‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 75 sur 115 · NOIR DE CHARBON · texte numérisé non relu

NOIR DE CHARBON

qui est peu employé à cause de son prix élevé. Il est trèspropre à la peinture à l’huile, mais il faut que l’huile soit bouillie, autrement il sèche difficilement. Àpelle 1 employait (Pline). Quelques fabricans trempent l’ivoire dans l’huile de lin avant la carbonisation.

La matière que l’on vend dans le commerce sous le nom de noir d’ivoire , est du noir d’os. En Allemagne , on prépare le noir d’ivoire dans quelques endroits. Les Hollandais le désignent sous le nom de noir de velours , et en expédient en Angleterre.

Cornes de cerfs . Elles donnent presque un aussi beau noir que l’ivoire.

Bois . Toutes les espèces de bois donnent un charbon donnant dans le bleuâtre, qui, pour être utilisé en peinture, doit être pulvérisé et lessivé afin d’enlever les sels qu’il contient. Le bois de hêtre donne le meilleur charbon.

Os. Les os donnent , comme les autres matières animales , un noir plus foncé que les matières végétales; seulement quelques-uns contiennent trop de sels de chaux, ce qui leur donne un ton grisâtre. Plus les os sont durs, et plus le noir est beau; plus ils sont poreux, et plus la teinte du charbon tombe dans le rougeâtre. C’est à cause de ce reflet rougeâtre que les peintres l’estiment moins que le noir d’ivoire. Avant de charbonner les os , on enlève les matières grasses; cela se fait, ou par l’ébullition dans de l’eau , ou mieux dans de la lessive.

Le noir d os est très-propre pour la peinture à l’huile; pour la peinture à l’eau , le charbon de matières végétales vaut mieux.

Liège . 11 donne un charbon noir bleuâtre très-doux; on le nomme aussi noir d’Espagne,

3a6 COULEURS NOIRES.

Usages. Le noir de charbon est principalement employé pour les imprimeries en taille-douce et la lithographie; pour ces dernières on préfère le plus fin de Francfort , et le noir de sarmens à cause de sa couleur bleuâtre. Il sert en peinture pour les couleurs d’application , la cire à cacheter (on préfère celui de suie). Le charbon de bois ordinaire n’est employé que pour les couleurs d applica tion. Celui de liège , de coquilles de noix , de pêches , de châtaignes , de prunes , pour l’encre de Chine et les couleurs noires de peinture; celui d’os et d’ivoire pour le même but. Le noir d’os est fréquemment employé pour le cirage des cuirs et pour décolorer les dissolutions de matières végétales , et principalement les sirops.

On désigne ainsi les matières noires qui résultent de la combustion incomplète de la poix résine , de la térébenthine , des tonneaux vides de goudron, de l’écorce blanche de bouleau , des bois , etc. On distingue principalement :

Le noir de fumée de charbon de terre .

Celui de lampes.

Celui de goudron.

Celui de poêles , de cheminées.

L’emploi de la suie et du noir de charbon, comme couleur, était connu dans les temps les plus anciens. La suie fut la première matière qui servit pour écrire et pour dessiner.

Le noir de fumée est léger; il contient, outre le charbon , de l’hydrogène carboné , de l’huile empyreumatique, de la résine, de l’ammoniaque, et une matière brune soluble dans l’eau. Dans le noir de fumée prove-

liant du bois on trouve aussi de Pacifie pyroligneux libre; dans celui qui a été obtenu par une forte chaleur on trouve des parties terreuses : il a un goût amer et désagréable, et se combine difficilement avec Peau, à cause des parties huileuses et résineuses qu’il contient, mais il s’y combine facilement quand on ajoute un peu d’alcool ou de potasse.

Préparation. On fait brûler lentement les corps qui doivent le fournir, et on fait passer la fumée dans des vases où elle se dépose. Si on veut obtenir un noir très-fin , il faut que les espaces clos que parcourt la fumée soient très-étendus : le noir le plus grossier se dépose dans les premières parties de l’appareil , et le plus fin dans celles qui sont les plus éloignées du foyer; on facilite îa précipitation de la fumée en donnant aux murs une surface rude (on les couvre alors avec des peaux de mouton dont on tourne la laine en dedans, ou avec du gros coutil),

iô Préparation du noir de fumée de résine .

On dispose un canal de quelques pieds de haut et de large, en briques , qui est recourbé à angle droit : un des côtés a à peu près 1 5 et l’autre 5 pieds de long ; à l’extrémité du plus court se trouve le foyer, qui est garni d’une coulisse mobile verticale. L’extrémité du plus long tuyau donne dans une chambre bâtie en pierre, qui a 12 à lô pieds de hauteur , et dont les murs ont à peu près 16 pieds carrés de surface; les murs sont couverts avec du plâtre. Dans la paroi supérieure de la chambre se irouve un orifice de plusieurs pieds de diamètre , sur lequel est tendu un sac de toile ou de laine, de 8 à 10 pieds de hauteur, qui, par son ouverture, couvre exactement

l’orifice cle la chambre; tout le four est environné d’une

bâtisse pour le préserver du vent et de la pluie.

On procède ainsi :

On met dans le foyer du bois résineux, etc., on l’allume , et aussitôt qu’il est consumé on le renouvelle. Après qu’on a brûlé 5o livres, ce qui exige environ une heure , on retire les charbons qui ne fument plus , on les jette dans une fosse qui se trouve à côté du four, et on le remplit de nouveau.

Le foyer est étroit et permet peu d’accès à l’air; il se forme alors beaucoup de fumée qui passe dans le canal, dans la chambre , et de là dans le sac. Quand la suie qui se dépose dans le sac en a bouché les petits orifices de manière à arrêter l'écoulement de l’air, l’ouvrier monte sur la chambre , et frappe doucement avec un bâton la surface extérieure du sac , pour que la suie tombe : ce battage doit se faire ordinairement toutes les heures.

Ordinairement on chauffe pendant 1 2 à 14 heures sans discontinuer , et on laisse le four refroidir aussi long-temps. Par un travail continu les canaux s’échaufferaient trop, la suie ne se déposerait pas convenablement , s’agglomérerait, ou pourrait brûler; cependant la suie est plus fine quand le four est chaud.

De 5 en 5 jours on ramasse la suie; avant on laisse le four se refroidir pendant quelques heures, et on prend d’abord le noir qui est tombé du sac comme le plus fin, ensuite celui qui s’est déposé contre les murs , et à la fin celui qui est le plus près du four , et qui est le plus gros.

8 à 10 quintaux de résidu de poix donnent 1 quintal de noir de fumée; 11 à 12 combustions à 00 livres donnent journellement par four 00 à 4o livres de noir.

NOIR DE FUMÉE. 3a9

L’appareil peut être modifié de différentes manières; fréquemment on recueille du noir de fumée dans les cheminées qui reçoivent la fumée du bois.

En Thuringe on emploie une chambre en bois , de 5 à six pieds de longueur et de largeur, avec 2 ouvertures, l’une du côté du fond , l’autre dans la couverture : dans la première est placé un four carré de 5 pieds de long, 2 pieds de hauteur et autant de largeur. La porte du four et la moitié de sa longueur sont en dehors de la chambre : le foyer n’a point de cendrier; l’orifice supérieur est rond, de deux pieds de large , et fermé avec un drap de laine haut de 5 et 4 pieds qui est percé d’une ouverture à la partie supérieure; la combustion se fait comme dans le premier appareil que nous avons décrit. Le noir se met dans de petits tonneaux ou de petites caisses; les premiers contiennent 2 onces 1/2, les dernières seulement 1/2 gros de noir de fumée.

Dans le Baireuth on a un four , et au-dessus une cheminée en coutil tendu, sur lequel se dépose la suie; on brûle des pains de poix, qui ont un pied de long et quelques pouces d’épaisseur. Après une heure on laisse refroidir le four, et on enlève la suie que l’on met dans de petits barils; ces derniers se font avec une vitesse extraordinaire : un baril coûte 1 à 3 kreutzer.

Jaegerschmidt donne le compte suivant d’une fabrique de noir de fumée de résine ; 2 personnes qui font en même temps les petits barils et le remplissage peuvent entreprendre annuellement dans un four 100 opérations : chaque opération exige 5oo livres de résidu de poix , et produit 4o livres de noir de fumée. Les déboursés sont :

b3o couleurs noires.

Gages pouf un aide, à 3 florins par semaine. 1 56 fl. 55o quintaux de résidu de poix à 1 fl. 1/2. . . 49^

Usure des ustensiles , etc. . . . * 60

Impôt et loyer. ^ * s5

y36 fl.

On obtient 44 quintaux de suie qui , à 25 florins , valent i?too florins, ce qui donne, y compris la valeur des cendres , à 3 florins , un gain de 36y florins. On peut encore combiner cette industrie avec une fabrique de résine. En France on brûle la résine dans une chaudière de fonte placée dans une chambre entièrement close, dont les murs sont garnis de toiles ou de peaux de mouton. Aussitôt qu’une chaudière est brûlée on en met une autre ; le noir de fumée ainsi obtenu n a pas autant d e -clat que celui d’Allemagne; on le met dans des boîtes rondes de 18 pouces de hauteur et 12 de large, qu’on nomme gallons, et qui contiennent 4 onces de noir de fumée.

En Autriche, à Moosbrunn (et depuis i8o3 à Gutenbrum), on a préparé du noir de fumée avec de la tourbe. Le noir de Vienne, du professeur Jasnuger, provient de la tourbe et de la houille.

Le noir de fumée de résine s’allume facilement quand il est chaud; et une fois enflammé on l’éteint difficilement avec de l’eau.

Le noir de fumée de résine est léger; doux au toucher, nage sur l’eau et ne la prend pas facilement.

On emploie le noir de fumée pour les noirs d’imprimeurs; comme couleur de peinture et d’application, on lui préfère le noir de charbon , parce qu’il sèche diffici-

lement : une addition de vert-de-gris le fait sécher plus vite.

2° Préparation du noir de fumée de la houille .

On emploie ordinairement la poussière de houille ; le noir de fumée de houille s’obtient aussi en préparant le coke.

En Angleterre il n’est employé que depuis peu de temps. En 1798 , W. Row, à Newcastle , prit une patente pour la préparation du noir de fumée avec la houille. Voici la description de son procédé.

On construit un fourneau d’une grandeur arbitraire, avec une porte, et une cheminée qui s’élève verticalement ; ou met une chambre en communication avec la cheminée par un canal horizontal ; au-dessus de la cheminée droite est une soupape que Ton peut ouvrir et fermer à volonté, à l’aide d’une tige. Dans le tuyau horizontal se trouve également une soupape en travers , au moyen de laquelle la communication avec la 'chambre peut être établie ou interceptée. Le toit de la chambre est garni d’une autre ouverture. On met de la houille sur la grille , on l’enflamme, et on la remplace quand cela est nécessaire ; mais pendant la combustion on tient la soupape de la cheminée fermée et on ouvre la soupape du tuyau horizontal, pour que la fumée qui ne peut pas sortir par la cheminée puisse aller dans la chambre ou le noir se dépose. ÏI faut avoir soin de ne pas laisser trop long -temps ouverte la communication du fourneau avec la chambre , parce qu’à la fin il se volatilise des cendres blanches; on ferme alors la soupape du tuyau horizontal , jusqu à ce que l’on mette du charbon frais dans le four. Après 8 ou ïo jours on enlève le noir.

En Allemagne on prépare en plusieurs endroits du noir de fumée de houille , principalement en Silésie , à Saarbruck, etc. Dans V Ami de l’Industrie , de Kastner, se trouve la description suivante d’une fabrique de noir de fumée des environs de Saarbruck.

La fig. i4 présente la coupe d’un appareil. La fabrique de Saarbruck contient 17 appareils semblables. Entre les chambres principales B de deux appareils voisins , se trouve un chemin étroit d’environ 2 pieds de large , et tous se terminent à la bâtisse étroite en travers G que l’on allonge par un retour. Fig. i5.

Le foyer A sur lequel on brûle le charbon est une plateforme un peu élevée au-dessus du sol , pavée en terre cuite; il est terminé par une voûte plate. L’ouverture du foyer n’est pas fermée par une porte. L’orifice d’écoulement de l’air chaud b est fermé pendant le travail, et ouvert seulement au commencement de la combustion. Dans le réservoir B se ramasse la plus grande partie du noir de fumée, et le reste de la fumée se dépose dans la chambre G ; l’orifice F est couvert par un sac en toile , qui retient les parties fines de la fumée. Pour que cette suie 11e ferme pas les orifices du sac on le remue de temps en temps, au moyen d’une corde qui passe sur des poulies et se termine près du foyer. Par ce moyen le chauffeur peut agiter le sac quand il reconnaît, par la diminution du feu, que l’orifice d’écoulement est bouché.

Le résidu de la combustion est du coke.

Hollunder, dans son Journal métallurgique, donne les détails suivans sur les fabriques du noir de fumée près Stollberg.

Le four à combustion est disposé comme un four à cuire.

Il consiste en un foyer élevé de 2 pieds au-dessus du sol sur lequel est montée une voûte élevée de 2 pieds. Aux deux côtés du foür sont des portes en fer qui peuvent être élevées et abaissées au moyen d’une bascule; on les Jute pendant l’opération. De la voûte du four s’élève un canal d’une aune de hauteur et un peu moins large; il repose dans toute sa longueur sur quelques piliers de fer; dans la partie voisine du fourneau se trouve une soupape à coulisse pour régler le tirage ; son autre extrémité , qui est plus élevée, débouche dans une chambre où se ramasse la suie. Comme on trouvait que la distance était trop petite, et que la suie arrivait encore trop chaude dans la chambre, on établit sur la première chambre une autre plus élevée. Cette dernière est voûtée, et percée supélieurement d une ouverture d’un pied 1/2 , recouvert du sac qui laisse passer le gaz et retient la fumée. Sur celuici se trouve un toit et une cheminée. Du reste tout l’appareil est à l’air libre. On s’élève au sommet de la seconde chambre au moyen d une échelle , pour frapper le sac et en faire tomber la suie. Pour enlever le noir il y a une porte à la partie latérale de la chambre inférieure , que l’on tient fermée et lutée pendant le travail. Dans le four on bride du poussier de charbon. Ghaque opération dure 1 2 heures , et toutes les 6 semaines on peut obtenir 200 livres de noir.

5° Préparation dix noir de lampe»

On l’emploie rarement parce qu’il a peu d’avantage sur le non fin de résiné. Cependant on s’en sert quelquefois en peinture. Pour 1 obtenir en petit on renverse un pot de terre ou de fer-blanc sur une lampe dans laquelle on brûle

de l’huile , de manière que l’air ait un peu d’accès , et on recueille de temps en temps la suie qui s’est déposée ou on renouvelle le pot. Pour dégager le noir des parties huileuses qu’il peut encore contenir, on le chauffe fortement dans un vase clos.

En Chine on prépare beaucoup de noir de lampe. On emploie des chambres divisées en compartimens où Ton allume des lampes ; dans chaque compartiment , on brûle des huiles différentes parce que les huiles de différente nature donnent des noirs qui varient en qualité.

4» Préparation du noir de fumée avec le goudron.

Martinet Charles Grafter de Birmingham obtinrent, en novembre 1820, une patente pour la préparation d’un noir distingué qu’ils appelaient Spiret-Black , et qu ils obtenaient du goudron de houille.

On commence par le séparer des matières acides et alcalines qu’il peut contenir, en le mêlant avec égale partie d’eau de chaux, remuant fortement et laissant reposer pendant 6 heures , alors on soutire l’eau de chaux; on le mêle avec de l’eau chaude que l’on soutire également. Ce lavage avec l’eau de chaux et l’eau chaude est répété 5 fois , ensuite le goudron est laissé en repos pendant 1 2 heures au moins , afin que le goudron se sépare com-

plètement.

Cependant, comme il contient toujours de! eau, on le distille (1). L’eau est éloignée. Aussitôt que l’eau parait

(1) Les inventeurs distillent dans un alambic contenant i3o gallons de Bavière (54o mesures de Bavière) et dans lesquels ils distillent a la fois 60 gallons.

s’être vaporisée et que le goudron passe pur, on arrête l’opération.

Le goudron ainsi purifié peut être employé immédiatement mais il est plus avantageux de séparer par la distillation la poix de l’huile essentielle , parce que la poix ne brûle qu’à une température élevée , et se dépose dans les tuyaux, ce qui occasione de fréquens nettoyages. Alors on continue la distillation jusqu’à ce que l’huile soit vaporisée , mais on change de récipient.

Le goudron purifié est chauffé jusqu’à l’ébullition dans une chaudière garnie de plusieurs tuyaux recourbés, d’où il se dégage et brûle dans des mèches. Quand le liquide bout, on allume les mèches. La fumée est recueillie dans des tuyaux ayant des embouchures en forme de chapeaux. La lurnée passe de là dans deux réservoirs, et par une série de sacs suspendus.

La fig. 16 montre 1 arrangement de l’extérieur, et la fig. 17 la coupe du fourneau (1).

aÿ maçonnerie.

b7 tuyau de fonte qui est rempli de goudron ; ce tuyau est garni de plusieurs autres plus petits (2) qui se recourbent a angle droit cc , dont J embouchure est à une hauteur égale à celle du goudron dans le tuyau. On met une mèche dans leur embouchure.

d 9 foyer placé au-dessous du cylindre.

e, tuyau évasé qui reçoit la fumée du goudron en combustion et qui la conduit dans le tuyau duquel elle passe

(1) Cette figure a été faite d’après les dessins des inventeurs, avec la différence que le fourneau a et les tuyaux jusqu'à h sont de i/3plus grands et les sacs 3 fois plus grands dans les dessins originaux.

(2 j Dans le dessin des inventeurs il y en a adaptés au tuyau b , et la tuyaux qui recueillent les fumées e.

par un autre tuyau g , de celui-ci dans la caisse h ( dans cette dernière se dépose un noir fin), et de là dans les sacs iû Ces derniers sont en canevas serré, longs de 18 pieds , et larges de 5 ; ils sont suspendus par couples, et communiquent alternativement par le haut et par le bas : le noir qui se dépose dans un sac est d autant plus pur qu’il est plus éloigné du fourneau. On peut par ce procédé placer 60 à 80 sacs de manière que la fumée passe par une étendue de 1 2 pieds sans que pour cela il faille beaucoup d’espace. Le dernier sac est ouvert, pour que les gaz puissent se dégager.

Quand on a brûlé du goudron pendant quelques jours on bat les sacs pour faire tomber le noir. Quand ils en contiennent beaucoup on ouvre les sacs pour 1 enlever.

Le tuyau b doit être vidé tous les 4 à 5 jours, et être dégagé de la poix qui s’y est attachée. Les tuyaux de combustion sont nettoyés de temps en temps.

Amélioration du noir de fumée.

Le noir de fumée ordinaire , principalement celui qui provient du bois et des résines, contient beaucoup d’huile essentielle et une matière colorante brune , qui est préjudiciable pour le noir d’imprimeur et pour les couleurs. On peut l’améliorer de deux manières : par le chauffage et par le lavage à l’alcool.

Le chauffage se fait en vases clos, jusqu’au rouge.

Le lavage se fait d’abord avec de l’eau et ensuite avec l’alcool; il n’est pratiqué que par les peintres , et sur de petites quantités. Le lavage aveç la potasse est également utile.

Etat de la fabrication du noir de fumée dam différens

pays .

L Allemagne possède les fabriques les plus importantes de noir de fumée et en exporte beaucoup. Il en existe dans tous les pays de montagne où se trouvent des forêts de sapin. On en expédie beaucoup en Hollande et en Angleterre.

Il y a 5 fabriques de noir, de fumée de houille dans le en cuit des mines de charbon de Saarbruck., une près de Saint-Ingbert , l’autre près Saarbruck , et la troisième près Illingen. La première livrait, en 1816, plus de 1000, et les dernières plus de 1700 sacs de noir de fumée de charbon de terre. Le sac pèse 100 livres et coûte 20 fr. 5o cent. On ne pouvait pas alors suffire aux demandes , et les appareils devaient être augmentés. Il y a encore une fabrique de noir de fumée de houille à Ottveiler, une de noir de résine à Fischbach , près Trier.

En 1822 , le quintal de noir de résine coûtait à Vienne , 20 à 28 florins , le noir fie Francfort 5 à 6 florins. De 1811 à 1819, l’importation en Autriche était annuellement de 180,091 livres.

Hambourg tire le noir de fumée de l’Allemagne et de la Suède.

La France a des fabriques de noir de fumée dans les pays riches en bois résineux. Bayonne et Bordeaux en expédient beaucoup qui provient des Landes.

L’Italie a aussi des fabriques de noir de fumée dans plusieurs endroits. A Venise, on en fabrique avec des bois résineux du Tyrol , qui est consommé dans la Haute Italie. Il est plus fin que celui de France et d’Allemagne ,

Tom. II.

contient moins de résine, et brûle avec peu de fumée; aussi

il coûte le triple.

L’Angleterre tire beaucoup de noir de fumée de l’Allemagne et de la Suède , cependant on en fait un peu dans les fabriques de térébenthine , et maintenant on en fabrique beaucoup avec la houille et le goudron de houille.

En R ussie on fabrique peu de noir de fumée. Cependant à Ochta , près Pétersbourg , on en fabrique du grossier et impur avec du goudron.

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