‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 106 sur 124 · SUMAC · texte numérisé non relu

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Les trois dernières espèces sont très-vénéneuses ; elles sont cultivées quelquefois dans les jardins. L’exhalaison du rhus radicans fait venir des pustules sur la peau.

Les feuilles, les pédoncules et les jeunes branches de la première espèce , séchées et pulvérisées , sont connues dans le commerce sous le nom de sumac ( le meilleur est vert , celui qui est gris est moins estimé). Le sumac contient du tannin, de l’acide gallique et un peu de matière colorante jaune. On estime principalement le sumac pour tanner les cuirs qui doivent recevoir des couleurs claires , parce qu’il ne leur donne qu’une teinte jaunâtre. La décoction du sumac est jaune brunâtre ; les alcalis changent peu sa couleur, les acides la rendent plus claire ; l’acétate de plomb y produit un beau précipité jaune , le sulfate de fer un précipité noir, le sulfate de cuivre un précipité brunâtre , etc. Avec des mordans il donne la même couleur que l’écorce de chêne ou le knoppern. Si on enlève le tannin par la gélatine on obtient avec alun ou sel d’étain toutes les nuances , depuis jaune clair jusqu’au jaune d’or.

On emploie fréquemment le sumac dans les impressions d’étoffes pour obtenir en même temps jaune (par acétate d’étain ) , gris et noir ( par acétate de fer plus ou moins étendu),* et un jaune brunâtre avec sulfate de zinc.

Pour la teinture au sumac l’eau doit être chauffée à 5o° Réaumur; on y jette le sumac et on y plonge aussitôt les étoffes, que l’on y laisse de i5 à 20 minutes; pendant ce temps on fait monter la chaleur du bain. Si on pousse trop loin la chaleur ou si on laisse trop long-temps les étoffes , les couleurs s’affaiblissent, et celles avec les sels de fer disparaissent presque entièrement.

On obtient sur coton un gris très-agréable en le plongeant alternativement dans des dissolutions très - étendues de sumac et de sulfate de fer. La couleur est d’autant plus

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uniforme que les bains sont plus aqueux et que les plongeages sont plus répétés. On termine par le bain de sulfate de fer, parce que si on terminait par la cuve de sumac le coton obtiendrait un jaune-brun; cependant cette nuance pourrait disparaître par un bain acidé. En employant des dissolutions plus saturées on obtient du noir , qui devient brillant et assez solide quand on passe le coton dans un bain de bois bleu auquel on a ajouté de l’acétate de cuivre. A la fin on peut adoucir par un bain d’eau tiède auquel on a ajouté un peu d’huile ( Berthollet).

Dans l’impression d’indiennes la couleur du sumac s’enlève facilement des réserves en n’employant pas une chaleur trop modérée , ou en n’ajoutant pas au bain un peu de quercitron (Bancroff). Si on emploie le sumac en petite quantité dans le garançage , il diminue la fixité de la couleur sur les endroits blancs (Dingler).

Bancroff a essayé de produire un extrait sec du sumac ; mais ii a trouvé qu’il se liquéfiait facilement , ce qu’il attribuait à l’acide malique qu’il contient.

La Sicile produit beaucoup de sumac. On coupe les rejetons des racines à 5 ans, on abat les feuilles et les jeunes rameaux, on fait sécher ; après le séchage on les passe au

moulin.

Le bois teint jaune , et a beaucoup d’analogie avec celui du rhus colinus. Pendant le système continental il était mis dans le commerce comme ce dernier.

Toutes les parties du rhus lyphinum contiennent beaucoup de tannin et d’acide gallique , et peuvent être employées pour tanner et pour teindre en gris et en noir; mais cette espèce est inférieure à la première.

Schulze , h Luinebourg , tannait très-bien le cuir avec les feuilles ?il en préparait une encre noire ainsi que du tabac h

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fumer, et teignait avec elles jaune , noir et vert. Les feuilles, les branches et l’écorce étaient employées avec et sans écorce de chêne, en Hanovre, pour tanner, et les fruits avec alun pour teindre en noir les chapeaux. Hermbstaedt ne trouvait pas beaucoup d’action aux jeunes branches , parce qu’il en fallait 10 livres pour 1 livre de peau sèche; aussi la couleur était mauvaise. Il n’a point fait d’essai avec les feuilles.

Les fruits donnent du vinaigre. Le suc laiteux qui coule des branches et des feuilles a été recommandé comme vernis.

Les feuilles , les écorces , le bois et les racines du rhus glabrum et du rhus canadensis tannent très-bien. Les fruits teignent rouge-brun , et donnent avec sulfate de fer une encre noire quand les houppes sont bouillies avec.

Le bois du tronc et de la racine est veiné en brun-jaune et violet; il est très -léger, et souvent employé pour les ouvrages de menuiserie. Les feuilles deviennent rouges en automne, et servent comme le tabac à fumer aux sauvages du nord de l’Amérique.

Le bois (i) et l’écorce du rhus cotinus teignent jaune. Le premier paraît souvent dans le commerce sous le nom de bois jaune de Hongrie; il est en usage depuis long -temps dans les pays du sud; la couleur en est vive, mais peu solide. BancrofF estime que 4 parties sont équivalentes à une de quercitron. On emploie comme mordant l’alun ou le sel d’étain. On a aussi trouvé nouvellement qu’on obtenait un jaune solide en employant en même temps le nitro-muriate d’étain avec du tartre. La couleur devient très-vive en précipitant avant la teinture le tannin par la gélatine ( 1 once de gélatine par livre de bois). La décoction est mucilagi-

(i) Le bois est jaune-vert et veine brun avec des fibres chatoyantes.

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neuse, et par ceîa sujette à se gâter. D'après Kulenkamp, on peut l’améliorer par une ébullition réitérée. La racine teint en jaune-rouge.

Les feuilles et les jeunes branches pulvérisées sont connues en Autriche sous le nom de faux sumac de Venise ou d’Italie , et sont employées pour teindre en noir, pour tanner , et comme mordant au rouge turc (à Vienne depuis plus de 200 ans ).

Les feuilles contiennent plus de tannin que les branches.

Dans les frontières d’Autriche on fauche les jeunes branches dans l’été , on les fait sécher et pulvériser par des chevaux. Une grande partie est expédiée en Turquie. Il est aussi bon que le vrai sumac pour tanner les cuirs lins , et pour ceux qui doivent être teints en jaune ou en rouge il est préférable à la noix de galle et au knoppern , parce qu’il ne leur donne pas de couleurs sales. Dans le Tyrol on le nomme Rausch , et on remploie pour tanner les peaux de chèvre , de mouton , et de légères peaux de veau. A Krain on le cultive depuis 1819 , et il est expédié pour Trieste.

Pendant le système continental la Hongrie en fournissait plusieurs milliers de quintaux ; il était connu sous ie nom de bois jaune de Hongrie ou fustic. Les environs de Vienne seuls en employaient plus de 100,000 livres. On a aussi recommandé les feuilles et l’écorce pour remplacer l’écorce de chêne. Il était fréquemment employé avant la découverte du bois jaune d’Amérique; en France il est désigné sous le nom de fustic.

Le suc laiteux du rhus radicans et de celui du Japon devient noir à l’air , et teint le lin, le coton et la soie solidement sans mordant. La couleur n’est altérée ni par le lavage, ni par la lumière. Si on lave une tache de ce suc avant qu’il ait passé au noir , elle devient seulement brun noirâtre. Le sumac

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