BOULEAU
donnent une teinture jaunâtre foncée, et teignent la laine alunée en jaune verdâtre. Si on passe le drap quelques jours dans 1 eau , ensuite 4§ heures dans du vinaigre, et enfin dans une décoction de sel de cuisine et de fleurs, on obtient un jaune saturé, qui donne cependant un peu dans le verdâtre ( Pœrner).
La teinture sans alunage est verdâtre, les alcalis la rendent jaune : la couleur est peu solide à l’air.
La seconde espèce teint également en jaune.
BOULEAU. Bouleau blanc. ( Betula alba. ) Europe , dans les forêts.
Bouleau nain. ( Betula nana. ) Idem .
Bouleau noir. ( Betula nigra . ) Nord Amérique, cultivé en Europe.
L écorce intérieure et 1 aubier du bouleau blanc contiennent du tannin. L’écorce donne une décoction d’un brun clair (1) qui à 1 air devient trouble et d’un brun plus foncé; d’après Kurrer, elle est d’un brun de cannelle passant au brun de châtaigne. L’alun y produit un précipité jaune , et les sels d’alun un précipité jaune clair. Les sels de fer la rendent noirâtre. Elle dissout l’oxide de fer , mais moins que l’écorce d’aulne.
D après Kurrer, la décoction de l’écorce intérieure teint en jaune sale les étoffes qui ont été traitées par l’acétate d’alumine; mais quand on a précipité le tannin par la colle, on obtient un jaune pur assez beau ; cependant la teinte n est pas si belle qu avec la décoction des feuilles. La seconde partie de 1 ecorce contient la matière colorante jaune la plus pure. Avec les sels de fer on obtient des couleurs clives , et avec la garance des couleurs brunes. Elle rend
(i) Lue piece d'indienne de 5/4 de large et de 48 aunes , exige pour la couleur olive 4 livres i/q d’e'corce et 6 onces de colle.
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plus ?ive et plus solide sur laine la couleur du Fernambouc, du bois de Sainte-Marthe et du bois bleu (Dembourney) ; et d’après Kurrer elle rend plus belle et plus solide dans l’impression la couleur du Fernambouc.
En faisant bouillir l’écorce de bouleau dans une lessive de cendres de noisetier, les Oélandais ( mer Baltique) teignent leurs filets en rouge. Bouillie avec de l’alun , elle teint le lin en rouge- brun. L’alcool prend avec l’écorce un rouge foncé. En Irlande et en Laponie , on teint le cuir avec la décoction de l’écorce. D’après Bautsch, elle donne par la fermentation un acide , particulièrement utile pour les cuirs de semelles. Dans son action elle s’approche beaucoup de l’écorce de mélèze. Elle teint les cuirs d’une couleur moins foncée que l’écorce de chêne.
Le verre fondu se teint en jaune par l’écorce du bouleau ; on l’emploie pour cet usage à Bareith pour teindre les perles de verre.
L’écorce extérieure contient une résine blanche sans odeur, et donne à la distillation la moitié de son poids d’un mélange d’huile empyreumatique d’une odeur de cuir brûlé, et d’acide pyroligneux renfermant de l’acide gallique. Les alcalis caustiques la dissolvent presque entièrement. Les acides précipitent de la dissolution une matière cireuse : l’huile de romarin la dissout également. L’huile obtenue par la distillation est employée en Russie pour la préparation des cuirs, et pour graisser les essieux des roues. Les jeunes boutons donnent une résine analogue au baume de eopahu.
Les feuilles du bouleau blanc et noir teignent en beau jaune. On utilise aussi les premières pour préparer le stil de grain , et dans le Wurtemberg pour teindre les œufs de Pâques. Les feuilles que l’on recueille dans le printemps
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teignent jaune verdâtre; celles que Ton recueille en automne
donnent un beau jaune.
Les feuilles du bouleau nain donnent encore un plus beau jaune.
BOUSSBROLLE. Raisin d’ours. ( Uva ursi . ) Europe.
Toute la plante contient du tannin. À Kansan on l’emploie pour faire le maroquin ; en Suède on remploie avec le sulfate de fer pour teindre en noir, avec l’alun pour teindre en gris (Linnée) ; en Irlande pour teindre la laine brun foncé ( Olafsen ). Elle peut remplacer le sumac en teinture ( Hermbstaedt ). J’ai obtenu avec elle plusieurs belles nuances jaunes.
BRUT ÈRE. ( Enca vulgaris. D’après Villdenove , calluna vulg . ) Nord Europe, sur des terrains incultes.
( Enca cinerea . ) Sud Europe.
Les tiges et les fleurs de la première espèce donnent une teinture jaune vif, qui par l’acide muriatique et l’alun devient jaune rougeâtre. Elle teint la laine alunée en jauned’orange (Succow). Avec sel d’étain on obtient un plus beau jaune qu’avec le genista tincloria , mais qui passe au soleil : pour cela les étoffes teintes doivent être séchées à l’ombre. Depuis long -temps celte plante était employée pour tanner. Elle tanne très-bien, mais il faut plus de temps qu’avec l’écorce de chêne (Gesner, 1756 ); elle est uniquement propre au tannage des cuirs de semelles . à moins qu’on n’emploie en même temps beaucoup déplantés adoucissantes , comme l’herbe de Saint-Jean, le serpolet, etc. (Bautsch). Hermstaedt trouvait que cette plante équivalait seulement à 1/0 d’écorce de chêne. Dans plusieurs parties de l’Allemagne les habitans des campagnes l’emploient pour teindre, et quelquefois pour tanner. En 1766 Banking et Va ring prirent en Irlande un brevet pour l’emploi de celle plante dans le tannage.