‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 42 sur 86 · DES APPÉTITS BIZARRES. I U · texte numérisé non relu

DES APPÉTITS BIZARRES. I U

avec un peu de vin, et par une nourriture saine et composée d’aliments de facile digestion, tels que les potages au gras, les viandes blanches, les fruits bien mûrs. Enfin on soutient les forces digestives de l’estomac par des pastilles de Vichy, quelques liqueurs alcooliques, entre autres, l’anisette de Bordeaux, le kirch, l’élixir de Garus, ou par l’usage du café ou du thé. Il est bon d’ajouter que, dans certains cas, on peut recourir avec avantage à l’emploi des antispasmodiques donnés conjointement avec les toniques. Si la dyspepsie était entretenue par une polydipsie ou excès d’ingestion de liquides dans l’estomac, on y remédierait par l’usage des bains, de quelques grains de nitrate de potasse dans une limonade végétale prise souvent et en très petite quantité à la fois, ou bien encore au moyen de l’eau éthérée, d’après le conseil de M. le baron Larrey.

DES APPÉTITS BIZA11RES. (PICA, MALACIA.)

Les appétits bizarres des femmes enceintes sont aussi variables que nombreux. Il en est qui sont tourmentées par le désir de manger des substances qui non seulement ne sont pas comprises parmi les aliments, mais qui même sont des plus repoussantes. C’est ce qui constitue le pica ; tandis qu’on désigne sous le nom de malacia le désir exclusif d’une subs-

tance qui est du nombre de celles que l’on mange. Nous avons vu des femmes qui, quoique tout à fait petites maîtresses, étaient affectées de l’une de ces dépravations du goût, et avaient envie d’avaler de la craie, du plâtre, des cendres, du charbon de terre, des fruits verts, du vinaigre, des liqueurs fortes, du suif, des chenilles, des mouches, des araignées, et même des excréments. Les anomalies de ce genre, qui s’observent aussi chez les femmes hystériques et chlorotiques, et chez celles qui ne sont pas ou qui sont mal réglées, sont assez fréquentes dans les premiers mois de la grossesse, et guérissent le plus ordinairement d’elles-mêmes. En général, on a remarqué que, quelles que soient les substances qui dans cette affection aient été ingérées dans l’estomac, il n’en est résulté aucun mal pour la femme, ce qui permet jusqu’à un certain point de supposer que c’est la nature qui la porte à introduire dans son économie des matériaux nécessaires à son nouvel état physiologique.

Sans croire aux effets merveilleux des taches (nœvi ab imaginationé) et des monstruosités du fœtus, résultant des envies des femmes grosses, nous pensons qu’il n’y a aucune raison pour leur refuser quelque chose, et pour ne pas céder à un appétit bien décidé, à moins que les substances qe lies désirent ne soient évidemment nuisibles. Un peut bien concevoir qu’un

Page 1