‹ Traité complet du magnétisme (volume 2)Chapitre 35 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mcnts puissent les traverser. J'expose là un fait, et non une idée théorique.

Avant de passer aux résultais obtenus avec d'autres métaux, je dois revenir sur le changement que les pièces d'argent ont éprouvé dans la fosse d'aisances.

On sait que l'argent subit une altération rapide dans les milieux où il existe des sulfures qui peuvent lui céder une portion de leur soufre , tandis que les autres parties s'oxident. Si l'action est lente, la masse d'argent se change en sulfure ayant une structure cristalline, sans que la forme ait changé, quoique le volume ait augmenté.

Dans les fosses d'aisances, cette transformation s'opère fréquemment en raison des sulfures qui s'y trouvent. Pour que l'action électro-chimifjue s'opère comme dans l'expérience précédente, il suffit que l'argent soit en contact avec une matière carbonacée, suffisamment conductrice, et qu'il y ait de l'air pour remplacer l'oxigène qui^ provient de la réduction de Toxide de cuivre dans l'expérience précitée. Je ne fais donc, dans mes expériences, que de réunir les circonstances les plus favorables pour la production du phénomèhe, circonstances qui ne se trouvent pas toujours réunies dans la nature.

158*2. Passons maintenant à la formation des sulfures de cuivre et de plomb, en employant toujours l'action des piles électro chimiques, dont la forcé peut être augmentée, comme on l'a vu, suivant l'énergie des affinités que l'on veut faire naître.

Avec le cuivre, les effets varient suivant qu'on opère avec unesolution de persulfure de potassium concentrée,ou une solution de protosulfure également concentrée. Dans le premier cas, au bout de quelques jours on commence à apercevoir quelquefois sur les parois du tube, de belles aiguilles blanches, radiées, d'un double sulfure insoluble de potassium et de cuivre, et qui est inaltérable à l'air. Ce composé, traité par l'acide nitrique, donne du sulfate de potasse et du sulfate de cuivre , avec dégagement de

go DE LA FORM. DE QUELQ. GOMP. A L AIDE DE PILES, ETC.

eaz nitreux. La lame se recouvre quelquefois âé cristaux ae floufre et de petits tubercules de la même substance; on l^rouve en outre du nitrate de potasse dao^ la solution. Ces efîets ont particulièrement été obtenus ét^ ajoutant, dans celle-ci, une petite quantité de sucre, dans lie but de produire une réaction qui n'a pas donné lé^ résultais que j'en attendais. Si l'on continue l'opération, l'acide nitrique et l'oxigène arrivant Constamment réagissent sur les produits formés, les décomposent, doiment naissance à du sulfate et à du nitrate de potasse, puis à des cristaux de sulfure de cuivre irisés , qui sont mêlés de soufre ^en aiguilles. Il est donc nécessaire d'airêter l'expérience à temps, si l'on veut conserver les premiers produits formés. Avec le protosulfure de potassium , Jes réactions sont les mêmes avec l'argent, c'est *à«dir8, qu'il se forme un sulfure de cuivre cristallisé, d'un aspect gris métallique, en cristaux microscopiques, dont il est difficile de déterminer la forme, en raison de leur peit* tesse.

On obtient également cette réaction avec le persulftire de potassiuifi , quand le courant électrique a une certaine intensité. Je ferai remarquer qu'il est souvent difficile de prévoir, quand on se sert d'un appareil électro-chimique composé de 3 à 6 éléments, les effets qui seront produits, attendu qu'ils dépendent de circonstances imprë*vues, relatives à la conductibilité des divers éléments employés.

Le plomb avec le protosulfure de potassium donne lieu d'abord à des réactions semblables à celles qui ont lieu sur de l'argent, avec cette diflférence néanmoins que le sulfure est d'abord pulvérulent; mais quand la dissolu* tion est devenue moins concentrée, il se forme des masse! tuberculeuses de sulfure de plomb, brillant , d'un aspect cristallin, semblable à celui de la galène. On obtient aussi quelquefois un double sulfure de plomb et de potas^ siutn en aiguilles blanches.

£n général , les substances fonnées ont Taspesot de celles qui leur correspondent dans la nature.

Il résulte des faits exposés précédemment , que les appareils électro-cliimiaqes simples peuvent être réunis en piles , dont Taetion décomposante , dans chaque appaml^ dépend du nombre de ces éléments, lesquelles piles peuvent produire un grand nombre de composés analogues aux sabitanceft minérales* Oes filtfà, qui «gissent nvee beaucoup pins d énergie que lei appami$ empiète dont je me suis servi jusqu'ici , fonctionnent, comme <M derniers, pendant un temps assez long et avec une énergie d'action dont Téleclro- chimie pourra désormais tirer parti , eu ayant l'attention d*enlever successivement les composés produits , si l'on ne veut pas les voir disparaître pour être remplacés par d'autres.

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