‹ Traité complet des propriétés, de la préparation et de l'emploi des matières tinctoriales et des couleursChapitre 79 sur 115 · LAQUE NOIRE · texte numérisé non relu

LAQUE NOIRE

Avec acide galhque. Ou fait boullir 8 onces de galle noire dans une mesure d’eau, pendant une heure, on

filtre la dissolution, et on y ajoute du sulfate de fer de Salzbourg, ou un mélange de sulfate de fer et de cuivre (1), jusqu’à ce que la couleur devienne très-noire; on laisse la iiqheur pendant la nuit dans un endroit frais , on lave le précipité et on le laisse sécher.

On obtient , quand on a atteint les proportions convenables , une couleur d’un noir pur qui peut servir à l’huile et à l’eau; il vaut mieux employer de la décoction de galle restée long-temps exposée à l’air, et qui est oxidée.

Avec bois bleu . On fait une décoction de bois bleu , à laquelle on peut ajouter de la noix de galle ou un autre corps qui contienne du tannin , et on la laisse un long espace de temps à l’air. Si on veut précipiter de la laque noire , on verse une dissolution de se! de fer ( pour le mieux du nitrate), jusqu’à ce qu’on ait obtenu une belle couleur noire; le précipité est exposé à l’air, où sa teinte devient encore plus foncée , et on le lave quelquefois ; on peut aussi ajouter de Faîun à fa liqueur, ou mêler le précipité avec de l’alumine récemment précipitée.

Histoire. Les Grecs et les Romains paraissent s’être servis d’encre de Chine pour écrire, comme le rapporte Dioscorides. En Europe elle fut connue seulement par le commerce avec la Chine; les Chinois la tiraient de Corée. D’après Grossiers , l’histoire chinoise rapporte qu’en 6 ‘20 de l’ère chrétienne , parmi les présens que le roi de Corée faisait annuellement comme tribut à l’empereur de la Chine , il se trouvait plusieurs morceaux d’encre de Chine faite avec du noir de fumée et1 de la gélatine de

(i) Le vitriol de] Salsbonrg contient io, 7 de cuivre. Il vaut encore mieux employer deEace'tate de fer ou du nitrate avec un peu de vert de gris.

corne de cerf, et que dans l’an 900 on parvint seulement en Chine à la faire aussi bonne. Ils tiennent le procédé très -secret.

En Europe on ne se sert de l’encre de Chine que pour peindre et dessiner, parce que l’on trouve dans l’encre ordinaire une matière beaucoup plus commode pour écrire. En Chine et dans plusieurs parties de l’Asie, elle sert, broyée avec de l’eau , comme encre à écrire. On essaya de bonne heure à l’imiter en Europe , ce qui rî’a réussi complètement que récemment.

L’encre de Chine est en morceaux carrés, solides, noirs ; elle se divise facilement dans l’eau. On l’obtient en donnant à une matière noire, légère , finement pulvérisée , de la cohésion par un corps étranger.

La meilleure encre de Chine est très-noire , facilement cassante , légère, et à cassure vitreuse.

Comme les Chinois tiennent leur procédé secret , on a émis beaucoup d’opinions différentes sur la préparation de l’encre de Chine; cependant dès l’origine on savait qu’elle se fabriquait aveb du noir de fumée de pin ou du noir de fumée d’huile mêlé de gélatine de corne de cerf, un peu de musc et de camphre , et cela est constaté par les essais chimiques. L’action de la chaleur montre que la couleur provient du charbon ; la putréfaction de l’eau dans laquelle on a délayé de l’encre de Chine et l’odeur font voir que l’encre de Chine renferme de la colle animale.

Suivant le jésuite Nicol Trigault, on prend en Chine le noir de fumée des lampes à huile , que l’on recueille sur des assiettes qui sont suspendues sur leè lampes.

D’après d’autres indications , le corps combinant est de la colle provenant de peaux d’âne ou de bœuf

John pensait que l’encre de Chine était composée de sépia et de noir de fumée de bois résineux; mais plus tard il se convainquit qu’elle se composait d’un charbon fin , d un peu de musc, de camphre et décollé animale. Avec du noir de fumée de lampe et une décoction de colle de poisson ou de l’eau de colle , il obtenait une très bonne encre de Chine

Les matières premières sont :

Charbon fin; c’est la base principale; on peut l’obtenir de différentes manières : nour les encres les plus fines il faut prendre du noir de fuhiée de lampe ou du noir de fumée de bois résineux; on peut les purifier par la chaleur. Les charbons d’étoffes de lin usées devraient être également bons à cause de leur finesse. En 182b , Franz Steiner obtint en Autriche une patente pour la fabrication d’encre de Chine avec du charbon de papier et de linge usé , que l’on prétendait être équivalente à celle de la Chine.

Pour les encres inférieures on emploie des noirs plus grossiers , celui de liège , de coton , de marc de vin , de noyaux de pêches, etc. On dit qu’on employait autrefois en Hollande le charbon de haricot.

Dissolution de colle ou de gomme. Une dissolution de colle de poisson est préférable, parce qu’elle se putréfie moins facilement que la colle ordinaire. On pourrait , pour empêcher la fermentation , ajouter un peu d’alun , la colle de parchemin.

L'eau de gomme avec un peu de sucre peut être également employée. La gomme adragant employée seule rend l’encre de Chine trop rude; on a aussi recommandé une dissolution de gomme-laque dans du borax et de l’eau. On dit qu’elle donne de très-bonne encre de Chine. M. Mérimée recommande pour faire une bonne encre de

Chine , d’employer une colle animale à laquelle on a lait perdre la propriété de se prendre en gelée par une longue ébullition , et qui alors devient soluble dans l’eau froide.

Corps odorans. On emploie du musc , du camphre , etc.

La préparation de l’encre de Chine au moyen du mélange des corps que nous venons de citer ne présente aucune difficulté. On broie les matières charbonneuses avec les dissolutions destinées à donner du corps à la matière, on presse la pâte dans des formes huilees de fer-blanc, de tôle, d’étain, de cire ou de bois, qui doivent être environ i/o plus grands que les morceaux d’encre secs , et on laisse sécher. Les marques sont placées en relief dans les formes ou bien on les fait avec des timbres en cuivre, quand la matière est à moitié sèche. Le dorage et l’argentage se font comme à l’ordinaire. Nous donnerons quelques recettes particulières.

i° On fait bouillir 6 parties de colle de poisson avec 12 parties d’eau; ou ajoute une partie de dissolution filtree de réglisse , et on broie avec une partie du plus fin noir d ivoire; si on prend en place du noir de fumee , il faut prendre 2 parties de suc de réglisse. On obtient de 1 encre de Chine qui ne tombe pas dans le brun.

2° On arrose une partie de colle et 1/2 de sous-carbonate de potasse avec autant d’eau qu’il en faut pour couvrir la colle; on laisse tremper 4$ heures; on dissout à l’aide de la chaleur, on broie avec une partie de noir de fumée , et on met la pâte dans des formes. Si l’encre de Chine doit être plus soluble, on ajoute à la colle 1/1 G à 1 / 4 de gomme.

3° On broie 8 parties de noir de fumée calciné , 2 parties d’indigo, 1/2 partie de noir de sèche, avec moitié eau , moitié lait , un peu de gomme, et on met en forme.

4- L anglais Rosvell prétend avoir obtenu, une matière } égalé à t encre de la Chine , par le procédé suivant :

On prend de la lessive caustique de savonnier; on ht fait bouillir, et Ion ajoute autant de copeaux de corne qu elle peut en dissoudre ; on fait ensuite bouillir jusqu’à i ce que toute 1 eau se soit vaporisée , et on remue avec une tige de fer jusqu’à ce qu’elle soit en fusion pâteuse.

I La masse fondue est jetée dans deux fois autant d’eau I qu on a employé de lessive; on remue après quelques 1 heures, on filtre la liqueur claire, et on ajoute de l’alun f aussi long-temps qu’il se fait un précipité. Celui-ci est d un beau noir; et broyé avec de l’eau de gomme, il est I employé comme encre de Chine. Trop d’alun altère la s couleur. On peut prendre de l’acide sulfurique à la place ; de l’alun.

En Allemagne, on fait de l’encre de Chine dans plu-

s sieurs tahriques de couleurs. À Nuremberg;, à Àu^sboura;,

à Munich, Hall, Brunswick, Hanovre, Vienne; Nuremberg la fournit en morceaux de différentes grosseurs et qualités de 2 à 24 florins la livre , et de 2 kreutzer à ! 3 florins le morceau.

En Chine, le district de Hoci-Tchaou , dans la province 1 de Kiang-Nan , produit la meilleure encre de Chine.

Histoire. Avant l’invention du papier de chiffon , 011 écrivait sur du parchemin , des feuilles de plantes , des écorces , etc. , en partie avec des crayons, en partie avec des liquides colorés. Les Romains employaient dans le commencement du sirop de mûres ( 1 ) , et ensuite un

(1) Le suc des mûres , des cerises noires et d’autres fruits peut être employé comme encre 5 mais la couleur s’affaiblit par le temps et devient jaunâtre.

35c COULEURS NOIRES,

mélange de noir de fumée , de gomme et d’absinthe. Les Chinois se servent encore de l’encre de Chine. Les anciens Juifs et les Persans écrivaient fréquemment en lettres d or, et plus tard les encres d’or et d’argent furent employées pour les livres religieux. A l’époque de l’empire romain , on employait principalement de 1 encre de ci aie rouge , de vermillon , de kermès , etc. L’empereur écrivait avec de l’encre verte. L’encre noire de sulfate de fer et de galle n’était point encore employée » quoique cette couleur noire fût connue et employée pour teindre

les cuirs.

Après la chute de l’empire romain, on écrivit longtemps avec de l’encre formée avec de la suie; ce fut seulement dans le neuvième siècle que l’encre de noix de

galle fut employée.

Canneparius publia, au commencement du dix-septième siècle , à Venise, un ouvrage qui renfermaîtbeaucoup de recettes différentes. Il employait du sulfate de fer, des noix de galle , des écorces de grenades, de la gomme , ajoutait quelquefois du sucre, et, pour empêcher que l’encre ne se gelât, il ajoutait de l’eau-de-vie. Il reproduisait l’écriture affaiblie , par une décoction de noix de galle.

Plus; tard , on publia beaucoup d’aurtes recettes qui diffèrent peu les unes des autres. Nous rapporterons les principales.

L’encre noire est une combinaison d’acide gallique, de tannin et d’oxide de fer, que l’on maintient en suspension dans l’eau , par des corps glutineux. On ajoute aussi quelquefois différons autres corps , du sucre pour la rendre plus coulante , du sulfate de cuivre et du bois bleu pour rendre la couleur plus profonde; du noir de fumée pour rendre la couleur plus invariable , des

ENCRE. 35ï

liLiiîes volatiles ou des sels de mercure pour empêcher la

Depuis peu , on prépare une encre noire avec du bois bleu et du sulfate de fer. Elle se distingue de celle de noix de galle par sa teinte noire, sa fluidité et le bon marché. Le procédé a été indiqué dans le Ier volume.

i 0 Matières premières.

Liquide. L’eau pure est de tous les liquides celui qui est

• | J d’acide gallique et de fer,

il donne par conséquent une encre plus foncée et plus

durable. Des essais n’ont fait voir aucune différence entre 1 eau dure et 1 eau douce , l’eau de ploie et de puits : cependant l’eau de pluie paraîtrait préférable. La proportion d’eau la plus convenable est 10 à 12 parties d’eau sur une de noix de galle. Quelques prescriptions indiquent de 4 à 16 parties d’eau. Quand on emploie trop d’eau, on peut facilement épaissir la liqueur par l’évaporation. On emploie fréquemment de la bière au lieu d’eau , elle remplace une certaine quantité de gomme , mais elle a l’inconvénient de rendre facilement l’encre trop épaisse, de sécher trop lentement, de moisir plus facilement, et d’être proportionnellement plus faible ,

parce que la bière n’extrait pas la noix de galle aussi bien que l’eau.

Le vinaigre peut être employé pour l’encre qui ne doit pas rester long-temps noire, parce qu’il empêche la moisissure. Cependant l’écriture n’est pas aussi noire que celle qui provient de l’encre faite avec de l’eau, et jaunit plus vite. Pour l’encre qui contient trop de fer, une addition de vinaigre est utile , mais il ne faut pas prendre du vinaigie gîutineux , parce qu il ferait moisir facilement.

Le vin blanc n’est pas à recommander, à cause de son prix , et n’est d’aucune utilité. L’eau-de-vie faible i est encore moins par la même raison; cependant quand on veut tenir un peu de résine en dissolution dans l’encre , et qu’on veut la préserver de la gelée , un peu d eau-devie est utile.

Corps qui contiennent de l acide gallique . Tous les coips qui contiennent de Facide gallique et du tannin peuvent servir pour la préparation de l’encre, mais les matieies les plus avantageuses sont les noix de galle qui donnent une belle encre noire , les knoppern ( excroissances aux calices de plusieurs espèces de chênes), qui donnent une encre plus pâle et plus glutineuse , la racine de la rose de mer ( nymphéa alba ) , qui donne une encre fine , nonebleuâire , qui ne forme point de dépôt comme celle de noix de galle : il en faut davantage; la racine de tormentille , elle donne une encre d’un noir verdâtre; les fruits de l’aulne, qui donnent une encre d’un noir bleuâtre; l’écorce de chêne et la sciure de bois de chêne, qui donnent une encre noire-bleue; 1 ecorce des grenades, elle donne une encre d’un noir-brunâtre; le sumac et les écorces d’orange, qui donnent une encre d’un noir-verdâtre , etc.

Ces corps doivent être pulvérisés ; cependant ils ne doivent pas être trop divisés , parce qu’une partie resterait dans la liqueur, et rendrait l’encre pâteuse.

Sels de fer . On emploie ordinairement le sulfate. Comme cependant le fer n’y est pas très-oxidé , l’encre ne devient d’un beau noir que quand elle a absorbe 1 oxigène. Si on oxide davantage le fer dans le sulfate en le calcinant jusqu’à ce qu’il prenne une couleur rouge-jaune, on obtient de suite une encre complètement noire : on obtient le même résultat en prenant une décoction de noix de

galle qui est restée exposée à l’air; on peut aussi employer d’autres sels de fer (i) , particulièrement le nitrate de 1er, qui donne l’encre la plus noire , parce que le fer y est très-oxidé.

, L’acide sulfurique du sulfate n’est point nécessaire, et n’agit que comme dissolvant du fer; il est en grande partie mis en liberté, par conséquent il n’est pas nuisible d’en diminuer la quantité par l’addition de la potasse, ou par la calcination avant le mélange avec la noix de galle.

Matières épaississantes. Les principales sont la gomme , la bière épaisse : le sirop ne la remplace pas complètement; le sucre ne peut être employé qu’en petite quantité. Dans les recettes , on indique ordinairement de la gomme arabique ; mais celles du prunier et du cerisier sont équivalentes. La gomme augmente la viscosité i de la liqueui , et maintient les matières colorantes en suspension ; l’encre ne traverse pas le papier, et peut être appliquée plus épaisse ; en même temps elle couvre 1 encre d’une espèce de vernis. Si on prend trop de gomme, l’encre devient trop épaisse, coule difficilement de la plume, et sèche difficilement.

Le sucre possède quelques-unes de ces propriétés , mais pas toutes; l’addition d’une petite quantité de sucre est utile , mais on ne doit jamais îe mettre en grande quantité; en général, il ne peut pas remplacer la gomme, son emploi exige même l’augmentation de la dose de gomme. Il ne tipnt pas les matières colorantes en suspen-

(i) Ribaucourt ne les trouvait pas aussi bons ; mais c’était une suite de son procédé, parce qu’il en prenait autant que de sulfate de fer, le muriate et le nitrate lui paraissant trop caustiques • l’encre faite avec le premier donnait dans le vert brnqâtre , celle avec îe second donnait dans le bleu. L’acetatede fer ne donnait pas de belle encre.

Tqm. II.

sion comme la gomme; il rend l’encre pins difficile à sécher* et trop coulante quand on le prend en excès. La bonne * cassonade est préférable ; on l’ajoute avec la gomme ou après» Ainsi le sucre agit .

i° En rendant l’encre plus coulante; 1 encre exige alois

plus de gomme; »

2° En rendant l’encre moins collante, d’où il résulte qu il sort plus d’encre de la plume , que les traits sont plus gros et plus brillans , ce qui est important pour la conservation

de l’écriture ; .

5° En retardant la dessiccation , ce qui est un inconvénient. 5

Différentes additions . Parmi les substances qu on peut

ajouter à l’encre , celle qui est la plus avantageuse est le bois bleu , parce que non-seulement il donne une belle couleur, mais il se combine avec le fer, et alors il reste i/5 de fer de plus en dissolution. Il rend la couleur plus foncée , et d’un noir plus foncé encore quand on ajoute un peu de sulfate de cuivre : en même temps l’encre devient plus solide. Mais il ne faut pas en prendre trop. Les proportions les plus convenables sont : 1 partie de bois bleu sur 5 parties de noix de galle (i); d’après M. Chaptal , moitié. L’acide muriatique rend rouges les traits faits avec cette encre , mais à l’air, après quelque temps , ils rodeviennent noirs.

Une addition de chaux rend l’encre brime. La potasse la rend verdâtre.

L’effet du noir de fumée , du bleu de Prusse , du charbon et autres corps qui ne sont pas complètement solubles , sera examiné plus loin.

(i) On peut aussi préparer île l’encre avec du bois Heu du suh

Sulfate de cuivre. Il est avantageux à l’encre qui con lient du bois bleu. Il rend l’encre plus noire et plus durable. On peut prendre sur 8 parties de galle une partie de sulfate de cuivre (ou un peu moins ).; si on en prend trop, la couleur devient d’un gris-sale.

Le vert-de-gris agit comme le sulfate de cuivre, mais avec le temps il fait passer l’encre plus rapidement au jaune.

L’alun a été recommandé par Jcoffroy, mais il est nuisible , parce qu’il donne une teinte rougeâtre et facilite le développement de la moisissure.

Le sel de cuisine est avantageux pour empêcher la moisissure, mais son action est peu efficace.

2° Préparation .

Par infusion. On arrose avec de l’eau le corps contenant du tannin, et on abandonne l’infusion dans un lieu chaud pendant un temps suffisant, on soutire la liqueur, on la remplace par de l’eau ; on répète cette opération jusqu’à ce que toutes les parties tannantes soient extraites. On dissout d’abord la gomme dans l’extrait (1) , et plus taid le sulfate de fer. On peut aussi le laisser vieillir quelque temps. L’encre ainsi obtenue est coulante , peu glutineuse , et n a pas de penchant à la moisissure; elle est un peu pâle et facilement détruite par les acides ? mais elle devient plus noire avec le temps. Elle revient aussi un peu plus cher que celle qui est préparée par la chaleur.

tatc de fer et de la gomme 5 mais elle n’est pas aussi solide que celle qui est faite avec la noix de galle.

(O Quand Extrait est trop aqueux on fait concentrer à Pair libre ou par la chaleur, on peut aussi le laisser vieillir quelque temps.

1 partie de galle, i/4 de sulfaté calcine , et 1/4 de gomme, donnent par ce procédé une bonne encre.

Par décoction . On fait une décoction de la1 2 * * * * 7 matière contenant du tannin; on filtre, on dissout la gomme, et après le sulfate de fer (1). Par ce procédé, il se dissout plus de matières noires , mais l’encre est plus mucilagineuse , et a plus de penchant à la moisissure.

Par le temps . On laisse la dissolution de tannin obtenue par infusion ou par décoction dans des vases plats à Pair (6 mois), on enlève de temps en temps la moisissure qui se forme à la surface, on la filtre pour enlever les pellicules et le tannin qui est au fond (2) , et on y fait dissoudre i/4 àe gomme. Alors on ajoute autant de sulfate de fer calcine , et on agite.

5° Proportions de mélanges .

Tout dépend, dans la préparation de fendre, de la proportion de noix de galle et de sulfate de fer; mais comme la décoction contient plus ou moins d’acide gallique , aucune des prescriptions n’est exacte. II serait mieux de dissoudre séparément la galle et le sulfate , et de melei les liqueurs en proportions convenables pour obtenu une

(1) Il ne serait pas convenable de faire bouillir le sulfate de fer avec la noix de galle, parce que l’extrait de cette dernière ne serait pas complet. Le précipité noir se dépose sur la galle de manière que l’eau ne peut pas bien y pénétrer et se renouveler 5 cependant la plupart des recettes indiquent l’ébullition de la noix de galle avec le

sulfate de fer.

(2) Par cette moisissure le mucilage se décompose, la liqueur de¬

vient brune et d’une odeur agréable , une partie du tannin et de l’extractif se précipite, et la matière soluble attire de l’oxigène de l’air,

elle donne une encre vert-noir. Si on ajoute un peu de potasse, l’acide

sulfurique est mieux séparé du fer, et l’encre devient d’un noir très-

foncé 5 mais probablement il se perd aussi par la décomposition un

peu de tannin et d’acide gallique.

h elle couleur noire, el d’ajoiUer ensuite îes autres substances.

Les recettes données diffèrent beaucoup les unes des autres; quelques-unes prescrivent G, d’autres 18, d’autres une partie seulement de noix de galle , sur une de sulfate de fer. A cause de la grande variété des qualités des noix de galle , et des matières qui contiennent du tannin , on ne peut pas indiquer un dosage qui puisse être employé dans tous les cas.

Nous rapporterons cependant les principales recettes»

Noix de galle.

Bois bleu.

Sulfate de

fer. de

Sulfate

cuivre.

Gomme.

Eau.

Vinaigre.

(C Encre de Dresde. On ajoute en outre 20 parties de vinaigre , 1/2 partie d’alun et 1/2 partie de vert-de-gris. Elle se fait à froid.

(2) En sus du bois bleu et du sulfate de cuivre > on ajoute 1 partie de sucre candi- l’eau est réduite à moitié par l’ébullition avec la noix de galle et le bois bleu : alors on verse la décoction sur le reste de compositions ( Ribaucourt ).

(3) On ajoute 1 partie d’écorce de grenade. On emploie aussi , en place, des noyaux de troène dans la même proportion. Cette encre est obtenue par l’ébullition , elle est brillante et durable.

(4) Cette encre est obtenue par ébullition : on la sépare du depot On prétend qu’elle ne moisit pas.

(5) A celle-là on ajoute encore 3 parties de sucre, et on fait bouillir.

(6) D’après Hoegen l’encre est préparée au soleil , au feu dans un poêle chaud ; on ajoute encore de la noix de galle quand cel a devient nécessaire.

Tr°i

> de

noix

de

galle

rend

l’encre

verdâtre

ou rou-

geâtre, et par le temps elle devient sur le papier brune ou rougeâtre.

Trop de fer la rend bleue dans le commencement , violette ou plus ou moins grise; mais avec le temps, elle passe au rouille. Dans ce cas , les matières colorantes se déposent plus facilement.

Trop peu de fer rend la couleur plus pâle, mais par le temps elle ne devient pas facilement jaune.

Dans aucun cas, quand la noix de galle est bonne, il ne faut prendre plus de vitriol que de galle. Egale partie de ces deux matières donnent une encre qui , dans quelques semaines, devient brun-jaune. Si on prend

(i) On fait bouillir ensemble le bois et la galle ; on filtre , et on ajoute le reste (Lewis).

(cO, On fait bouillir le bois bleu et la gomme avec 2 quarts d’eau ; alors on ajoute la noix, de galle et i/5 de clous de girofle 5 et quand le mélangé est refroidi on ajoute le vitriol.

(3) Le sulfate de fer et la gomme sont chauffés séparément avec de l’eau, ainsi que le bois et la noix de galle.

(4) Le sulfate de fer est calciné.

(5) Le bois et la galle sont bouillis, et on dissout le sulfate de cuivre et le sulfate de fer calciné. Cette encre est très-noire.

(6) On ajoute 1 partie de sucre ( Bancroff).

davantage de sulfate de fer, elle devient plus vite Jaune. Une partie de sulfate de fer et 2 parties de galle donnent une encre qui résiste plus long-temps ; 4 ? 5 et 6 parties de galle, une encre plus solide, mais pas si noire. La meilleure proportion, suivant Lewis, est 5 parties de galle pour 1 de vitriol, et 2 parties suivant Ribaucourt : mais la dernière proportion est trop petite, et pour obtenir une couleur foncée il faut encore ajouter du bois bleu.

BancrofF, admet que 5 parties de galle sur une de sulfate , est la meilleure proportion.

4° Propriétés d’une bonne encre.

Les propriétés que Ton doit exiger, sont :

i° Une couleur noire foncée ;

20 Une couleur solide qui ne s’efface pas , et qui ne change pas avec le temps;

5° Qu’elle sèche vite;

4° Qu’elle se fixe solidement sur le papier, sans y pénétrer trop profondément;

5° Qu’elle coule uniformément et facilement de la plume ;

6° Qu’elle ne moisisse pas.

Couleur foncée. La couleur noire provient du galîate et du tannate de fer; elle n’est h son maximum que quand le fer est très-oxidé : ainsi elle ne s’acquiert qu’avec le temps dans la plupart des encres.

Solidité. Elle consiste dans la proportion des mélanges. Elle est augmentée par la gomme et le sucre , parce qu’ils forment un vernis qui préserve l’acide gallique et le fer du contact de l’air. On l’obtient encore plus sûrement quand on ajoute à l’encre un corps dont la couleur ne change pas (bleu de Prusse, noir de fumée, indigo , etc).

36o COULEURS NOIRES.

On ne peut pas les employer seuls, parce que les traits s’effacent trop facilement. Peut-être l’addition de l’alcool et de la résine serait utile pour cet objet.

Rapidité du séchage . La rapidité du séchage est d’autant plus grande , que l’on a mêlé avec l’eau moins de corps épaississans , moins de gomme et de sucre. Le dernier surtout rend l’encre collante même après le séchage. L’encre faite avec de l’eau* de-vie forte sèche vite , mais elle s’évaporerait trop vite dans l’écritoire, et reviendrait trop cher.

Pénétration. La pénétration et la fixité résident principalement dans l’action du sulfate de fer ou de l’acide sulfurique libre, et dans la porosité du papier. Elle est principalement importante pour la conservation de l’écriture, parce que les traits ne peuvent être rendus invisibles sans altérer le papier. Si on emploie de l’encre trop épaisse , la pénétration n’a pas lieu , c’est ce qui arrive avec l’encre qui contient trop de sucre. Une trop grande pénétration et le coulage de l’encre est empêché par le collage du papier et les matières épaississantes.

Coulage. L’encre trop liquide coule trop facilement,' l’encre trop épaisse coule trop difficilement : ce dernier inconvénient provient d’un excès de gomme. Une addition de sucre prévient cet effet.

Moyens de prévenir la moisissure. On a proposé beaucoup de moyens pour s’opposer à la moisissure, mais rarement on a réussi , parce que , quand l’encre a du penchant à la moisissure , il est difficile de l’empêcher. La cause de ce phénomène provient de ce que la décoction de noix de galle contient trop de matières glati— neuses , ou que les noix de galle étaient de mauvaise qualité. On peut prévenir cet effet en laissant la décoction

de galle à Pair jusqu’à ce que tout le mucilage soit décomposé et qu elle ne moisisse plus , et l’employer seulement alors; les encres ainsi obtenues ne moisissent pas. Ensuite , le meilleur moyen est l’emploi des doux de girofle; on en met quelques-uns dans l’écritoire. Le sublime corrosif ou l’acétate de mercure détruisent aussitôt la moisissure : mais la propriété vénéneuse de ces substances rend leur usage dangereux. L’acétate de nickel empêche aussi la moisissure , l’eau-de-vie produit aussi le même effet, mais elle affaiblit un peu l’encre, parce qu elle précipite des matières colorantes ; le camphre a été employé par Bancroff avec succès , mais il se volatilise bientôt. Le pyrolignate de fer employé à la place du sulfate de fer est très-bon. La soude, le salpêtre, le sel marin, le sel ammoniac, agissent un peu, mais faiblement; le premier nuit à la couleur, les autres à la durée de l’encre.

L alun n empêche pas la moisissure, il la provoque plutôt.

5° Préparation (P une encre indestructible .

La propriété principale d’une bonne encre est que les traits formés sur le papier ne puissent pas s’effacer. Pour coia , il faut qu elle ronge un peu le papier. L’encre ordinaiie n a pas cette propriété; elle pénètre à la vérité dans le papier, mais elle peut être entièrement enlevée par certains réactifs, de manière que les traits ne soient pas reconnaissables.

Le chlore, 1 acide nitrique et en général tous les acides décolorent l’encre et font disparaître les traits qu’on a formés avec (i).

(\) Dans la plupart des cas on peut encore reconnaître les traits en humectant le papier et le tenant contre la lumière. S’il y a encore un

L'encre qui ne pénètre pas dans le papier peut être enlevée quand elle est sèche , en humectant le papier, sans que Ton puisse apercevoir de traces de l’écriture. Cet inconvénient appartient aux encres de charbons, de noir de fumée et même à l’encre de Chine , qui n’est pas propre alors pour écrire des papiers importans. Ces corps n’étant ni détruits ni attaqués par les acides, on conçoit que la préparation d’une encre indestructible devrait être formée d’une matière qui pénétrerait dans le papier, et d’une qui ne pourrait pas être détruite par des réactifs. On peut obtenir ce double but en ajoutant à l’encre ordinaire des corps qui ne peuvent pas être détruits sans que le papier sur lequel l’encre a été apppliquée ne soit altéré (par exemple, le charbon, le noir de fumée, l’indigo), et cela suffit en général.

Le charbon était déjà employé par les anciens , et on doit à lui seul la conservation des écrits trouvés dans les fouilles d’Herculanum. Il suffit alors pour rendre l’encre plus résistante d’y introduire un peu de charbon très-fm.

Pronet recommandait pour cet objet la craie noire d’Espagne, finement pulvérisée , qui contient de 6/100 à 7/100 de charbon, mais elle a l’inconvénient d’être plus lourde que le charbon , et par conséquent de rester plus difficilement en suspension.

Il vaut encore mieux préparer l’encre avec de l’indigo. Yestrumb recommandait le procédé suivant : On fait bouillir une once de fernambouc et 0 onces de galle, avec 46 onces d’eau jusqu’à ce qu’il ne reste que 02 onces; on verse le mélange chaud sur î/a once de sulfate de fer, 2 dragmes de gomme arabique et 2 drachmes de sucre

peu de fer dans le papier , en y passant un peu de prussiate de potasse la couleur reparaît.

ENCRE. 3fi3

Liane. Quand la dissolution est complète, on ajoute 1 once i/4 d’indigo broyé fin , et 6 drachmes de noir de 1 lumée délayés dans une once d’esprit-de-vin.

Michaelès conseille de faire dissoudre un drachme d’ini digo fin dans 4 drachmes d’acide sulfurique concentré,

: d étendre la dissolution de 8 onces d’eau , et d’ajouter I peu à peu autant de limaille de fer qu’il est nécessaire pour la saturation ; on soutire la liqueur pour séparer le fër qui n’est pas dissous, et on la mêle avec une décoction î de 4 onces de galle, 2 onces de bois bleu et 2 litres d’eau ,

: et on fait bouillir jusqu’à réduction à 5/4. On prend de : ccite décoction autant qu’il en faut pour obtenir la nuance

convenabfe; on ajoute une once de gomme et 1/2 once : de sucre.

Basse donne une recette plus simple , mais qui ne : donne pas une encre aussi solide. On fait bouillir 1 once de fernambouc avec 1/2 once d’alun dans 12 onces d’eau, on laisse réduire jusqu’à 8 onces, on filtre, et on ajoute 1 once de manganèse broyé fin, et 1/2 once dégommé.

Pfanncnscnmid , à Hanovre, prépare une encre d’un coi ps indigène, que les acides ne détruisent pas, mais rendent seulement brunâtre. Elle est très-solide et peut être transportée à l’état sec. On prend pour cela de l’écorce de chêne , du noir de fumée , du sulfate do fer, des cendres de bois et du sel marin. La quantité de ces corps 11e peut pas être exactement fixée, parce que fécorce de chêne varie beaucoup relativement à ia quantité de tannin qu elle contient, et que la cendre contient aussi des quantités de potasse très-irrégulières. En général , 011 peut suivre la méthode suivante :

O11 pi end 5 livres d écorce de chêne (i) grossièrement

(i) On peut aussi ajouter 1/4 a 1/2 de bois bleu pour rendre la couleur plus foncée.

pulvérisée , que Ton arrose avec de l’eau, et on fait bouillir une heure; alors on filtre; on fait bouillir 1/2 livre de noir de fumée et 1 once 1/2 de potasse avec 2 à 3 quarts d’eau; on remue , 011 laisse tomber le feu, et l’on filtre. Dans un autre vase , 011 dissout 4^5 onces de sulfate de fer dans 1/2 quart d’eau chaude; on verse cette dissolution dans l’extrait d’éçprce t on y ajoute la teinture de noir de fumée, avec 2 onces de sel marin; 011 y ajoute encore 1/2 à 1/4 de vinaigre , et 011 laisse bouillir le tout jusqu’à réduction à 1/4, On a alors une encre qui s’améliore encore avec le temps. Si on la laisse à l’air dans des vases plats , elle se dessèche , et peut être employée ensuite en la dissolvant dans de l’eau bouillante.

On a ensuite recommandé d’écrire avec des vernis ou avec des dissolutions de résine teintes par le noir de fumée et l’indigo. Ces espèces d’encres seraient très-incommodes , et s’enlèveraient très-facilement par l’alcool et les huiles essentielles; par conséquent elles ne donneraient pas une sûreté suffisante.

Glose recommande de dissoudre 2 5 parties de copale dans 200 parties de lavande , et d’ajouter 2 1/2 à 5 parties de noir de fumée. L’encre obtenue doit, pour l’usage, être remuée, et quand elle est trop épaisse il faut y ajouter de l’essence (1). Cette encre se dissout dans l’huile de lavande; mais comme elle pénètre dans le papier, il serait difficile d’enlever les traits sans qu’il en restât aucune trace. Mais probablement on les enlèverait facilement par l’alcool camphré.

Scheldrake , à Londres , recommandait de dissoudre

(1) O11 peut aussi mettre dans Pe'crtioire un peu de coton qui empêche la précipitation. Pour Fcncre rouge 011 prend 17 parties de copale , 120 d’huile de lavande et 60 parties de vermillon.

de l’asphalte ou du bithume minéral dans de l’huile de térébenthine , et d’ajouter un peu de noir de fumée et de

vernis d’ambre. L’encre obtenue pénètre profondément dans le papier.

On a préparé aussi une encre indestructible , en précipitant une dissolution d’acétate de plomb par du foie de soufre et délayant le précipité noir avec de la gomme et du sucre. Cette encre ne se détruit que difficilement par les acides les plus forts , et n’est point attaquée par les alcalis.

Mac-CulJocli (Edimb. Journ . of sc. oct. 1824) a proposé l’emploi d’une encre indélébile ayant pour base le bistre. Il emploie 1 espèce de goudron qui résulte de la distillation du bois, il le soumet à Faction de la chaleur pour le faire dessécher complètement, et le réduire en une masse solide friable ; cette matière est alors soluble dans les alcalis , avec lesquels elle forme une espèce de savon. Avec la soude, îa combinaison est toujours gélatineuse, même quand elle est étendue de beaucoup d’eau; mais avec la potasse elle est liquide quand elle n’est pas trop concentrée. La préparation de l’encre consiste à faire bouillir le bistie obtenu, ainsi qu il vient d’être dit avec une dissolution alcaline , jusqu’à ce qu’elle en soit saturée, il est difficile d’indiquer précisément l’état dans lequel le bistre doit être employé, mais il ne peut être trop ii labié , pourvu cependant que le feu n’ait pas été poussé trop fort , car alors la solubilité du bistre est détruite.

Cette encre ne forme pas de dépôt , elle coule librement de la plume; elle est indestructible par le temps et le chlore ; mais elle est brune , elle émousse rapidement les becs de plume , et le lavage aidé du frottement enlève

une partie des traits ; cependant il en reste toujours des

traces suffisantes.

6° Différentes observations.

Pour faire de Pencre pour des machines à copier* il faut seulement ajouter un peu plus de gomme.

La durée de l’encre serait beaucoup augmentée si on trempait le papier dans une faible décoction de noix de galle. II vaudrait mieux que cela se fît par les papetiers. Dans ce cas* on pourrait employer de Pencre qui contiendrait un excès de sulfate de fer.

Une écriture passée peut être rendue lisible en î humectant avec une infusion de galle ou de fer. Le prussiate de potasse rend aussi l’écriture noire.

Si on conserve de Pencre en grande quantité , on peut la laisser sur le marc , parce qu’il agit avantageusement.

Pour conserver l’encre * les vases de grès ou de verre sont préférables; ceux qui sont en métal nuisent à la bonté de Pencre. Il faut la préserver de la gelée, parce que cela nuit à la beauté et à la durée de Pencre.

En Bohême , après Pan i4oo, on préparait beaucoup d’encre qui était exportée principalement par PElbe. On employait pour cela du cèdre, du suc de mûre, des feuilles de sureau , du noir de fumée.

On désigne sous le nom de pastel des couleurs solides, I crayeuses et formées en crayons , ou montées dans du bois , a\ec lesquelles on peint à sec. Ces couleurs ne dif- | fèrent des crayons ordinaires que par plus de mollesse.

Les ciaies molles, blanches et noires, la craie rouge i molle, sont propres sans autres préparations pour les couf leurs de pastel ; cependant on prépare toutes ces couleurs ï artificiellement , parce qu’aîors on est plus sûr du de^ré

> de mollesse.

On mêle des couleurs broyées en proportions con~ t venabîes , avec des substances qui leur donnent la con™ j sistance nécessaire; on les forme en petits cylindres, que ! Ion fait secber. lotit dépend de la finesse des matières

> colorantes , et de la dureté convenable des crayons.

Les couleurs qui ne peuvent pap être très-finement * divisées ne peuvent pas employées, être Telles sont plu- I sieurs couleurs métalliques, etc.

On ne peut pas employer les couleurs qui sont altérables à l’air ou par d’autres couleurs : tels sont le bleu de Prusse, qui est détroit parles crayons qui contiennent de ia chaux ; le blanc de plomb , qui se noircit facilement par les exhalaisons sulfureuses; les couleurs de laques vé-

36s PRÉPARATION

«étales , qui souffrent par le contact de l’air ou par la chaux. On emploie cependant plusieurs de celles-là , mais avec les précautions convenables.

Dans la peinture au pastel , on ne peut pas mêler les couleurs comme quand elles sont 'liquides , par conséquent il faut faire des crayons d’un grand nombre de nuances différentes.

i° Bases des crayons de pastel .

Les couleurs blanches servent de bases à la plupart des crayons de pastel ; en partie pour leur donner plus de corps et la structure terreuse , et en partie pour les rendre plus claires. Les principales sont les suivantes :

Craie. Pierre blanche , finement broyée , et dégagée par la décantation de toutes les parties sablonneuses.

Argile blanche. (Terre de pipe). Décantée et moulue très-fine, elle est principalement propre pour les couleurs qui sont altérables par la chaux , et pour celles qui , par elles-mêmes ont peu de dureté. Cependant elle diminue la vivacité de quelques couleurs , et par le séchage les rend facilement dures.

Plâtre. Provenant d’albâtre et éteint , il est très-propre pour quelques couleurs, mais les crayons deviennent facilement trop durs. Le plâtre provenant de la calcination du sulfate de chaux transparent est préférable,,

Blanc de bismuth. (Blanc de perle). Maintenant il est peu employé.

Blanc de plomb. Il donne des crayons lourds, cassans, et ne peut pas être utile à toutes les couleurs , comme il a déjà été observé plus haut.

Farine d’amidon . On l’ajoute quelquefois ? mais en petite quantité.

2° Des corps Hans .

On peut employer les suivans :

Laü. Il ne forme qu’une faible agglomération entre les parties , et ne peut être employé que pour les couleurs qui ont déjà de la consistance.

Décoction d'orge. Cette matière est propre pour le bleu de Prusse, l’indigo et d’autres couleurs qui deviennent dures au séchage ; pour les autres elle leur donne trop peu de cohésion.

Gomme . On préfère la gomme adragant à la gomme arabique , parce que la dernière forme facilement une croûte sur les crayons. On peut diminuer sa fragilité par un peu de sucre.

Eau de savon. Lfeau de savon ordinaire de même que celle de savon de cire peuvent être également employées pour les crayons de couleurs qui, comme ceux faits avec de la graisse , doivent servir à peindre sur toile.

Huile , cire , graisse . Ces matières servent pour quelques crayons , principalement pour ceux qui sont faits avec du plâtre et de l’alumine; aussitôt qu’ils sont formés on les plonge dans de l’huile, alors ils deviennent plus mous. On en a aussi préparé avec des mélanges huileux , mais ils ne peuvent pas être employés pour peindre sur du papier ou du parchemin , ils ne peuvent servir que sur toile ou sur cartons lisses, enduits d’un vernis à l’huile et recouverts de poudre de verre ou de pierre- ponce. Le mélange gras consiste en 16 parties de suif , 4 parties de cire et i partie de blanc de haleine , i partie est chauffée mêlée avec 2 à 4 parties de matière colorante. On plonge de suite les crayons dans l’eau froide pour les faire durcir vite.

Tom IL a4

Il est plus difficile dépeindre avec ces crayons , ruais la peinture est plus solide.

3° Préparations .

i° Par le roulage . Dans le Laboratoire de Demaçhys ,

l’auteur rapporte la recette suivante :

On broie les couleurs sur un marbre, et on divise la

matière en 5 parties.

La première donne des crayons de couleur simple; la

seconde est rehaussée par des additions, et la troisième est

mêlée avec d’autres couleurs.

Pour mettre la première en crayons , il tant avoir a la main différentes petites planches ; on les couvre avec du papier de rebut , 4 jusqu’à 6 doubles., mais d’abord avec du papier non collé ; on applique la couleur avec une spatule de bois , une partie de l’eau en excès pénètre dans le papier, et la couleur devient plus sèche. Quand la couleur est assez sèche pour pouvoir être, maniée , on en prend un morceau gros comme une noisette , on le roule entre les deux mains pour en former un cylindre épointé, et on passe ensuite entre deux petites planches lisses pour rendre le cylindre plus régulier et plus poli. On donne à ces cylindres la longueur de 2 pouces , et la grosseur d’une forte plume. On les met ensuite sur une autre planche, on les recouvre de papier pour éviter la poussière , et on laisse secher a 1 ombre.

Quand on a ainsi traité la première partie de la couleur, on remet la seconde sur la pierre, et on la broie avec moitié de blanc; on en forme la moitié en cylindres comme précédemment , l’autre moitié peut être mêlée avec une quantité plus grande de blanc pour former des

DES COULEURS DE PASTEL. 37i

nuances de plus en plus claires , qui sont mises en cylindres comme ci-dessus.

Le troisième tiers est employé pour être mêlé avec d’autres couleurs pour former des nuances que i’on n’oblîent pas directement. On mélange, par exemple, le bleu et le rouge, ou le noir et le rouge pour obtenir des violets ; le jaune et le rouge pour avoir l’orange ; le bleu et le jaune pour les verts , etc.

Avec ces mélanges on procède comme précédemment; une partie est mise directement en cylindres , et les autres sont mêlées avec des quantités croissantes de blanc.

Quand les crayons sont secs , on les essaie pour s’a s surer s’ils ont la dureté convenable. A la fin , il faut avoir 6 petites caisses pour les différentes nuances d’une même couleur. On entreprend les couleurs les unes après les autres , et on éprouve chaque crayon isolément. Les crayons trop durs, qui sur un papier bleu à écrire pas trop lisse ne le colorent pas facilement , sont placés dans la première caisse; ceux qui cèdent leur couleur, mais ne la donnent pas d’une manière certaine, sont placés dans la seconde caisse; ceux qui sont cassés sont placés dans la troisième. Ceux qui donnent des traits qui ont assez peu de ténacité pour que le souffle les fasse disparaître du papier sont placés dans la quatrième. Quand les crayons ne peuvent pas supporter la moindre pression , ils sont placés dans la cinquième ; les bons et parfaits sont placés dans la sixième.

Les cinq premières sortes doivent être améliorées de la manière suivante :

Le premier défaut provient d’une trop forte proportion de plâtre, et on les améliore en les broyant de nouveau avec de l’eau et du lait.

Les autres défauts proviennent en généra! de la meme cause. Les 5e et 4e défauts proviennent du manque de liant ; on y remédie en ajoutant un peu d argile, blanche et du

lait.

La cau$e du 5e défaut s’explique ü elle-même , et peut se réparer par l’addition d’un peu de plâtre.

La règle générale pour faire ces couleurs est d employer du plâtre , de l'argile ou du lait en proportion strictement nécessaire pour donner quelque soutien aux coule ui s.

Le lait et de l’eau de miel sont des additions qui produisent une faible agglomération. A quelques couleurs , il est utile aussi d’ajouter un peu de savon blanc dissous.

2° Par coulage. Les crayons obtenus par le roulage ont des espaces vides et cassent facilement; quelques fabricans moulent la pâte liquide ou pressent dans des formes la pâte ferme. Dans le premier cas , la couleur doit avoir seulement la consistance du miel.

Hochheimer recommande dans ses instructions sur les couleurs, de faire ainsi les formes pour le coulage : on fait couler un modèle en cuivre jaune poli; la longueur peut être de 8 h îo pouces, sa forme doit être un peu conique; on coupe des feuilles d’étain de la longueur des crayons , on les tourne sur les moule en cuivre , et on les remplit à l’aide de la couleur liquide.

4° Quelques proportions de mélange .

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