‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 74 sur 124 · NÉNUPHAR · texte numérisé non relu

NÉNUPHAR

on regarde cette racine comme rendant de grands services pour ies nuances noires , violettes et olives. Elle agit de préférence sur le fer. On obtient, sans mélange avec d’autres matières colorantes , un brun foncé très-voisin du noir, et toutes les nuances légères jusqu’au violet clair. Avec garance et autres matières colorantes , elle donne tout ce qu’on peut désirer, et comme elle est très-bon marché , elle est d’une grande utilité.

Pour obtenir un noir très -foncé avec la racine en question et le sulfate de fer il faut teindre à une grande chaleur : avec un peu de bois bleu on obtient un noir de corbeau ; avec un peu de garance un noir brillant; avec de faibles dissolutions de fer on obtient des nuances d’un joli gris , ainsi qu’avec addition de gaude , de quercitron , etc. Toutes ces couleurs se distinguent par leur solidité. A la teinture en rouge elle remplace complètement la noix de galle ; dans la teinture du lin elle peut la remplacer avec avantage.

, A Nuremberg on en fait un commerce considérable.

On prétend que la racine de Y iris alba peut être em- | ployée comme aliment quand elle est jeune; alors ies ani- \ maux la mangent, ainsi que la tige et les feuilles. Il paraît j que l’acide gallique s’y forme seulement avec l’âge : c’est probablement pourquoi les jugemens qu’on a portés sur » cette racine sont si différons. Autrefois on l’employait aussi 1 comme médicament. Les Turcs l’emploient avec d’autres : substances pour préparer une boisson. La semence est em- S ployée en Egypte pour faire du pain.

Les habitans d’un petit village près de Mantoue emploient les feuilles , les tiges et ies racines du nénuphar pour le J tannage et pour la teinture en noir ; un pharmacien a reçu i une médaille d’argent de la société de Milan pour la substi- ! tution du nénuphar à la noix de galle dans les opérations ij des arts. ( Journal des connaissances usuelles , 18*28.)

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NERIUM. ( Nerium tinctorium. ) Indes orientales.

Les feuilles de cet arbrisseau peuvent fournir un très-bel indigo (Roxburg. ) On les fait bouillir avec de l’eau à i5o° Fahrenheit. La teinture obtenue est ensuite battue ( aérage ) ; on y ajoute de l’eau de chaux, et l’indigo se précipite. D’après Leschenault , elles donnent une belle couleur mais qui n’est pas aussi solide que l’indigo; les feuilles vertes sont bouillies jusqu’à ce qu’elles deviennent jaunes ; on ajoute à la décoction de l’eau de chaux , par une agitation réitérée on la met en contact avec l’air , et on précipite la matière colorante par une infusion de l’écorce de caïyplrandhex caryophylli folia; du reste on opère comme pour l’indigo.

NERPRUN. ( Rhamus catharticus. ) Europe, dans les broussailles humides.

( Rhamus infectorius. ) Sud de la France , Espagne, Italie,

( Rhamus frangula.) Europe.

( Rhamus saxatilis. ) Suisse , Hongrie, Italie.

{Rhamus alaternus. ) Sud Europe.

L’écorce intérieure de la première espèce teint jaune aussi long-temps qu’elle est fraîche, plus tard rouge -brun : la lumière affaiblit la couleur. La racine teint également en brun. Elle est très-répandue dans le commerce. Le quintal de cette racine coûte ordinairement de 5 à 6 florins. Le bain de teinture ne doit pas être élevé au bouillon, parce qu’à cette température la couleur serait altérée.

Les fruits non mûrs (juillet et août) donnent une couleur jaune; quand ils sont mûrs (septembre et octobre) ils donnent une couleur verte , et quand ils sont flétris une couleur rouge -pourpre foncé. Les fruits non mûrs paraissent dans le commerce sous le nom de graine d’Avignon. Ils donnent avec sel d’étain et tartre, de très-belles couleurs jaunes sur laine, coton , lin et soie , et servent pour faire des

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laques, du stil de grain (1). J’ai obtenu avec alun sur laine, par le nerprun de Hongrie, un très-beau jaune, qui, après une exposition de 10 semaines à la lumière, devenait seulement un peu brunâtre. Les sels de fer rendent la couleur de la décoction ( qui est jaune brunâtre ) brun noir , les alcalis la rendent d’un joli jaune , les acides plus ciaire; le sel détain et 1 alun la rendent jaune vif.

La couleur verte des fruits mûrs est soluble dans l’eau. Les sous-carbonates alcalins et les alcalis caustiques la rendent jaune , les acides rouge; les alcalis la font alors repasser au vert. On prépare avec les fruits mûrs une couleur de suc verte , qui est connue sous le nom de yert de vessie (2). On pulvérise les fruits , 011 les laisse 8 jours fermenter dans une cuve , et on presse le jus (3); on y ajoute un peu d’alun ( ou parties égales d’alun et dépotasse) la couleur brunâtre devient verte , et on fait réduire à un feu doux.

Le vert de vessie est fréquemment employé en peinture, pour teindre les papiers , les cuirs , pour le stil de grain.

On le prépare dans les environs de Nuremberg, dans le sud de la France, etc. ( Voyez le 2e vol.)

Les fruits non murs oc la seconde et de la dernière espèce servent à préparer une couleur de suc jaune , en les faisant bouillir avec de l’alun et de la crème de tartre, et réduisant la décoction. Quelquefois on ajoute un peu de gomme ou de l’extrait de malt.

Les fruits non mûrs de ces deux espèces paraissent aussi dans le commerce sous le nom de graine d’Avignon (4) ? on

(1) Les nerpruns de Hongrie proviennent de la première et de la qua- Irième espèces , ils sont d’autant plus riches en couleur que la saison a été plus chaude,

(a) Parce que cette matière est mise en consistance de suc épais dans des vessies de cochon , où elle se dessèche complètement.

(3) Le résidu est mêlé avec de l’eau et pressé encore une fois.

(4) Us sont de la grosseur d’un petit pois, angulaires, jaune ver-

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