‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 79 sur 124 · OEIL DE BOEUF · texte numérisé non relu

OEIL DE BOEUF

difficile à pulvériser , on préfère le quercitron. Bancrolf avait obtenu en Angleterre le privilège de vendre seul pendant plusieurs années cette écorce. La nuance de la couleur varie un peu suivant les espèces ; Fécorce du noyer blanc donne un jaune-citron clair ; celle du jug . amora un jaune plus profond , mais pas très-brillant; celui du jug. odorata un jaune élevé et très-vif.

L’écorce de Farbre et les enveloppes des fruits du jug . cinerea teignent la laine non alunée en brun de tabac solide, mais pas le lin et le coton. L’alun rend la couleur plus vive et plus solide , et la fixe sur lin et coton. Avec des sels de fer on obtient sur ces étoffes un noir très-beau et très-solide, Cette couleur est aussi utilement employée dans les i imprimeries d’étoffe (Bancroff).

L’écorce et les enveloppes des fruits du jug. nigra oblonga contiennent une matière colorante brun foncé qui teint la laine et le coton alunés en brun de châtaignier , avec nitrate de bismuth couleur de puce. Les dissolutions de fer il rendent la couleur beaucoup plus foncée.

OEIL DE BOEUF. Buphtalme. ( Buphtalmum .) Dans les jardins.

Quelques espèces teignent jaune.

OEILLET. ( Dianthus caryophyllus. ) Europe.

Les fleurs rouges de l’œillet des jardins avec les calices donnent une teinture muciîagineuse rouge vif; les acides rendent la couleur plus rouge, les alcalis vert jaunâtre; les sels de fer n’en changent pas la teinte. Si on ajoute à la liqueur rougie par les acides de l’alun et de la potasse , on obtient un précipité vert de gazon. La laine traitée par l’alun et le tartre prend une nuance rouge; mais la couleur ne supporte pas le lavage au savon, et devient alors d’un jaune rougeâtre.

4/t2 OEILLET.

OEillet d’Inde. ( Tagetes patula. ) Mexique , Europe , dans les jardins.

La décoction rouge foncée des fleurs devient par la potasse brun verdâtre, par l’acide muriatique rouge de chair, par les sels de fer noirâtre. Elle teint la laine en jaune foncé , et quand elle est alunée en jaune foncé donnant un peu dans le verdâtre; avec sel marin jaune-citron très-élevé, plus beau qu’avec le solidago canadensis (Succow). On peut l’employer pour teindre la laine, la soie et le lin.

OGNON. ( Allium cepa. ) Europe.

Les pellicules extérieures des ognons sont d’un rouge brunâtre , et sont employées en Allemagne pour teindre en jaune les œufs de Pâques, et les étoffes de laine, de coton et de lin. La couleur est solide et d’un éclat remarquable. D’après les observations de Kurrer, on peut les employer pour les indiennes. Avec l’acétate d’alumine et les sels de fer , elles donnent un brun de cannelle ; avec sel de fer seul , gris ; et avec d’autres sels différentes nuances.

OLDENLANDIA. ( Oldenlandia umbellata. ) Indes orientales, terrains sablonneux; cultivé sur la côte de Coromandel.

La racine de cette plante paraît être la même que celle que l’on désigne à Maîaca sous le nom d’Aal , et que celle du morinda arborea.

La racine longue et mince de cette plante est employée dans les Indes comme la garance , et donne une couleur aussi solide. Les racines de l’espèce sauvage sont plus courtes que celles de l’espèce cultivée, et donnent i/4 plus de matière colorante. Les racines de deux ans sont meilleures que celles d’un an; cependant on les extrait après une année. L’humidité et l’exposition à l’air détruisent la matière colorante. Dans les Indes on les conserve dans des lieux secs , et on les pulvérise , seulement quand on veut s’en servir ,

OLDENLANDIA. 443

dans un mortier de pierre , parce que les matières colorantes du bois nuiraient à la couleur. Les bonnes racines doivent avoir une couleur verte, et ne doivent pas être blanbhes (1) : en les mâchant elles teignent la salive en jaune.

La matière colorante' se trouve dans l’écorce de la racine. Elle est jaune et de nature résineuse ; alors elle n’est pas soluble dans l’eau , mais seulement dans l’alcool et les liquides alcalins. La décoction alcoolique est jaune, les alcalis rendent la liqueur aussitôt rouge (2).

Le Goux de Flaix assure que la racine est seulement employée dans les Indes pour fixer et aviver la couleur, opinion que Bancroff conteste avec raison ; il pense que dans la teinture avec le bois de Sapan et la racine de chay , ce n’est pas ce dernier qui fixe la couleur du sapan , mais que c’est le bois de Sapan qui sert de mordant à celle de la racine du chay.

Bancroff a obtenu avec la racine de chay, sur laine sans mordant , la même couleur qu’avec la garance , mais moins belle et moins solide ; avec dissolution d’étain un rouge brillant et solide, mais qui donnait, comme celui de la garance , dans l’orange; avec sulfite de fer couleur de tour- [ nesol en drapeau; avec oxide de zinc vert pomme brillant; avec nitrate de plomb couleur de cannelle brillante; avec Facétate d’alumine et dans le traitement du rouge turc, elle se comporte comme la garance.

A différentes époques 011 a fait des essais en France et en Angleterre avec cette racine ; il ne s’est point présenté de

(1 j Les habitans de la côte de Malabar les essaient en ajoutant aux ; racines pulvérisées un peu de chaux en poudre. Les bonnes racines deviennent d’un beau rouge élevé, les mauvaises d’un rouge pâle , fonce ou brun.

(2) Par la même raison on regarde les eaux dures comme nécessaires i pour la teinture avec cette racine. Lue addition de chaux ou de potasse,' à Peau ordinaire, produirait le même effet.

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