‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleurs (volume 2)Chapitre 85 sur 124 · PERSIL DE MONTAGNE · texte numérisé non relu

PERSIL DE MONTAGNE

PERSIL DE MONTAGNE, âche de montagne a larges feuilles. ( Alhamanla oreoselinum. ) Europe.

La décoction des feuilles recueillies dans le mois de mai teint le coton en jaune foncé, la laine en jaune plus clair; elle ne teint pas la soie et le lin; elle teint la soie et le coton alunés en jaunâtre , et ne donne aucune nuance à la laine ou au lin alunés. Elle teint en beau noir les étoffes traitées avec le sulfate de fer. Elle donne une nuance jaunâtre à la soie , au colon et à la laine préalablement traitée par le tartre ouïes dissolutions de bismuth (Rœhmer).

PERSICAIRE. {Polygonum persicaria.) Europe, dans les lieux humides.

( Pylog . kydropiper . ) Europe, lieux marécageux.

( Polyg. tinctorium , ) Chine , cultivé.

{Polyg. avicularc. ) Europe, lieux cultivés.

{Polyg. bistorta. ) Nord Europe , dans les prés.

{Polyg. undulatum . ) Sibérie; Europe, dans les jardins.

( Polyg. canadense. ) Canada.

( Polyg. chineuse. ) Chine.

{Polyg. barbaium . ) Chine.

{ Polyg. tar tarie um . ) Tartarie, cultivé en Europe.

{Polyg* fogopyrum. ) Asie, cultivé chez nous.

Cette dernière espèce se distingue des précédentes par la semence , qui n’est pas dentelée.

Les feuilles de la première et de la seconde espèce teignent en jaune pâle; l’alun avive la couleur. Avec les feuilles de la première les habitans des campagnes teignent les fils de lin.

La troisième espèce est employée à la Chine pour préparer une matière bleue semblable à l’indigo.

Le polygonum aviculare donne également de l’indigo; il est employé au Japon, ainsi que le polygonum barbaium et le

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polygonum chineuse, pour teindre en bleu (Thunberg) (1).

J’ai obtenu du polyg . aviculare une décoction jaune qui était avivée par les alcalis, qui devenait jaune rougeâtre par les acides , noirâtre par les sels de fer, et donnait avec les sels d’étain un beau précipité jaune. Les étoffes alunées y prenaient un jaune clair, et jaune-orange vif lorsqu’elles étaient traitées par les sels d’étain.

Le polyg . historta contient des parties astringentes ; la racine sert pour tanner. 3 livres tannent 1 livre de peau de bœuf, et sont équivalentes à 7 livres d’écorce de chêne ( Hermbstaedt ). Les parties astringentes sont combinées avec une matière acide ( Bautsch ). L’écorce seule teint mordoré, et couleur de castor les étoffes qui ont reçu un mordant de bismuth.

La racine du poly. undulalum a également autant de tannin que la racine du saxifrage (Nelson). La racine du polyg. canadensis est dans le même cas.

Les tiges et les feuilles du polyg. fagopyrum donnent par la fermentation avec de l’eau une couleur bleue, qui n’est changée ni par les acides (l’acide nitrique excepté), ni par les alcalis (Gronstædt). J’en ai obtenu par l’ébullition une belle teinture jaune, dans laquelle la laine prenait une nuance faible, la laine a lunée une couleur jaune clair; elle teignait le lin en jaune pâle. Cette plante est trop peu riche en couleur pour pouvoir être employée; elle ne donnait pas d’indigo. La décoction devenait plus claire par les acides et plus foncée par les alcalis , noirâtre par les sels de fer , et verte par le sulfate de cuivre.

(1) Les Japonais cultivent egalement le Polygonum barbatum , le Polygonum chine ns e , et le Polygonum aviculare. Ils donnent une belle couleur bleue comme l’indigo. Les leuilles sont sechees , pulvérisées et mises en gâteaux qui sont livres au commerce. On peut teindre le lin , la laine et la soie. Quand on veut les employer on les fait bouillir avec de la cendre.

45s PEUPLÏÉK.

Les tiges et les feuilles du polyg. tartancum teignent également en jaune. Dembourney le recommandait pour remplacer la gau de.

PEUPLIER. ( Populus nigra. ) Europe.

( Pop. dilata ta. ) Italie, Europé, cultivé.

( Pop. balsamifera. ) Nord Amérique , cultivé en Europe,

( Pop. alba . ) Europe.

(Pop. tremula . ) Europe.

Il y a encore plusieurs autres especes.

L’écorce du peuplier blanc , et encore plus celle du peuplier noir, teint en jaune la laine alunée ; avec sel de fer gris (Pærner ). On l’emploie fréquemment pour rendre plus claires les nuances fauves ou brunes , ainsi que pour des couleurs de fond. Elle fixe la couleur du fernambouc et du bois bleu comme l’écorce d’aune.

Les branches et l’écorce du peuplier donnent une bonne couleur sur lame , soie , coton et lin , qui est aussi belie que celle du quercitron ; mais elle n’est pas aussi solide sur coton et lin. On emploie pour mordant le sulfate d etain. Pour la soie elles remplacent la gaude, le genêt et la sarrette (Hegmann). D’après d’autres auteurs, le sel d’étain fait passer plus facilement les couleurs que l’alun.

L’écorce du peuplier noir , du peuplier blanc, et de celui de Virginie, teint jaune-citron, le bois jaune-nankin et jaune brunâtre. Les branches coupées en petits morceaux , les rameaux et les feuilles, teignent en jaune de jonquille. A cause de la nuance rougeâtre de cette couleur on n’obtient

pas avec le bleu de jolis verts.

L’écorce du peuplier est quelquefois employée pour tanner; elle produit un cuir clair d’une odeur agréable. D’après Bautsch , l’écorce du peuplier blanc et celle du noir sont principalement bonnes pour les cuirs de dessus.

Les feuilles du peuplier noir ne teignent pas dans le prin-

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