P R E M I È RE SE G T I O N
Toutes les terres pures , et beaucoup de combinaisons métalliques , sont blanches ; mais un petit nombre seulement des premières peuvent être finement divisées , fixées sur les corps, produites à bon marché; la plupart perdent d’ailleurs leur éclat par la présence des huiles , etc : enfin de toutes les terres , la chaux est la seule qui ait la propriété de couvrir.
Parmi les combinaisons métalliques les couleurs blanches principales sont les suivantes :
Sous-acétate de plomb. On ne l’emploie pas comme couleur , parce que son prix est trop élevé , et qu’il n’est point supérieur au blanc de plomb.
Sous-acétate de plomb avec un grand excès de base, inférieur au blanc de plomb.
Sulfate de plomb. Ne couvre pas autant que le blanc de plomb, et perd une partie de son éclat avec l’huile. ( Voyez pour sa préparation vol. I, page i3 7. )
Ecume de plomb. Combinaison provenant de la vapeur qui se dégage dans le traitement de la mine de plomb.
Tom. II.
a COULEURS BLANCHES.
Elle est formée de sous-carbonate de plomb, d’oxide d’antimoine, etc. Elle est quelquefois employée à la place du blanc de plomb. (Vol. I, page 1 4 1 • )
Blanc de plomb ( sous-carbonate de plomb ). D’un blanc pur, couvrant bien, conservant sa couleur avec l’huile; sa préparation est donnée plus bas. Cette couleur est préférable à toutes les autres.
Craie de Bologne. Craie légère , fine , principalement employée parmi les couleurs fines, et pour nettoyer l’argenterie.
Blanc de coquilles dé œ uf On a recommandé les coquilles d’œuf finement broyées comme couleur de peinture ; cependant le broyage est long, difficile , et la matière couvre peu.
Bla7ic d'émail. Verre teint avec l’oxide d’étain ; broyé il donne un vèrre opaque blanc.
Chaux éteinte (hydrate de chaux). Délayée avec de l’eau elle forme le lait de chaux, qui est fréquemment employé à cause de son prix peu élevé, de sa faculté couvrante , et de son adhérence aux corps sur lesquels on l’applique. Avec l’huile, la colle, le lait, le sang, elle est moins bonne , parce qu’elle ne conserve pas la pureté de sa couleur. L’hydrate de chaux pur, ou en partie carbonaié, et mêlé avec du plâtre ou avec de l’argile , paraît dans le commerce sous le nom d’enduit blanc.
Craie. Terre blanche, avec une faible nuance jaunâtre, employée en détrempe, avec l’huile, le sang, la gomme , la colle, etc. Elle est très -inférieure au blanc de plomb. (Vol. I, page 86. )
La craie se différencie en lourde et légère; la première est naturelle , la dernière est artificielle. On la prépare
avec un mélange de craie , de chaux, de plâtre, et d’alumine blanche.
La craie naturelle se trouve en bancs d’une grande étendue; elle est très-répandue dans la Champagne et sur les côtes d’Angleterre. La craie est rarement d’un blanc pur, ordinairement elle a une nuance brune ou jaune; elle est compacte, molle, friable, facile à pulvériser, écrivante; elle est formée de chaux et d’acide carbonique; quelquefois elle est mêlée avec du sable, plus rarement avec des oxides métalliques. Kirvan trouvait dans 100 parties, 55 de chaux, 42 acide carbonique, 2 d’alumine, 5 d’eau.
On emploie très-fréquemment la craie pour marquer, et comme peinture en détrempe ; dans le dernier cas on ajoute un peu de noir de fumée pour couvrir son reflet jaunâtre , et lui en donner un bleuâtre. On l’emploie aussi comme base de plusieurs autres couleurs , telles que le stiîde-grain, le vert de Brunswick, et pour enlever les taches, etc.
Sulfate de chaux (plâtre). Cette matière ne peut être employée qu’avec l’eau , parce que l’huile la rend jaunâtre. Il faut l’appliquer en couches minces , parce qu’elle s’écaille facilement. (Yol. I, page 86. )
Silice. Dans l’état pur cette terre est blanche, mais elle se divise difficilement , et ne couvre pas ; aussi on ne l’emploie point comme couleur d’application. (Yol. f, page 141. )
Talc ( craie de Briançon). Matière onctueuse, d’une couleur d’un blanc verdâtre. Elle sert principalement pour marquer , pour enlever les taches , et comme base du fard.
Os calcinés . Formés de sous-carbonate et de sous-phos-
phate de chaux. Moulus fins , ils sont quelquefois employés en peinture; mais celle matière couvre peu, et ne tient pas bien. Elle est utile aux couleurs métalliques obtenues par la fusion , parce qu’elle les rend invariables au feu.
Carbonate de manganèse. Ce sel est blanc , et on prétend qu’il a plus de corps que le blanc de zinc; mais il n’est pas employé comme couleur, parce qu’il est difficile de
l’obtenir d’un blanc pur. (Vol. I, page 126. )
Marne. Combinaison d’argile et de craie. Quand el e est d’un blanc pur, elle est employée comme couleur d’application. (Vol. I, page 7 5.)
Sans - carbonate de barite. Cette matière, blanche et très-pesante , n’est point utilisée comme couleur.
Sulfate de barite. Matière d’un blanc éclatant , trèslourde , qui est souvent mêlée au blanc de plomb ; elle couvre peu , et avec l’huile elle tombe un peu dans le gris. Elle a l’avantage sur le blanc de plomb de n être point attaquée par les acides, et de ne pas noircir par l’hydro-
gène sulfuré.
Blanc d’antimoine. Cette matière est blanche, fine, employée comme fard et comme couleur, mais en petite
quantité.
Blanc cf Espagne. Matière blanche contenant beaucoup d’argile. On l’estime davantage pour blanchir les cuirs , pour les vernis , que pour la peinture en détrempe. Pour les vernis on prend de préférence celui qui ne contient point de chaux, parce qu’il donne plus de solidité et plus de fond. Pour éloigner la chaux on traite le blanc avec du vinaigre fort, on décante, on lave et on laisse completernent° sécher. Du reste on appelle quelquefois blanc d Espagne le blanc de bismuth , ainsi que le blanc de Troyes ,
de Me u don , etc.
Magnésie. Cette terre est blanche, très-légère, mais elle est peu employée comme couleur h cause de son prix élevé, et parce qu’elle ne se fixe pas bien ; c’est par cette dernière raison que le talc de Venise n’est pas en usage en peinture.
Alumine. L’alumine n’est point employée comme couleur d’application , parce que par la dessiccation elle se fend et s’écaille; mais on l’emploie fréquemment comme base pour un grand nombre de couleurs.
Blanc de Troycs . Craie blanche recueillie aux environs de Troyes : on la trouve en bancs épais. On pulvérise la pierre dans des moulins , on la pétrit , on enlève les sables par décantation, on moule , et on fait sécher; pour accélérer la dessiccation , les pains sont placés sur des blocs de craie brute qui aspirent l’humidité.
Au village de Caverea u, près Orléans, on prépare la craie d’une manière semblable; elle paraît dans le commerce sous le nom de blanc d’Espagne ou blanc de Caveream La mine de craie est plus grasse et plus dure. On en fait une pâte avec de l’eau , on la marche , on enlève les pierres , on met la pâte en forme , et on sèche. La plus fine paraît sous le nom de petit blanc, en masses rondes; celle qui est moins pure est désignée sous le nom de gros blanc, et se trouve en blocs carrés (Salerne).
Blanc de Meudon. Terre crayeuse , que l’on recueille dans plusieurs carrières de Meudon; on la sépare des sables par des lavages et des décantations. La craie lavée est mise dans des bassins , oii elle se dépose lentement ; après 8 jours on enlève l’eau , et on moule la pâte en cylind res ou en pains coniques.
Les compositions suivantes font connaître les change-
COULEURS BLANCHES, mens produits par le lavage : 100 parties de craie brute et 100 parties de craie purifiée contiennent, d’après Bouillon Lagrange :
craie brute. craie préparée.
Silice. . 19 4
Magnésie . 11 3
Sous-carbonate de chaux. 70 88
Blanc de Bougival. Terre qui contient i/3 de sous-carbonate de chaux, et 2/3 d’argile; aussi elle est moins estimée comme couleur à l’huile. O11 la recueille à Bougival , près Mari y , à quelques lieues de Paris.
Tare blanche. Terre argileuse blanche fine, qu’on prépare souvent par le lavage des argiles blanches.
Blanc de bismuth (sous-nitrate). Cette matière ne résiste pas autant à la lumière que le blanc de plomb; l’hydrogène sulfuré la fait passer plus vite au noir; elle est employée en peinture et comme fard. (Vol. I, page 84.)
Blanc de zinc ( sous-carbonate ). Couleur approchant du blanc de plomb, mais ne couvrant pas aussi bien. Sa préparation sera donnée plus loin.
Blcmc d étain. Plusieurs combinaisons de l’étain sont blanches, mais aucune n est employée, à cause de son prix élevé, et parce qu’elles tournent en peu de temps au gris. (Vol. I, page 99.)
Blanc de Krems. Blanc fin , qui paraît ordinairement en petites tablettes carrées. On le fabriquait d’abord à Krems, dans la Haute-Autriche (depuis 5o ans il n’y a plus de fabrique); on l’appelait aussi blanc de Kremnitzer.
Il contient , outre le sous-carbonate de plomb, du sousacétate de bismuth.
Blanc d ardoise. Blanc de plomb pur non encore moulu. Il est en écailles dures , qui contiennent souvent encore du plomb métallique.
Blanc cle perle. Blanc de plomb , bleui avec un peu de bleu de Prusse. En Angleterre on appelle céruse le blanc de plomb non moulu, et celui qui est moulu et lavé ivhitc lead; une sorte d’une bonne qualité, nottingham luhite ; le blanc de plomb qui tombe de lui - même du plomb en écaille , flake-white ou fine white.
Histoire. Le blanc de plomb était déjà connu des Grecs et des Romains. Théophraste Cresius et Dioscorides ont décrit avec détail sa préparation , et Fiine assure que celui qui était préparé à Rhodes était principalement estimé. Après la chute de l’empire il paraît qu’il fut d’abord fabriqué à Venise , plus tard à Krems , ensuite en Hollande, en Angleterre , et dans plusieurs parties de l’Allemagne. Il ne fut fabriqué que plus tard en France , et la société d’encouragement contribua beaucoup à y propager cette industrie. La première fabrique fut celle de Brechoz et Lesueur, à Pontoise.
Composition . Le blanc de plomb entièrement pur est uniquement formé de sous-carbonate de plomb qui , quand il est sec, est composé de 85, 58 d’oxide de plomb, et ï 6, 4^ d’acide carbonique,* mais ordinairement il contient i/5 d’oxide de plomb combiné avec de l’eau. Le blanc de plomb nouvellement fabriqué contient aussi un peu d’acide acétique, qui disparaît avec le temps , et celui qui paraît dans le commerce contient plus ou moins de craie , de plâtre , de sulfate de barite ou d’autres corps blancs , qui y sont mêlés à cause de leur bon marché.
Préparation. Le travail principal de la fabrication du blanc de plomb consiste dans la combinaison de Foxide de plomb avec Facide carbonique. Elle peut se faire de 5 manières différentes :
i° En exposant long-temps à Fair le plomb ou Foxide de plomb humecté , il s’oxide et attire de Facide carbonique. L’opération se fait plus rapidement quand au lieu d’eau pure on emploie de l’eau dans laquelle on a dissous du sous-carbonate de soude ou de potasse , du sel marin , du muriate de potasse, etc.
2° En exposant du plomb dans des vases à Faction des vapeurs qui se dégagent du vinaigre, et en accélérant cette action par la chaleur.
5° En exposant le plomb dans des vases à Faction du vinaigre et de Facide carbonique provenant de la combustion du charbon.
4° En précipitant une dissolution d’un sel soluble de plomb par des sous-carbonates.
5° En précipitant une dissolution de sous-acétate de plomb par de Facide carbonique; une partie de Foxide du sel est précipité à Fétat de sous - carbonate.
6° En décomposant le muriate de potasse par Foxide de plomb, et faisant passer de 1 acide carbonique à travers le mélange, il se forme du sous-carbonate de plomb, et le muriate de potasse se reproduit.
Nous allons maintenant décrire ces différens modes de fabrication.
\° Plomb ou oxide de plomb , eau ou dissolutions salines
et exposition à V air.
De tous les procédés que nous allons décrire, aucun n’est employé en grand, parce qu’ils sont trop longs, qu’ils
exigent trop cîe travail , et qu’ils ne donnent pas un produit d’une grande blancheur.
Avec de l'eau pure. Nous avons déjà dit plus haut que le métal ou l’oxide humide exposés à l’air en attirent l’acide carbonique, et se transforment en blanc de plomb. Le métal commence par former un oxide gris : mais cette transformation est très -lente. Kastner observait que cette oxidation était produite par une action galvanique; aussi l’oxidation est d’autant plus rapide que le plomb est plus impur; elle est plus rapide encore quand on expose à l’air des copeaux de plomb dans des vases de platine. L’oxide de manganèse agit aussi , en excitant une plus grande action galvanique.
Avec sel marin (muriate de soude) et potasse . On broie le sel marin avec la litharge et un peu d’eau, ou avec de l’eau de mer; on ajoute un peu de potasse s et on expose le mélange à l’air. On répète le broyage et l’humectage jusqu’à ce que l’oxide se soit transformé en blanc de plomb. Il se fait ici une double décomposition. D’abord une partie de l’acide muriatique se combine avec le plomb ; la soude qui devient libre et la potasse attirent l’acide carbonique de l’air; ce dernier se combine avec le plomb, dont l’acide muriatique retourne à la soude. Ces changemens durent jusqu’à ce que tout le plomb soit transformé en sous-carbonate. On lessive alors , et on emploie de nouveau le même sel et la même potasse.
Avec muriate de potasse. On mêle la litharge avec i/5 de son poids de muriate de potasse et un peu d’eau; on broie bien le mélange, et on l’expose à l’air en agitant souvent, afin de renouveler la surface, et en l’arrosant avec de l’eau. L’acide muriatique se combine en partie avec l’oxide de plomb. La potasse libre attire l’acide car-
bonique de l’air , le cède au plomb , et il se forme de nouveau du muriate de potasse avec l’acide abandonné par le plomb. On lave à la fin pour séparer le sous-carbonate de plomb du muriate de potasse que l’on peut employer de nouveau (Dundonald).
Avec sous-carbonate dépotasse . On arrose de la litharge finement pulvérisée avec une dissolution de sous-carbonate de potasse , et on l’expose à l’air en couches minces. La potasse cède de l’acide carbonique à la litharge , et le reprend dans l’air (C.-F. Leuchs. )
Avec acétate de plomb , vinaigre et action galvanique . Kastner donne le procédé suivant ; i° on fait couler le plomb en plaques carrées, minces; on les humecte avec une partie d’acétate de plomb et 2 parties de vinaigre distillé dissoutes dans 20 parties d’eau distillée, et on les laisse sécher d’elles-mêmes ; après 3 jours elles paraissent couvertes d’une couche blanchâtre. 20 Elles sont humectées avec du vinaigre distillé, et rangées horizontalement alternativement avec des morceaux de toile carrés de la grandeur des plaques , qui ont été d’abord trempés dans du vinaigre distillé : on met 5o plaques l’une sur l’autre, entre chaque deux plaques on interpose une toile acidée : le poids total, ne doit pas être assez grand pour faire sortir le liquide qui mouille les toiles. On remonte l’appareil tous les deux jours; lorsqu’il s’est formé une suffisante quantité de blanc de plomb , on l’enlève en grattant les plaques , qui servent de nouveau de la même manière. 3° On met les plaques debout perpendiculairement , de manière qu’elles soient éloignées l’une de l’autre de i/4 de pouce; mais avant on les mouille avec de l’eau , et on les expose à des vapeurs qui se dégagent d’une matière en fermentation, ou bien on met les plaques sur des cuves en fermentation. Après
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24 heures les plaques peuvent être grattées, et quand elles sont trop minces on les broie à l’eau pour séparer le blanc de plomb par les lavages. 11 faut avoir soin qu’il ne tombe pas de plomb dans la liqueur qui fermente; il serait plus commode de conduire au moyen d’un tuyau l’acide carbonique des cuves en fermentation dans les caisses contenant les plaques. Si la fermentation se trouvait un peu ralentie , il faudrait employer la chaleur extérieure. On peut ainsi en peu de temps obtenir du blanc de plomb pur.
Si on répète î’humectage des plaques par de l’eau, en remontant les piles, il se forme beaucoup d’oxide hydraté, et le blanc de plomb qui se produit est très-poreux. On n’a pas à craindre dans son emploi à l’huile qu’il prenne après le séchage une teinte jaune-gris comme l’hydrate pur, ou comme celui qui contient de l’acide muriatique (1).
2° Plomb , vinaigre et chaleur de fumier ou de poêle.
Ce procédé est le plus répandu , principalement en Hollande , où la chaleur employée est celle du fumier. Je vais donner d’abord ce procédé , et ensuite je donnerai la description détaillée d’une fabrique hollandaise.
Le plomb est coulé en plaques minces , que l’on roule de manière qu’entre chaque tour il y ait 1/2 à 1 pouce d’intervalle, et on les met dans des pots (2) de terre d’une
(1) On obtient un chlorure hydrate par la litharge et le sel marin ; mais broyé avec de l’huile il devient rapidement jaune-gris et ne vaut rien pour la peinture à l’huile; il est seulement utile pour la préparation du jaune minéral.
(2) Dans quelques fabriques d’Autriche on emploie des caisses de bois de 4 pieds 1/2 à 5 pieds de longueur, 1 pied à 1 pied 2 pouces de largeur, et g à 1 1 pouces de hauteur ; le couvercle est fixé avec des moi-
r2 COULEURS BLANCHES,
grandeur convenable. Chaque plaque roulée repose verticalement sur une grille en bois. A Kaernthen on roulait d’abord le plomb comme nous venons de le dire , mais on a reconnu queles plaques droites sont plus facilement attaquées. On verse du vinaigre dans les pots, ou quelque autre liquide susceptible de procurer une fermentation acide; on en met jusqu’à 1 pouce au-dessous du grillage en bois. Les pots sont alors fermés par un couvercle de plomb.
Les pots sont ensuite rangés sur une couche de fumier de cheval frais , et on les couvre complètement avec du fumier ou du tan. La chaleur résultant de la fermentation du fumier réduit le vinaigre en vapeur, et favorise la production de l’acide carbonique. Le premier oxide le plomb, et le second se combine avec l’oxide formé, et le transforme en sous - carbonate; en même temps les vapeurs d’eau amollissent et gonflent cette combinaison. Les tablettes, qui avaient d’abord 1/4 de ligne d’épaisseur, ont alors 5 lignes. Après 4 à 5 semaines le vinaigre est consommé , et le travail est fini.
On enlève alors le fumier, on sort les pots , on gratte le blanc de plomb qui tient au métal (i), après l’avoir hu-
taiscs , le fond est couvert avec s pouce de poix. Les coins et les côtes sont joints avec du papier, afin que quand on chauffe avec du fumier les vapeurs hydro-sulfuriques ne puissent pas y pe'ne'trer: on suspend les plaques de plomb dans ces caisses de manière qu’elles ne se touchent pas entre elles et qu elles n’approchent pas trop des parois des caisses, dont le bois pourrait colorer le blanc de plomb.
(i) A Newcastle on fait passer les lames de plomb dans l’eau entre tles rouleaux qui les pressent, et enlèvent le blanc de plomb : par ce moyen on évite toute la poussière. Après que la matière est déposée on enlève l’eau avec des pompes. Les lames de plomb sont employées de nouveau ou fondues; mais quand on emploie des plaques minces elles sont ordinairement entièrement rongées.
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mecté afin d’éviter la poussière. On pulvérise le blanc de plomb avec de l’eau , de manière à former une pâte épaisse que l’on laisse reposer quelques jours à un endroit chaud , pour que l’acide qui y est renfermé oxide complètement les parties métalliques (1). On lave et on purifie par décantation (2) , quand cela est nécessaire , et on passe au moulin (3) ; souvent on lave encore après le passage au moulin.
Les morceaux de blanc de plomb qui sont en écailles sont séparés et vendus sous le nom de blanc d ardoise ? blanc d’argent. On peut aussi obtenir ces écailles en faisant sécher du blanc de plomb pur; le plus fin blanc de plomb? qui se dépose le dernier dans les lavages , constitue le blanc de Krems.
Le blanc de plomb moulu reste quelque temps sous l’eau; il est alors pressé dans des moules de terre ou de
(1 ) Cette ope'ration ne se fait pourtant pas clans toutes ies fabriques. On trouve souvent aussi sur ies plaques des ciistaux d acetate de plomb, ainsi qu’une écume blanche sur l’eau , qui contient beaucoup d’acétate de plomb. Pour ne pas perdre ce dernier on ajoute à l’eau du sous-carbonate de potasse qui produit un précipité de sous-carbonate de plomb.
(2) Cette opération se fait de la manière suivante : on a une grande cuve carrée, qui a de à 9 divisions d’egale grandeur, mais de differentes hauteurs ( ou le même nombre de cuves de differentes hauteurs). L’eau délavée avec le blanc de plomb passe de lune dans l’autre , et y forme des dépôts de plus en plus fins. Un bon lavage ajoute essentiellement à la bonté du blanc de plomb.
(3) En Hollande cette opération se fait par 3 appareils placés l’un à côté de l’autre, le premier moud gros, le second plus fin, et le dernier plus fin encore. A Berlin les moulins sont l un sur 1 autre, de manière que ce qui sort du premier passe immédiatement dans le second, et de celui-ci dans le troisième. Il serait peut-etre mieux de moudie dans des tonnes qui tourneraient sur leur axe et qui contiendraient des boules de 1er.
fer-blanc qui ont la forme conique. On le laisse d’abord sécher dans ces vases, et plus tard on le fait sécher à l’air ( i ) (il faut particulièrement alors le préserver des vapeurs d’hydrogène sulfuré ); après on enveloppe les pains dans du papier. La mise en forme et en papier est l’opération la plus dangereuse pour la santé des ouvriers. Pour cela on a proposé nouvellement de mettre la pâte dans des sacs de papier, où elle serait séchée. En France, en 1825, une ordonnance prescrivit de mettre le blanc de plomb en poudre. Avant le moulage on mêle ordinairement le blanc de plomb avec d’autres substances , pour en augmenter le poids. Les matières qu’on emploie ordinairement sont le plâtre, la chaux, la craie, le sulfate de barite : nous reviendrons plus tard sur ces mélanges. Dans ce procédé le fumier n’a point d’autre objet que d’entretenir une température uniforme, de l’humidité, et d’empêcher le dégagement des vapeurs hors des vases. Cependant le travail avec le fumier est incertain, parce que la chaleur qu il développe dépend de la fermentation, et cette dernière dépend d’un grand nombre de circonstances , de l’âge du fumier, de l’humidité, de la température de l’air, etc. (2). On a alors proposé d’employer des étuves chauffées avec des poêles,* cela se pratiquait autrefois à Krems, et maintenant dans plusieurs fabriques d’Allemagne (3). Koppens
(1) En Angleterre on fait aussi sécher les pains de'céruse dans des chambres chauffées parla vapeur. On ne les laisse jamais sécher entièrement dans les formes, parce que les pains seraient trop difficiles à enlever.
(2) t)ans les hivers rigoureux il faut entièrement cesser le travail.
(3) En Russie on prépare le blanc de plomb dans des tonnes où l’on met du vinaigre, on met les plaques de plomb dans les tonneaux, et ces derniers sont rangés dans l’étuve. Dans les fabriques allemandes le procédé consiste a mettre les pots ou les caisses dans une chambre
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l’essaya en petit , et obtint un bon résultat. Il propose de remplir une chambre avec des tablettes de plomb, de mettre sur le sol des vases pleins de vinaigre , et de chauffer avec un poêle garni avec de l’argile. Avec cet appareil on pourrait faire en 6 mois 5oo,ooo livres de blanc de plomb , tandis que par le procédé ordinaire avec 5 étuves on ne peut en faire que 25o,ooo livres avec 18,000 pots, et beaucoup plus de travail.
La chaleur d’une étuve doit être de 24 à 3o° Réaumur. Saxeîpye, à Tarby, trouvait que la température la plus convenable dans les premiers 10 jours était de 90 à ioo° Fahrenheit (26 à 5o° Réaumur); les 8 suivans, de 100 à no°Fahr. (3o à 34° Réaumur), que la température devait monter chaque semaine d’environ io°, et qu’alors le travail durait 7 semaines (1). À Kaernthen on chauffe à 3o° , et le travail est ordinairement terminé après 14 jours. Une trop grande chaleur est préjudiciable , parce que l’acide se dégage , et que le plomb n’est pas suffisamment attaqué.
Chaillot de Prusse a pris un brevet en France pour le procédé suivant. On fait une voûte en terre cuite pour pouvoir conduire la chaleur comme par des tuyaux; elle peut avoir 6 pieds de largeur et 1 pied de haut , et suivant la quantité de blanc de plomb que l’on veut fabriquer, on peut réunir 3 à 4 conduites. Dans le milieu de la conduite on y adapte un poêle, et sur la conduite on met les caisses larges de 6 pieds , qui doivent recevoir les pots. Chaque caisse a 6 pieds de large et 6 pieds de long;
chaufléepar 2 poêles. À Klagenfurtil y en a une qui contient 90 caisses. Elle a 9 pieds de haut, 24 pieds de large et 3o pieds de long.
(1) En 1S04 il prit en Angleterre une patente pour ce mode de fabrication (Reperlory qf Arts.)
i6 COULEURS BLANCHES.
ses côtés sont en terre cuite , ainsi que le fond qui pose
sur la voûte; les côtés ont 4 pieds de hauteur et 1 pied
d’épaisseur.
On se sert pour mettre le plomb, de vases de terre longs garnis d’une anse, et qui contiennent un grillage élevé à i/o du fond. Les plaques de plomb, épaisses de 2 lignes, sont mises sur la grille à 4 lignes de distance l’une de l’autre, et alors on verse sur les plaques de plomb du, fort vinaigre de vin bouillant, auquel on a ajouté 2 onces d’alun pour 2 pintes. Le vinaigre doit rester au-dessous du grillage, à 2 pouces environ. A la fin chaque vase est recouvert de manière que l’air ne puisse pas y pénétrer.
Les vases son! placés dans les caisses que nous venons de décrire , sur une couche de tan de 6 pouces ; on en met autant entre chaque rang, et 18 pouces au-dessus , pour que la chaleur se maintienne. Alors on chauffe le poêle de manière que la température soit constamment à 20°.
Quand les pots ont resté pendant un mois dans les caisses on les sort , et le blanc de plomb , avant le séchage, est mêlé avec de la craie de Champagne; on le passe au moulin, on lave par décantation, et la pâte liquide est mise dans des vases clos , que l’on n’ouvre que quand la pâte est devenue épaisse; alors on la met en forme , et on fait sécher les pains pendant 1 mois sur des étagères. Plus les pains restent long-temps au séchoir , et plus la matière est belle.
Justi a décrit les deux procédés suivans , qui ne paraissent cependant pas avoir d’avantages particuliers. D’après le premier, on suspendrait des plaques de plomb dans des vases à distiller, et le vinaigre serait vaporisé par la chaleur; celui qui ne serait pas combiné avec le plomb retomberait dans la chaudière. D’après l’autre on rougirait le
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vase distillatoire , et on y ferait tomber lentement le vinaigre : celui-ci se décomposerait en partie , et fournirait des vapeurs d’acide acétique et d’acide carbonique, qui se rendraient dans une chambre où le plomb serait exposé. On peut varier cette préparation de différentes manières.
Il existe un autre procédé peu recommandable, mais par lequel on obtient réellement des sels de plomb, que l’on décompose ensuite par la craie. On met dans les pots un mélange de 12 livres de plomb haché, 1 mesure 1/2 de vinaigre, 1/4 de sel marin, 1 once d’acide sulfurique, 1 once d’acide nitrique , 1 once de sel ammoniac , i/4 de livre de chaux. Les pots sont fermés et mis 4^6 semaines dans du fumier; alors on mêle la matière qui se trouve dans le pot avec une pâte formée de 24 livres de craie , on agite bien la masse , et on la fait sécher.
Produit. D’après Koppens , le plomb, en se changeant en blanc de plomb, augmente de 5o 1/2 pour 100; il avait réuni le produit de 10 calcinations, dont le plus faible rendement était de 27, et le plus grand de 36. D’après Nemnich, on regardait à Roterdam que 100 livres de plomb produisaient de 116 à 120 livres de blanc de plomb. A Klagenfurt . on obtient ordinairement autant de blanc de plomb que de plomb employé, et il reste i4 à 18 pour 100 de plomb métallique.
3° Plomb , vapeur de vinaigre et acide carbonique (1),
Montgolfier proposait d’employer un fourneau dans lequel on brûlerait du charbon de bois; la cheminée s’élè-
(1) Procédé de Montgolfier; mais il n’a jamais etc employé en grand.
Tour. II. a
i8 COULEURS BLANCHES,
verait de 4 011 5 mètres ( i3 à 17 pieds de Bavière ) , et se dirigerait horizontalement dans un tonneau : le tuyau s’ajusterait dans une ouverture pratiquée au fond et un peu au-dessus du centre du tonneau, placé horizontalement , et contenant du vinaigre : sur le fond opposé on adapterait un tuyau semblable , qui serait mis en communication avec une grande caisse remplie de plaques de plomb , disposées de manière , que les vapeurs soient obligées d’en parcourir toutes les surfaces. L’évacuation des gaz qui 11’auraient point été absorbés se ferait par les parties opposées de la caisse. La caisse aurait un couvercle mobile , afin que l’on puisse mettre et enlever les plaques.
On conçoit que l’air qui a servi h la combustion chauffe l’acide acétique renfermé dans le tonneau , et pénètre avec des vapeurs acides dans la caisse; il arrive donc dans la caisse de Facide carbonique , de l’azote, de l’oxigène qui a échappé à l’action du charbon , et des vapeurs de vinaigre ( la quantité d’oxigène peut être augmentée par une porte placée dans la cheminée )c Toutes les circonstances favorables à la formation du blanc de plomb se trouvent alors réunies.
Les plaques de plomb se chargent promptement de blanc de plomb ; et si on ne veut pas par une action prolongée les convertir entièrement en blanc de plomb , on les retire et 011 les suspend dans l’eau; le blanc de plomb se détache facilement , et tombe au fond. Quand on laisse les plaques se convertir complètement en blanc de plomb, il faut les mettre également dans l’eau , et séparer par décantation le plomb non oxidé.
4° Sels solubles de plomb précipités par les sous-carbonates
alcalins.
Les procédés suivans n’ont été employés jusqu’ici que sur de petites dimensions , ainsi que dans quelques fabriques de produits chimiques , dans lesquelles on obtient comme résidu d’autres opérations, des sels que l’on peut employer pour la préparation du blanc de plomb.
Acétate de plomb et sous-carbonate de soude ou de potasse. Ce procédé est trop cher. En prenant à la place de la soude ou de la potasse, du sulfate de cuivre, on obtient du sullate de plomb et de l’acétate de cuivre que l’on peut faire cristalliser par l’évaporation.
Nitrate de plomb. On dissout des cendres de plomb dans 1 acide nitrique, et on y ajoute autant de craie lavée qu’il est nécessaire pour saturer l’acide nitrique. Il se précipite du blanc de plomb , et il reste dans la liqueur du nitrate de chaux que l’on évapore, et d’où Ion peut extraire l’acide nitrique en le distillant avec de l’acide sulfurique. En place de craie on pourrait aussi employer du sous-carbonate de potasse, et on obtiendrait du blanc de plomb et du salpêtre.
Muriate de plomb ( obtenu par le broyage de i partie de sel marin avec 4 parties d’oxide de plomb, 1/20 de chaux et un peu d’eau, et exposition à l’air). On décompose ce sel par les sous-carbonates de soude ou de chaux; on obtient alors du blanc de plomb , et du muriate de soude ou de chaux. Comme le muriate de plomb est peu soluble, cette méthode n’est pas très-rapide; en employant le sous-carbonate de soude on obtient de la soude et du blanc de plomb.
 York, en Angleterre, il y a une fabrique qui prépare de la soude et du blanc de plomb avec le sel marin.
M. Ghaptal a exploité pendant plusieurs années une fabrique dans laquelle il préparait du blanc de plomb avec le muriate de plomb ; il le décomposait par 1 acide sulfurique, et le sulfate de plomb par le sous -carbonate de soude.
Sulfate de plomb. On peut décomposer ce dernier comme le précédent.
Plomb dissous dans les alcalis caustiques ou l eau de chaux. Les alcalis caustiques ainsi que l’eau de chaux dissolvent beaucoup de plomb; on peut le précipiter par Facide carbonique' gazeux. Alors on sépare la liqueur du dépôt de blanc de plomb. La liqueur peut être employée de nouveau après avoir été rendue caustique par la chaux ; mais si on employait de la chaux il se précipiterait de
la craie avec le blanc de plomb.
5° Sous-acétate de plomb et acide carbonique.
Ce procédé a d’abord été employé en grand, en 180g, dans la fabrique de Clichy près Paris, montée par MM. Brechoz et Lesueur , et qui est maintenant dirigée par MM. Roard et Brechoz ; c’est une fabrique des plus importantes de la France. Elle est fondée sur la propriété du sous -acétate de plomb de céder à l’acide carbonique gazeux une partie de Foxide de plomb qu’il contient. Il se forme du blanc de plomb qui se précipite , et la liqueur devenue neutre peut dissoudre une nouvelle quantité d’oxide de plomb , que l’on précipite de nouveau par un courant d’acide carbonique , et ainsi de suite. Ce procédé est beaucoup plus simple que le procédé hollandais; il donne un blanc de plomb plus blanc , parce que les
ar
exhalaisons du fumier rendent toujours ce dernier un peu gris (1).
On chauffe au rouge de la litharge, afin de dégager l’acide carbonique qu’elle contient souvent (2), et pour détruire la structure cristalline. La litharge devient plus fine, ensuite on la pulvérise.
O11 met dans une chaudière de cuivre 1 partie 1 /2 de litharge avec 1 partie d’acétate neutre de plomb ; on y verse 20 à 2 5 parties d’eau la plus pure possible (5) , on fait bouillir de i5 à 20 minutes, on filtre, on réduit. L’acétate neutre dans cette opération a dissous une nouvelle quantité de litharge , et s’est transformé en sousacétate (4). On laisse alors refroidir la liqueur, et on y fait passer de l’acide carbonique gazeux très-divisé, jusqu’à ce que la liqueur cesse d'être trouble (5) ; l’oxide de plomb
(1 A Griesholm en Suède, un fabricant a pris récemment une patente pour ce procède. D’après la teneur de la patente le proce'dé consiste à précipiter le plomb d’une dissolution de sous-acétate de plomb, par un courant d’acide carbonique provenant de la combustion du charbon, et à sécher par pression.
(2) L’acétate neutre de plomb ne dissout pas le sous-carbonate de plomb. ! a litharge ne doit point contenir de matières végétales telles que delà sciure de bois, etc., parce que ces matières coloreraient le blanc de plomb. La présence du cuivre est également nuisible ; on peut éloigner ce métal de la dissolution d’acétate neutre en y mettant des plaques de plomb découpées.
(3) Eau distillée, ou de l’eau de pluie, ou enfin de l’eau de rivière.
(4) On peut aussi préparer la dissolution de sous-acétate de plomb, en faisant chauffer livres de litharge avec 65 livres de vinaigre de bois à 8° de l’aréomètre. Pour l’acétate neutre il faut seulement 88 livres de litharge. On ajoute avant et après la dissolution un peu d’eau.
(5) L’acide carbonique peut être obtenu ; i° en brûlant du charbon ; 2° en calcinant de la pierre à chaux (sous-carbonate de chaux), 3° en traitant le carbonate de chaux par l’acide pyroîigneux, l’acide
en excès est précipité à l’état de sous - carbonate , et la liqueur devient neutre.
Le liquide surnageant est enlevé du dépôt; on le fait bouillir de nouveau avec de la litharge pour le ramener à l’état de sous-acétate, et on le traite comme précédemment. S’il ne se faisait point de déchet dans la fabrication , la même quantité d’acétate neutre de plomb pourrait servir indéfiniment; mais il faut constamment ajouter un peu de vinaigre pour compenser les pertes. Les dépôts sont lavés d’abord avec de petites quantités d’eau, ensuite avec de plus grandes , et on fait sécher. Les premières eaux de lavage sont ajoutées à la liqueur surnageante enlevée d’abord. Le blanc de plomb ainsi obtenu est en poudre très-fine; il a cet avantage sur le blanc de plomb préparé par le procédé hollandais. Si la litharge contient un peu de cuivre , le blanc de plomb a un rePet bleuâtre.
Le blanc de plomb ainsi préparé est d’un blanc plus éclatant que celui de la Hollande ; sa densité est plus petite , il sèche plus vite , et couvre autant ( Héricart de Thury ). Cependant d’autres assurent qu’il couvre moins. M. Robiquet pense qu’il contient plus d’acide carbonique que celui de Hollande , et cela pourrait expliquer pourquoi il conserve sa couleur blanche plus long-temps avec l’huile.
La partie de la litharge qui n’est pas dissoute par l'acélate de plomb , mais qui pourtant prend une couleur blanche, est un sous-acétate de plomb renfermant beau-
muriatiqne , etc.; 4° en chauffant i partie de charbon et 5 vie manganèse ; 5° par des liqueurs en fermentation. La troisième méthode est préférable aux autres sous le rapport de la pureté de l’acide , mais elle est plus chère ; on peut d’ailleur3 laver à l’eau l’acide carbonique obtenu par les autres méthodes.
coup d’excès de base. On peut le saturer d'acide carbonique par l’exposition à l’air , et l’employer comme blanc de plomb.
En 1811, Chevremont, de Liège, prit un brevet en France pour un procédé semblable. Il dégageait l’acide carbonique en traitant dans des tonneaux du carbonate de chaux par des eaux-mères acidées d’alun. Des tuyaux de plomb conduisaient l’acide carbonique sous un gazomètre d’où , par une pompe , il était injecté dans les cuves renfermant le sous -carbonate de plomb. Ces cuves étaient fermées et disposées comme les vases de l’appareil de Wolf, de sorte que le gaz passait successivement à travers toutes les cuves. Le sous-acétate s’obtenait en traitant directement la litharge par le vinaigre distillé. Le précipité était lavé 5 fois , mis dans les formes, où il restait 3 jours , ensuite il était exposé à l’air pendant i5 jours.
Les premières eaux des lavages étaient ajoutées à la dissolution d’acétate neutre ; celles des deuxième et troisième étaient conservées pour les lavages des opérations suivantes.
Karsteni recommandait la fabrication du blanc de plomb en même temps que celle du minium , parce que le minium contient toujours de l’oxide jaune et de l’oxide de cuivre , que l’on pourrait enlever par l’acétate neutre de plomb ou de l’acide acétique étendu , ce qui améliorerait beaucoup le minium. La dissolution contient du cuivre et du plomb, dont on peut séparer le premier par de la litharge ; mais si on ne sépare pas l’oxide de cuivre, en précipitant par l’acide carbonique, on obtient un précipité vert qui est très-propre pour les couleurs à l’huile.
Munale de plomb et acide carbonique.
Chevremont, de Liège, prit en 1811 un brevet pour le procédé suivant.
On arrose peu à peu , et en remuant , de la lilharge pulvérisée, avec une dissolution saturée de muriate de potasse; après quelques heures la îitîiarge est devenue blanche , et a beaucoup augmenté de volume , le muriate de potasse est décomposé, la potasse est devenue libre, et il s’est formé un sous-muriate de plomb.
Quand le mélangé est complètement blanc on mêle la liqueur avec autant d’eau , et on l’introduit dans des tonneaux cerclés en fer , de manière à ce qu’ils soient remplis aux 2/5. Dans l’espace restant on introduit de l’acide carbonique au moyen d une pompe, et on met la liqueur en mouvement par des agitateurs. L’acide carbonique est rapidement absorbé par la potasse. Il se forme du souscarbonate de potasse qui décompose le muriate de plomb, le change en sous-carbonate de plomb , et il se reforme du muriate de potasse qui sert pour les opérations suivantes. Quand on reconnaît que 1 acide carbonique n’est plus absorbé , on cesse d’en introduire dans les tonneaux; on porte la liqueur dans d’autres cuves; plus tard on soutire la liqueur claire , qui est employée aux opérations suivantes ; mais avant on la réduit dans une chaudière de plomb. Le blanc de plomb est lavé à plusieurs reprises , 1 eau du premier lavage est ajoutée à la liqueur à concentrer, et les eaux des autres lavages sont réservées pour les lavages des opérations suivantes.
blanc I)E plomb.
Matières premières du blanc de plomb .
Plomb et coulage. La qualité du blanc de plomb dépend beaucoup de la pureté du plomb. Il faut surtout qu’il ne contienne point de fer. On préfère le vieux au nouveau; le meilleur est bleu faible, sans résonnance. En Hollande on estime celui de Hull; en Allemagne celui de Bleibeig , près de Fillac, qui ne contient ni argent ni fer, et qui est en général très-pur. Pour être employé dans la fabi ication du blanc de plomb il doit être fondu et coulé en lames. Dans la fusion on doit éviter d’élever trop la température, parce qu il se formerait trop de cendres de plomb (1). On enlève l’écume du plomb fondu , et on le met avec des cuillers dans les formes (2). Koppens fond dans la chaudière décrite plus loin à chaque fois 5, 000 iiv.
Coppens donne la description suivante du coulage : la table sur laquelle on pose les formes est placée devant la chaudière, de maniéré que les deux languettes se trouvent
(1) On ajoute pour ce but de temps en temps du plomb solide qui refroidit celui qui est en fusion. On s’aperçoit que la tempe'rature est trop élevée à la teinte irisée de la surface et à la formation de l’oxide.
(2) Dans d’autres fabriques, le coulage se fait sur du sable ou sur du coutil tendu. Dans ce cas on coule ordinairement de grandes plaques que l’on coupe ensuite , et qui souvent aussi , sont étendues p«r des rouleaux. Le plomb forge n’est pas attaqué aussi vivement , à cause de sa densité. Dans les fabriques d’Autriche on coule le plomb sur des plaques de tôle placées à coté de la chaudière et on les incline vers elle afin que le plomb non solidifié y retombe. Celui qui reste est soulevé facilement et se refroidit dans de l’eau froide. Les plaques de plomb ont dans quelques fabriques 1/2 ligne et dans d’autres 1/4 seulement; dans quelques-unes, une seule remplit unpot; dans d’autres, on en met \ dans chaque pot. 11 est bon que leur surface soit inégale.
at> COULEURS BLANCHES,
en face du bord de la chaudière , et qu il reste de 2 pieds à 2 pieds 1/2 entre la table et la chaudière, pour que le couleur , qui est ordinairement le maître-ouvrier , et qui a ici sa place , puisse se tourner commodément. O11 met les 3 formes qui ont les bords les plus hauts dans la longueur de la table , et on met une planche de 1 pouce 1/2 d’épaisseur et 4 pieds de long dans la même direction sur les deux languettes qui dépassent; enfin deux ouvriers se placent aux deux extrémités de la table, l’un vis-à-vis de l’autre, de manière qu’ils puissent gouverner les formes facilement. Quand tout est ainsi préparé , le maître-ouvrier prend avec la cueiller autant de plomb qu il en faut pour remplir les 5 formes. Pour des tablettes épaisses la cueiller doit être remplie entièrement; mais pour les minces on la remplit seulement à i/o.
Pour enlever aisément le plomb de la chaudière , le maître-ouvrier prend la cueiller près du manche avec la main droite, qu’il préserve de la chaleur avec un morceau de feutre; il pose la main gauche au tiers de la partie supérieure du manche , il se retourne , et verse le plomb en commençant par les formes à main gauche, et remplit en allant de gauche à droite.
Quand la dernière forme est remplie il prend de nouveau du plomb dans la chaudière, et ainsi de suite; pendant ce temps les ouvriers retournent les formes sur la planche qui repose sur les languettes , et posent ainsi successivement les plaques les unes sur les autres. Les* formes sont aussitôt remises en place.
Pendant ce temps le maître-ouvrier a rempli la cueiller, et l’opération recommence comme avant. Mais pour accélérer le travail , et pour que le couleur n’attende pas trop
BLANC DE PLOMB. a7
long-temps , il la ut que les ouvriers travaillent avec les deux mains et avec activité.
Aussitôt qu’il y a une vingtaine de plaques sur la planche, les ouvriers les mettent de côté; à cette fin ils prennent la planche par les deux bouts , et par une secousse en retirant rapidement la planche ils les déposent dans le lieu destiné à les recevoir.
Quand on en a coulé un certain nombre, on observe que le plomb ne se fige pas si vite et reste attaché aux formes , parce que ces dernières se sont échauffées par la répétition du coulage. Pour obvier à cet inconvénient on passe sur les formes un pinceau de moyenne grosseur, mouillé avec de l’eau froide dans laquelle on délaie un peu de craie. On continue alors de couler de 4oo à /f5o plaques , qui constituent le nombre nécessaire pour préparer une caisse. Ordinairement leur épaisseur est de 2 lignes à 2 lignes 1/2. Ce travail peut s’exécuter du matin à onze heures.
Alors les ouvriers changent de formes , et en prennent d’autres avec des bords plus bas , pour y couler des plaques plus minces. Le travail est le même que le précédent , si ce n’est qu’on prend alors 1 /6 de la cueiller de plomb , parce que 6 tablettes minces pèsent moins qu’une tablette épaisse; le travail est aussi plus rapide. Le mouvement du couleur de gauche à droite est accéléré de beaucoup , et les tablettes ne deviennent pas plus épaisses qu’un ducat , et même quelquefois plus minces , ce qui est nécessaire pour qu’elles puissent être roulées en spirales. Aussitôt qu’il y a de 5oà 4o tablettes sur la planche, elles sont mises de côté; mais comme on en fait un nombre beaucoup plus considérable, il faut qu’il règne un certain ordre dans leur arrangement. On les pose sur des
échafaudages de 3 pieds 1/2 de largeur , qui sont formés de quelques planches clouées de 4 ou 6 pouces de distance. De cette manière on met les tablettes en tas les unes à côté des autres, jusqu’à coque la planche soit couverte; les suivantes sont mises dessus , mais dans une direction opposée , de manière qu’elles se croisent , et on continue ainsi jusqu’à ce qu’on ait la quantité nécessaire , qui est ordinairement de 3, 600 à 5,700. Dans le commencement il faut compter les tablettes.
Quand les ouvriers ont une grande habitude et de l’adresse , l’opération du coulage peut être terminée de 5 à 6 heures du soir.
Il faut avoir soin de refroidir de temps en temps les formes avec le pinceau , parce que sans cela les tablettes qui sont sur la planche se colleraient l’une sur l’autre , et on ne pourrait plus les détacher.
Il est nécessaire qu’il reste toujours au moins 2 ou 3oo livres de plomb dans la chaudière, parce qu’il est plus facile d’en prendre commodément; et quand la chaudière est réchauffée pour recommencer le coulage, elle est moins sujette à être brûlée , et dure par conséquent plus long-temps.
Comme le travail de la coulée est très - fatigant , les trois ouvriers terminent cette journée par un travail plus léger; ils préparent la première couche de la caisse à calciner, de la manière suivante. Deux ouvriers commencent par rouler les tablettes minces ensemble; chacun en met à peu près 5o sur une grande table, en prend une sur le tas , la place en longueur droite devant lui , plie le bord en haut, prend ce bord aux deux côtés entre le pouce et l’index, et roule les tablettes en spirales.
BLANC DE PLOMB. a9
Vinaigi'e. Tous les vinaigres qui ne contiennent pas trop peu d acide peuvent être employés; il est bon aussi qu ils puissent encore fermenter , afin qu’il se développe de 1 acide carbonique dans les pots. Cependant il faut qu il soit suffisamment fort. On prend du vinaigre de bière (1), de vin ou de fruits, et principalement du vinaigre de mélasse , de sucre , d’amidon , de raisins secs , de pommes sauvages , de prunes, l’eau sûre des amidonniers, du lait. aigre, etc. A Kaernthen, on prend dans quelques fabriques un mélange de 4 mesures de vinaigre de vin , et 4 mesures de lie de vin; dans d’autres un mélange de 8 livres 1/2 de vinaigre de vin, de 20 livres de lie de vin, et 1 livre de sous-carbonate de potasse. Si on emploie du sous - carbonate de potasse, on mastique les ouvertures des pots. Le résidu de l’opération qui contient de la potasse est vendu aux chapeliers. Grâce prit en Angleterre, en 1 800 , une patente pour la méthode suivante. Il arro sait le résidu des amidonniers , celui des extraits de houblon, ou des marcs de vin, avec des eaux sûres des amidonniers , et des eaux-de-vie des premières distillations (petites eaux) ; après 24 heures il enlevait la moitié de la liqueur, et faisait chauffer le marc. Aussitôt qu’ils étaient suffisamment chauffés il remettait la liqueur, et répétait cette opération jusqu’à ce que le tout devînt acide ( i4 à 1 5 jours ).
On peut aussi prendre du vinaigre de bois , mais il faut
(0 En Holl ande on prend ordinairement du vinaigre de bière : Coppens emploie à chaque opération 1,200 pots ( 4 pots valent 5 pintes de Paris). En Angleterre on prétend que pour la meilleure espèce de blanc de plomb , on emploie, au lieu de vinaigre de malt, du vinaigre de houblon. Dans la fabrique de Newcastle on emploie du vinaigre de sirop de sucre.
3o COULEURS BLANCHES,
qu’il soit dégagé de son huile empyreumatique , qui altérerait la couleur du blanc de plomb.
Fumier de cheval ou tan . Il faut que le fumier soit à paille longue , et le plus frais possible , pour qu’il puisse produire beaucoup de chaleur; le tan est employé dans plusieurs fabriques, à la place du fumier. En Angleterre Fisvik, près Newcastle, est le premier qui l’ait employé; il prit pour cet objet une patente en 1787. Il a 1 avantage sur le fumier de ne pas noircir aussi facilement le blanc de plomb* On a aussi recommandé de la paille en fermentation.
Substance que l’ on ajoute au blanc de plomb .
Dans quelques fabriques on ajoute au blanc de plomb un peu de noir d’os , pour lui donner une faible nuance grise; mais les additions ordinaires consistent en matières blanches destinées à en augmenter le poids.
Plâtre (sulfate de chaux). On choisit le plâtre blanc le plus fin. Ce mélange ne couvre pas autant que celui qui contient de la craie ; mais avec 1 huile il ne devient pas aussitôt jaunâtre.
Causauran , à Paris , prend de 1 albâtre qu il chauffe jusqu’à ce qu’il tombe en poudre , le mêle alors avec un égal poids de craie de Champagne , 1 arrose avec de 1 eau, et remue souvent , écume les impuretés qui nagent sur la liqueur , et quand il n’en paraît plus ( après 8 ou 10 joui s ) il laisse écouler l’eau , tamise le mélangé , et dans une autre cuve l’arrose deux fois avec de 1 eau fraîche, et apres 5 ou 6 jours le met égoutter dans des paniers d osier G ou 7 jours. À la fin cette matière est mise sur des planches à sécher, où elle devient avec le temps toujours meilleure. On mélange 1 à 2 parties de cette matière avec 1 partie, de blanc de plomb; mais avant le mélange on lui fait
BLANC DE PLOMB. 3t
subir le traitement suivant. On la ramollit avec de Peau , on lave ( 1000 livres) avec de beau dans laquelle on a dissous sel de cuisine (20 livres) et soude (20 livres), on la passe d abord dans un tamis de crin , et ensuite dans un tamis de soie.
Craie. On estime davantage pour cet objet la plus blanche , la plus line et la plus lourde. Avant de l’ajouter au blanc de plomb on la bat, ou on la passe par décantation, et on la met au moulin. Sa présence est toujours nuisible au blanc de plomb , parce qu’avec l’huile elle devient promptement jaune. Cependant 1/12 de blanc de craie améliore le blanc de plomb quand il doit servir à la peinture de décors , parce qu’il s’étend moins sous le pinceau. Pour les sortes très -fines, on peut blanchir la craie avec de l’acide muriatique très -délayé. Dell’Armi recommandait le lavage avec de l’eau acidée par l’acide muriatique ainsi qu’avec le vinaigre délayé, pour rendre les céruses ordinaires aussi blanches que les meilleurs blancs de plomb de Krems.
Sulfate de barite. En Tyroî on fait une espèce de blanc de plomb composé de beaucoup de sulfate de barite, d’une terre argileuse blanche très-fine , et très-peu de plomb. On le nomme en Autriche blanc de plomb de Tyrol. Dans la plupart des fabriques allemandes on ajoute également du sulfate de barite au blanc de plomb.
D’après Marcel de Serre, dans les fabriques d’Autriche le blanc de plomb qui se précipite dans les dernières caisses à laver est séché avec soin , et vendu sous le nom de blanc de Krems. Le précipité des autres caisses forme avec le sulfate de barite les sortes suivantes :
Blanc de plomb de Venise. Égale partie de blanc de plomb et de sulfate de barite.
Blanc de plomb de Hambourg. Une partie de blanc de plomb pur, et deux parties de sulfate de barite.
Blanc de plomb hollandais. Une partie de blanc de plomb pur , et trois parties de sulfate de barite. Pour les blancs inférieurs on prend jusqu’à 7 parties de sulfate de barite pour une partie de blanc de plomb.
Le sulfate de barite est tiré du Tyrol et de Styrie. On chauffe au rouge le premier, afin qu’il se divise plus facilement, et on le passe au moulin. Le dernier ne peut pas supporter cette opération , parce qu’il contient de l’oxide de fer qui , par la chaleur, prendrait une couleur jaunâtre. Ce dernier est en général inférieur à celui du Tyrol. On ajoute aussi au blanc de plomb du muriate de plomb ^ et de l’oxide de bismuth. ( Voyez pour la préparation de ces différentes substances le premier volume ).
q° Falsifications du blanc de plomb .
Le blanc de plomb qui paraît dans le commerce n’est jamais pur. Toujours il contient différentes autres couleurs blanches. On reconnaît la présence de la craie et d’autres terres en faisant rougir fortement dans un creuset avec de l’huile et de la résine, ou du charbon. Le plomb est réduit et les matières terreuses restent.
On reconnaît la présence du sulfate de barite en traitant le blanc de plomb par l’acide nitrique. Les sous-carbonates de plomb de chaux se dissolvent, et le sulfate de barite reste ainsi que le plâtre et la silice.
On reconnaît la présence du muriate de plomb en traitant par l’acide acétique , et faisant rougir le résidu avec de la potasse et du charbon. Si on obtient des grains de
plomb , c est une pieuvc cpie le blanc de plomb essayé contenait du muriate de plomb.
io° Usage du blanc de plomb.
Le blanc de plomb est principalement employé dans la peinture à 1 huile , parce qu’il a l’avantage de couvrir beaucoup et de jaunir moins avec le temps que les autres couleurs blanches : cependant il faut pour cela qu’il ne contienne point d acide , ce qui arrive rarement quand il a été préparé par le sel marin. Pour empêcher le jaunissement a 1 air, il est bon de lessiver plusieurs fois le b lu ne de plomb avec de l’eau , si on doute qu’il contienne encore de l’acide. Il a l’inconvénient de brunir par l’hydrogène sulfuré.
Comme 1 emploi de cette substance est d’ailleurs souvent dangereuse pour la santé , il serait à désirer qu’on pût la remplacer par une autre qui n’aurait pas ces in~ convéniens.
1 1 Etat de la fabrication du blanc de plomb dans Quelques
pays .
Allemagne. La première fabrique de blanc de plomb paraît avoir été formée à Krems , mais elle a disparu depuis long-temps. Maintenant l’Allemagne en possède de très-considérables à Klagenfurt (î) , et plusieurs aux environs de Vienne et de Sillach , qui en partie sont patentées et qui travaillent par des procédés nouveaux. Il
(i)En 1823 L. Varbollan et J. Brucks obtinrent une patente pour ta fabrication du blanc de plomb sans vinaigre et qui n’exige que 4 à 5 jours. Jos. V. Saurimont à Munkerndorf avait déjà pris avant une patente pour la fabrication du blanc de plomb sans vinaigre et sans acide sulfurique.
Tom. II. 3
y a en outre des fabriques considérables dans plusieurs villes d’Allemagne , principalement à Schveinfurt ( une d’elles livre annuellement 3ooo quintaux), à Osterode, h Heilbronn , sur le Nékre , à Berlin ( dans ces dernières années le travail avait été suspendu ) , à Eisenach , à Schleusingen.
Hollande. Le blanc de plomb de Hollande était le plus renommé après celui de Venise; mais nouvellement il a été surpassé par celui d’Angleterre, et maintenant les fabriques d’Allemagne et celle de Clichy livrent des produits d’aussi bonne qualité. Il y a des fabriques à Amsterdam , à Piotterdam , Sehiedam, Dordrecht, Vormerveer, etc. Décemment, depuis que l’introduction en France a été soumise à des droits et que les fabriques allemandes se sont multipliées, un grand nombre de ces fabriques ont été fermées. Il y a également plusieurs fabriques en Belgique, nommément à Liège.
L’Italie livrait autrefois au commerce du blanc de plomb très-lin qui était préparé principalement à Venise , ou en 1809 il y avait encore une fabrique. A Milan il y a une fabrique , à Rome il y en avait une pendant l’occupation des Français.
France. Après la révolution, le gouvernement chercha à favoriser la fabrication du blanc de plomb en France en proposant des prix, mais sans succès , et quand la Hollande fut réunie à la France , cette branche d’industrie disparut dans ce dernier pays : elle n’y existerait peut-être pas encore si la fabrique de Clichy 11’avait pas été exploitée par un procédé aussi avantageux, et n’avait pas surmonté une fouie d’obstacles. Cette fabrique livre maintenant du blanc de plomb de très-belle qualité , et a un débouché considérable. Avant son établissement, la France
tirait de la Hollande pour plus de4oo,ooode francs de blanc de plomb. En 1820 1 introduction du blanc de plomb en tablettes ou en pains fut prohibée , et on permit seulement l’entrée de celui qui était en poudre. En même temps il était interdit aux fabricans de l’intérieur de livrer leurs produits en pains, attendu que le travail nécessaire pour cet objet était nuisible à la santé des ouvriers.
Plusieurs fabriques se sont élevées en France , d’après fa méthode hollandaise : les principales sont celles de M. Lefèbvre et compagnie, et A. M. Fauze à Vazennes ( Nord ) ; de M. Dupré fils et compagnie à Paris , et celle de MM. Mouvet et Mathieu à Orléans (Loiret). A l’exposition des produits de l’industrie française de 1827, MM. Lefebvre ont obtenu une médaille d’argent , et M. Fauze une médaillé de bronze : les premiers fabriquent annuellement 5oo,ooo kih de céruse.
L’Angleterre Sivre également au commerce de très-belle ceruse, et en exporte broyée à l’huile de lin par des machines à vapeur.
Description d’une fabrique de céruse hollandaise (d’après
Goppens).
Fourneau a fondre, La chaudière est conique et en ionte,* elle a 5 pieds de large à la partie supérieure, 2 pieds 1/2 dans le bas, 2 pieds de hauteur; au fond 5/4 de pouce d’épaisseur, et dans le haut seulement 0/4- Il faut que le fourneau soit solidement bâti, parce que la chaudière pèse de 4 à 5 quintaux, et que le plomb en fusion produit une forte pression. Le foyer est placé du niveau du sol , afin que la chaudière ne soit pas ii op elevee , celle-ci est disposée de manière que la
flamme circule autour. Pour la grille on peut prendre de forts cylindres, parce que les barres se plient trop facilement par la chaleur; dans le haut de la chaudière on peut placer un chapeau en tôle pour recevoir les vapeurs qui émanent du plomb et les évacuer.
La figure ire représente une élévation de cet appareil :
A , fourneau ; B , chaudière ; G , porte du cendrier ; D, mur mince qui porte le chapeau de tôle; E, chapeau qui embrasse le derrière du fourneau ; F , double cheminée, dont l’une évacue la fumée et 1 autre les vapeurs de
plomb.
Table à fondre. 5 pieds de long, 2 pieds 1/2 de large,
5 pieds de haut, rebords de 4 pouces dans le haut. Cette cavité est partagée en 5 parties égales par deux barres de fer plates de 2 pouces de large , et de quelques lignes d’épaisseur, qui sont placées sur le bord supérieur de la table , elles servent pour tenir les formes; les deux rebords les plus courts qui forment la cavité , avancent d’un côté
de 8 h 9 pouces.
Formes à couler. Boîtes carrées, longues, en tôle de 1/2 ligne d’épaisseur, 5 pieds 5 pouces de long , 5 pouces de large, et avec un rebord de 2 à 5 lignes. Elles se terminent en pointe et ont un manche de bois ; à chaque coulage il en faut 6 , dont 5 à 2 lignes de rebord , et 3 à 3 l^nes de rebord; on verse le plomb dedans, et on les vide quand il est refroidi.
Cuillère a couler. Demi -ronde , en tôle de fer, 6 pouc. de large, 3 pouces de profondeur, avec manche en
bois.
Tables à rouler les plaques. Deux tables assez hautes pour qu’on puisse y travailler debout.
Pots en argile cuite. 7 pouces de haut , diamètre supé-
rieur 5 pouces i /2 , dans le bas 5 pouces ; 4 à 5 lignes d’épaisseur, et d’une forme ronde. Dans l’intérieur, à i/3 de la hauteur, il y a trois appendices en argile , sur lesquels s’appuie le plomb roulé ( dans quelques fabriques on emploie des grilles en bois). On met dans chaque rang qoo pots , et dans chaque caisse 4 rangs 3,6oo, et dans les 5 caisses 18,000.
Mesure de cuivre pour le vinaigre. 3 pouces de large ,
2 1/2 de profondeur, et garnie d’une anse.
Divers objets et ustensiles . 2 5o à 5oo planches de sapin ou de chêne de 1 2 pieds de long et de 1/2 pouce d’épaisseur.
4 forts baquets à anses , de 2 pieds de diamètre et 1 pied de profondeur , deux plus grands de 3 pieds de diamètre , et 2 pieds de profondeur , 1 o paniers d osier , larges de 1 pied 1/2 de profondeur; quelques spatules en bois longues de 1 pied; 6 seaux de bois d’une grandeur ordinaire , balais , fourches à fumier.
Dans l’atelier du moulin : deux tables en pierre de 18 à 20 pieds de longueur, placées à la suite ou en plusieurs pierres séparées , et devant une fenêtre.
Le milieu de cette table est formé par des pierres de taille de 6 à 8 pieds de long , 5 pieds de largeur et^ 6 pouces d’épaisseur placées en long contre le mur: les deux côtés sont formés de planches de chêne de 2 pouces d’épaisseur et de 5 à 6 pieds de longueur. Ces 3 tables reposent sur de petites murettes de la largeur d’une brique , et sont assez élevées pour qu’on puisse y travailler commodément. Sur les bords des deux tables en bois s élève une forte caisse en bois de 4 pieds de haut, qui est ouverte par le haut; les parois des côtés sont inclinées de bas en haut , et du dedans en dehors. C’est sur ces tables que l’on détache le blanc de plomb des plaques.
On emploie aussi plusieurs passoires en fer-blanc dont les trous ont de i ligne à 1 ligne 1/2 de diamètre (4 suffisent). On lait des battoirs d’un pied de long, 6 pouces de large et 6 pouces d’épaisseur; iis sont ronds par un bout , plats de l’autre , et garnis d’un manche de 8 pouces; du manche vers ies extrémités ils diminuent d’un pouce en épaisseur.
Lits de fumier , ou étuves . Les bâtisses dans lesquelles ont met les pots ont, d’après Coppens, 68 à 70 pieds de longueur, 20 pieds de largeur, et 20 pieds de haut : les fenêtres doivent être élevées.
O11 fait de la manière suivante les chambres en bois dans lesquelles on met les pots de 5 à 6 pouces.
On implante le long du mur du fond , et verticalement, des pièces de bois éloignées l’une de l’autre de 5 pieds : l’extrémité supérieure est fixée aux poutres, et la partie inférieure entre de 2 pieds dans la terre. Perpendiculairement au même mur , on place des pièces de bois semblables, fixées sur les mon ta ns adossés au mur par un bout, et appuyées de l’autre sur d’autres montans plantés en terre; on divise ainsi toute la longueur en 5 parties; il doit rester un passage de 6 pieds en avant des divisions , pour la facilité du travail.
On enlève la terre dans chaque division à 1 pied de profondeur pour en augmenter la capacité; on forme les cloisons avec des planches en chêne de 2 pouces d’épaisseur, et on les élève de 9 à 10 pieds; mais on laisse la partie du devant entièrement libre jusqu’à ce que le travail soit commencé; après on cloue, sur ies parties latérales des montans du devant , deux fortes lattes éloignées de deux pouces , qui forment une coulisse dans laquelle on glisse ies planches qui doivent fermer le de-
vaut de la caisse. Le fond des caisses doit être parfaitement sec, pour cela on y met ordinairement 1/2 à
de chêne.
Les caisses ont ordinairement de i3 à 14 pieds en
carré.
La figure 2 est une perspective de cet arrangement :
g, planches qui ferment le derrière des caisses ; h9 planches qui forment le devant ; i, chemin de communication , il a 6 à 8 pieds de large ; la première caisse k est vide et a seulement des bords de fumier m; la seconde contient une rangée de pots n , on y voit la paroi de fumier 0 ; dans la troisième sont des pots couverts avec des tables épaisses de plomb p ; et dans le quatrième elles sont couvertes de fumier q , et la caisse est terminée; s , 1,2, 3, 4 > échelle planches et lattes que les ouvriers emploient pour monter sur les caisses.
Travail des étuves à fumier. Quand le coulage du plomb est terminé , les ouvriers qui ont fait le travail préparent encore le même jour les étuves et en garnissent les bords. Pour cela ils prennent seulement du vieux fumier de cheval qui a été déjà en fermentation , et qui a servi à l’opération précédente.
Mais si on opère pour la première fois , on fait sécher pendant 2 à 3 semaines du vieux fumier de cheval à paille courte.
Le maître-ouvrier entre dans la caisse tandis que les autres ouvriers apportent le fumier et le déposent au milieu de la chambre. Le maître ouvrier commence par le placer au bord et d’un côté de la chambre , il en prend autant qu’il en peut contenir dans les deux mains, et garnit
ued de sable, et on le recouvre de planches de sapin ou
4o COULEURS BLANCHES,
les parois à 1 pied de haut et 1 à 2 pieds de large, alors il le presse avec les mains et les genoux pour former une masse serrée,* il continue ainsi jusqu’à ce qu’il ait atteint
5 pieds de hauteur avec une épaisseur de 9 pouces à 1 pied.
Aussitôt que les ouvriers ont apporté une suffisante quantité de fumier ils aident le maître-ouvrier à finir la garniture de fumier : celle de la face de devant se fait la dernière , on la garnit successivement des planches qui sont destinées à la fermer, en les faisant glisser dans les coulisses dont nous avons parlé. Cette première couche de fumier peut servir pour plusieurs opérations.
Quand les couches des bords sont terminées le maîtreouvrier reste dans la chambre, et les deux autres ouvriers apportent du fumier frais à longue paille préparé.
La préparation qu’on fait subir à ce fumier consiste à rhumecter tous les jours une fois. Si on a la quantité nécessaire pour une chambre, on verse une trentaine de seaux d eau, ou mieux, d’urine de cheval, et on le retourne fortement pour qu’il soit uniformément mouillé. Ce travail doit être répété 3 à 4 jours de suite, le fumier est alors propre à une bonne fermentation.
Les ouvriers le jettent dans la chambre , et pour ne pas déranger la couche de fumier du devant, on fait tomber le fumier sur des planches inclinées, appuyées sur la partie supérieure de la couche de fumier sec du devant. Le maître-ouvrier le prend avec une fourche , le divise
et le place contre le bord du derrière en commençant par la gauche, et forme une couche de même hauteur que le bord du lumier sec et en faisant toujours la tranche inférieure plus large que la tranche supérieure. Il continue ainsi jusqu a ce qu il arrive au bord du devant; il sort
alors de la caisse , enlève les planches qui sont sur ce bord, remplit le reste de la caisse de la même manière»
Aussitôt que toute la couche est formée, le maître-ouvrier met 2 planches légères de 10 pieds de long dans la direction des cloisons , Tune est placée sur le bord gauche , et l’autre à une distance de 3 pieds sur le fumier frais.
Alors il marche sur les planches de manière que son visage soit tourné vers le fond de la chambre. Les deux ouvriers apportent les pots , ils en prennent 3 de chaque main en mettant les doigts dedans, et les jettent entre les jambes du maître-ouvrier qui en prend 2 de chaque main, et qui les met serrés et droits sur le fumier frais, en commençant par le côté de derrière de la chambre et continue entre les deux planches jusqu’au bord du devant.
Il enlève alors la planche du bord gauche et la pose sur les pots placés , et glisse la seconde planche 3 pieds plus loin vers sa droite. Le fumier qui avait été un peu pressé par la dernière planche est soulevé avec la fourche , on pose une seconde rangée de pots entre les planches , et 011 continue jusqu’à ce que cette rangée soit terminée.
La surface des pots rangés devient au niveau des bords du fumier sec tassé d’avance contre les parois de la chambre, parce qu’ils sont placés dans du fumier moins tassé. Les pots doivent être solidement placés et de manière qu’ils se soutiennent mutuellement ; par conséquent il ne faut pas qu’il reste d’espace vide entre eux. Quand on s’aperçoit qu’ils ne sont pas solides on y intercale un ou plusieurs autres pots.
Il laut que vers le milieu les pots soient 1/2 pied plus haut que vers les bords , ce qui se fait naturellement lors-
4a COULEURS BLANCHES,
qu’on a donné à la couche de fnmjer une plus grande hauteur au milieu. Si on néglige cette précaution , il se fait un affaissement au centre , et on trouve à la fin de l’opération beaucoup de pots cassés.
La chambre étant ainsi préparée , on cesse pour cette journée. Dans l’hiver on peut commencer la préparation de la couche de dessous le lendemain du coulage, ce jourlà on se contente de rouler les plaques.
Le matin du jour suivant le maître- ouvrier met des planches sur les pots pour monter dessus. Les deux ouvriers apportent alors le vinaigre. Les baquets sont posés sur la première couche; le maître-ouvrier le répartit dans les pots à l’aide de la petite mesure dont nous avons parlé; après on y met les plaques de plomb roulées de manière qu’elles ne touchent pas le vinaigre.
Quand les 2 ouvriers ont apporté la quantité de vinaigre suffisante, ils apportent les plaques de plomb roulées; quand il y en a une avance suffisante, les 5 ouvriers les; placent dans les pots ; quand ils sont tous remplis ils apportent les plaques épaisses, qui sont placées par leurs; | faces unies sur les pots, de sorte que les pots paraissent il couverts d’une seule plaque.
Immédiatement après on apporte des planches de chêne ou de sapin d’un demi-pouce d’épaisseur, qui ont la longueur nécessaire pour couvrir les pots sans toucher les bords du fumier sec. Ces planches sont mises à côté les unes des autres , de manière qu’elles recouvrent entièrement la couverture de plomb. Sur cette couverture on répand 1/2 botte de paille, ainsi que quelques gâteaux de fumier.
Pour se faire une idée de ces gâteaux il faut savoir que quand on démonte une chambre on trouve sous les pots, que le fumier, qui était élevé de 2 à 5 pieds, est devenu dur,
et a seulement alors une épaisseur de quelques pouces ; la 1 dureté du fumier est alors telle qu’il est sec , et s’enlève par plaques. Ces gâteaux servent pour être placés sur les joints des planches.
On évite ainsi que le fumier que Ton place pour former une seconde couche de pots, n’égoutte dans les premiers. Alors on apporte du vieux fumier sec, et on continue S à former les bords d’une seconde couche en suivant les mêmes procédés; cependant avec la différence que les bords de la deuxième, troisième et quatrième couches ; sont seulement élevés de 2 pieds. Le fumier frais qui sert aux couches de dessous ne doit pas dépasser les bords , et doit être, comme 011 l’a déjà dit, un peu plus haut au ! milieu que vers les bords.
Quand la quatrième couche est terminée on la couvre, ou, suivant l’expression reçue, on met le chapeau. Quand I le maître-ouvrier a recouvert la quatrième couche , les } ouvriers montent sur la chambre voisine qui a été dé~ i montée ; iis trient le fumier qui a servi à en faire le chapeau, et jettent le plus mince , qui ne sert plus et qui est vendu.
! Celui qui a encore une moyenne longueur, et qui a encore plus ou moins d’humidité , est conservé pour former les bords; mais le plus long, qui est ordinairement le plus « sec , se conserve pour le milieu.
Les ouvriers remplissent d’abord leurs paniers avec le fumier destiné aux bords , et le jettent dans la chambre qui est près d’être finie. Le maître - ouvrier termine * comme s’il voulait faire une cinquième couche, mais il donne seulement aux bords une hauteur de 1 pied. Alors il met 2 pieds de fumier long au milieu, de manière que l’épaisseur aille en diminuant vers les bords.
Quand cette couverture est faite il met à une distance
de 5 pieds , et suivant la direction du bord du devant , une planche, rehausse le bord d’un pied environ, et remplit le vide entre la planche et le bord avec le même fumier court, en rehaussant toujours la couverture vers le milieu de la caisse. Alors il place la planche 5 pieds plus loin , rehausse le fumier qui a été pressé par elle , et continue ainsi , en finissant d’abord les rangées de côté entre les bords et la planche , et remplissant ensuite le vide. Par ce moyen on peut finir le chapeau en changeant 4 fois la place de la planche. A chaque fois on emploie 12 à i5 paniers de fumier.
Quand la planche a été poussée pour la quatrième fois on finît d’abord le bord du devant, et ensuite ce qui manque encore au bord le plus éloigné ; après 011 tire en 2 ou 5 fois la planche par la face qui donne sur la chambre voisine, on rehausse chaque fois le fumier qui a été pressé par elle , et on remplit les vides de la même manière. Quand la planche est entièrement retirée , le maître-ouvrier marche sur la caisse voisine , et finit le bord restant , remplit tous les vides , jette encore un peu de fumier vers le milieu. Le chapeau fini doit présenter une surface j courbe, plus élevée au centre que vers les bords d’environ ï 1 pied.
La hauteur d’une chambre montée est de 1 1 pieds.
En été, 3 ouvriers suffisent pour monter une chambre j en un jour, et en hiver il faut 1 jour 1/2.
Démontage d' une chambre. 4 à 5 jours après le montage 1 d’une chambre , on aperçoit des exhalaisons plus ou moins § fortes à sa surface, et les planches de devant sont tièdes. C’est une preuve que le fumier est en fermentation, jj Mais quand la chaleur n’est pas sensible, ou dure seule- if ment 1 ou 2 jours , il est à craindre que la corrodation du A
plomb ne soit pas complète. Si au contraire elle est forte, et dure plusieurs jours , c’est un signe que l’opération va bien.
Dans cet état on abandonne la chambre à elle-même ; comme il y en a 5 , chaque semaine on en démonte et on en établit une.
Pour démonter une chambre on commence par enlever le fumier qui forme le chapeau, en commençant par le derrière. Ce fumier est trié, pour séparer celui qui doit
être employé pour la chambre suivante. Lorsque la couverture de planche du quatrième rang est dégagée , on enlève le fumier des bords, et jusqu’à 4 pouces au-dessous du niveau des planches; on balaie en longueur, on rejette sur les bords inférieurs les ordures , et on lève les planches les unes après les autres. La dernière ne s’enlève que quand l’ouvrier est sorti de la caisse.
La couche de plomb est blanche , et quand l’opération a bien réussi , on n’aperçoit plus un atome de plomb.
On laisse découvert pendant 1 ou 2 heures; il vaut mieux découvrir le soir , et continuer le travail le lendemain, i° parce que le blanc de plomb chaud étant trèsfriable , et n’acquérant quelque solidité que par le refroidissement, il serait à craindre que le blanc de plomb des plaques horizontales ne se détachât de luimême en les levant; 20 parce que les vapeurs qui se dégagent sont très-nuisibles aux ouvriers.
Mais quand, par le refroidissement, les vapeurs ont dis paru , efc que le blanc de plomb s’est solidifié , on met une planche par-dessus , et un ouvrier qui tient un petit balai d’une main et de l’autre une pelle, balaie les ordures et le fumier qui a passé à travers les rainures des planches.
Après , un ouvrier place a côté une auge de 5 pieds de long , 2 de large , et 4 à 5 pouces de hauteur, dans laquelle les autres mettent toutes les tablettes , qu’ils enlèvent avec les deux mains aussi doucement que possible, en commençant du côté du devant de la couche.
Ces tablettes sont ordinairement entièrement changées en blanc de plomb, et se cassent aussitôt qu’on les touche; il est alors assez rare que l’on puisse enlever une plaque sans la casser quand elles n’ont pas été suffisamment refroidies.
Quand l’auge est pleine, elle est portée par les 2 ouvriers dans l’atelier où l’on bat le blanc de plomb; ils la versent sur les tables de pierre , devant lesquelles se trouvent 2 ouvriers qui cassent les tablettes avec les mains , séparent le plomb métallique , et mettent de côté les plus beaux morceaux , qui sont vendus sous le nom d’écaiiles de blanc de plomb (blanc d’argent).
On peut à chaque opération en obtenir de 5 à 4oo liv. ; mais comme cette matière contribue beaucoup à la beauté du blanc de plomb , on peut en mettre de côté seulement îoo livres.
L'ouvrier enlève le plomb séparé , avec- une planche, et le fait tomber dans la caisse placée à côté. Quand il a assemblé une quantité suffisante de plomb non calciné, il prend 8 à îo pièces , les met l’une sur l’autre, les frappe jusqu’à ce que le blanc de plomb soit détaché, et les met de côté pour le prochain coulage.
Pendant ce temps-là on apporte sucessivement toutes i les tablettes épaisses. On répète le même travail avec les I plaques roulées, que l’on transporte dans de petits baquets 1 en les cassant et les pressant. Ils prennent un pot après ? l’autre , le posent avec son rebord sur le bord du baquet.
et le penchent de manière que le fond soit plus bas que 1 ouverture. Cela est nécessaire , parce que souvent il se trouve dans le fond un liquide brun; si on penchait trop le
pot , une partie de ce liquide s’écoulerait et salirait les rouleaux.
L’ouvrier tient le pot avec la main gauche , et prend le rouleau avec le pouce et l’index de la droite. Dans les bonnes opérations un rouleau se casse, et une partie reste dans le pot; dans ce cas on enlève avec une spatule la partie qui reste, ainsi que les fragmens secs; mais on laisse ceux qui sont tombés dans les liquides.
Quand les baquets sont pleins on les vide sur les tables de pierre; on traite les rouleaux comme les plaques épaisses , avec la seule différence qu’ils ne donnent pas d’écailles , et qu’il faut les dérouler quand ils ne sont pas entièrement calcinés. On met également 9 ou 10 plaques non entièrement calcinées l’une sur l’autre, et on les frappe pour détacher le blanc de plomb.
Mais avant que l’on vide les baquets on range les pots vides ; ceux dans lesquels il ne reste rien sont mis vis à-vis des chambres , l’ouverture en haut. Ceux qui sont trop sales sont lavés.
Quelques-uns contiennent un suc brunâtre provenant d’une incomplète fermentation du fumier qui n’a pas développé assez de chaleur.
Dans quelques pots on trouve une matière sirupeuse qui n’est que la matière extractive du vinaigre. Cet extractif est un indice d’une lente et continue réduction , ce qui annonce un bon produit. Cependant il est toujours avantageux qu’il y ait peu de pots à laver, parce que c’est une preuve d’une forte calcination; alors les faces exté-
rieures des tablettes ont des taches noirâtres , mais qui ne
pénètrent pas dans le blanc de plomb.
C’est le but auquel on doit chercher à parvenir, et on est heureux quand tous les pots ont réussi , parce qu’on n’est pas maître de diriger la chaleur. Le blanc de plomb ainsi obtenu ne prend jamais une teinte jaune au broyage, il a plutôt dans sa cassure une nuance bleuâtre que l’on recherche dans le blanc de plomb.
L’opération de détacher le blanc de plomb des plaques étant très-laborieuse , les 5 ouvriers qui en sont chargés ne font pas ce travail aussi vite que ceux qui démontent la chambre, de sorte qu’il reste à ces derniers assez de temps pour découvrir la couche suivante.
On procède pour les autres rangées de pots comme pour la première.
Les pelotes de fumier sont mises dans des paniers d’osier de 3 pieds de long , de 3 pieds de large , et de 6 pouces de bords. Les 3 ouvriers les frappent doucement sur ce panier, et les jettent lorsque tout le blanc de plomb qui est tombé en enlevant les plaques de dessus a été séparé ; mais celles où le blanc de plomb tient fortement restent dans les paniers.
Un seul panier suffit ordinairement pour les 4 couches; dans le cas contraire on le vide dans une des grandes auges , et on lave le tout après que les pots ont été nettoyés. Du reste on retient quelques pelotes et on sépare le plus long fumier; les premiers sont destinés pour couvrir les rainures des planches , et les derniers servent pour former les rangées ; le plus court est mis de côté et vendu.
Si les ouvriers qui battent les planches de plomb n’ont pas terminé leur travail , ceux qui ont fini le démontage
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de la chambre s occupent du lavage des pots qui ne sont pas propres ; mais aussitôt que tout le blanc de plomb a été séparé du plomb non calcine , les ouvriers entreprennent la seconde coucher ceux qui ont défait la première prennent la place aux tables à battre, et alternent ainsi jusqu’à la dernière couche.
Ce changement est très-nécessaire, car la poussière qui s’échappe du blanc de plomb dans le battage est trèsnuisible; pour s’en préserver les ouvriers s’enveloppent d un mouchoir la bouche et les narines. Ceux qui négligent cette précaution sont souvent attaqués de coliques de plomb.
La chambre est vidée par la méthode précédente , avec la précaution de laisser les bords inférieurs , qui peuvent servir pour plusieurs opérations. A la tin on nettoie le chemin , on remet les ustensiles à leur place , et le restant des ouvriers qui ne travaillent pas aux bancs aide à laver les pots sales.
Pour faire cette opération ils sont assis sur des trépieds placés autour d’une grande auge remplie aux 2/3 avec de l’eau. Ils mettent dedans 8 à 10 pots à la fois pour qu’ils trempent, enlèvent avec une spatule de bois le blanc de plomb et la matière extractive , et les récurent propre ment; après ils rangent les pots renversés. On recueille le blanc de plomb qui reste au fond de Fauge.
Si on trouve des pots dans lesquels la matière extractive du vinaigre soit durcie , on y met de l’eau , et on les laisse 2 à 3 jours. Quand tous les pots sont lavés et secs, on les met avec les autres. Les ouvriers cherchent dans le fumier mis de côté le blanc de plomb qui pourrait encore s’y trouver.
Le blanc de plomb séparé des ordures par le lavage est
Tom IL 4
go COULEURS BLANCHES,
encore impur, et doit être lavé de nouveau. Quand on a enlevé l’eau , un ouvrier le lave à l’eau courante , qui enlève le reste des matières étrangères qu’il peut contenir.
Le lavage des pots et du fumier produit une quantité plus ou moins grande de blanc de plomb. Ordinairement on n’en retire que 10 livres, mais quelquefois de 5o à 60.
Souvent on trouve des tablettes roulées, humides et couvertes de saletés , ce qui provient de ce qu’elles tombent dans le vinaigre quand les supports manquent. Quand les rouleaux ne sont pas trop sales on les fait sécher à l’air libre, et on les mêle avec les autres; mais dans l’autre cas on les laisse dans les pots et on les lave en même temps.
On voit d’après ce qui précède que 5 ouvriers sont nécessaires pour démonter une chambre,
Tout le travail dure ordinairement de 1 jour 1/2 à 2 jours; après, 4 ouvriers se mettent aux bancs où est le magasin de blanc de plomb. Un d’eux prend une certaine quantité de blanc de plomb, 10 livres par exemple; il le frappe d’une main avec un battoir, tandis que de l’autre il le ramasse avec une planche.
Quand le blanc est assez battu, l’ouvrier placé h côté le passe dans un tamis de tôle qu’il agite sur un châssis de bois.
Ce châssis a la forme d’un carré long ; il est formé de 4 planches réunies par leurs bords , et a 5 à 6 pouces de hauteur. Il faut qu’il soit assez long pour ne pas gêner les <; mouvemens de l’ouvrier. Le tamis dépasse seulement d’un l pouce les bords supérieurs des planches de côté , et pour | qu’il puisse être plus facilement agité, on garnit la partie ; supérieure des planches d’une bande de fer.
Le blanc qui reste sur le tamis est battu de nouveau; mais i.g
BLANC DE PLOMB. Si
celui qui reste après le deuxième battage est mis dans une des grandes auges , ainsi que les petits morceaux de plomb qui restent encore attachés après. Ensuite, les ouvriers lèvent le châssis, et coulent à l’aide d’une petite planche ce qui a passé, dans la caisse située au côté droit du banc*
On continue ainsi jusqu’à ce que toute la matière ait été battue 2 fois, tamisée, et passée de la caisse droite dans la caisse gauche; ensuite on remet sur le banc celui qui avait été mis de côté , on le bat fortement , on sépare le plomb , on tamise , et cette matière est mêlée avec l’autre.
Pour battre tout le blanc de plomb d’une calcination il huit 1 jour 1/2 à 2 jours; alors on pèse toute la masse, et on la porte dans le grand magasin , qui ordinairement est assez grand pour contenir de 5o à 60,000 livres; car le cas n’est pas rare que l’on ne puisse pas moudre dans les 2 mois les plus rigoureux de l’hiver.
On voit d’après cela que 8 jours ne sont pas nécessaires pour démonter et remonter une chambre; le reste du temps est employé à la préparation du fumier et à d’autres travaux de détail, au séchoir, à la mise en paquet, etc.
1 20 Produit dune fabrique de blanc de plomb hollandaise »
Coppens donne un tableau du produit de 10 opérations. En tout il entre dans la chambre 74,590 livres de plomb; 20,955 ont été retirées sans être calcinées; 48,665 livres ont été calcinées, et ont donné 65, 509 livres de blanc de plomb; de manière que le plomb en se transformant en blanc de plomb gagne 14,854 livres, ou environ 5o et 1/2 pour 100.
Une fabrique avec 20 chambres peut faire 5o calcinations, et peut livrer 74,250 livres de plus de blanc de
‘5a COULEURS BLANCHES.
plomb qu’elle n’a employé de plomb ; et après la diminution de 2 livres pour le bon poids, et de 2 pour 100 pour argent comp tant, à 16 florins 1/2 les 100 livres, peut rapporter 11,776 florins au-dessus des frais delà matière première, avec quoi toutes les avances peuvent être couvertes, et produire un bénéfice de 00,000 florins, ce qui forme 3o pour 100 du capital. Goppens compte toujours 3 florins 1/2 de gain par quintal de plomb.
Dans les hivers rigoureux les opérations sont quelquefois interrompues , et à la fin de l’année on n’a réellement fait que 45 h 46 opérations au lieu de 00. Cette différence produit une différence correspondante dans le gain.
Il faut aussi remarquer que partout 011 ne peut pas monter une fabrique de 5 chambres , car il faut avoir avant tout ses débouchés.
Nous observerons en finissant que cette méthode n’est pas aussi avantageuse que la méthode avec de la chaleur artificielle , ou celle que l’on emploie à Ciichy.
M. Coulier a fait quelques essais sur l’altération des blancs de plomb employés à l’huile, par l’hydrogène sulfuré. ( Annales de V industrie , n° 58. ) Nous allons les rapporter.
Les matières employées étaient les suivantes :
N° 1. Blanc de plomb ordinaire, broyé à l’huile d’œillette , et renfermé dans une vessie.
N° 2. Blanc de plomb de Ciichy.
N° 3. Sulfate de plomb.
N° 4. Sous-muriate de plomb. Ce dernier avait été préparé par l’un des quatre procédés suivans.
a. Carbonate de plomb de Ciichy traité par l’acide muriatique faible, et en excès. Le précipité doit être lavé à plusieurs reprises.
b. Carbonate de ploinh de Clichy, mis pendant ï mois en contact a\ec une dissolution saturée de muriate de soude , dans la proportion de 8 à 10 de sel et i de carbonate de plomb.
c. Précipitation de 1 acetate de plomb du commerce par le sel marin.
d. Précipitation de l’acétate de plomb du commerce par l’acide muriatique.
Toutes ces différentes préparations ont été séchées et broyées dans la même huile , et ont été ensuite renfermées dans des bocaux de verre , excepté le n° j , qui était renfermé dans une vessie.
Ces différentes couleurs ont été appliquées , tant sur des toiles brutes que sur des toiles préparées , par M, Leroy; coupées par pièces elles ont été soumises à l’action de l’hydrogène sulfuré dans différentes circonstances.
Les blancs n° i ont constamment noirci , soit qu’ils fussent immédiatement en contact avec le gaz, ou bien exposés dans un lieu très -éloigné , mais à l’intérieur du laboratoire où le dégagement de gaz avait lieu.
La toile préparée par M. Leroy sur laquelle les couches de blanc avaient été posées , a pris une teinte d’un brun foncé.
Tous les essais de ce numéro non encore soumis à l’action de l’hydrogène sulfuré ayant été plongés dans de l’eau contenant de ce gaz en dissolution , ont immédiatement noirci , sans que le frottement par une barbe de plume ait été capable d’enlever cette couche de sulfure noir.
Placés au-dessus du dégagement de l’hydrogène sulfuré pendant 5 secondes , ils ont pris une couleur jauneserin.
Plongés dans un tube-éprouvette plein du même gaz et reposant sur le mercure , ils sont devenus d’un brun intense dans le même temps.
Tous les essais n° 2 se sont comportés de la même manière , avec cette différence que dans les mêmes circonstances les teintes étaient beaucoup moins foncées que celles du n° 1.
Ces couleurs , étendues sur des toiles brutes , ont éprouvé les mêmes variations.
Le sulfate de plomb est difficile à broyer, et les échantillons formés avec cette couleur sont aussi très-difficilement attaqués par l’hydrogène sulfuré.
Un échantillon placé pendant 5 secondes au-dessus d un dégagement de gaz hydrogène sulfuré n’a point été sensiblement coloré.
Celui qui a été mis dans un tube-éprouvette plein d hydrogène sulfuré s’est colore en brun d une maniéré remarquable.
Le muriate de plomb n° 4 a > m*s en contact avec i’hydrogène sulfuré, dans les mêmes circonstances que les nos 1, 2 et 5 , est resté blanc ; la toile du fond sur laquelle il était appliqué a parfaitement noirci. Dans le tube plein de gaz , les bords des divers essais de cette préparation ont pris une teinte rose. Cette couleur , appliquée sur de la toile brute , a conservé le même éclat. Des échantillons plongés dans l’hydrogène sulfuré liquide ont noirci comme ceux du n° 1 , mais avec cette différence qu’en les plongeant ensuite dans de l’eau et les frottant légèrement avec les barbes d’une plume , la couche noire a été enlevée , et l’essai est resté très-blanc.
Le n° 4 b a donné une peinture très-mauvaise, jaunis-
BLANC DE ZINC. 55
sant à l’air, très-longue à sécher. Un échantillon placé pendant 5 secondes au-dessus d’un dégagement d’hydrogène sulfuré a pris une teinte puce foncée; dans le tubeéprouvette il a pris une teinte noire foncée.
Le n° 4 c donne une peinture jaunâtre , peu susceptible d’être employée, et se comportant à peu près comme le n° î .
N° 4 d . La couleur est facile à broyer, légère , et fine; elle couvre aussi-bien que le blanc ordinaire , sèche rapidement , et offre le même éclat.
Un essai placé au- dessus du dégagement d’hydrogène sulfuré pendant 5 secondes de temps , a conservé la blancheur la plus pure , tandis que les autres essais, excepté le n° 4 « » ont tous pris des teintes plus ou moins foncées. Introduit dans l’éprouvette pleine du même gaz , l’essai a conservé le même éclat et la même blancheur , quoiqu’il y soit resté le même temps que les autres. En laissant l’échantillon pendant 5 minutes dans l’éprouvette, il prit une teinte brune très-légère tirant au rose , tandis que le n° i , dans les mêmes circonstances , était devenu parfaitement noir.
L’auteur conclut de ces essais qu’il serait avantageux d’employer le sous-muriate de plomb préparé en précipitant le sel , de saturer par l’acide muriatique de préférence au blanc de plomb ordinaire, non - seulement à cause de l’influence de l’hydrogène sulfuré, mais encore pour s’opposer à l’altération du blanc par les sulfures métalliques que l’on emploie en peinture.
BLANC DE ZINC
Histoire . Le blanc de zinc était autrefois employé seulement comme médicament , mais depuis qu’on est parvenu
à le produire à bon marché , on Ta employé comme couleur. Guyton Morveau a donné en 1785 un procédé pour préparer le blanc de zinc, et Courtois, à Dijon, le préparait d’après ce procédé. John Atkinson , de Harrington, prit, en 1 796, une patente pour la préparation du blanc de zinc , et depuis ce temps on le prépare en grand aussi-bien en Silésie qu'en Angleterre.
Propriétés. Le blanc de zinc est un oxide de ce métal , avec ou sans eau; plus rarement il est à l’état de carbonate. Il est blanc , devient jaune -citron à la chaleur rouge , et redevient blanc par le refroidissement , à moins que l’action de la chaleur ne soit continuée , ou qu’on n’ajoute quelques substances.
liai5 avantage sur le blanc de plomb de ne pas devenir noirâtre par des exhalaisons hydro -sulfuriques , mais il couvre beaucoup moins , et ne sèche pas aussi facilement.
Composition . Quand le blanc de zinc est de l’oxide pur sans eau, il contient 80,1 de zinc, et 19,9 oxigène; quand il est à l’état de sous - carbonate il est formé de 72,82 oxide de zinc, 1 4? 9^ acide carbonique, et 12, 23 d’eau. Celui qui paraît dans le commerce contient ordinairement un peu de craie, de chaux , d’alumine , de sulfate de barite et autres corps colorans blancs.
Préparation . On peut préparer le blanc de zinc, i° en laissant le zinc en fusion s’oxider à l’air; 20 en précipitant l’oxide de ses dissolutions dans les acides au moyen des alcalis ou des terres alcalines. Quand les alcalis sont caustiques on obtient de l’oxide pur, quand ils renferment de l’acide carbonique on obtient un sous-carbonate de zinc.
BLANC DE ZINC
i° Combustion du zinc .
On met du zinc (1) dans un creuset à fondre, on le place incline entre des charbons, de manière que la partie supérieure dépasse , et ne soit pas échauffée (2) ; 011 agite le métal aussitôt qu’il est en fusion. Il s’enflamme, et bride avec une fumée blanche très-dense , qui se dépose sur les côtés du creuset en flocons blancs. On recueille ces flocons, et on continue à maintenir la combustion.
Ces flocons sont de i’oxide de zinc pur , que Ton désignait autrefois sous les noms de fleurs de zinc, laine philosophique, nihil album , etc. On le dégage par le lavage des parties métalliques non calcinées, et on le livre au commerce , pur ou mêlé avec des matières colorantes blanches.
20 Par précipitation .
On dissout le zinc (exempt de fer) dans l’acide sulfurique , l’acide muriatique , ou dans tout autre acide (5) ( ces dissolutions se font à froid dans des acides étendus d’eau avec une grande facilité). O11 filtre la dissolution, on y ajoute une dissolution alcaline aussi long-temps qu’il se forme un précipité ; on lave le précipité , et on fait sécher.
(1) Il faut prendre du zinc pur qui ne contienne point de plomb. Site zinc contient du fer, les fleurs du zinc deviennent jaunâtres ; mais on peut e'viter cet effet en jetant un peu de soufre dans le zinc en fusion.
(2) Il vaut encore mieux pratiquer au-dessus et à côte une espèce de canal qui reçoit les vapeurs, l’oxide le plus lin se trouve dans les parties les plus éloignées du canal.
(3) Lorsqu’on emploie de l’acide muriatique on peut pre'cipiter avec de Ja chaux ou de la craie.
On peut prendre pour dissolution alcaline :
i° La potasse caustique ou une lessive de soude. On obtient alors de l’oxide de zinc pur, et sur 100 parties de sulfate de zinc à peu près 27.
20 Le sous-carbonate de soude ou de potasse. On obtient alors du sous-carbonate de zinc; 100 parties de sulfate de zinc donnent 56 parties de produit.
5° L’eau de chaux ou le lait de chaux, lise précipite alors en même temps du plâtre, à moins qu’on n’emploie alors beaucoup d’eau pour tenir le plâtre en dissolution (1) , ou que l’on n’ait dissout en même temps avec le sulfate de zinc une égale quantité de sel marin (2).
4° La craie. On met la craie finement pulvérisée dans la dissolution ; il se précipite de l’oxide de zinc et du plâtre.
On a aussi recommandé le nitrate de zinc , et la précipitation par la chaux ou les alcalis ; dans le premier cas on obtient du blanc de zinc et du salpêtre. Hoffmann a proposé de dissoudre le zinc dans une dissolution d’alun , et de précipiter par la potasse. On obtient aussi de l’oxide de zinc mêlé avec de l’alumine. Cette méthode ne peut pas être employée en grand , parce que l’alun est trop cher et dissout trop peu de zinc.
(j) D’après Hoffmann, il faut prendre dans ce cas pour i livre de sulfate de zinc, 53 livres d’eau, et 180 à 200 livres d’eau de chaux, d’abord 011 ajoute 60 à 70 livres d’eau de chaux, et plus tard 5 livres d’heure en heure. Ce procédé est pénible et exige des ustensiles volumineux.
(2) Il se forme alors une double décomposition, il se forme du muriate de zinc et du sulfate de soude. La chaux ajoutée plus tard se combine avec l’acide muriatique et forme un sel très-soluble. On peut prendre aussi moins de sel marin , de manière qu’il se forme un peu de plâtre, mais pas en quantité trop grande pour altérer la qualité du blanc de zinc. Ce procédé est dû à Hœpfner. Le précipité doitètre bien lavé, parce qu’il retient facilement du muriate de chaux : la liqueur rapprochée fournit du sel de Glauber.
BLANC DE ZINC
Usages . Jusqu’à présent le blanc de zinc n’est employé que pour les couleurs d’application et pour les couleurs de jaune de zinc. Il est fréquemment employé seul au lait et à l’eau. Dans la peinture à l’huile, on le mêle avec 1/10 de blanc de plomb pour le faire couvrir davantage , et avec un peu d’oxide de plomb pour le faire sécher plus vite.