‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 60 sur 86 · ETC · texte numérisé non relu

ETC

Lorsque l'insomnie est légère, ou la combat par un exercice modéré, un régime adoucissant, des lavements anodins, du sirop de lliridace , mais quand l'agitation se prolonge, on lui oppose des émulsions opiacées, le sirop de diacode, celui de pavots blanes, et surtout l'acétate de morphine à la dose de un cen tigrame dans une potion. S'il y a constipation, on débarrasse l’intestin au moyen de lavements et de laxatifs, et l’on prescrit les toniques unis aux calmants et aux antispasmodiques aux femmes débiles et d’une faible constitution.

f: A l’insomnie, quicoïncideavec un état de pléthore, on oppose la saignée qui dans ce cas est le meilleur et le premier calmant. On seconde l’effet de ce moyen par l’usage des bains, des boissons délayantes, des émulsions d’amandes ou de la limonade.

LÉSIONS DE LA VUE, DE l’oUÏE, DE 1,’oDORAT, ETC.

Les névroses ophatlmiques, entre autres, l’amaurose, la diplopie, la nyctalopie, l’héméralopie, et l’éblouissement, se manifestent souvent pendant l’état de grossesse. Ces affections, qui sont surtout plus fréquentes chez les femmes nerveuses, peuvent être continues, cesser pendant quelque temps, reparaître ensuite et disparaître tout à fait, ce qui a lieu en général après l’accouchement. Ainsi, on a vu des femmes affectées d’amaurose pendant plusieurs mois, et

125o lésions relatives a la reproduction. qui recouvraient la vue aussitôt qu’elles étaient accouchées. Il en est de même de tous les dérangements de la vue, tels que ceux qui doublent jles objets, changent leurs formes et leurs couleurs, les grossissent ou les diminuent.

Quelquefois ces névroses oculaires se déclarent vers la findela grossesse, principalement chez les femmes pléthoriques; elles sont alors déterminées dans cecas par une congestion sanguine vers la tête. D’autres fois elles dépendent d’une cause nerveuse et d’une extrême sensibilité des nerfs de l’œil, particulièrement de la rétine. Les névroses de ce genre se manifestent sans douleurs, sans rougeur et sans gonflement des yeux. Les premières, c’est-à-dire celles qui se compliquent d’une congestion sanguine, sont accompagnées de gène, de douleur, de rougeur, dégonflement des yeux, de turgescence de la face, de stupeur et d’assoupissement. Du reste, dans ces deux espèces de névroses opthalmiques, il y a cécité plus ou moins complète, ou bien simplement éblouissements, et illusions d’optiques qui créent des objets imaginaires ou qui en changent les formes, la couleur et le volume. Dans quelques cas aussi la congestion des yeux peut produire simplement une ecchymose ou une véritable inflammation de la conjonctive, ainsi que Bcirlholin et plusieurs autres auteurs en citent des exemples.

Le traitement de ces affections varie selon les

NEVROSES DE LA VUE, DE LOU1K, DE L ODORAT, ETC. I?.5l

causes qui les produisent et la constitution des malades. Les névroses ophtalmiques de nature nerveuse doivent être combattues par les antispasmodiques, les opiacés et les toniques, entre autres par les pilules de cynoglosse, le sirop de valériane et de quinquina ou bien ces deux substances en poudre ; si la femme est pléthoriqne et si la névrose paraît tenir à une congestion cérébrale, on a recours à la saignée, à la diète, à un régime délayant, à des lavements, à des dérivatifs sur les membranes inférieures et à de légers purgatifs, surtout le calomélas, à la dose de trois ou quatre grains par jour.

De même que les névroses précédentes, les névroses du sens de l’ouïe, se manifestent chez les femmes nerveuses et chez celles qui sont d’une constitution pléthorique. Les malades ont des bourdonnements dans les oreilles, croient entendre différents bruits, ou bien il y a diminution ou accroissement de l’audition, ou discordance entre les perceptions des sons.

Le traitement, comme celui des névroses de la vue, consiste dans l’emploi des antispasmodiques et des opiacés, si l'affection est due à un état nerveux, et dans celui delà saignée et des dérivatifs si la névrose tient à un état de pléthore.

Quant aux névroses et aux anomalies de l’odorat et du goût, auxquelles les femmes enceintes sontsu-

jettes, elles ne réclament en général aucun traitement; car elles cessent presque toujours d'elles-mêmes après l'accouchement, d’autant plus qu’elles sont le résultat d’une influence sympathique de la matrice.

TROUBLES DE l/ INTELLIGENCE, DES PENCHANTS ET DES AFFECTIONS MORALES.

Quoiqu’on ait beaucoup exagéré les modifications que la grossesse imprime aux facultés intellectuelles, aux penchants et aux affections morales, il n’en est pas moins vrai que l’aliénation mentale, certaines monomanies et certains troubles de l’intelligence, se manifestent souvent pendant l’état de gestation. Ce qu’il y a de bien certain, c’est que la grossesse exalte la sensibilité et la susceptibilité et dispose au développement des affections nerveuses.

Nous passons sous silence les antipathies, et les sympathies, les bizarreries les caractères emportés, l’humeur chagrine, acariâtre, colère, qui se manifestent tout à coup chez les femmes les plus douces et de l’humeur la plus égale. On a vu des femmes devenir voleuses, poètes, musiciennes, de même qu’il en est qui étant enceintes perdent toute activité d’intelligence et chez qui toutes les facultés diminuent ou augmentent. Goubelly parle d’une femme qui n'avait le jugement sain que pendant la grossesse; mais alors elle perdait la mémoire, qu’elle recouvrait après

TltOUBLES DE L I INTELLIGENCE. 53

ses couches au détriment du jugement. Baudeloquc cite l’observation d’une femme enceinte qui ne mangeait rien avec autant de plaisir que ce quelle avait pu voler en allant faire ses provisions. Roderic a Castro raconte l’histoire d’une autre femme qui voulait manger l’épaule d'un boulanger, et Langius rapporte celle d’une autre qui, voulant manger de la chair de son mari qu elle aimait tendrement, l’assassina pour satisfaire à son appétit féroce et en sala une partie pour prolonger son plaisir. Vives dit qu'une femme aurait peut-être avorté si elle n’avait pu mordre le cou d’un jeune homme de sa connaissance; enfin une dame de Mons précipita en 1816 trois de ses enfants dans un puits et s’y jeta elle-même. Il lui restait encore deux autres enfants, l’un qui était en pension et l’autre en nourrice ; heureusement qu’on ne lui amena pas ce dernier qu elle avait fait demander, et que l’autre ne goûta pas au gâteau empoisonné qu’elle lui avait envoyé.

En général tous ces caprices, toutes ces bizarreries, toutes ces manies disparaissent après l’accouchement; cependant l’aliénation mentale, qui du reste ne survient qu’après la parlurilion (manie puerpérale), ne se dissipe malheureusement jamais dans certains cas. La thérapeutique ici est presque toujours impuissante, et ne consiste que dans quelques saignées, et dans quelques dérivatifs à la peau et sur le tube digestif.

DP L ÉCLAMPSIE OU CONVULSIONS PUERPERALES.

Ou désigne sous le nom d’éclampsie, Éclampsia parturientium , du grec , e/Xa^W, éclat de lumière, les convulsions épileptiformes dépendant de l’état puerpéral, c’est-à-dire celles qui surviennent chez les femmes enceintes, chez celles qui sont en travail ou récemment accouchées. Quoique les convulsions puissent encore se présenter dans l’état puerpéral, sous les formes hystériques, tétaniques et cataleptiques, nous croyons ne devoir en dire que quelques mots, pour nous étendre davantage sur celles qui se manifestent sous la forme épileptique, pareeque les premières sont toujours peu graves, ont des symptômes beaucoup moins effrayants, et exigent à peu près le même traitement que celles qui sont épileptiformes. D’ailleurs les convulsions puerpérales sous la forme tétanique et cataleptique sont si rares, que M. Dubois lui-même n’a pas eu occasion d'en observer.

La fréquence de 1 éclampsie, ou convulsions épileptiformes puerpérales, ne peut être établie d une manière exacte, car les résultats statistiques obtenus dans différents pays et à diverses époques, présentent entre eux des variations énormes. En effet, d’après des tableaux statistiques dressés de 1829 à 1842 à la Maternité de Paris, et à la Clinique d accouchements, cette maladie ne s’est montrée que 10 fois sur 12,500

DK l’ÉGLAlMPSIE OU CONVULSIONS PU IÎUpÉRALES. 1255

femmes, ou une fois sur 1 ,250, tandis qu’à Dublin, la statistique a fourni 30 cas sur 1,600, c’est-à-dire un sur 500, différence énorme, dont aucune circonstance ne peut rendre compte.

Les causes de l’éclampsie doivent être divisées en prédisposantes et en occasionnelles ; parmi les premières il en est une essentielle et qui doit être rangée en première ligne, c’est l’état puerpéral, qui rend plus puissantes et plus énergiques toutes les autres causes qui, dans le cours ordinaire de la vie, prédisposent aux convulsions. Nous devons dire cependant que l’état puerpéral ne constitue la prédisposition à l’éclampsie que lorsqu’il est accompagné d’autres conditions qui développent la prédisposition à un plus haut degré. La première de ces conditions est certainement la primiparité, car, d’après un relevé fait par M. Collins, professeur d'accouchement à Dublin, il se trouvait 73 primipares sur 85 femmes attaquées d’éclampsie pendant la grossesse et l’accouchement. Néanmoins les femmes qui ont eu des enfants ('!) sont également exposées à des convulsions puerpérales, mais elles ne le sont que par l’intervention d’autres causes que nous ferons connaître, et qui influent d’une manière directe sur la production des accidents. Les femmes primipares ne sont plus sujet-

(ij On a vu des femmes être prises du eouvulsionséelampsiques à la deuxième, troisième, quatrième, cinquième et même à la onzième grossesse. '

I2t>6 LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION.

tes à l’éclampsie que parce que chez elles l'utérus jouit d’une plus grande susceptibilité, et que d’ailleurs le travail est toujours plus long et plus douloureux. Parmi les causes prédisposantes de celte affection, on doit ranger encore la distension de la matrice par la présence de plusieurs fœtus, ou parl’accumulation d’une trop grande quantité d’eau qui coïncide presque toujours avec une diathèse séreuse et une infiltration considérable des membres inférieurs. Le tempérament sanguin, et surtout le tempérament lymphatique, avec œdème général ou partiel du tissu cellulaire, sont avec raison considérés parla plupart des auteurs comme étant des conditions essentielles à la production de l’éclampsie. L’influence isolée du tempérament nerveux est moins marquée que celle des états précédents ; ‘mais le rachitisme très prononcé parait avoir une influence très manifeste sur le développement de la maladie, car on observe plus souvent les convulsions éclampsiques chez les femmes rachitiques que chez celles qui sont bien conformées.

Un vice de conformation du bassin , une mauvaise position de l’enfant, une disproportion entre son volume et les parties qu’il doit traverser, enfin l’excès de sensibilité de la matrice, sont encore autant de circonstancesqui prédisposent aux convulsions puerpérales.

Ou a également rangé parmi les causes prédisposantes de l’éclampsie, des conditions particulières de l’atmosphère. Smélie , Dcsor meaux Mm0 Lachapelle ,

de l'éclampsie ou convulsions puerpérales. 1257 M. Bouteille r et quelques autres, ont observé que celte maladie règne quelquefois épidémiquement? de même qu’elle peut être déterminée par l imitation ou par la terreur causées par la vue d’une femme prise de convulsions, ce qui a été souvent constaté dans les maisons d’accouchement. On conçoit aussi que tout ce qui tend à exalter l’irritabilité générale peut constituer une prédisposition; ainsi agissent les écarts des règles de l’hygiène dans l’alimentation et dans l’exercice d’autres fonctions; l’usage des mets épicés, les goûts dépravés souvent satisfaits, les indigestions, l’abus du café, l’ivresse, l’abus du coït, surtout dans les derniers mois de la grossesse, l’abus des liqueurs alcooliques, l’impression des odeurs, l’usage des vêlements ou de corsets trop serrés, enfin TeHet des passions gaiesou tristes, des grands mouvements del’ame.

D’après un certain nombre d’observations, il paraîtrait que l’éclampsie est plus rare chez les femmes pauvres de la campagne que chez celles de la classe aisée des villes, qui sont en général plus excitables et ont un tempérament nerveux et plus actif. Il est bon de dire cependant que c’est surtout dans les hôpitaux des grandes villes qu'on observe les convulsions puerpérales, et par conséquent dans la classe peu fortunée qui, du reste, partage la prédominance nerveuse des femmes riches et qui, de plus, se trouve dans de très-mauvaises conditions hygiéniques.

Les causes prédisposantes ne déterminant pas né*-

1258 LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION, cessairement l’état convulsif épileptiforme, cl ne faisant que mettre l’économie dans des conditions favorables à sa production, il est donc besoin qu’il intervienne des circonstances occasionnelles pour que cet état se manifeste.

Parmi ces dernières, on doit ranger en première ligne les douleurs qui accompagnent les contractions de la matrice pendant le travail de l’accouchemenl. Aussi l'éclampsie a-t-elle lieu le plus souvent au moment où la tète franchit le col de l’utérus et la vulve, c’est-à-dire lorsque les douleurs ont atteint leur summum d’acuité. C’est surtout lorsque les douleurs se prolongent et ont une persévérance insolite, déterminée par un obstacle au travail, tel que la rigidité, la dureté, l’état spasmodique du col, la dureté insolite des membranes, un cancer de l’utérus, l’occlusion et la coarctation anormale du museau de tanche, un calcul et la plénitude extrême de la vessie, un polype ou une tumeur dans l’excavation pelvienne, la rupture de l’utérus, et la déchirure de son coi; enfin, la grosseur disproportionnée ou la mort du fœtus, sa mauvaise position, une grossesse double, et toutes les manœuvres nécessaires pour opérer la version ou appliquer le forceps. Nous devons ajouter encore que des impressions morales vives, telles que la colère, la contrariété, la frayeur et la joie, peuvent devenir, dans cette période, des causes déterminantes de l’éelamnsie.

df. l’ éclampsie ou convulsions puerpérales. i r>5g

M. Burns, médecin anglais , regarde comme cause immédiate de cette affection la compression des nerfs sacrés soit par la tête du fœtus, soit par le forceps; ce qui prouverait qu’il peut y avoir souvent quelque chose de vrai dans cette opinion, c'est que l’éclampsie a lieu très-fréquemment lorsque la tête est en position occipito-postérieure. Du reste, nous pensons que la cause déterminante de l’éclampsie dans le cours de la grossesse, est le résultat d’une réaction sympathique exagérée de l’utérus sur le système nerveux. Quoi qu’il en soit, les convulsions qui ontlieu pendant la gestation peuvent produire l’avortement, ou bien faire mourir le fœtus et occasionner un accouchement prématuré. Le travail, dans ce cas, s’opère plus tôt et plus rapidement qu’à l’ordinaire, et presque toujours à l’insu des malades, qui semblent ne ressentir aucune douleur ou du moins qui, dans quelques cas, ne les annoncent que par une sorte de grognement sourd.

L’état convulsif puerpéral peuL aussi être déterminé après l’accouchement, par la présence de caillots de sang, de débris du placenta ou de fausses membranesdans la matrice. Dansce cas, les accidents convulsifs suivent les douleurs expulsives ; ils peuvent aussi être produits par des lésions et des déchirures de l’utérus, par l’exposition au froid et la marche trop prompte après l’accouchement, et quelquefois la métrite et la péritonite qui déterminent la

f?.6o LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION.

suppression des lochies, qui n’est qu’un symptôme qu'on a regardé à tort comme pouvant être la cause de l’éclampsie. Il en est de même de l’hémorrhagie après l’accouchement, qui produit des accidents convulsifs, mais qui sont d’une autre nature que ceux dont il est question. Les signes précurseurs de cette affection sont aussinombreux que variés, mais quelquefois si légers, qu’on y apporte peu d’attention. Ils consistent dans une douleur fixe de la tête, avec troubles de l’intelligence, de la sensibilité et de la mobilité; un malaise extrême, des éblouissements, des vertiges, des hallucinations ; diminution de la vue et de l’ouïe, embarras dans les idées et dans la parole, fixité et agitation successives des yeux, dilatation des pupilles, frémissements des membres et accompagnés de légers mouvements convulsifs des muscles de la face, qui est alors un peu tuméfiée et plus ou moins colorée ; souvent ces prodromes sont suivis de vomissements, de déjections fécales involontaires et de vives douleurs à l’épigastre; quelquefois cependant l’attaque survient sans signes précurseurs apparents.

L’accès s’annonce par des symptômes qui lui sont propres : la femme est alors très agitée et d’une indocilité extrême, la face prend une teinte bleuâtre ou violacée; le regard devient fixe, le globe de l’œil se porte sous la paupière supérieure ; les ailes du nez s’élèvent, les commissures des lèvres se tirent en arrière, le menton est plus pointu, enfin tous les

DF. L’ ÉCLAMPSIE OU CONVULSIONS PUERPERALES^ I 0-G I I rails ont l’apparence de ceux d’un satyre. En même temps, le tronc se raidit, les membres se contractent, les doigts et les poings se ferment convulsivement, la tête se renverse en arrière; la bouche qui s’entr’ouvre laisse sortir la langue qui est pendante au dehors. Les avant-bras sont fortement tendus, et dans une pronation excessive; les jambes sont étendues sur les cuisses, le pied sous les jambes et les orteils sont fléchis; le^corps, qui se renverse, semble souvent ne reposer sur le lit que par ses deux extrémités, l’occiput et les talons ; enfin les dents se rapprochent et se serrent de manière que la langue est souvent profondément mordue. Une remarque à faire, c’est qu’ordinairement un côté du corps est plus convulsé que l’autre ; mais toujours les mouvements sont peu étendus et ne consistent que dans une sorte de tremblement, ce qui distingue surtout les convulsions éclampsiques des convulsions hystériques, qui, au contraire, sont caractérisées par des mouvements étendus et énergiques.

Pendant l’accès, la respiration, qui est d’abord rapide, saccadée, se suspend lorsque les muscles ne se prêtent plus à la dilatation de la poitrine ou quand la glotte se ferme spasmodiquement; si l’air s’échappe des poumons, la respiration , qui est alors suspirieuse et très-bruyante, s’effectue en faisant entendre un bruit et une sorte de sifflement qui est dû au pas-

sage de l’air à travers les dents et qui, se mêlant à la salive sécrétée en abondance, produit l’écume épaisse qui inonde la bouche. La circulation est aussi très-irrégulière, et les pulsations du pouls deviennent si faibles et si désordonnées que, par instants, il y a une véritable suspension des battements du cœur. Du reste, pendant toute la durée de l’accès, la sensibilité est nulle, l’intelligence disparaît complètement, enfin la lumière, leson, nesontplus perçus, et la peau est insensible aux plus vives excitations. Tous ces phénomènes se prolongent pendant quelques minutes ; puis, peu à peu, la respiration et la circulation reprennent leur rhythme habituel: il est bon de dire que la fin de l’attaque s’annonce par la chaleur de la peau et une sueur générale, et surtout par le ralentissement des convulsions qui deviennent alors plus violentes, mais plus rares et plus éloignées.

Un état de stupeur, un brisement et une résolution à peu près complète des membres, la perte momentanée de l’intelligence, des facultés sensoriales et de la mémoire, une somnolence apoplectique accompagnée d’un ronflement stertoreux, interrompu par des plaintes, enfin l’absence complète de souvenir de ce qui s’est passé, succèdent ordinairement aux mouvements convulsifs qui constituent l’éclampsie.

La durée de l’attaque est variable depuis trois jusqu’à cinq, et même dix minutes, mais nous doutons qu’elle puisse se prolonger dix heures sur vingt-

de l’Éclampsie ou convulsions puf,rpe;ralf.s. i 9.63

quatre, ainsi que Levrel en rapporte un exemple. Presque toujours les accès sont multipliés, mais après chaque accès la torpeur et le sommeil sont plus longs et plus considérables, et deviennent d’autant plus prononcés qu’ils se répètent plus souvent ; dans quelques cas ils peuvent se reproduire à des époques déterminées. Baudeloque parle d’une dame dont les accès eurent lieu deux fois par jour pendant douze jours de suite ; il ajoute que ces accès se prolongèrent chaque fois trois heures et demie, ce qui nous fait supposer que ce célèbre accoucheur s’est peut-être trompé sur la nature des convulsions. Les attaques ne pourraient se prolonger longtemps sans tuer la femme; du reste, elles peuvent se succéder de cinq en cinq minutes, de quart d heure en quart d’heure, ou être séparées par un ou plusieurs jours d’intervalle.

En général, cette affection se termine par la mort, dans la moitié des cas ; par le retour à la santé, ou bien elle peut être suivie de maladies plus ou moins graves. La mort a lieu quelquefois pendant l’accès ou pendant la torpeur ; on a vu des femmes succomber pendant la première ou la seconde attaque. L’histoire rapporte que ia duchesse de Beaufori succomba à un deuxième accès dont elle fut priseétant enceinte, au moment où elle écrivait au roi Henri IV. Le retour à Ja santé peut être plus ou moins rapide, mais il est presque toujours graduel; cependant un accès

19.64 LÉSIONS relatives a la reproduction. peut avoir lieu sans laisser d’accidents. Enfin, les maladies qui peuvent faire suite aux convulsions éclampsiques sont la rupture de la matrice, accident promptement mortel ; la métro-péritonite, la paralvsie ou le simple engourdissement des membres, le trouble de l'intelligence et des sensations, la manie, la démence, l’amaurose, la surdité, la céphalalgie, la perte plus ou moins complète de la mémoire. Il est bon de dire que tous ces désordres peuvent ne durer que quelque temps ou se prolonger indéfiniment.

Le pronostic de cette affection est grave pour la mère et pour l’enfant. Il est plus grave chez les femmes primipares, surtout celles qui sont avancées en âge ; chez celles qui ne sont pas sujettes aux convulsions, telles que 1 hystérie, l’épilepsie, la catalepsie, etc ; le pronostic est plus grave chez les femmes (jui sont infiltrées, et l’on a observé que l’éclampsie était plus fâcheuse dans les hôpitaux que dans les maisons particulières, et qu’il en était ainsi de celle qui se manifestait avant le terme de la grossesse, parce qu’elle présentait tous les' dangers de l’avortement. Celle qui a lieu à terme et avant le travail otlre aussi plus de dangers que celle qui survient pendantla durée de l’accouchement ou vers sa lin, et celle-ci est plus funeste que cellequi est produite après l’expulsion du fœtus, pendant ou après la délivrance. Enfin le pro-

nostieserad autant plus grave que l’éclampsiescdécla-

rera à une époque moins avancée delà grossesse, puis*

du l’éclampsie ou convulsions puerpérales, i aG5 ; que, dans ce cas, les al laques pourront avoir une durée aussi longue que la grossesse elle-même. Du reste, la maladie est d’autant plus à redouter que les accès sont plus rapprochés, plus nombreux, plus intenses, plus longs, et que la stupeur est plus profonde et persiste plus long temps. Nous ajouterons qu’il est de bon augure, de voir des moments lucides succéder au coma dans les intervalles des accès.

La mort de l’enfant est aussi une conséquence très fréquente de l’éclampsie, et le danger est d’autant plus grand pour lui que les attaques sont plus violentes et plus souvent répétées. Cependant sa vie est moins en danger si les accès ont lieu avant le travail. D’ailleurs les enfants qui naissent de femmes ëclampsiques sont plus exposés que les autres à mourir de convulsions, parce qu’ils viennent au monde avec les symptômes de congestion cérébrale, et qu’ils se trouvent à peu près dans les conditions de ceux qui sont nés avec compression du cordon.

L’autopsie donne bien rarement une explication satisfaisante delà gravité des symplômes; dans la grande majorité des cas, on ne trouve aucune lésiou qui explique le trouble profond du système nerveux. Chez les femmes qui ont succombé pendant l’accès, on trouve quelquefois des traces de congestion cérébrale, des engorgements des veines et des sinus encéphaliques, des épanchements sanguins et plus souvent séreux, si lu vie s’est éteinte au milieu de la stu-

peur. Les viscères des autres cavités splanchniques ne présentent aucune altération qu'on puisse attribuer à la maladie. Ici, comme dans toutes les névroses, l'altération matérielle nous échappe.

Le diagnostic de l’éclampsie est facile à établir, car d’après les phénomènes que nous avons reconnus aux convulsions épileptiformes, etc., il sera toujours possible de les distinguer des affections qui présentent quelques symptômes analogues. Ainsi, les convulsions éclampsiques sont caractérisées par des mouvements peu étendus, concentrés, ayant lieu par petites secousses et se terminant constamment par la stupeur et par un état comateux. Avec ces caractères, on ne peut les confondre avec l’hystérie. Il est vrai que quelquefois il y a confusion de ces deux ordres d’accidents ; mais la gravité et les indications sont toujours les mêmes , car il se fait dans ce cas une transformation des symptômes hystériques en ceux qui caractérisent l’éclampsie. Les accès de l’hystérie commencent ordinairement par des sanglots, parun seniimentdeconstriction à la gorge, et consistent dans de grands mouvements du corps 5 ils se terminent par des pleurs, par des cris, sans écume à la bouche, sans altération de la face, sans stupeur. Les accès cataleptiques sont caractérisés par une rigidité musculaire, sans mouvements convulsifs, sans stupeur

l'attaque. Du reste, la catalepsie est plus Fréquente

DE LECLAMPSIE OU CONVULSIONS PUERPERALES. I I 67

pendant la grossesse que durant le travail, pendant lequel elle se suspend ; elle ne compromet d’ailleurs ni la mère ni l’enfant. Les accès tétaniques ont pour caractères une rigidité musculaire permanente et douloureuse d’une ou plusieurs parties, ou de la totalité du corps, sans altération des facultés intellectuelles et sensoriales. Ces accès sont extrêmement rares dans le travail: on n’a vu qu’une femme y succomber.

L’épilepsie est la maladie qui ressemble le plus à l’éclampsie, il n’y a même de différences entre elles que dans la cessation de l’attaque ; la stupeur est plus prolongée et beaucoup plus prononcée dans l’éclampsie ; d'ailleurs, l’état de grossesse, et la nonexistence des accès avant cet état qui fait cesser ordinairement l’épilepsie, sont des circonstances qui doivent faire reconnaître l’éclampsie. On ne pourra pas non plus confondre la stupeur éclampsique avec l’apoplexie, qui n’est pas précédée de convulsions et qui est accompagnée de paralysie persistante. Nous ajouterons encore qu’il est également facile de distinguer les convulsions puerpérales de celles qui suivent les grandes hémorrhagies.

Le traitement de l’éclampsie doit être modifié suivant que les accès ont lieu pendant la grossesse, pendant le travail ou après l’accouchement.

Pendant la grossesse. Si le médecin arrive pendant l’accès, loin de rester spectateur passif, il doit faire contenir convenablement la malade par des ai-

des intelligents, demanière à ne pasréprimer trop-forlementses mouvements; puis, lorsque la bouche s’ouvreetse ferme avec force,ildoitcliercher;i faire rentrer et à contenir avec les doigts dans cette cavité la langue rejetée au dehors, qui dans cetteposilion pourrait être largement déchirée. Si l’on avait la crainte d’être mordu, on pourrait se servir d’un morceau de liège fin ; mais on ne devra jamais introduire dans la bouche une cuillère, comme la plupart des médecins le font ; il sera bon aussi de recourir à la compression des artères carotides et à des affusions d’eau froide sur la figure, surtout si l’on arrive pendant les prodromes d’un accès, auxquels on opposerait aussi avec avantage la saignée générale et des sangsues au cou, aux tempes et à l’épigastre, qui est ordinairement le siège d’une maladie plus ou moins vive.

C’est surtout après l’accès que le médecin peut agir avec avantage ; la saignée convient dans l'éclampsie franche, non seulement chez les femmes pléthoriques, mais même chez celles qui sont infiltrées, avec cette différence seulement qu’elle doit être plus abondante chez les premières. La saignée du bras sera toujours préférée a celle de la jugulaire et de la temporale, qui exigent une compression qui met obstacle au retour du sang, et à celle du pied qui est le plus souvent impraticable à cause de l infiltration des membres inférieurs. La quantité de sang que l’on doit tirer est entre ‘20 et AO onces; 25

l)£ l'éclampsie ou convulsions puekpéhales. 1269

à 30 onces pour la moyenne, 20 pour le minimum et 40 pour le maximum. Quoique TIamilton et Dewes portent la dose du sang tiré de 40 à 50 et même à 100 onces, on ne devra que très-rarement dépasser la quantité que nous venons d’indiquer. On pourra, si les symptômes ne diminuent pas, renouveler la saignée, une deuxième et même une troisième fois dans la journée}; mais ces saignées devront être beaucoup moins fortes que la première. Les émissions sanguines, surtout les applications de sangsues à la nuque, aucou, aux régions temporales, seront également utiles; mais on ne devra y recourir que comme à un moyen auxiliaire et devant être substitué à une seconde ou une troisième saignée générale, mais jamais comme à un moyen primitif.

A la saignée il est bon d’associer les dérivatifs sur le canal intestinal, au moyen de purgatifs doux, tels que l’huile de ricin, le calomel seul ou uni au jalap, à la dose de 5 à 10 grains, enfin le sulfate de soude ou de magnésie. Mauricèau employait le séné avec le jus d’une orange ; Delcimotte conseillait la rhubarbe, la manne, le sirop de nerprun, et Merrimann prescrivait une pilule de cinq grains de calomel, et ensuite une solution de sels purgatifs, toutes les trois ou quatre heures, en y joignant des lavements laxatifs. Si la stupeur s’opposait à l’ouverture de la bouche, on donnerait ces purgatifs en lavements. Les vomitifs ne seraient prescrits que dans le cas où

l’éclampsie aurait lieu dans l’état de plénitude de l’estomac, ou si l’accès semblait avoir quelque rapport avec l’embarras gastrique.

Les dérivatifs sur la peau ne sont pas moins avantageux; mais leur emploi doit être sagement dirigé. On doit se borner à appliquer des cataplasmes chauds aux pieds et aux jambes lorsque les accès convulsifs sont très-rapprochés; mais s’ils sont séparés par plusieurs heures d’intervalle, on appliquera avec avantage des sinapismes aux jambes et des vésicatoires à la partie interne des cuisses et à la nuque. Ces dérivatifs sont surtout utiles quand la stupeur se prolonge; mais on doit avoir le soin d’enlever les vésicatoires aussitôt qu’ils ont déterminé la rubéfaction de la peau.

Les réfrigérants sur la tête, entre autres la glace et l’eau froide maintenues dans une vessie, peuvent encore être fort utiles. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à couper les cheveux, et l’on doit avoir la précaution d’enlever les applications froides si la stupeur persiste et devient plus prononcée. Nous ajouterons que, comme moyen réfrigérant, Merrirnann conseille le mélange suivant: acétate d’ammoniaque liquide , 4 onces; esprit de romarin, 2 onces; eau pure, une once.

Les bains constituent encore un moyen fort utile; mais ce moyen n’est convenable que chez les femmes dont les acGès sont éloignés, et offrent entre eux des

DU L ECLAMPSIE OU CONVULSIONS PUERPÉRALES. I l

intervalles de lucidité. Les bains lièdes sont surtout utiles si l’on a la précaution de taire des aspersions froides sur la tête, ou d’y maintenir une vessie pleine déglacé; ils sont nuisibles s'il existe une grande stupeur et si les accès sont très-rapprochés. Dans ce cas, il peut être très-utile de sonder la femme, et de vider la vessie, dont l’extension considérable et la rétention de l'urine, qui résultent souvent de la stupeur, peuvent rappeler de nouveaux accès.

Les antispasmodiques, tels que l’opium, le musc, l’assa-fœtida, le camphre, etc., dont l’effet est lent, ne seront pas souvent mis en usage dans cette forme de convulsions ; l’opium surtout ne doit être employé qu’avec réserve, lorsqu’il y a congestion cérébrale et stupeur; cependant M. Collins de Dublin, dit avoir obtenu de grands succès de ce médicament uni au tartre stibié, qu’il prescrit après avoir employé les autres moyens, sous la formule qui suit : Pr. Eau de fontaine 8 onces ; — émétique 8 grains; — teinture d’opium 30 gouttes; — sirop simple 2 gros; — à prendre par cuillerées à bouche toutes les demi-heures. M. Velpeau dit aussi s’être bien trouvé de l’emploi de l’acétate de morphine à la dose de un quart à un demi-grain, toutes les deux ou trois heures, dans une cuillerée d’eau froide. Nous croyons que l’emploi des calmants a été surtout utile dans les convulsions autres que l’éclampsie.

Si l’on convient que l’état de plénitude de la ma-

tiice est une des causes les plus puissantes de convulsions éclampsiques,ne semble-t-il pas rationnel de l'aire cesser cet état en provoquant la déplétion de la matrice. Lorsque les attaques ont lieu avant le sixième mois, on doit tout faire pour en triompher, sans solliciter l’avortement ; mais, on n’a plus besoin d’autant de précautions sous ce rapport, quand la viabilité du fœtus est possible , c’est-à-dire lorsque la grossesse est près de son terme, et surtout si le col est souple, dilatable, et si les accès ayant résisté auxsaignées, aux bains, etc., menacent d’être promptement mortels. Dans ce cas on pourra opérer la perforation

ou le décollement des membranes, et s’ils sont insuffisants, tâcher de pratiquer l’accouchement prématuré artificiel. Il est bon de dire que les cas où ces moyens peuvent être employés sont rares; ils ne seraient utiles que chez les femmes qui ont déjà eu des enfants, et non chez les primipares qui sont justement les plus sujettes aux convulsions, et chez qui le col de l’utérus est toujours étroit et peu dilatable. Du reste, lorsque les accès sont très violents, ils déterminent ordinairement des contractions utérines et souvent l’expulsion du fœtus. D’ailleurs il ne faut pas trop désespérer de voir les attaques disparaître pour ne plus revenir et pour permettre aux femmes d’accoucher heureusement.

Pendant le travail, les secours de l’art peuvent être requis lorsque le col n’est pas dilaté ou quand la dila-

dr l’éclampsie ou convulsions puerpérales. 1273 tation est presque complète. Dans le premier cas, après avoir mis en usage les moyens déjà indiqués, on a plus de chance de réussir, la grossesse étant à son terme, à l’aide des ressources propres à faciliter l’expulsion naturelle, ou bien à terminer artificiellement l’accouchement. Pour aider l’accouchement naturel, on aura recours aux fumigations émollientes, au moyen d’un entonnoir dont le bout, enveloppé d’un linge, sera tourné vers la matrice; aux injections de même nature; à l’emploi de la belladone mêlée avec partie égale de cérat ou pure à l’état d'extrait, à la dose de deux ou trois grains, et portée sur le col de la matrice avec le bout du doigt. Mais ici la prudence est nécessaire; car ce médicament, promptement absorbé, peut devenir dangereux dans les convulsions, surtout s’il y a coma prolongé. L’introduction des doigts pour dilater le col doit être rejetée dans la plupart des cas; car l’irritation qu’elle produit provoque des douleurs, et par suite des accès convulsifs. Il en est de même du seigle ergoté, dont faction est certaine, mats qui, produisant des contractions vives et permanentes, déterminerait sans doute des attaques éclampsiques ; du reste, on peut tenter l’emploi de ce remède dans des cas désespérés.

Ces moyens étant sans résultat, si les convulsions augmentent de violence, de manière à compromettre promptement la mère et l’enfant, on devra tâcher de terminer l’accouchement par la rupture des membranes au moyen d’une sonde, par la section de l’o-

rifice utérin ou par la version et l’accouchement forcé. Des faits militent en faveur de la rupture des membranes, lorsque la dilatation est commencée, lorsque la distension excessive de l’utérus paraît être la cause de la persistance des accès, et surtout lorsque le fœtus est dans une bonne présentation. Elle doit être rejetée dans le cas contraire, parce qu’elle peut avoir l’inconvénient de tuer l’enfant par la compression du cordon ombilical, et de rendre très-difficile la terminaison de l’accouchement par l’art. Si le col était déjà un peu ouvert, souple et très-dilatable, on pourrait aussi recourir à l’accouchement forcé qui consiste à dilater peu à peu le col de la matrice, aller chercher les pieds et faire la version. Mais la lenteur de ce moyen et les douleurs qu’il produit, doivent lui faire préférer l’incision du col, qui entraîne moins de déchirures, moins de douleurs et moins d’accidents. Cette opération, désignée par Simson et Lauvergeal sous le nom d’opération césarienne vaginale» se fait avec un bistouri boutonné et légèrement concave ; la lame appuyée sur la longueur du doigt est portée sur la lèvre antérieure du col que l’on incise en tirant à soi. Une incision peut suffire; mais il vaut mieux en faire trois ou quatre plus petites. Il estbon ^ ajouter qu’il ne faut en venir à cette opération que lorsqu’il ne reste plus que cette chance. La nature se sufi'a le plus souvent après ces débridements; dans le cas conviai re, on termine ^.accouchement.

Si les convulsion, survenaient lorsque le travail

de l’éclampsie ou convulsions puerpérales, i 275 est avancé, il faudrait sans hésiter terminer l’accouchement, au moyen de la version, si la tête n’est pas engagée dans le détroit supérieur; dans les autres cas, on appliquerait le forceps, qui est moins dangereux pour la mère. Si l’accès convulsif avait lieu après l’accouchement, la première indication à remplir serait de faire la délivrance et de débarrasser l’utérus des caillots qu’il pourrait contenir; si les accès se reproduisaient, on aurait recours à la saignée, aux dérivatifs, aux bains, aux cataplasmes sur l’abdomen, aux injections émollientes et détersives ; et dans le cas où une hémorrhagie menacerait de produire une attaque éclampsique, on y remédierait à l’aide d’applications froides et astringentes sur l’hypogastre, et même du tamponnement, si les premiers moyens étaient inefficaces. Enfin si la mort de la mère avait lieu avant l’accouchement, on pratiquerait l’opération césarienne, malgré le peu de chance de vie qui soit en faveur de l’enfant. JN[ous ajouterons aussi que l’on pourrait souvent prévenir une attaqued’éclampsie par un traitement préventif, au moyeu delà saignée, des bains , des purgatifs, si l'on était appelé auprès d'une femme enceinte infiltrée qui éprouvât de la céphalalgie, du trouble dans la vue, des vertiges, etc., et autres symptômessignificatifs. Quantaux convulsions hystériques, cataleptiques et tétaniques, qui sont presque toujours innocentes pour la mère et pour l’enfant, on les combattra par la saignée, surtout chez les femmes pléthoriques, et par les antispasmodiques

et les dérivatifs, en ayant toujours soin de bien suivre les indications qui se présentent.

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