CHÉLIDOINE
lement le fagns americana. En tous cas cet arbre mérite d’être cultivé en Europe.
CHÉLIDOINE. ( Chelidonium majus. ) Europe , comme mauvaise herbe.
Toutes les parties de la plante , mais principalement la racine , contiennent un suc caustique jaune, d’une saveur forte et amère. Ce suc teint le papier comme la gomme-
gutte.
La décoction de la racine n’est pas propre pour teindre j en jaune, parce que la couleur est rapidement cnangée par les rayons solaires ; du reste la couleur résiste au savon. . Quand la laine a été mordancée par l’arsenic, la nuance devient d’un beau jaune citron; avec alun elle est jaune I pâle (Sieffert).
J’ai obtenu de la plante fraîche, recueillie dans le mois de mai, une teinture jaune qui teignait la laine sans mor- dant en jaune clair donnant dans le brunâtre; l’alun avivait jt peu la couleur. Elle résistait au savon , et n’était pas changée par les acides et les alcalis très-étendus. Lne exposition fi de 4 semaines à l’air a un peu bruni la couleur, mais d’une j| manière imperceptible.
CHÊNE. Les espèces de chêne sont très- nombreuses ; ;
nous ne décrirons que celles sur lesquelles on a fait des fi essais : presque toutes croissent en Europe.
Chêne de Bourgogne. ( Quercus caris. ) Sud Europe.
Chêne de teinturier. ( Quercus infectoria. ) Orient. Il porte la meilleure noix de galle.
Chêne a feuille de châtaignier. ( Quercus prinus . ) I j Nord Amérique. Renferme beaucoup de tannin. L’écorce la est employée par les sauvages pour teindre leur peau em|
rouge.
Chêne de Kermès. ( Q . coccifera . ) Sud Europe. C’est sur i lui principalement que se tient le coccus.
( Q . œgilops. ) Espagne, Orient. Le calice du fruit paraît dans le commerce sous le nom de fausses galles.
Chêne a liège. ( Q. suber, ) Sud Europe. L’écorce est connue sous le nom de liège.
Chêne bouge. ( O. rubra. ) Nord Amérique.
Chêne d’Autriche ( Q. Austrica. ) Autriche.
Chêne de quercitron. ( Q. tinctoria. ) Nord Amérique. Peut être cultivé chez nous. Il donne le quercitron, qui sera examiné dans un article spécial.
Ciiêne dur, Chêne d’étê. ( Q. roôur. ) Europe.
Chêne a queue. ( Q. pedanculata. ) Europe.
Chêne blanc. ( Q. alba . )
Toutes les parties du chêne renferment du tannin et de 1 acide gallique, et pour cette raison sont employées en teinture et pour tanner les peaux. La dernière manière d’utiliser le chêne est connue depuis les temps les plus reculés.
Les excroissances qui se forment au calice du chêne par la piqûre d’un insecte, sont connues sous le nom de knop pern .
Il se forme aussi sur les jeunes racines exposées au midi des excroissances provenant de la piqûre des insectes , et qui peuvent être employées comme les noix de galle. ( Il faut les recueillir au printemps, parce que plus tard l’insecte sort, et elles sont moins bonnes. )
Il se forme sur les feuilles et leurs pédoncules de tous les chênes des excroissances provenant de la piqûre d’un insecte, qui contiennent beaucoup d’acide gallique, et qui sont connues sous le nom de noix de galle ; mais elles ne deviennent volumineuses et dures que dans les pays du Sud; celles d’Europe sont peu estimées, et presque pas recueillies. Plus lard nous entrerons dans plus de détails à cet égard.
L’écorce de chêne est principalement employée pour tanner les peaux; elle les rend dures, et d’une couleur jaune rougeâtre; elle est surtout avantageuse pour tanner les cuirs des semelles, parce qu’elle les rend très- durs et très-compacts. 1 livre de peau de bœuf exige 1 5 livres de tan de chêne; 1 livre i5 onces de peau de veau, 12 livres de tan. L’écorce extérieure s’enlève ordinairement, parce qu’elle ne contient point de tan. La partie intérieure en renferme moins que les couches moyennes. Dans les couches extérieures, le tannin a été détruit par le contact de l’air. La meilleure écorce pour tanner est blanche à l’extérieur , rouge intérieurement , rude , cassante , couleur de chair du côté du bois; elle conserve son odeur agréable après le moulage. Dans la teinture on l’emploie assez fréquemment pour les noirs inférieurs , et pour teindre les chapeaux de feutre avec le bois bleu. Avec l’alun elle teint brun; avec le sulfate de fer, noir; avec sel d’étain , jaune; avec sulfate de zinc , jaune isabelle. O11 la trempe avant le bouillage. La décoction s’améliore en vieillissant.
Quand on n’a pas assez d’écorce de vieux arbres on prend de jeunes branches , et on les pile pour les réduire en tan.
Les glands peuvent également servir pour tanner , mais ils excitent facilement une fermentation acide dans le tan. 6 livres 1/4 tannent 1 livre de peau ( Hermbstaedt ).
Les calices contiennent également du tannin , et teignent en brun la laine alunée.
Les vieux arbres laissent écouler par des incisions un suc brun foncé , qui se dessèche à l’air et devient noir et luisant.
( Ulmine. ) Ce corps se dissout facilement dans l’eau. La dissolution est brune. Elle est précipitée complètement en brun par l’acétate de plomb , le nitrate de mercure , et par le sulfate de fer en flocons légers bruns : l’alcool dissout i/o de
son poids de ce corps. Il est formé de 55,853 matière extractive brune, et 66,67 gomme brune. Il pourrait servir comme encre brune : jusqu’ici il est sans usage.
Le bois contient également beaucoup de tannin. La sciure du bois était employée dans quelques tanneries et teintureries. En 1820, en Angleterre, J. Laurens a pris une patente pour l’emploi de la sciure de chêne dans la tannerie. On l’avait précédemment employée en Irlande pour cet objet. Richter obtenait avec le bois de chêne et le sulfate de mercure un jaune-brun, avec sulfate de fer un noir vert foncé , avec nitrate de mercure un brun fauve. Foelker obtenait aussi du chêne à queue 1/8 à i/5 de matière soluble , qui consistait en tannin , acide gallique et mucilage. Le bois des arbres très-vieux contient moins de matières solubles que les jeunes. Foelker pense que le bois contient plus d’acide gallique que l’écorce.
Watsor obtenait une liqueur d’un beau bleu avec des copeaux d’écorce et de bois de chêne , en les trempant un certain temps dans de l’eau froide , et y ajoutant du sulfate de 1er; mais moins du bois que de l’aubier, et moins de celui-ci que de l’écorce. En faisant bouillir une heure les copeaux avec de l’eau, ils perdaient la propriété de produire une couleur bleue.
Les leuilles de chêne ont aussi été employées pour tanner. Baatsch fit, en 1790, des essais satisfaisans ; plus tard Hcrmbstaedt reconnut que 10 livres de feuilles de chêne remplaçaient 7 livres d’écorce ; en Angleterre Svayne et Vhite ont fait des observations semblables. Le dernier a
annoncé que 5o livres de feuilles ramassées dans le mois de mai agissaient autant que 100 livres d’écorce. Hinze recommandait de les prendre dans le mois de septembre , parce que plus tard elles perdent en qualité tannante. Il faut qu elles soient séchées aussitôt, comme le foin. Eischoff,
Tom. I.
aa6 CHÈVREFEUIL.
à Leipzig , teignait avec les feuilles la soie en très - beau
noir.
J’ai obtenu des feuilles sèches une décoction jaune foncé tombant un peu dans le brun rougeâtre , que les acides rendaient plus claire et plus jaune , et les alcalis brunâtre. A l’air elle devenait plus foncée avec le temps. L’alun et l’acétate de plomb donnaient communément un précipité jaunâtre, qui par le contact de l’air devenait brun. Avec alun elle teignait en jaune brunâtre , avec sulfate de fer en noir assez beau.
CHEVREFEUIL. ( Lonicera caprifolium . ) Sud Europe; Europe , dans les jardins.
( Lonicera periclymenum.') Europe; sauvage, dans les jardins.
( Lonicera alpigena, ) Suisse, Pyrénées.
( Lonicera cœrulea. ) Sud Europe , terrains montagneux.
Le suc des racines de la seconde contient un acide qui teint le papier bleu en rouge élevé.
Les rejetons de la seconde , de la troisième et de la quatrième espèce teignent en jaune d’abricot ( Dembourney ).
CHICORÉE SAUVAGE. (Cicorium intybus.) Europe; sauvage et cultivée.
La plante teint en faible jaune (Dembourney).
CHICOT DE CANADA ( Gymnocladus canadensis , d’après Lamarck. ) Nord Amérique,
( Guilandina dwica , d’après Lin née. ) Idem .
Les feuilles teignent en joli jaune.
PETITE CIGUË. ( Æthusa cynapium. ) Europe , dans des lieux cultivés.
Celte plante teint en jaune foncé (Dembourney).
CHOU. (Brassica napus.) Europe, sur les bords de la mer; cultivée comme plante potagère.
CHOU. aa7
( Brassica campestris.) Europe, dans les champs; cultivée en Belgique comme plante potagère.
( Brctssica napa . ) Angleterre et Hollande; cultivée en Allemagne.
[Brassica oleracea.) Angleterre; cultivée dans le reste de l’Europe. On en connaît beaucoup de variétés; les principales sont les choux vert et brun, Brassica oleracea viridis ; le chou blanc, B. oL capitata ; le chou frisé, B . ol. sa boda ; le chou-fleur, B. ol. botrytis; le chou-navet, B . ol. napobrassica , B . ol. gongy Iodes.
Les feuilles du chou commun donnent une teinture sale, qui par les alcalis ou l’eau de chaux devient vert de gazon ; après quelques heures (l’alcali étant en excès) la liqueur devient d’un beau jaune; par les acides elle devient d’un beau rouge; l’alun y produit un précipité bleu rougeâtre; le sel d’étain un précipité bleu faible , qui plus tard devient gris rougeâtre ; le sulfate de fer y produit un précipité noirâtre.
Le suc du chou rouge contient une matière colorante bleue , qui est rougie par l’acide que renferme le chou. Par l’ébullition, le chou passe au violet, et ensuite au bleu foncé. Les acides le rendent plus rouge ; les alcalis bleu , et vert quand ils sont employés en excès; l’alun violet. La couleur paraît se fixer mieux sur soie , ensuite sur lin , et enfin sur coton et laine. Par le bouillage du suc la couleur passe au brun (Kortum).
Rodolphe Hesz obtenait du jus du chou rouge un précipité vert-bleu par le sulfate de cuivre.
La matière colorante du chou brun est la même que celle de la violette. Les feuilles , devenues rouges , contiennent une matière rouge , soluble dans Peau , qui devient verte par les alcalis.