‹ Traité complet des tours d'escamotage anciens et nouveaux;Chapitre 6 sur 33 · II. — Faire sauter la coupe d'une seule main · texte numérisé non relu

II. — Faire sauter la coupe d'une seule main

1° Pour faire sauter la coupe d'une seule main, il faut d'abord tenir les cartes dans la main gauche et les diviser en deux paquets; ce qu'on fait en serrant le paquet supérieur entre la jointure du pouce et la partie du métacarpe qui répond à la naissance de l'index, et en tenant le paquet inférieur également serré entre le même point du métacarpe et la première jointure du doigt du milieu et du doigt annulaire (fig. 8).

2° Passer l'index et le petit doigt sous le paquet inférieur, pour tenir ce paquet fortement serré entre ces deux derniers doigts d'une part, et le doigt du milieu avec l'annulaire de l'autre côté (fig. 9).

3° En conservant le pouce dans la même posi-

tion, déployez les quatre autres doigts pour don-

Fig. 9.

ner au paquet inférieur la position suivante

(fig. 10)]:

Fig. 10.

4° Dans cette quatrième position, les cartes du paquet inférieur sont renversées, c'est-à-dire que les figures sont tournées vers le ciel; mais elles sont toujours fortement serrées entre l'index et le petit doigt d'une part, et les deux doigts du milieu qui sont dessous.

5° Déployer un peu le pouce pour lâcher le paquet supérieur, en l'appuyant sur l'index et le

petit doigt, et porter, en même temps, pouce le paquet inférieur (fig. 11).

sur le

Fig. il.

Dans cette cinquième position, le paquet inférieur a déjà pris le dessus, et les figures des cartes, dans les deux paquets, sont tournées vers la terre.

6° Oter le pouce d'entre les deux paquets pour le faire passer dessus en poussant les deux paquets vers la naissance du pouce, de manière

qu'ils se trouvent parfaitement l'un sur l'autre pour n'en faire qu'un (fig. 12).

Nota. Ce serait une grande erreur de croire qu'il faut employer autant de temps à exécuter Ce principe qu'à l'expliquer. Il faut s'y exercer, et le réduire en pratique, jusqu'à ce qu on ait donné aux doigts, en un seul instant et avec rapidité, les six positions que je viens de décrire, de manière qu'on puisse faire sauter la coupe d'une seule main, au moins vingt fois par minute.

jtl. — tes faux mélanges.

On peut en distinguer de trois espèces. La première consiste à mêler réellement toutes les cartes, excepté une qu'on ne perd jamais de vue : pour cela, il faut d'abord la mettre sur le jeu ; ensuite, la prendre de la main droite, en retenant le reste du jeu dans la main gauche; et du pouce de cette dernière main, faire glisser dans la main droite, sur la carte de réserve, cinq à six autres cartes, et sur ces dernières, encore cinq à six, et ainsi de suite jusqu'à ce que toutes les cartes se trouvent dans la main droite. Par ce moyen, la carte réservée se trouvera dessous ; et si, dans cet instant, on remet tout le jeu dans la main, gauche, en retenant seulement dans la main droite la carte supérieure, on pourra faire repasser successivement toutes les cartes de la main gauche dans la main droite, en posant alternativement les cartes au-dessus et au-dessous de ladite carte

supérieure retenue dans la main droite, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à la carte de réserve qu'on mettra dessus ou dessous selon le besoin.

Le second faux mélange consiste à prendre, de la main droite, la moitié supérieure du jeu qu'on tenait dans la main gauche, pour le faire passer sous l'autre moitié, en remuant adroitement l'annulaire de la main droite, pour faire glisser

les cartes sans en déranger l'ordre (fig. 13), et remarquez : 1° qu'après avoir remué les caries d'un paquet avec l'annulaire de la main droite, comme nous venons de lesdire, il faut

porter sous le jeu la carte B, et deux ou trois de celles qui la suivent immédiatement, pour faire semblant d'en laisser quelques-unes tout à fait par-dessous, et cependant les rapporter à leur place sous le paquet A ;

2° Que le paquet A, qui était d'abord dessous et qui est actuellement dessus, doit être pris de la main droite pour être remis lestement à sa première place.

Le troisième faux mélange consiste à mettre sur le jeu la carte de dessous, et à prendre les cartes comme le représente la main droite de la figure 5; alors on laisse tomber sur la table les cinq à six cartes inférieures vers le point A.

On laisse tomber un autre petit paquet au point B, à droite ; un troisième au point C, et toutes les autres cartes vers le point D, excepté la supérieure, qu'on porte seule au point E.

Alors on met sur la carte E, le paquet A, ensuite les paquets B, C, D, en employant alternativement la main gauche et la main droite pour plus de rapidité.

Par ce moyen, les cartes semblent être mêlées, quoique, en réalité, elles ne changent point de place.

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