BLEU NOUVEAU ET BLEU A LAVER
Bleu anglais , bleu à laver, et bleu de Saxe.
On désigne sous le nom de bleu à laver liquide , une dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique. On sature une partie de l’acide en excès par de la craie , et on l’emploie comme encre et pour bleuir le linge.
On désigne sous le nom de bleu nouveau de l’amidon teint en bleu par l’indigo , qui est employé pour bleuir le linge, les bas de soie, les rubans, etc., plus rarement avec les couleurs d’application. Il n’a été employé que nouvellement , et a beaucoup diminué l’usage du tournesol et du smalt , qui servaient autrefois pour le même objet. Le bleu anglais contient ordinairement un peu de savon.
Préparation . On dissout de l’indigo dans l’acide sulfurique i on le précipite par la potasse ; on mêle le précipité avec de la farine d’amidon , et on fait sécher le mélange. On prend de l’acide sulfurique fumant , parce qu il dissout plus facilement l’indigo , et qu’il donne une plus belle couleur.
La précipitation se fait par une dissolution de potasse (1) que l’on ajoute peu à peu , jusqu’à ce qu’il ne se
(i) On pourrait employer de la potasse caustique pour éviter l’cflervescence, qui exige du temps et de plus grands vases ; on pourrait aussi employer la soude ou l’ammoniaque , ou les terres alcalines, et principalement la chaux • mais toutes ces mat ières sont nuisibles à la beauté de la couleur, principalement la chaux qui se précipite à l’état de sulfate avec la matière colorante. La soude rend la couleur sale, à cause des sulfures qu’elle contient.
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forme plus d’effervescence. On compte 9 parties de potasse sur 4 d’acide sulfurique employé,- cependant cette proportion doit varier suivant la qualité de la potasse : trop de dissolution de potasse détruit la couleur et la rend verdâtre. Il faut principalement avoir soin que la potasse soit pure , et qu’elle ne contienne point de silice ni de sulfure. La première substance affaiblit le bleu; la seconde salit la couleur, la rend grise ou verdâtre.
Le précipité est mis sur un filtre et lavé; on le mêle ensuite avec de l’amidon préparé avec de l’eau chaude; on étale le mélange sur des plaques de bois, de verre ou de fer-blanc, on les coupe plus tard en petites tablettes carrées , et on les laisse sécher dans un lieu sombre exempt de poussière.
La proportion d’indigo varie suivant la qualité du bleu que l’on veut obtenir. Pour le fin on prend ordinairement 5 livres; pour le moyen 4 livres , et pour l’inférieur 5 livres par quintal.
Il faut que l’amidon soit pur et complètement blanc. Fréquemment on ajoute aussi de la craie pour augmenter le poids. Quelquefois la surface est peinte avec de l’indigo pour en foncer la couleur, ou avec du prussiate de fer. Blais ce dernier doit être rejeté , parce qu’il est décoloré par le savon, et que le fer tache le linge.
Le bleu nouveau teint en totalité ou en partie avec le bleu de Prusse, parait quelquefois dans le commerce; mais il doit être rejeté. Le bleu nouveau teint avec le bois bleu ou la myrtille , est également nuisible au linge (1).
(1) Le bleu nouveau coloré par le bois bleu s’obtient par le procédé suivant : on fait bouillir 20 parties de bois bleu et 5 de fernamhouc avec de l’eau, on abandonne la décoction nj jours ; on ajoute à 20 mesures , 46 onces de sulfate de cuivre et 26 onces d’alun, et on y mêle l’amidon. L’amidon est ensuite lave' et séché. On reconnaît le
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La liqueur qui reste après la précipitation de l’indigo contient encore un peu d’indigo; pour précipiter le reste il faut ajouter un peu d’alun. On peut utiliser ce précipité pour les laques bleues. Hoffmann employait de l’alumine pour précipiter l’indigo; cependant cela n’est pas d’un grand avantage.
Usages . Le bleu nouveau est principalement employé pour bleuir le linge, les bas de soie, les rubans, plus rarement pour les couleurs d’application. Pour bleuir le linge on procède ainsi : on l’arrose dans un verre avec de l’eau pure; l’indigo se dissout, et l’amidon se dépose au fond. La liqueur bleue surnageante est employée , on la préfère au smaît parce qu’elle se divise mieux. L’amidon est rejeté comme inutile ; il est par conséquent plus simple d’employer immédiatement la dissolution de l’indigo dans l’acide sulfurique. Cependant l’usage de cette liqueur est moins commode , et souvent l’acide sulfurique agit sur le linge. Dans la mise à l’empois on emploie le bleu nouveau pour bleuir l’empois.
On emploie aussi quelques autres couleurs bleues pour les mêmes usages , telles que le bleu en boules : elles sont bleu de ciel. On pulvérise i k. d’indigo de pastel , on le purifie avec io litres d’alcool, et ensuite avec de l’acide muriatique très-étendu ; on lave, on fait sécher , et on le dissout dans G k. d’acide sulfurique à 6y°; à la dissolution
bleu teint par le bois bien à sa couleur sale , et quand on fait fondre le bleu dans un verre avec de l’eau il se forme un dépôt noirâtre. Il devient noir par le sulfate de fer. Le bleu à laver obtenu avec le bleu de Prusse est bleu clair, sa cassure est vitreuse , il fond difficilement dans Fcau, et par flocons • ii se dépose dans cct état sur le linge. Les alcalis détruisent sa couleur ou seulement une partie, suivant qu’il est forme' en totalité' ou en partie de bleu de Prusse.