‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 14 sur 145 · CHAPITRE III. St · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. St

tenus dans diverses expériences , montrent qu'il n'existe pas de différence sensible entre la température des muscles de l'homme et ceux du chien dans la vallée du Rhône et au grand Saint-Bernard, et que le séjour d'un homme, pendant quelques années, dans les hautes régions des Alpes, n'a pas modifié d'une manière appréciable à nos appareils la température de ses muscles.

S III. De la différence qui existe entre la température du sang artériel et celle du sang veineux.

1 540. On a fait jusqu'ici peu d'expériences pour reconnaître la différence qui existe entre la température du sang artériel et celle du sang veineux. Les premières recherches qui aient attiré sérieusement l'attention des physiologistes à cet égard sont dues à M. John Davy. Les résultats obtenus par cet habile physicien ont été l'objet de quelques critiques. Cependant les nombres obtenus dans diverses expériences sont trop rapprochés les uns des autres pour supposer qu'il ait commis de graves erreurs. A la vérité, le mode d'expérimentation qu'il a employé pouvait faire croire que les températures obtenues n'étaient pas précisément les mêmes que celles que possèdent les vaisseaux dans l'état normal. M. John Davy a opéré de la manière suivante :

Ayant découvert la veine jugulaire interne et la carotide de différents animaux, il a introduit dans le premier de ces vaisseaux un thermomètre ayant un réservoir assez petit pour ne pas gêner la circulation du sang, puis le même instrument dans le second vaisseau. Il a obtenu, dans des expériences faites sur cinq agneaux , des résultats dont la moyenne donne -f- o*',7/j centigr., pour la différence entre la température d,u sang artériel et celle du sang veineux.

Nous avons cherché aussi à évaluer cette différence, en employant les ressources que les phénomènes thermoélectriques mettaient à notre disposition, et, sans mériter les reproches qu'on avait adressés au physicien

a4 1>E I'^ DIFFER. QUI EXISTE ENTRE LA. TEMPÉR., ETC.

anglais , de désorganiser les vaisseaux et de gêner plus ou moins la libre circulation du sang par l'introduction de la boule du thermomètre dans le canal vasculaire, nous avons pris deux aiguilles (fîg. 3) composées chacune des deux autres, l'une de cuivre et l'autre d'acier, soudées à l'une de leurs extrémités seulement, sur une étendue de un à deux millimètres, et légèrement recourbées à cette même extrémité, qui est terminée en pointe trèsfine, afin de pouvoir être introduite dans les vaisseaux sans produire d'hémorragie.

A partir de la pointe, les aiguilles vont en s'écartant, et on les assujettit avec de la soie à une tige en ivoire, que l'on tient toujours entre les doigts, dans la crainte de communiquer de la chaleur au métal.

Ces deux aiguilles, après avoir été mises en communication, d'abord l'une avec l'autre, au moyen d'un fil d'acier, puis chacune d'elles avec le multiplicateur à fil court, ont servi à faire des expériences sur quatre chiens de moyenne grandeur.

L'une d'elles a été mise dans l'aorte, à sa sortie du cœur, l'autre dans la veine cave descendante ,* avant son entrée dans l'oreillette droite. La poitrine était ouverte; les poumons affaissés ne remplissaient que trèsimparfaitement leurs fonctions, et le saug qui suintait de l'aorte paraissait presque noir. L'aiguille du multiplicateur s'est déviée immédiatement de trois degrés en faveur du sang artériel. Or, comme une expérience préalable, faite avec l'appareil à température constante de M. Soret, indiquait qu'une déviation d'un degré correspondait à 0,28 de chaleur, il en résulte que la différence entre la température du sang artériel et celle du sang veineux était, dans cette circonstance, de 0,84. Cette expérience est la première que nous ayons faite pour constater la différence qui existe entre la température du sang artériel et celle du sang veineux. Le tableau suivant renferme les résultats obtenus sur trois autres chiens: *-

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