ENCRES SYMPATHIQUES
On désigne ainsi des encres qui sont invisibles sur le papier lorsqu’on les applique , et qui deviennent visibles dans certaines circonstances. Les principales sont les suivantes :
i° Avec des corps collans.
i° On écrit avec de l’eau de gomme à laquelle on ajoute un peu de sucre , avec du suc d’oignon , avec du laij ou d’autres sucs collans. Et quand on veut rendre l’écriture visible, 011 parsème le papier avec de la cendre, du charbon en poudre, etc. , ces poudres restent collées
sur les traits. Ce procédé était connu des Romains. Ovide recommandait le lait , Pline le suc de quelques plantes collantes.
On a aussi recommandé de couvrir du papier avec 5 parties de sain-doux et une partie de térébenthine , de mettre le côté enduit sur un autre papier , et d’écrire avec une pointe, il se forme des traits gras que Pon peut rendre visibles en semant sur le papier une poussière colorée.
On peut par les mêmes moyens écrire sur des corps métalliques.
2° Avec des corps qui se colorent par la chaleur.
i° Avec dissolution de cobalt . On dissout du cobalt dans de l’acide nitrique ou de l’eau régale, ou du muriate de cobalt sec dans de l’eau, et on écrit avec; les traits sont invisibles, mais ils prennent une couleur verte quand on fait chauffer le papier , et redeviennent invisibles par le refroidissement. Si on chauffe trop fortement, les traits deviennent noirs.
La cause de ce phénomène provient de la dessiccation des traits faits avec la dissolution de cobalt. L’eau qu’ils contiennent les rend incolores , et ils deviennent colorés lorsqu’elle est expulsée par la chaleur. Quand ils refroidissent ils reprennent de l’humidité dans l’air, et redeviennent sans couleur. Les corps qui absorbent l’eau avec une très-grande force produisent le même effet que la chaleur; telle est la chaux non éteinte. Les traits ne disparaissent plus après le chauffage, quand on ajoute à la dissolution de cobalt un autre sel ( par exemple du salpêtre du sel marin, etc. ). La préparation de cette encre fut découverte en 1700, par une dame allemande; elle lut publiée en 1 704? par le professeur Teichmann, à Jena,
DES ENCRES SYMPATHIQUES, 3g$
et en 1744? Par Hellot qui la tenait d’un artiste alle- 1 mand. Plus tard J. A. Gesnes fit voir que le cobalt seul 1 pouvait produire un encre jouissant de ces propriétés.
La couleur verte de l’encre de cobalt provient du fer que j le cobalt contient; le cobalt pur donne une encre bleue.
Le cobalt dissous dans l’acide sulfurique donne , d’après Heyer, une encre sympathique dont les traits par le chauffage deviennent rougeâtres , et ne disparaissent pas par le
refroidissement. Le cobalt dissous dans le vinaigre avec
addition d’un peu de salpêtre , donne une encre dont les traits deviennent d’un beau rouge -rose.
Ilsemann préparait une encre sympathique en faisant f bouillir 1 partie d’oxide de cobalt avec 16 parties de vinaigre, jusqu’à ce qu’il ne restât que 16 parties de la lil queur, filtrant la dissolution rouge-rose, évaporant jusqu’à i moitié, ajoutant 1/4 de partie de sel marin. Les traits devenaient bleus par la chaleur, et disparaissaient par le rei froidissement. Quand il prenait plus de sel marin les traits restaient rougeâtres.
e° Avec acide .sulfurique étendu.hes traits faits avec cet acide deviennent noirs par la chaleur, parce que Facide se concentre et charbonne le papier. Mais à froid le papier finit par être attaqué,
5 0 Avec des corps qui deviennent visibles sous Veau , ( Nitrate de bismuth ou de mercure). On dissout un de ces sels dans de l’eau , et on écrit avec; les traits sont invisibles, si i on plonge le papier sous l’eau, le papier devient transpa- 1 rent , mais les traits restent blancs,
4° Avec acétate de plomb. On écrit avec une dissolution d’une partie d’acétate de plomb dans 6 parties d’eau. Les traits sont invisibles, et deviennent noirs lorsqu’on les soumet à l’action de l’hydrogène sulfuré, ou que l’on