ARSENIC ROUGE
Arsenic rouge Réalgar. Soufre rouge.
État naturel. L’arsenic rouge se trouve avec différons métaux au Hartz, dans la forêt Noire, près Inspruk , en Bohême, en Hongrie, en Transylvanie, Italie, etc.
Propriétés. Il est d’une belle couleur rouge-aurore , qui passe quelquefois au rouge -écarlate, plus rarement au rouge-hyacinthe et au cramoisi , quelquefois à l’orange et
TURBITH MINÉRAL. 77
au brun. II paraît ordinairement en petits cristaux , plus rarement en masses. Pulvérisé , il devient jaune rougeâtre (1).
Composition . Il est formé de 100 d’oxide d’arsenic, et 44 de soufre.
Propriétés. Il se comporte au feu comme l’arsenic jaune. Il devient brun-rouge, entre en fusion , mais par le refroidissement il reprend sa couleur jaune-rouge. L’acide muriatique concentré le rend jaune ; l’eau régale le dissout en séparant du soufre; l’eau ne le dissout pas; il se dissout facilement dans les huiles. Il paraît que l’arsenic rouge passe au jaune par l’action continue de la lumière.
Préparation . On le prépare artificiellement dans plusieurs pays, par exemple en Bohême, en fondant et sublimant un mélange de 7 à 8 parties d’arsenic et 3 à 4 parî ties de soufre; cependant on ne le prépare qu’en petite i quantité , parce que celui qui est naturel peut s’obtenir à ! bon marché.
Usages. On l’emploie comme couleur à l’huile , et pour I les mêmes usages que l’arsenic jaune; en Chine on en fait des vases et des idoles. L’eau acide qui séjourne dans les vases est employée comme purgatif: on l’a administrée avec succès dans plusieurs maladies. Il est vénéneux, et ] doit être employé avec précaution.
TURBITH MINÉRAL.
Sous-sulfate de mercure.
Propriétés. Combinaison d’acide sulfurique avec un
(1) Cette propriété le différencie du cinabre naturel qui, étant pulvérisé , donne une poudre rouge.
y 8 COULEURS JAUNES,
excès d’oxide de mercure. Il est pulvérulent, jaune -citron; fondu il ressemble au cinabre. Il est soluble dans 2000 parties d’eau froide et 600 d’eau bouillante.
Composition . 84? 7 oxide de mercure, i5,5 acide sulfurique.
Préparation. i° Mercure et acide sulfurique. On met une partie de mercure dans une retorte, et on verse autant ou un peu plus d’acide sulfurique (1); on fait chauffer; il se dégage de l’acide sulfureux. Quand tout le métal est dissous on le laisse refroidir. Le produit est un sulfate acide de mercure; pour le transformer en sous-sulfate il faut le laver avec de l’eau ; il se divise en sulfate acide qui se dissout , et en sous sulfate qui se précipite. Pour cet objet on broie la masse avec de l’eau bouillante tant qu’elle en dissout (2). On recueille le précipité , qui est d’un beau jaune; on le sèche , et on le conserve dans des vases clos.
2° Sels de mercure et sulfate.
On verse dans une dissolution de sulfate de soude ou de potasse une dissolution de nitrate de mercure tant qu’il se forme un précipité (5) , on lave , et on fait sécher.
Usages. Autrefois le turbith- minéral était employé en médecine. Comme couleur de peinture ses propriétés sont
(1) On prend quelquefois 2 parties de mercure et 3 parties d’acide sulfurique , parce qu’oa prétend qu’avec moins d’acide sulfurique il se formerait un peu de proto-sulfate.
(2) La liqueur peut être concentrée, traitée par du mercure et utilisée de nouveau.
(3) Comme le nitrate d’argent n’est pas précipité en totalité , on évapore la liqueur jusqu’à siccité. Le sel obtenu est mélangé avec égale partie de chaux vive , et on chauffe au rouge de manière à réduire le métal.