‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 42 sur 115 · partie de potasse , et le tenant en fusion dans un creuset · texte numérisé non relu

partie de potasse , et le tenant en fusion dans un creuset

jusqu’à ce que la matière ne se gonfle plus, alors on verse

sur une pierre , et on sature la potasse par l’acide sulfu- Toivr. IL

Iba COULEURS BLEUES.

rique. La liqueur devient bleue , et il se forme un précipité bleu-foncé que Ton fait chauffer, il devient alors d’un bleu brillant.

Tournesol. (Voyez plus loin.)

Bleu minéral. ( Voyez plus loin.)

Bleu de molybdène . Combinaison de molybdène et d’oxide d’étain, ou de phosphate de chaux. Il est employé comme couleur d’application , et comme couleur d’émail. On obtient aussi un bleu en mettant dans de l’acide molybdique (1) de la limaille d’étain (2), et un peu d’acide muriatique. II se forme de l'acide molybdeux bleu , qui , évaporé et chauffé avec de l’alumine fraîchement précipité , forme le bleu de molybdène. La couleur que l’on désignait sous le nom de carmin bleu s’obtenait en décomposant du molybdate dépotasse par du muriate d’étain.

Bleu nouveau. Farine d’amidon, teinte en bleu avec l’indigo, qui se trouve dans le commerce en petites plaques carrées. La préparation en est indiquée plus loin.

Bleu de Paris. Le plus fin bleu de Prusse.

Indigo en feuilles. ( Voyez plus loin.)

Smalt. Verre coloré par de Foxide de cobalt.

Outremer. ( Voyez plus loin.)

Bleu à laver. ( Voyez bleu nouveau.)

Bleu de bismuth. Couleur bleue , obtenue du bismuth et du cinabre.

(1) On l’obtient en traitant le sulfure de molybdène par l’acide nitrique.

(2) Le inetal désoxigène en partie l’acide molybdique et le fait passer à l’e'tat d’acicle molybdeux. D’après Ilsemann, on obtient e'galement un beau bleu en employant, au lieu d’e'tain , de l’argent en feuille ou du mercure, du plomb, du nickel, du manganèse, de l’arsenic, du cobalt ; avec du bismuth et du zinc on obtient un bleu faible, avec fer un bleu d'acier, avec antimoine un bleu assez fonce , et point de couleur avec l’or et le platine.

BLEU DE MONTAGNE

BLEU DE MONTAGNE

Bleu de cuivre , ccndres-bleues , azur de cuivre.

Histoire . Le bleu de montagne a été employé dans les temps les plus reculés, et on en prépare aussi d’artificiel depuis long-temps; cependant on ne sait pas l’époque de son introduction dans le commerce.

Etat naturel. Le bleu de montagne se trouve dans les mines de cuivre; on en exploite principalement en Tyroî. On le trouve en Bohême , en Saxe, au Hartz, dans la Hesse, à Saîsbourg , dans le Tyrol , dans le Wurtemberg , en Angleterre , etc. , on le rencontre principalement dans des montagnes stratifiées. On le prépare aussi artificiellement.

Propriétés. Le bleu de montagne naturel est bleu-clair, non terreux, quelquefois cristallisé, et fait effervescence avec les acides. L’artificiel est en poudre fine terreuse, dont la couleur est plus ou moins claire, suivant la quantité de matières étrangères. Par la chaleur, il devient vert.

Composition. Le bleu de montagne est formé de 2/5 de sous-carbonate de cuivre; d’après Pelletier, 100 parties de bleu de montagne anglais, sont formées de 5o parties de cuivre, îod’oxigène, 5o acide carbonique, 7 de chaux, et 5 d’eau; 100 parties de sous-carbonate de cuivre bleu, sont formées, d’après M. Vauquelin , de 56 de cuivre, 1 2, 5 d’oxigène , 20 acide carbonique, 6, 5 d’eau.

Préparation . La préparation du bleu de montagne consiste à le séparer de sa gangue, à le broyer, et à le laver par décantation ; l’artificiel s’obtient en traitant des dissolutions saturées de cuivre par la craie , la chaux, ou les sous-carbonates de soude ou dépotasse. Nous donnerons ici seulement

l64 COULEURS BLEUES.

quelques préparations , mais nous y reviendrons avec plus

de détails en parlant des verts de cuivre.

U Préparation du bleu de montagne en Tyrol. EnTyrol, le bleu de montagne se trouve principalement dans les mines de Falkenstein, Gingevechsel , grand et petit Rogel, Thierberg et Suminerau. On y trouve aussi de la malachite.

Les mineurs séparent les différentes qualités de minerai , et les livrent à ceux qui préparent la couleur. Ces derniers les tamisent pour séparer la terre , et les lavent dans des tamis sur des grandes cuves, afin de séparer les dernières portions de terre; elles sont recueillies et employées pour l’extraction du métal.

Le minerai lavé contient des matières bleues et vertes „ et des pierres; on le casse davantage pour séparer entièrement les matières bleues. Ce travail est fait par des femmes et des enfans qui dégagent avec soin le bleu du vert.

Les pierres bleues sont alors divisées en deux sortes, suivant la nuance; les minerais les plus clairs sont d’abord pulvérisés grossièrement dans des moulins à main , et décantés. Les parties fines qui se détachent sont mises de côté pour le meilleur vert de montagne , et les autres sont assorties suivant leur qualité ; on en fait 4 sortes ; la cendre de montagne fine ordinaire (45 kreutzersla livre) ; la cendre bleue moyenne de montagne (î florin 1/2 la livre); la cendre de montagne bleu élevé ( 2 florins la livre); le bleu moyen de montagne fin (5 florins 1/2 la livre); le bleu élevé de montagne fin (5 florins la livre).

20 Bleu de montagne avec sulfate de cuivre , muriate de chaux et lait de chaux , d'après M. Payen ( Dictionnaire tech. ). On dissout, au moyen de la chaleur, du sulfate de

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cuivre dans de i eau , de manière que la dissolution porte 55 à 1 aieometre de Bannie (^densité=i ,2qq). On prend 240 litres de cette liqueur, on les divise dans 4 cuves , et on y verse 180 litres (1 ) de muriate de chaux bouillant , portant 4o° Baumé, en remuant bien , il se forme un précipite de plâtre , et le muriate de cuivre reste dissous. On donne au mélange 1 2 heures pour se reposer, et on prend un peu de la liqueur claire pour essayer si 011 a employé les deux dissolutions dans les proportions convenables. Dans ce cas , elle doit donner un faible précipité avec le sulfate de cuivre et le muriate de chaux; mais si elle donne avec 1 un d eux un précipite abondant , il faut verser de nouveau de la dissolution de ce sel dans la cuve , jusqu’à ce que 1 on reconnaisse le caractère que nous avons indiqué; cependant il est plus avantageux d’avoir un excès de sulfate de cuivre.

Quand le plâtre est précipité, on soutire la liqueur claire; on lave le résidu avec des eaux de lavage des opérations précédentes , et enfin avec des eaux propres. Les premiei es eaux de lavages sont reunies à la première liqueur, celles des dernières sont réservées pour les lavages des opérations suivantes. Enfin le résidu est mis à égoutter dans des sacs , en les arrosant avec de l’eau pure, jusqu’à

ce que les eaux qui s écoulent soient seulement à 2 ou 5 degrés.

On obtient par ce moyen environ 670 litres de dissoîution verte , qui porte 20” Baumé , et qu’on divise en 4 cuves.

(1 j Cette quantité est suffisante pour décomposer tout le sulfate de cuivre, et le transformer en muriate de cuivre. Un litre renferme, enmesuie de Bavière, 53, 8g pouces cubes j 1/4 de Berlin 5g, 5; une mesure de Vienne 71,3.

ï66 COULEURS BLEUES.

Alors on délaie 70 à 85 kil. de lait de chaux (1) dans les 4 cuves de muriate de cuivre , on laisse reposer après avoir remué quelque temps , et on essaie si la liqueur contient encore du cuivre (au moyen de l’ammoniaque, qui, dans ce cas rend la liqueur bleue) ; si la liqueur contenait encore du cuivre , on ajouterait un peu de lait de chaux.

La liqueur surnageante est enlevée , et on procède au lavage , de la même manière que pour le sulfate de chaux. La liqueur est du muriate de chaux, qui sert pour l’opération suivante. Les premiers lavages se font avec les secondes eaux de l’opération précédente. La matière , encore molle , est mise dans des tonneaux. On obtient 5oo à 54o de pâte verte.

Les dissolutions de muriate de chaux, qui n’ont que 10 degrés, sont évaporées jusqu’à 4°°*

Alors on détermine la quantité d’eau contenue dans la pâte verte (en en faisant sécher une partie) , parce que la quantité de chaux qu’on y ajoute dépend de la proportion d’eau. Si la pâte contient 27 de matière sèche sur 100, on en met 12 kil. dans un vase qui peut contenir 20 litres , et on y mêle rapidement 1 kil. de lait de chaux, et de suite après 7 décilitres d’une dissolution de potasse à 1 5°, et on en passe le mélange dans un moulin à couleur. La vitesse de ces travaux a une grande influence sur la beauté de la couleur. Pendant ce temps-là on fait deux dissolutions, l’une de e5o grammes de sel ammoniaque dans 4 litres d’eau de chaux, et l’autre de 5oo grammes de sulfate de cuivre dans 4 litres d’eau.

(1) Le lait de chaux s’obtient ea éteignant 100 kil. de chaux avec 3oo kil. d’eau, passant dans un tamis de toile métallique pour séparer les pierres, et passant dans un moulin,

BLEU DE MONTAGNE. ,67

Aussitôt que îa pâte est passée au moulin , on enlève la pierre supérieure , et on détache avec un pinceau la pâte qui y reste adhérente; on laisse couler dans un flacon , on y verse les deux dissolutions mentionnées plus haut , on remue bien , on bouche le flacon , et on le ferme hermétiquement avec du suif et de la résine.

Si cette opération est bien conduite , Ton peut faire par ce procédé, et avec les mêmes outils, 6 bouteilles en 2 heures, et fort aisément 24 par jour. Toutes les bouteilles bien lutées, comme nous l’avons dit , restent dans cet état pendant 4 jours; au bout de ce temps, on verse le produit de 4 de ces bouteilles dans une pipe à eau-de-vie d une contenance de 20 voies d’eau ou de l\ 00 litres , c’està-dire que l’on répartit dans 6 pipes le produit de 24 tou- -r il les ; on remplit à quelques pouces de leurs bords les pipes d’eau claire , et on mélange bien le tout avec un râble; le dépôt qui se forme, devant occuper un peu moins que le tiers de îa capacité de chaque pipe , une cannelle est placée à un pouce environ de la hauteur, à laquelle le dépôt s’élève, et permet de soutirer l’eau claire, sans troubler le précipité : on fait cette opération deux fois par jour, en été, et une fois en hiver. On remplit d’eau chaque fois, on délaie le dépôt avec on râble, et on recouvre les tonneaux avec leurs couvercles , dans lesquels un trou est ménagé pour faire passer la tige du râble. Si , après 8 lavages opérés de cette manière , l’eau fait encore tirer au rouge la couleur jaune du papier de curcuma , il faut laver avec une quantité d’eau additionnelle, jusqu’à ce qu on soit arrivé à ce point de ne plus faire changer îa couleur du curcuma (1).

(1) II faut qu’a la fin de soient soigneusement lavés.

la journée les ustensiles et le moulin

i68 couleurs bleues.

Lorsque les dépôts sont suffisamment lavés, on les passe sur des filtres en toile de chanvre , semblables à ceux qui sont décrits ci-dessus , et on laisse bien égoutter. Chaque pipe produit de 45 à 5o kil. de pâte , qui est vendable dans cet état. On l’emploie pour la peinture des papiers.

On fabrique 5 qualités de ces pâtes de cendres bleues. Par le procédé décrit ci-dessus , on obtient la première qualité désignée sous le nom de bleu superfin. Pour préparer la deuxième qualité désignée sous le nom de bleu fin, on met 5oo grammes de chaux de plus , et on emploie du sel ammoniaque blanc; enfin on obtient la dernière qualité connue sous le n° 1 , en employant 2 kil. de chaux, au lieu de 1; 5oo grammes de sel ammoniaque, au lieu de s5o ; le mode de préparation est du reste le même pour ces 5 produits.

Pour obtenir les cendres bleues en pierre des qualités correspondantes , il suffit de faire dessécher les pâtes sur des châssis de lattes peu espacées , à l’ombre et à une très» douce chaleur. Pendant l’été , on place les châssis dans des combles , où ils reçoivent une partie de la chaleur que le soleil communique aux tuiles.

Les bleus en pâte s’emploient immédiatement après leur fabrication , pour peindre les papiers de teinture , et particulièrement les fonds unis. Ils se vendent au prix suivant le kilogramme :

Le bleu en pâte superfin , 2 fr. 2 5 cent. ; le bleu fin , 1 fr. 80 cent.; le bleu, n° 1 , 1 fr. 2 5 cent.

Les cendres bleues en pierre s’emploient par les peintres; aussi leur consommation est beaucoup plus petite que celle des bleues en pâte , et elles se vendent beaucoup plus cher.

BLEU DE MONTAGNE. z6g

On prépare en Angleterre des cendres bleues avec du

nitrate de cuivre qui résulte du traitement des monnaies ,

par un procédé analogue à celui que nous venons de décrire.

5° Bleu de montagne avec nitrate de cuivre et chaux .

On fait dissoudre du cuivre, à une chaleur modérée „ dans l’acide nitrique. On met dans la dissolution du lait de chaux en agitant. Il se forme un précipité d’oxide de cuivre bleu , et du nitrate de chaux qui reste en dissolution. Si on prenait trop de chaux, une partie resterait combinée avec l’oxide de cuivre, et plus tard il faudrait mêler moins de chaux avec le précipité. Quand le précipité est reposé on enlève la liqueur , on lave , on filtre , et on ajoute 7 à 10 pour 100 de chaux; sa couleur vert pâle devient aussitôt bleue et on laisse sécher.

bn ajoutant beaucoup de chaux, on obtient par ce procédé un beau bleu de ciel.

Ce procédé à été indiqué par M. Pelletier; maisM.Payen, qui 1 a essaye , n a pas pu obtenir une belle couleur.

On emploie le bleu de montagne comme couleur de badigeonnage à la chaux et en peinture; mais principalement pour les papiers peints. Avec l’huile il ne conserve pas sa couleur bleue , et devient un peu verdâtre.

Le bleu de montagne se fait dans la plupart des fabriques de 1 Allemagne. Cependant sa consommation est peu considérable. Long-temps on estimait principalement celui d’Angleterre. A Vienne , depuis 1798, on en fabriquait qui lui était équivalent. Le bleu le plus commun y est connu sous le nom de bleu de chaux , et coûte 3o à 5o floiins le quintal , tandis que le bleu fin , désigné sous le nom de bleu anglais , coûte 4oo florins le quintal»

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