du petit doigt, séparée du vagin par une membrane épaisse , et communiquant avec le rectum , qui avait d’ailleurs sa terminaison ordinaire. Cette femme , toujours bien réglée , avait pour mari un matelot robuste , qui la rendit mère. Le chirurgien Bonnet , appelé pour lui donner des secours lors de son accouchement , ne put le terminer que par l’incision de la membrane qui séparait le vagin de l’anus anormal. L’enfant et la mère survécurent.
teur dont il serait alors très difficile de constater l’absence.
Du reste toutes ces anomalies étant au-dessus des ressources de l’art, nous bornons là ce que nous avions à en dire.