ÉMAIL BLEU
Vitruve rapporte, clans îe 8e livre, ce qui suit : « La fabrication cîn cœraleum (cyanos des Grecs) a été découverte à Alexandrie en Égypte; après , Festorius établit une fabrique à Puteoli près de Rome. La préparation en est curieuse : on fait fondre du sable très-lin avec du nitre ; ensuite on le mêle avec du cuivre de Chypre pulvérisé ; on humecte de manière h former une pâte ; on la met en boule et on fait sécher; après on met les boules dans des vases d’argile placés dans le four , là îe cuivre et le sable se vitrifient et prennent la couleur cœruleum . »
Henkel obtenait du bleu de saphir en fondant i partie d’acier de calciné Steiermak (i), 5o parties de silice et de potasse pure. Cependant les essais ne réussissaient pas toujours, tantôt il obtenait un verre sans couleur, tantôt un verre noirâtre. Rinmann a observé les mêmes anomalies en répétant ces expériences. Il a reconnu qu’il se formait une teinte bleue par le cuivre qui se trouvait dans la limaille de fer. II n’obtenait pas davantage un verre bleu en calcinant lentement de la limaille de fer et de l’arsenic dans des vases clos, d’après la prescription de Henkel : il obtenait seulement des couleurs brunes ou noires. Il observa , au contraire , que les scories de plusieurs fabriques de fer sont teintes d’un joli bleu , et deviennent vertes par une nouvelle fusion; îe verre à bouteille , environné déplâtré et chauffé, prend une belle teinte bleue.
Du verre vert de bouteille entouré d’un mélange de 5 parties de sous-carbonate de soude , 2 de charbon en poudre et 2 de limaille de fer très-divisé, et chauffé', devient également d’un joli bleu clair.
Lehmann obtenait un verre bleu avec de l’émeri d’Es-
(i) Calcine jusqu’à ce qu’il devienne violet.
Tom IL 28
pagne (qui contient du fer); et en Flandre on dit a\oir employé autrefois de mauvais grenats de Bohême pour teindre le verre Lieu de ciel : le grenat contient du fei.
Kundmann rapporte avoir reçu de Kunkel un flacon de verre d’une couleur bleuâtre que ce dernier avait préparée avec 27 parties de sable blanc, 16 parties de potasse et 7 parties d’os humains calcines.
Schickel obtenait du verre bleu de l’oxide de fer bleu. Pa)ot-Decharmes pensait que la cblorite ferrugineuse teignait le verre en bleu.
Mélanges pour les couleurs d'émail et les verres bleus.
i° Verre blanc, borax, salpêtre, 1/6 d’oxide de cobalt et d’antimoine (Clouet).
2 Oxide de cobalt rendu fusible par l’oxide de plomb et la potasse en différentes proportions. En place de potasse on peut prendre de la soude Avec addition de salpêtre et de manganèse on obtient une teinte violette.
5° Oxide noir de cobalt (1) 4? poudre de silex 9 ; salpêtre i3: ce mélange doit être fondu pulvérisé, lavé avec de l’eau froide, séché; on mêle 1 partie de cette matière avec 1 partie de flux i (Vynn).
4° Oxide de cobalt noir 1 ; borax rouge 1 ; le mélange
(1) L’oxide noir de cobalt s’obtient en précipitant îe nitrate de cobalt par le sous-carbonate de soude , lavant le précipité avec de l’eau chaude et taisant sécher 5 on broie 1 partie avec 3 parties de salpêtre, on jette dans le mortier un charbon allume qui occasione une légère détonation • on fait chauffer au rouge , on lave et on sèche. Le nitrate de cobalt s’obtient en traitant le cobalt par l’acide nitrique. Plus la dissolution est rouge, et piqs les couleurs que l’on obtient sont
belles.